Interview de Ludéal

Propos recueillis par IdolesMag.com le 17/12/2013.
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Ludeal - DR

Ludéal publie le 6 janvier son troisième album, « Paon d’or », un album particulièrement sensible et  poétique. Séduits par ce troisième opus qui aurait finalement pu ne jamais voir le jour, nous avons voulu en savoir un peu plus. L’artiste a donc répondu à nos questions, l’occasion d’évoquer la genèse de cet opus, mais également son rapport à la scène, sa vision du métier et son processus créatif.

Ludeal, pochette de son troisieme album, Paon d'orIdolesMag : « Paon d’or » arrive un peu plus de trois ans après « Allez l’amour ». Trois ans, c’est long et c’est court. Le temps t’a-t-il paru long ou ce temps a-t-il été finalement nécessaire à la maturation des chansons ?

Ludéal : Après « Allez l'amour » j'ai tout arrêté. Mon disque n'avait pas décollé et mon contrat avec Sony m'était rendu. J'avais donc du temps et je pouvais enfin changer le vilain papier peint de l'ancien propriétaire. Toutes mes nouvelles chansons terminées ou en cours étaient mises au placard. Je tiens à préciser que je n'étais pas au fond du trou. Plutôt soulagé même après la calamiteuse gestion de la sortie de mon deuxième disque. Le désir n'y était plus, c'est tout. Mais un jour, je reçois l'appel d'un éditeur Gaël Chatelain qui voulait me parler, me faire savoir ce qu'il pensait de mon travail. Ça faisait quelques temps que je n'avais pas reçu un compliment. Il a soufflé dans mes voiles.  À partir de là, j'ai ressorti la guitare, terminé des chansons et composé d'autres.  C'est à mon éditeur que je dois ce troisième opus.

Tu as écrit, composé et réalisé cet album. As-tu tout de même eu recours à un œil extérieur à un moment ou à un autre ? (ou bien voulais-tu que cet opus vienne vraiment de toi de A à Z ?)

Un œil non, mais une oreille oui ! Celle de ma compagne est assez déterminante. Ensuite mon éditeur même s'il est plutôt prudent avec moi sur ses avis. Et enfin, dans le studio aussi, si je me sens en confiance avec les techniciens du son, comme cela a été le cas à Grenoble où j'ai enregistré avec Fred Monestier et Thierry Chatelain.

Tu as donc écrit et composé toutes les chansons qui composent « Paon d’or ». Pars-tu le plus souvent de quelques mots ou de quelques notes ?

Je pars le plus souvent d'un riff de guitare que j'accompagne sans trop tarder de mots percutants, ensuite je brode autour.

Il y a toujours plusieurs niveaux de lecture dans tes textes. Passes-tu beaucoup de temps dessus ?

Je pense que je passe plus de temps sur la musique que sur les textes. L'écriture est pour moi laborieuse mais elle ne me donne pas autant de doute que la musique.  Je peux retourner la mélodie d'une chanson dans tous les sens pendant des années sans toucher à ses paroles.

Ludeal - DR

On sent un profond respect des mots. Des mots justes, précis, simples mais éloquents. D’où te viennent cet amour et ce plaisir des mots ?

C'est amusant que l'on puisse penser que les mots sont du plaisir pour moi car c'est loin d'être le cas. Je dirais même que c'est du dressage de fauve. De nature plutôt impulsive, j'ai toujours trouvé mon langage trop précipité, maladroit. J'ai toujours eu du mal à dire ce que je voulais au bon moment. Les mots sont choisis, encadrés et ma parole enfin magnifiée. C'est une revanche sur le langage. C'est peut-être pour cela que mes textes sont en français, et pas en anglais !

Depuis quand écris-tu ? Composes-tu ? Chantes-tu ? Crées-tu aujourd’hui pour les mêmes raisons qu’hier ?

Je compose et j'écris des paroles depuis l'âge de 17 ans mais j'ai dû m'arrêter quelques temps. Mon besoin de créativité s'est clairement distingué au moment où j'allais le plus mal dans ma vie, c'est à dire l'adolescence. Pour fuir mon mal-être je suis parti ailleurs dans un autre pays, vivre de petits boulots, j'avais 18 ans.  Mais jamais je ne me suis senti autant à l'abri que dans ma musique, dans la fabrication d'un univers. Bien sûr mes raisons de faire des chansons aujourd'hui sont bien différentes et c'est toujours du plaisir.

 « Le jardinier japonais » est paru sur un EP le 25 novembre dernier. Était-ce important pour toi de sortir un EP quelques semaines avant l’album ou plutôt une envie du label ? Que penses-tu du format EP qui revient en force ces derniers temps ?

Le EP, c'est une idée de mon éditeur. Il m'a demandé d'y inclure deux titres inédits qui ne seront pas sur l'album. Cela m'a permis de faire exister deux chansons que j'aime beaucoup mais qui n'avaient pas leur place dans « Paon d'or ».

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Quelle symbolique as-tu voulu mettre dans le titre « Paon d’or » ?

Je me souviens d'un article que j'avais lu sur Bashung il y longtemps. On lui demandait mais pourquoi avoir appelé votre album « Pizza ». Il a répondu quelque chose du genre : « eh bien pendant l'écriture du disque on a commandé pas mal de pizzas »

Un très joli travail graphique a été fait sur le visuel (pochette,…), peux-tu m’en dire un mot ?

La photo de la pochette a été prise par ma compagne au musée Gulbelkian au Portugal. Je pose devant une tapisserie japonaise. Au moment du choix de la couverture, cette photo s'imposait. Ensuite Julien Blanchet le graphiste est intervenu.

Toi qui as travaillé il y a quelques années dans un magasin de disques, quel regard jettes-tu sur la disparition progressive du support physique ?

La disparition progressive du support physique ? Quoi de plus naturel en fin de compte.  Tout va disparaître, même nous et il ne restera plus que des planctons dans les océans.

En parlant de pochette, et donc d’image, un clip a été réalisé pour « Le jardinier japonais ». Est-ce un travail qui t’intéresse cet habillage d’image de la musique ?

Oui ça m'intéresse. J'avais déjà fait un clip pour  « Tout rustiné » avec un appareil photo numérique, le genre première génération et 15 secondes d'enregistrement maximum. La photographie et la mise en scène au cinéma sont des domaines qui m'attirent vraiment. Si j'étais moins paresseux, je réaliserais mes clips.

Comment appréhendes-tu la scène ?

J'ai du plaisir à jouer devant des gens. La scène, c'est l'endroit où je peux réinterpréter mes chansons comme bon me semble. Si l'envie me prend de multiplier par deux le tempo d'un titre, je le ferai.

Est-elle devenue aujourd’hui aussi, voire plus, importante que le disque ?

Jouer sur scène, c'est aujourd'hui encore plus essentiel qu'avant.

Ludeal - DR

Il est peut-être un peu trop tôt, mais on le sait tout, les artistes ont toujours une longueur d’avance… Es-tu déjà reparti vers un quatrième album, ou tout du moins de nouvelles chansons ? Si oui, peux-tu déjà m’en toucher un mot ?

Aujourd'hui, je bosse le son pour la scène. Je sais qu'il me sera facile de reprendre l'écriture au moment venu. Je ne crains pas la page blanche.

Dans quel été d’esprit es-tu à quelques semaines de la sortie de ton nouveau disque ?

La semaine de la sortie du disque, j'aimerais entendre un long écho de mes chansons…

Propos recueillis par IdolesMag le 17 décembre 2013.
Photos : DR
Site web : http://ludeal.fr/









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