Interview de Sonia Lacen

Propos recueillis par IdolesMag.com le 05/12/2013.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.com.








Sonia Lacen © Sylvie Benoit

Le grand public a connu Sonia Lacen à la fin des années 90 avec son single « Au fond de moi » et son rôle de Yasmina dans la comédie musicale « Les mille et une  vies d’Ali Baba ». Après avoir chanté aux côtés de Johnny à la Tour Eiffel en 2000, sur la bande originale de « Vercingétorix », publié un premier album ou encore joué dans le film « Alive », la jeune artiste s’envole pour les États-Unis. Elle nous expliquera pourquoi. Elle revient aujourd’hui, après un passage remarqué sur la première saison de The Voice, avec le projet « Thérèse, Vivre d’amour », déjà écoulé à plus de 120 000 exemplaires et dont une édition collector spéciale Noël est déjà dans les bacs. Elle apparait aussi  régulièrement aux côtés de Natasha Saint-Pier le dimanche après-midi sur France 3 dans « Les Chansons d’abord ». Sonia Lacen travaille également actuellement sur un album solo. Nous évoquerons tous ces points, et bien d’autres, dans cet entretien. Rencontre avec une artiste sincère et touchante qui a déjà vécu mille et une vies…

Therese, Vivre d'amour, edition speciale NoelIdolesMag : Comment vous êtes-vous retrouvée sur ce projet de « Thérèse » ?

Sonia Lacen : En fait, c’est Roberto Ciurleo, le producteur de l’album qui m’a téléphoné en me disant qu’il cherchait une voix féminine pour faire un duo avec Natasha sur un titre. Il s’agissait du titre « Mes armes ». Et donc, il a commencé par me demander ma religion, si j’étais d’une confession autre que chrétienne. Je lui ai dit que je ne comprenais pas trop le rapport, parce qu’après avoir lu le texte et entendu parler du projet, je pensais que c’était un projet un peu plus basé sur la spiritualité, qui donc me parlait énormément. Je ne voyais aucune barrière religieuse à la spiritualité. Il a été ravi de mon discours. On a été faire un essai en studio et ça s’est très très bien passé. On était avec Natasha et Grégoire. Derrière, il m’a proposé de faire « Rappelle-toi » en trio avec Natasha et Elisa. Et puis, sur la nouvelle édition, il m’a proposé de chanter « Ne t’inquiète pas Marie ».

Justement, en quoi vous touche-t-elle cette chanson, « Ne t’inquiète pas Marie » ?

C’est un tout. Déjà, le texte, forcément. J’adore ce texte que je trouve simple mais beau. On pourrait le croire naïf, alors que je pense qu’il ne l’est pas du tout. Il est très profond. Ce texte me touche énormément. Rien que de penser à certaines phrases, en vous en parlant, ça me donne la chair de poule. Après le texte, j’ai adoré la mélodie de la chanson. J’ai trouvé que Grégoire avait su mettre parfaitement en valeur les mots, dans la simplicité de sa mélodie. Et j’aime cette évolution qu’il y a dans la chanson. À la fin, c’est « Voilà ma richesse »… J’aime cette idée, je la trouve merveilleuse. Je suis dans cet état d’esprit également. Si demain je meurs, et même si je n’ai pas des millions sur mon compte en banque, je pense que ma plus grande richesse, c’est tout l’amour que j’ai pu recevoir et tout l’amour que j’ai pu donner. Je pense que c’est un message essentiel dans les temps dans lesquels on vit aujourd’hui…

Avant d’être contactée par Roberto Ciurleo, aviez-vous déjà lu les textes de Sainte-Thérèse de Lisieux ?

Jamais, jamais… ça a été vraiment une révélation. D’où aussi ma passion pour ce projet, encore aujourd’hui, ces textes m’apportent des choses dans la vie, je n’arrête pas de creuser. J’ai tout de suite été passionnée par ce personnage de Sainte-Thérèse. Et donc, le premier texte que j’ai lu, c’est « Mes armes ». Roberto m’en parle un peu et puis, il me le maile avec « Rappelle-toi ». Ce sont les deux premiers textes que j’ai lus, en fait. Mais il n’était pas rentré dans les détails, il ne m’avait pas dit que c’était une jeune fille qui les avait écrits, il ne m’a pas dit non plus qu’ils dataient de plus de 110 ans… Il « oublie » de me dire tous ces détails… Natasha, elle, de son côté, était déjà très très passionnée par le projet et très au courant de la vie de Thérèse. Donc, elle m’a beaucoup informée aussi de son côté. Elle m’a donné des livres que j’ai pu lire. Après, j’ai creusé aussi de mon côté. Là où j’habite, il y a une petite place avec une église, et j’ai été voir le prêtre plusieurs fois pour qu’il me parle de Sainte-Thérèse. C’est devenu une vraie passion. Aujourd’hui, je l’aime beaucoup, je l’adore, même. Ses textes peuvent nous aider dans notre quotidien de tous les jours. Cette femme et ses textes, c’est une vraie leçon de vie…

Comme on le disait tout à l’heure, le projet a une dimension spirituelle, mais peut aussi être connoté religieux. Dans le contexte actuel où on est un peu frileux sur tout ce qui touche à la religion, c’était tout de même ambitieux. Ce n’était pas gagné d’avance, comme on dit… Est-ce que ça ne vous a pas fait peur à un moment donné ?

Non, pas du tout. Je suis plutôt tout le contraire de ça. Je suis plutôt quelqu’un d’affamé. J’ai besoin d’être nourrie de projets et de choses intéressantes. Si le but en soi d’un album est d’en vendre un million, sans quelque chose de fort derrière, ça ne m’intéresse pas. Moi, ce que j’aime, c’est vibrer et essayer de faire vibrer. Ma spécialité, c’est ça, c’est le mélo ! (sourire) J’adore aller arracher les larmes chez les gens, j’adore cracher tout le noir et la peine qu’il y a en moi. C’est dans ma musique. Et ces textes sont pour moi une excellente thérapie. Je n’ai pas du tout réfléchi en termes de succès ou de non succès. Ce côté business ne m’intéresse pas. Ce n’est pas mon métier. Je ne m’occupe pas de ces choses-là. Ce qui m’importe, c’est de savoir si ça me ressemble, si je vais pouvoir défendre le projet avec sincérité et si ça me plait. Parce que si ça ne me plait pas, je ne pourrais pas le faire, du moins pas le faire comme il le faudrait parce que je ne serais pas au service du projet. Tandis que là, j’en suis folle. Et même s’il n’avait pas été disque de platine, je le défendrais de la même manière…  Je vais faire un parallèle avec « Ali Baba ». J’ai joué dans ce spectacle il y a une dizaine d’années maintenant. Aujourd’hui, on m’en parle souvent en me disant qu’il n’a pas marché. Mais c’est un projet que j’aime de tout mon cœur et que je continuerai toujours de défendre. Si demain, on m’appelait en me disant qu’on repartait sur les routes avec, je foncerais. Ça a été un risque. Est-ce que ça a été quelque chose de positif ou pas dans ma carrière ? Je m’en fous ! Ce qui compte, c’est que ça m’a fait grandir. Et « Thérèse – Vivre d’Amour », c’est la même chose…

On va revenir sur Thérèse, mais comme vous venez de me parler d’ « Ali Baba », j’aimerais en parler un instant. C’est, très honnêtement, pour moi, le meilleur spectacle musical qui a été monté en France depuis une dizaine d’années…

… Oh la la… Qu’est-ce que j’aime entendre ça !... Parce que nous étions une belle bande d’artistes sur scène, il y avait des décors d’une simplicité pas possible. Quand on pense aux personnes aussi qui ont fait ce spectacle… Enfin, je trouve que ce spectacle était merveilleux !... Les gens vont peut-être me trouver prétentieuse de dire ça, mais je le pense réellement…

Comment expliquez-vous que le spectacle n’ait pas cartonné, alors qu’il avait tout pour ?

Je suis d’accord avec vous. Je pense aujourd’hui avec le recul qu’on a d’abord eu un réel problème de communication. On a perdu un peu les gens. On avait ce débat, était-ce un spectacle pour les enfants ou non ? Il y a eu un gros problème de communication. À côté de ça, je pense que c’était un projet un peu avant-gardiste et qu’il était probablement trop tôt pour produire un spectacle comme celui-ci en France. Je pense que ceux qui l’ont vu sont unanimes : personne ne pouvait rester indifférent. On l’a aimé ou on l’a détesté, mais en tout cas, on ne pouvait que respecter le travail des compositeurs, de la mise en scène, etc… Mais je pense que le gros problème, c’est que le projet était un peu trop atypique et avant-gardiste, et que la communication a été mal faite. On était trop sur nos gardes à défendre que ce n’était pas un spectacle pour enfants, à communiquer à tout prix là-dessus. Je pense que ça a été une très grosse erreur. Et je ne sais pas quoi vous dire d’autre, parce que nous, on a vraiment tout mis dedans.

Tout à fait. Et on le ressentait, il y avait une très belle énergie, ça chantait, ça jouait... c’était un vrai spectacle, quoi ! Mais je vous pose la question parce que vous, vous l’avez vécu de l’intérieur.

Je pense très sincèrement que c’est le côté un peu fou et un peu barré du projet qui a dérangé. C’était un projet à la Broadway. Sur scène, ça jouait à fond. Le problème, c’est qu’on n’a pas assumé le projet tel qu’il était… Je vais vous dire… je pense que n’aurais pas dû faire toute la promotion de cette comédie musicale parce que quand on regarde le spectacle, je n’ai qu’un petit rôle dedans. Il y a à côté des personnages incroyables comme Monsieur et Madame Cassim ou le Génie. Ces personnages-là auraient dû être sur les plateaux de télé. Quand on regarde la comm’ qui a été faite sur « Les Dix Commandements » ou « Roméo & Juliette », toute la troupe était toujours là. On voyait des choré et le public avait déjà en tête l’esprit du spectacle. Nous, on avait un peu peur de montrer qu’on avait un projet à la Broadway. Alors, on envoyait une petite chouchoute faire la promo avec un petit mec mignon, Sébastien Lorca. On était le petit couple mignon. Je pense que ça a été une erreur. Ça a été un peu lâche, et on l’a payé.

Vous étiez très jeune à l’époque, comment avez-vous vécu ce semi-échec ?

Déjà, je ne l’ai pas vécu comme un échec. Pour moi, il a très très bien marché. Franchement, l’échec, ça a été le disque… et encore ce n’est pas vraiment un échec puisque chez moi, j’ai un double disque d’or. Si je pouvais avoir ça pour mon album… j’en serais ravie ! (sourire) Maintenant, c’est vrai qu’à côté de nous, il y avait « Les Dix Commandements » et « Roméo & Juliette » qui ont été disque de diamant. Donc, tout le monde a dit que c’était un échec. Moi, en tout cas, je ne l’ai jamais vécu comme tel. C’était une grande chance pour moi, à seize ans, de faire autant de promo, de prendre autant de place dans le marché français alors que je n’étais qu’une petite chouchoute de 16 ans qui n’avait pas un rôle principal dans la comédie musicale. Et après, on est quand même restés plusieurs semaines au Zénith et on a fait une tournée entière. Peut-être que comme j’étais jeune, je n’ai pas eu cette frustration de ne pas en avoir plus. J’étais déjà tellement heureuse de ce qu’on avait. Je trouvais que c’était déjà exceptionnel de jouer plusieurs semaines d’affilée au Zénith. Mais là aussi, il y a eu une erreur dans le choix de la salle. C’était une salle trop froide pour ce genre de spectacle. On aurait été mille fois mieux au Casino de Paris ou à l’Olympia… parce que j’adore le prestige de cette salle.  En tout cas, pour en revenir à votre question, comment j’ai vécu tout ça ?… Eh bien, je suis rentrée dans le projet à 14 ans et je l’ai terminé à 18. Pour moi, ça a été une école extraordinaire avec des artistes de grand grand talent qui m’ont tout donné et tout appris. Et ce spectacle fait aujourd’hui que je suis devenue la perfectionniste que je suis et la femme que je suis. Je ne l’ai pas vécu du tout comme un échec. Même quand on repense à Johnny à Tour Eiffel… je me dis que la plus belle chose que j’ai vécue jusqu’à aujourd’hui, professionnellement parlant, c’est « Ali Baba ».

Quels souvenirs gardez-vous justement de cette dizaine de concerts aux côtés de Johnny ? Ce doit être super impressionnant, non ?

Ah, ça… ça l’est, oui ! (rires) C’est quelque chose d’exceptionnel. C’est un des seuls, avec Mylène Farmer, qui ont ce statut de légende en France. Encore une fois, à cette époque, j’étais encore une enfant, j’étais en pleine éducation. Donc, grandir et évoluer dans ce milieu-là avec ce genre de personnage, c’est juste extraordinaire. Johnny, c’est quelqu’un qui est beaucoup dans l’extrême. Ce qu’il est à la télé n’est pas du tout ce qu’il est dans la vie. C’est un vrai papa poule, quelqu’un qui prend soin des autres. En tout cas, il a vraiment pris soin de moi. Et puis, à côté, c’est une bête de scène. Je m’en souviens très bien. C’est un monstre sur scène. Je me souviens de lui malade comme ce n’était pas possible, à mourir pratiquement dans l’après-midi… Et puis le soir, il brillait sur scène. C’est quelqu’un d’extraordinaire. J’ai eu une très grande chance de chanter à ses côtés, ça me donne beaucoup de force dans ma vie aujourd’hui encore.

Sonia Lacen et Natasha St Pier © Sylvie Benoit

On va revenir un peu à « Thérèse »… Quand on voit le succès discographique, plus de 120 000 exemplaires vendu, on est en droit de se demander si le disque ne comble pas un peu un manque de spiritualité dans notre société aujourd’hui. Qu’en pensez-vous ?

Mais bien sûr… On en manque et on en a besoin. On est perdus aujourd’hui. Il faut qu’on se retrouve. La musique a toujours fait ça. La musique a toujours aidé et contribué à remettre les choses dans le bon ordre, que ce soit la ségrégation à l’époque, l’esclavagisme, le monde de m*** dans lequel on vit (excusez-moi de l’expression) ou ce qu’on est train de faire de nos vies. C’est un album qui peut guérir de ces maux-là, qui peut faire en sorte qu’on se sente moins seul. Ce qui est fou, c’est que plus de 110 ans après que ces textes aient été écrits, on est toujours en quête de cet essentiel, de cette foi et de cet amour. Quand un artiste sort un disque où il parle d’amour… prenons l’exemple de Grégoire avec « Toi + Moi »… tout de suite, le public adhère. Mais ce n’est pas encore assez.  On le voit tous dans notre quotidien, nous ne sommes pas assez dans cet état d’esprit. Je pense que « Thérèse » peut faire beaucoup de bien, ne serait-ce qu’en l’écoutant dans la voiture avant d’aller au boulot, en rentrant à la maison, en faisant le dîner ou le dimanche après-midi en préparant son sapin… Elle fait du bien.

Quand vous chantez sur scène, vous vous donnez toujours à 100%. Mais s’est-il passé quelque chose de particulier quand vous vous êtes produite dans la Basilique de Lisieux ?

Bien sûr ! Et d’ailleurs à Lisieux et à la Madeleine aussi. Lisieux… c’est dommage de le dire, mais j’ai trouvé ça drôle ! Nous nous sommes moqués de Natasha toute la journée parce que tout le monde venait la voir comme si elle était Sainte-Thérèse… (rires) J’ai trouvé ça énorme. Les gens venaient la voir en lui disant que quand ils la voyaient chanter à la télé, ils récitaient un « Je vous salue Marie »… Elle a été super forte sur ce coup-là, parce que moi, je pense que j’aurais fondu en larmes à la fin de la journée. Avec Anggun, nous nous sommes bien amusées et avons bien rigolé ! On avait l’impression que toute la misère du monde tombait sur les épaules de Natasha ! À côté de cela, cette basilique est incroyable. Elle est comme la décrit Thérèse, avec un côté tellement traditionnel et un côté tellement moderne et urbain. Il y a eu une énergie très très spéciale. À La Madeleine, il y a eu aussi cette énergie très très spéciale. Je pense que chanter dans des lieux comme ceux-là, c’est quelque chose d’assez extraordinaire.

On ne va pas pouvoir évoquer chaque moment important de votre carrière, il y a eu ce premier album « Initial », la BO de « Vercingétorix », le film « Alive »… Qu’est-ce qui vous a poussée, après, à partir aux États-Unis ?

Me trouver… Un souci d’intégrité et de vérité. J’avais envie de faire connaissance avec moi-même et je ne pouvais pas le faire tant que j’avais du monde autour de moi qui savait mieux que moi ce qui était bon pour moi et qui je devais être. Donc, j’ai eu besoin de me mettre en danger, de galérer… Je crois que j’avais besoin de vivre, tout simplement. J’avais besoin de savoir qui j’étais pour pouvoir aller de l’avant.

Qu’est-ce qui vous a poussée à vous inscrire au casting de The Voice ?

En fait, je ne me suis pas inscrite au casting de The Voice, on m’a téléphoné pour me proposer d’y participer. Et je n’ai pas trop réfléchi. On m’a envoyé quelques bandes annonces de l’émission à l’étranger. J’ai trouvé l’idée super intéressante, ces coaches qui ne jugent que sur la voix. Je ne savais rien de la suite, les battles et tout ça… Donc, comme j’adore chanter, j’y suis allée en me disant qu’on allait me voir et m’entendre. C’était une période de ma vie aussi où je faisais beaucoup de musique et où j’étais un peu frustrée parce que j’avais envie de revenir sur de grosses et belles scènes. Je me demandais comment j’allais bien pouvoir le faire. J’ai un orgueil surdimensionné et il était pour moi inenvisageable d’aller faire du porte à porte et d’aller sonner chez les gens que j’avais quittés il y a dix ans. Donc, quand on m’a téléphoné pour The Voice, je me suis dit que c’était Dieu qui m’envoyait un signe. Je l’ai fait et j’ai vécu l’aventure au jour le jour, sans me mettre jamais de pression. Je ne pensais pas jouer ma vie et je ne pensais pas que ça changerait ma vie. Finalement, j’ai très bien fait d’être dans cet état d’esprit parce que ça s’est très bien passé. Ça m’a apporté tout ce que je cherchais en faisant cette émission, c’est-à-dire de l’exposition et donner aux gens l’envie de travailler avec moi. Donc, j’en suis ravie.

C’est donc un bilan positif. Vous n’en attendiez pas plus.

Non. C’est vraiment positif. J’ai eu tout ce que je voulais. J’aurais pu sortir après mon premier passage, j’avais déjà eu ce que je voulais. Il y a eu un truc magique sur mon premier passage. Je ne m’attendais pas du tout à ça, je ne voulais pas ça, ce n’est pas du tout ce que je recherchais. Et ça s’est passé et dès lors je savais que j’avais pris la bonne décision et que j’avais fait tout ce qu’il fallait. Je pouvais être tranquille pour le reste de mon aventure.

Les quelques secondes où les quatre coaches se retournent et où le public est debout… que se passe-t-il dans votre tête ?

Beaucoup beaucoup de choses… C’est incroyable. C’est la première fois que je ressentais ça. Pourtant j’en ai vécu des choses ! Je pense même que c’était plus intense que Johnny à la Tour Eiffel et plus intense que beaucoup d’expériences que j’ai eues dans ma vie parce que j’avais la moitié de ma compagnie aérienne qui était dans la salle. En fait, j’ai gardé les yeux fermés tout le temps que j’ai chanté et quand ils se sont retournés, il y a eu beaucoup de bruits et de grosses lumières. Et d’un coup, je vois les quatre coaches retournés alors que je ne m’y attendais tellement pas. Et juste derrière les quatre coaches, je vois tous mes collègues de travail. D’un coup, j’avais mes deux vies qui se rejoignaient : ma petite vie de Sonia Lacen et la vie de Sonia l’hôtesse de l’air. Tout se mélangeait. C’était un gros bordel dans ma tête ! (sourire) J’ai eu très peur, en fait. Mais c’était positif. Très positif.

Ce doit être vertigineux.

Oui. Je me suis dit qu’il se passait quelque chose de grand, quelque chose qui me dépassait. J’aime avoir le contrôle sur tout ce qui se passe autour de moi et je ne m’attendais pas du tout à ça… Tout était dans le positif, mais ça fait très très peur.

Depuis la rentrée, on peut vous voir régulièrement le dimanche après-midi dans « Les Chansons d’abord » où vous reprenez les chansons des autres… Qu’écoutait-on chez vous quand vous étiez enfant ?

Tout ça. Chez moi, quand j’étais enfant, on était très éclectiques ! Que ce soit dans la religion, et c’est d’ailleurs pour cette raison que j’aborde Thérèse avec autant de paix d’esprit, dans notre culture, dans les gens qu’on fréquentait ou dans la musique qu’on écoutait, j’ai toujours grandi avec cette idée : ce qui compte, c’est le fond et pas la forme. J’avais une maman passionnée de musique et un papa chauffeur routier. Il copiait des dizaines de disques chaque semaine pour se les passer dans son camion, puisqu’il faisait de l’international. Donc, j’ai grandi avec Stevie Wonder, Bob Marley, Edith Piaf, Charles Aznavour, Brel, Brassens, Janis Joplin, Kurt Cobain, Pink Floyd… J’ai grandi dans tout ça. Je me souviens de mon papa qui venait me chercher à l’école en me chantant « Allô Maman Bobo », et quand on rentrait, ma mère qui fredonnait « les Roses Blanches », « Maman la plus belle du monde »… En fait, quand je suis sur le plateau des « Chansons d’abord », il n’y a pas une chanson qui ne me ramène pas à mon enfance. Et on est dans le français… je pourrais vous dire la même chose sur la musique internationale, puisque mes parents écoutaient tout tout tout, jazz, rock, pop, etc… J’ai été nourrie par ça.

On a parlé de « Thérèse », des « Chansons d’abord »… mais j’imagine qu’à côté de tout ça, il y a un projet solo qui est en train de se mettre en place…

Oui… Tout ce que je fais, je le fais pour ça. Je le fais pour que mon « bébé » puisse voir le jour dans les meilleures conditions possibles. J’y travaille en prenant tout le temps nécessaire pour le faire. Sans pression et sans deadline. Je ne veux pas qu’on m’oublie, donc, je continue à faire des petits projets à droite et à gauche et je me régale sur l’émission, mais la priorité reste mon album et mon projet personnel. Là, en ce moment, j’en suis au stade de créer une équipe. Je veux trouver une équipe qui me corresponde, qui comprend ce que je veux pour cet album et qui m’aide à concrétiser ce que j’ai dans la tête.

J’imagine que vous réunissez une équipe de musiciens, mais également d’auteurs et compositeurs ? Vous écrivez et vous composez, je pense.

Tout à fait. Mais j’ai aussi envie de m’entourer d’autres auteurs et compositeurs. Je pense qu’on grandi plus et mieux à plusieurs. Donc, quand je parle d’équipe, c’est dans tous les sens du terme. Des managers, j’ai eu la chance d’en rencontrer pendant « Ali Baba », donc, ça fait un petit moment que j’en connais. J’ai déjà ça. Et c’est primordial, quand on est un artiste, d’avoir des gens de confiance qui nous entourent pour tout ce qui est business parce que moi, je ne suis pas du tout dans cet état d’esprit-là. Donc, on est en train de réunir une équipe artistique, mais également une équipe de production qui va m’entourer et m’aider à faire cet album. Elle m’aide à trouver les bonnes personnes, qui sont dans le bon état d’esprit, c’est-à-dire dans le développement d’artiste, pas dans l’idée d’un coup marketing. Et derrière, je collabore avec des tonnes de gens. Je teste, j’arrête quand ça ne va pas. Je continue quand ça va. Je dois enregistrer des dizaines de démos par semaine et je garde finalement un titre par mois, quelque chose comme ça. Je cherche des nouveaux compositeurs et de nouveaux auteurs, des gens qui peuvent m’accompagner et me compléter surtout.

L’écriture et la composition vous accompagnent-elles depuis longtemps ?

Bizarrement, l’écriture et la composition sont arrivées quand j’ai quitté la France, quand j’ai quitté toute cette pression et toutes ces choses qui me parasitaient et qui ont fait en sorte que je suis partie parce que je n’arrivais plus à me trouver et que je n’arrivais plus, surtout, à trouver la passion. Je faisais des choses sans avoir envie de les faire. Et j’ai toujours eu du mal avec ça. Je me suis dit « autant partir, parce que c’est plus honnête ». Et donc, je suis partie aux États-Unis. Là, on abordait la vie différemment. En France, c’est un luxe la musique, c’est un hobby. Là-bas, ça fait partie intégrante de l’éducation. Et quand on est chanteur, on ne peut pas être que chanteur, parce qu’alors on est nul. Je ne connais pas un chanteur aux Etats-Unis ou en Angleterre qui ne fasse que chanter. Tout le monde joue d’un instrument ou a un petit truc en plus. Donc, en arrivant là-bas, je me suis trouvée nulle. Pas vocalement, mais nulle de ne pas avoir essayé d’aller toucher d’autres choses. J’ai appris à jouer de la guitare et trois accords. Avec ces trois accords, j’ai réussi à jouer quelques chansons. Puis j’ai commencé à composer. Je me suis retrouvée dans une cave avec un bassiste, un batteur et un clavier et les premiers mots sont sortis. Bizarrement en anglais. Et de là, je me suis rendue compte qu’il ne fallait pas réfléchir, que tout ça se faisait naturellement et tout simplement. Je n’étais pas assez en confiance. On était trop sur moi, je ne pouvais pas faire un pas… où il ne fallait pas. (sourire) Je devais toujours être parfaite. Même une improvisation, je ne pouvais pas la faire parce que j’avais besoin d’avoir le contrôle sur chaque note que je faisais. Aujourd’hui, j’ai compris que j’étais à côté de la plaque et que ce n’est pas ça qui compte. Donc, je suis plus dans l’émotion. Si je me plante, ce n’est pas grave, au moins, j’aurai été chercher des choses chez les gens.

Pour cet album, êtes-vous restée sur l’anglais ou êtes-vous plutôt partie sur le français ?

Les deux. J’écris comme ça vient. Après avoir écrit en anglais, j’ai écrit en français. Et aujourd’hui, c’est un jour en anglais, un jour en français. J’ai essayé  au début d’adapter en français certains titres que j’avais écrits en anglais, mais les mots ne sonnent pas du tout de la même façon et du coup, le sens change. Donc, j’écris dans les deux langues aujourd’hui. Et français souvent quand je suis triste…

Propos recueillis par IdolesMag le 5 décembre 2013.
Photos : Sylvie Benoît
Facebook : https://www.facebook.com/SoniaLacenTheVoice









+ d'interviews
Vidéos




Retrouvez-nous sur Facebook
Retrouvez-nous sur Twitter
Concours
 
Retour en haut