Interview de Pagan Poetry

Propos recueillis par IdolesMag.com le 14/11/2013.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.com.








Pagan Poetry, The Unseen

Après avoir accompagné de nombreux artistes et coaché certains d’entre eux, Nathalie Réaux livre aujourd’hui son projet solo, il porte le nom de « Pagan Poetry ». Pour nous faire patienter jusqu’à la sortie de l’album, elle vient de publier un premier EP de toute beauté. Nous avons été à sa rencontre afin d’en savoir plus sur ce projet intéressant à plus d’un titre. Nathalie nous expliquera en quoi sa poésie est païenne et nous laissera méditer sur cette phrase d’Albert Einstein : « il est absolument possible qu’au-delà de ce que perçoivent nos sens se cachent des mondes insoupçonnés. » Cette phrase prend tout son sens à l’écoute du EP de Pagan Poetry…

IdolesMag : Vous avez pendant longtemps accompagné d’autres artistes (Nosfell, Claire Diterzi, Ornette,…), vous en avez coaché d’autres, nourrissez-vous ce projet solo depuis longtemps ?

Pagan Poetry : Oui, en fait… Je n’avais pas encore la matière, mais j’avais l’énergie créatrice. Donc, oui, ça me travaille depuis longtemps. Après, il a fallu du temps avant que ça ne s’incarne dans la matière. J’avais pas mal de peurs que je devais dépasser, je pense, pour donner vie à ce projet. Mais en tout cas, j’ai toujours su que j’allais créer quelque chose. J’avais vraiment une âme de créatrice. Et le fait de travailler avec toutes ces personnes m’a également nourrie. J’ai travaillé avec des artistes comme Nosfell qui ont des créations très particulières, donc j’ai appris à leur contact. Je me suis fait les dents, comme on dit.

Le bon moment, c’était maintenant.

Oui, j’avais besoin de tout ce temps-là pour être sûre de mon propos, être sûre de mes envies et pouvoir l’assumer sur du long terme parce que j’avais déjà créé des choses quand j’étais bien plus jeune, mais je n’étais pas du tout prête, ni raccord avec moi. Il m’a fallu un certain temps pour décider de le faire, et je ne regrette pas d’avoir pris ce temps-là. J’ai la sensation d’être au bon endroit, là. Et au bon moment.

Dedicace de Pagan Poetry pour idolesmag

Depuis quand écrivez-vous en fait ?

C’est assez récent. Enfin récent… (sourire) J’ai commencé à composer très tard. Je dirais vers 26/27 ans, quelque chose comme ça. Avant, je crois que je dormais un peu. En tout cas, je pensais que je dormais, mais je crois aujourd’hui que tout était en train de se préparer tranquillement. Il y a eu quelques éléments déclencheurs qui ont fait que j’ai commencé à libérer ma créativité, en tout cas à faire en sorte qu’elle existe  matériellement. Je crois que j’ai toujours été créatrice dans l’âme, mais il a fallu longtemps avant que ce ne soit visible ou audible.

Créez-vous aujourd’hui pour les mêmes raisons qu’à vos 26/27 ans ?

Je pense que la source est la même. Sauf que je l’assume beaucoup plus aujourd’hui. Évidemment, en grandissant, notre regard sur le monde change un peu, mais la source reste la même. Cette source, c’est la magie et l’émerveillement. Mais pas dans le sens enfantin, c’est quelque chose de très concret. Je pense que tout ça a toujours été là. Et il se trouve que d’un seul coup, il s’est passé quelque chose intérieurement qui a fait que j’ai pu lâcher les choses et en faire le cœur de mon projet. Alors qu’avant, je balbutiais pas mal. Je crois que tout simplement j’hésitais à aller sur ce terrain-là. Je devais avoir probablement peur de différentes choses… Et puis là, je suis prête et j’assume.

Vous dites dans votre bio « Pagan Poetry est une entité musicale créée par Nathalie Réaux ». Comment avez-vous choisi ce nom ? Y a-t-il un rapport avec la chanson de Björk ?

C’est une bonne question… ça s’est fait un peu de façon simultanée… C’est-à-dire que j’étais un train de réfléchir à un nom qui contenait la poésie et aussi toute la dimension … disons… philosophique de mon propos. Je m’intéresse effectivement à pas mal de choses qui ont un lien avec la culture païenne, l’univers des tribus et ce genre de choses. Je suis assez branchée par ça. Et donc, pendant longtemps, j’ai cherché un nom qui réunissait ces deux aspects. Je connaissais très bien cette chanson de Björk. C’est quelqu’un que j’ai écouté, parmi plein d’autres artistes, mais disons qu’elle fait partie de ceux que j’aime vraiment beaucoup. Et je suis retombée sur cette chanson, qui en plus, est une de mes préférées. Là, je me suis dit que l’association de ces deux mots était absolument parfaite pour la musique que je faisais. Ça s’est présenté comme une évidence. Alors après, j’ai beaucoup douté parce que je me suis dit que probablement les gens allaient faire un raccourci un peu rapide avec Björk… alors qu’effectivement elle fait partie des artistes que j’ai écouté, mais c’est une parmi tant d’autres. J’ai autant écouté Kate Bush et d’autres… J’ai donc longtemps hésité pour ne pas tendre le fer pour me faire battre. Et en même temps, c’était tellement évident… En plus, j’ai beaucoup d’admiration pour cette femme en tant qu’artiste, et également pour ses engagements en tant que femme. Je me suis dit que ça pouvait être un beau clin d’œil de reconnaissance pour elle aussi. Je savais donc que les gens allaient faire le lien avec Björk, mais je me suis dit que je saurais expliquer pourquoi j’avais choisi ce nom (rires). Mes nourritures ne  sont pas uniquement « Björkiennes » ! La littérature en fait autant partie. C’est donc vraiment en tombant sur le nom de ce morceau que je me suis dit que c’était comme ça que je pourrais définir ma musique, comme de la poésie païenne.

Pagan Poetry © Elodie Oliveira
© Elodie Oliveira

Je voulais vous poser la question parce qu’on est assez loin finalement de l’univers de Björk.

Et oui… Mais pour certaines personnes qui ne connaissent pas mes véritables influences, la référence la plus courte, c’est Björk. Et avec toute l’admiration que j’ai pour elle, ça me fait tout de même très plaisir que vous me disiez que je ne fais pas la même chose qu’elle. Parce qu’en effet, je ne fais pas la même musique qu’elle.

L’univers est très différent aussi.

Oui, mais souvent, certaines personnes font un raccourci un peu rapide. Et je me dis que c’est dommage… Pourtant, Björk est une artiste que j’admire énormément, mais ça m’ennuie quand on fait des raccourcis trop rapides.

Vous avez écrit et composé les titres qui figurent sur le EP. Vous les avez arrangés aussi. N’avez-vous pas eu envie à un moment donné d’avoir un œil extérieur ?

Pour cet EP, non. J’avais envie d’être seule. En fait, ça faisait tellement longtemps que je portais ces morceaux à l’intérieur de moi que j’avais besoin de les arranger. Et puis, soyons honnêtes, les arrangements, je pense que c’est la partie que je préfère dans le travail de création. C’est vraiment le côté le plus ludique de la création d’une chanson. Donc, j’avais envie de me faire complètement confiance, même si, éventuellement, je faisais des erreurs. J’avais envie justement que tout soit nourri par ma propre source. Il y a tout de même eu des regards extérieurs. J’ai fait écouter les titres à des amis et à d’autres gens, mais sans me laisser influencer. Je me suis dit de toute façon que ces chansons, c’était moi à une telle époque et que c’était comme ça que j’avais envie de les entendre. Je ne suis pas fermée aux propositions, pas du tout, j’écoute tout ce qu’on me dit. Et puis surtout, les arrangements de l’EP correspondent à l’EP. Sur scène, ce n’est pas arrangé de la même façon. Pour moi, un EP ou un album, c’est juste une photo d’un moment où j’ai envie d’habiller ma musique de telle ou telle façon. Sur scène, selon les conditions, je l’habille différemment.

Était-ce important pour vous d’arriver avec un format court avant le format album ?

Pour moi, ça s’est présenté tout simplement comme une urgence. J’avais besoin que ça existe. Je n’avais pas tous les morceaux pour faire un album. D’ailleurs, je suis en train de travailler dessus. Mais à ce moment-là, je n’avais pas tous les morceaux, et j’avais une nécessité intérieure qui me poussait vraiment pour que ça existe. J’étais arrivée à un tel point de maturation à ce niveau-là que je crois que je n’aurais pas eu la patience d’attendre d’avoir tous les titres pour faire un album… Il fallait que ça exulte là, tout de suite…

On va revenir dans un instant sur le EP, mais tant qu’on parle de l’album, concrètement, où en êtes-vous ?

Concrètement, j’ai déjà quelques morceaux qui existent et sur lesquels je suis en train de travailler. J’en ai d’autres qui sont complètement en chantier. Parfois, il y a vingt secondes, parfois, un bout de machin ou d’un autre. C’est un peu comme ça, en patchwork, que je travaille. J’ai en tête des thèmes que j’ai envie d’aborder… Donc, vous voyez, il est vraiment en construction, il n’est pas encore complètement dans la matière. Disons qu’il est dans une autre dimension.

Il est dans votre inconscient…

Pas vraiment dans mon inconscient parce que je suis assez consciente de ce que je veux faire. Après, je laisse l’espace pour tout ce que je ne sais pas encore… Donc, on verra. Comme vous le voyez, j’ai encore beaucoup de travail et beaucoup de chansons à écrire pour que l’album soit complet.

Et puis, les formats sont tellement différents. On ne travaille pas sur un EP comme on travaille sur un album.

Etonnamment, moi, si ! (rires) J’ai préparé mon EP comme si je préparais un album. D’ailleurs, l’ingénieur du son avec lequel j’ai travaillé m’a dit qu’il avait passé autant de temps sur mon EP que s’il avait travaillé sur un album !! C’était un travail assez exigeant et du coup, ça lui a demandé le temps d’un album. Je ne fais pas de différence entre un EP et un album. L’un n’est pas moins important que l’autre. Un EP est peut-être plus petit en terme de durée de musique, mais mon investissement personnel et intime est le même que pour un album. Je ne fais pas de différence à ce niveau-là. Que ce soit un EP ou un album, pour moi, c’est une création.

On entend que tout a été superbement travaillé. Rien n’a été laissé au hasard. Et à chaque écoute, on découvre de nouvelles choses.

Ça me fait plaisir… Je vous conseille d’ailleurs de l’écouter au casque, vous entendrez encore d’autres détails… (sourire) Dans le propos aussi, c’était la même idée. Je voulais parler des choses qui peuvent se cacher un peu, qui ne sont pas visibles ni audibles. On les découvre au fur et à mesure selon l’attention qu’on y porte. Je suis contente que vous découvriez de nouvelles choses à chaque écoute, ça fait partie de l’idée que j’ai voulu mettre dedans.

Les chansons sont reliées entre elles par de courts interludes. Il y a une trame, c’est un peu une immersion totale, comme dans un film. Il y a d’ailleurs quelque chose de très visuel pour l’auditeur. Est-ce le cas quand vous créez vos chansons ?

Oui. J’ai un rapport très visuel avec la musique. Quand j’écoute de la musique, j’ai tout de suite des images ou des impressions qui me viennent en tête. La musique me provoque des sensations visuelles. C’est limite physique. Et d’ailleurs, très souvent, les chansons partent d’une sensation visuelle dans mon esprit. Ça peut être plusieurs choses, une matière, une couleur ou carrément un tableau ou un clip qui défile dans mon esprit. Et il arrive très souvent que ça parte d’une sensation visuelle. C’est assez chouette là aussi que vous ressentiez ça à l’écoute, parce qu’à la création, le visuel est très présent. Le visuel est complètement inhérent à mon processus de création. La musique fait appel à beaucoup de sens chez moi, y compris le toucher par les vibrations des sons.

L’image est devenue aujourd’hui parfois plus importante que la musique dans les créations musicales. Est-ce un bien ou un mal à vos yeux ?

Vous savez, je cherche toujours l’équilibre. Je pense que le fait que l’image peut prendre le dessus sur la musique, c’est très subjectif et ça appartient à chacun. C’est propre à chacun. Moi, ce qui m’intéresse, c’est de trouver l’équilibre, l’alliance parfaite entre l’image et le son. Quand on a une image forte avec une musique plus faible, ça peut être dérangeant. Et inversement. C’est l’équilibre et la cohérence entre l’image et la musique qui sont importants. C’est en tout cas ce qui m’importe.

En parlant de cohérence et d’équilibre, un travail très soigné a été fait sur la pochette…

(sourire) Là aussi encore une fois, j’ai voulu que ce soit cohérent avec ma musique. Je sais pourquoi j’ai choisi des plumes de paon. Il y a plein de raisons très intimes d’avoir choisi tout ça. Et je suis totalement connectée à ma cohérence par rapport à l’image et à la musique de mon projet. Après, je n’ai pas envie forcément d’expliquer ce que ça incarne pour moi parce que j’ai envie de laisser l’espace à l’auditeur et à celui qui va regarder la pochette de voir ce qu’il a envie d’y voir. Mais moi, je sais très bien ce que j’ai mis dans cette photo. C’est très clair pour moi.

On a parlé du visuel, on a parlé du son, on va un peu parler des paroles maintenant. Quels thèmes abordez-vous dans vos chansons ?

C’est très important pour moi… Il y a un réel propos dans cet EP et dans l’album qui vient. Le thème principal de ma musique aujourd’hui, c’est de parler de ce qui existe et qui ne se voit pas forcément. Une des phrases-clé de ma musique, c’est une phrase d’Einstein qui dit qu’« il est absolument possible qu’au-delà de ce que perçoivent nos sens se cachent des mondes insoupçonnés ». Eh bien voilà, je parle de tout ce qui peut exister et qu’on ne voit pas forcément si on ne prête pas attention. Ça touche au monde de l’imaginaire, au monde du conte, au monde de l’infiniment petit et au monde de l’infiniment grand, à la physique quantique, au rêve, aux différentes dimensions. C’est finalement très vaste comme sujet, parler de ce qu’on ne voit pas mais qui existe quand même. C’est très vaste. Je réfléchissais d’ailleurs à ça il n’y a pas très longtemps… et je trouvais étonnant que les gens ne s’étonnent pas du tout du wi-fi, qu’on ne voit pas… C’est quelque chose qu’on ne peut pas choper, mais qui est bien là, sinon, on ne serait pas tous connectés et on n’arriverait pas à aller sur internet aussi facilement. Ça, le wi-fi, ça ne pose de problèmes à personne, alors qu’accepter le fait qu’il puisse y avoir du magnétisme entre les gens ou des formes d’énergies entre les éléments, eh bien, c’est plus difficile à admettre pour certaines personnes. Alors que le wi-fi… ça ne dérange personne !! (rires) Sous certains aspects, ce qu’on ne voit pas ne dérange pas, sous d’autres, ça dérange plus, ça réveille des trucs… et ça, ça m’intéresse. Ça m’amuse de voir ça. Donc, oui, ce qui m’intéresse, c’est d’évoquer cette autre façon de regarder les choses, de porter un autre regard, de voir à travers. C’est ça qui me plaît. C’est de ça que j’avais envie de parler dans ma musique. Intimement, en tant que personne, je suis très intéressée par ça.

L’anglais s’est-il imposé naturellement ?

Eh bien, oui… Alors que j’avais bien envie d’essayer en français. Mais je n’arrivais pas à trouver la rondeur et l’espace du son dans ma bouche. Je ne trouvais pas les vibrations que je cherchais. C’était beaucoup moins fluide en français qu’en anglais, alors que je ne suis pas forcément bilingue et qu’en anglais, ça me demande de travailler différemment. Ce n’est pas une complication, mais c’est une exigence supplémentaire pour moi d’écrire en anglais. Et pour autant, les vibrations que je ressens et ce qui se passe en moi quand je chante, sur ce projet-là parce que c’est vraiment lié à ce projet, sont beaucoup plus fluides en anglais qu’en français. Je ne dis pas que je n’écrirai pas en français plus tard, mais  pour l’instant, ça s’est présenté comme ça. C’était comme une évidence. La couleur du son est beaucoup plus douce, plus ronde et plus spacieuse en anglais qu’en français. Voilà pourquoi j’ai choisi l’anglais…

Donc, le français, ce n’est pas une porte fermée.

Non, pas du tout. Si j’arrive à lui donner une rondeur dans l’écriture et de l’espace, je le ferai. C’est juste qu’au moment où j’ai commencé à créer, ce n’est pas ça qui s’est présenté. Etonnamment, puisque le français est ma langue maternelle, je me suis sentie plus enfermée… Alors que c’est une langue magnifique. J’ai fait des études de lettres et j’adore le verbe français. C’est une super belle langue. Mais quand je la chante, je me sens plus à l’étroit.

Comment vous retrouvez-vous dans le formatage musical ambiant ?

J’essaye de ne pas me poser la question (sourire)… parce qu’elle me fait peur. J’ai une angoisse qui monte et je me demande s’il y a une place pour la musique que je fais… Alors j’essaye plutôt de me concentrer sur la confiance que j’ai en mon projet. S’il parle à un certain nombre de personnes, il existera au-delà des contraintes actuelles de l’industrie musicale. Mais je ne vous cache pas que c’est une source d’inquiétude pour moi parce qu’en effet, je n’ai pas choisi la facilité. En même temps, je ne voulais pas me trahir. Je savais ce que je voulais défendre musicalement et aussi au niveau des thèmes… J’avais besoin d’être très cohérente avec moi. Il est impossible de faire de l’art en n’étant pas complètement en accord avec soi-même. Donc, je suis bien consciente que du coup, c’est une musique qui demande de prendre son temps, qui a besoin d’être découverte… Il faut prendre le temps de l’écouter. Mais j’espère qu’il y a encore des gens dans l’industrie musicale aujourd’hui qui ont envie de développer ce genre de projet. Je garde espoir. D’ailleurs, je vais passer un appel par l’intermédiaire de votre site ! (éclats de rire) De toute façon, je fais de la musique pour faire de la musique. Déjà parce que j’en ai besoin, mais aussi pour communiquer avec les gens, parce que j’en ai besoin aussi. Et je sens que les gens en ont besoin aussi. J’ai envie de m’accomplir comme ça. Du coup, j’espère qu’il y aura de la place pour mon projet, quelle que soit la façon dont il va grandir. Dans l’économie musicale aussi, j’espère qu’il y aura de la place… Mais là, je ne parle pas uniquement de mon projet, j’aimerais parler aussi de plein de gens que je connais qui sont des créateurs qui proposent quelque chose. J’espère qu’il va y avoir de la place pour ces projets un peu en marge qui proposent quelque chose de différent. Je l’espère… Mais j’ai vraiment l’espoir qu’il y ait de l’espace pour ça. Mais de toute façon, au-delà de l’industrie musicale, on n’a pas le choix, nous les artistes, on doit créer ces espaces. Ça ne veut pas dire que je sois fâchée avec l’industrie musicale, pas du tout, sinon, je ne ferais pas de musique !! (rires) Il y a plein de projets fort intéressants. Mais malheureusement, ils sont assez mal relayés par les médias. Les radios, enfin, ça dépend desquelles évidemment, diffusent souvent des projets assez similaires et formatés. Mais la création est toujours là. Selon les périodes et l’humeur, elle est plus ou moins bien relayée. Dans la musique indépendante, le courant auquel j’appartiens, il y a énormément de choses très intéressantes. Le problème, c’est que nous ne sommes pas relayés. C’est pour ça que le grand public ne nous connaît pas. Donc, la création n’est pas en panne. Ce qui est un peu en panne, c’est le relai…

Propos recueillis par IdolesMag le 14 novembre 2013.
Photos : Elodie Oliveira, http://www.amirandyan.com/
Site web : http://www.paganpoetry.net/









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