Interview de Georges Chelon

Propos recueillis par IdolesMag.com le 30/01/2010.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.com.

 

IdolesMag fait peau neuve et change d'extension ! (le .com devient .NET)

-> Retrouvez nous sur IdolesMag.NET

 

Photo de Georges Chelon - © Gérard Monico DR

Le rendez-vous était pris avec Georges Chelon depuis quelques jours. Entre le temps épouvantable et les portables qui ne passaient pas, nous avons bien failli ne pas nous rencontrer. C'est en toute simplicité que Georges Chelon nous reçoit et nous parle de ses débuts à l'Olympia, de Charles Baudelaire et de ses projets. A la fin de l'interview, le magicien des mots se transforme en dessinateur de grand talent!

IdolesMag : Vous avez sorti votre premier 45 tours en 1964, quel regard portez-vous sur la musique de cette période ?

Georges Chelon : C'était l'époque des yéyés. Moi, j'étais dans mes chansons. Il y avait déjà d'autres genres de chanteurs, ceux qui m'avaient impressionné, ceux qui avaient ouvert la voie.. Il y avait déjà Escudero, Adamo, Aznavour, Becaud, Ferrat et Brassens. En fait, tout le monde était déjà là, donc la voie était ouverte à ce genre de chansons quand même.

Vous avez écumé un peu toutes les scènes de France et de Navarre, quel est votre meilleur souvenir de scène ?

Le premier Olympia que j'ai fait, j'étais en anglaise de Mireille Mathieu. Les vedettes étaient Roger Pierre et Jean-Marc Thibeault et je me souviens avoir chanté devant Aznavour. Il y avait tout le gratin, c'était assez impressionnant. Après avoir chanté « Le Père Prodigue », il y a eu un petit silence et dans le silence il y a eu Suzanne Gabrielo, (je suis sûr que c'est elle), qui a dit « Mon pauvre petit bonhomme » (rires). C'est un bon souvenir... Puis aussi les bons souvenirs, ce sont les souvenirs de tournées. Les tournées à travers la France avec Adamo d'abord, c'était la plus intéressante, la plus formidable, çà s'appelait « Le Gala des étoiles ». Et ce qui est drôle c'est que ce qu'on fait ici en ce moment : ça rappelle un peu ce genre de tournée [NDLR La tournée « Age Tendre et Têtes de Bois », saison 4]

Vous qui aimez Baudelaire, quel est votre livre de chevet en ce moment ?

J'ai pas vraiment de livre de chevet à proprement parler. Pendant longtemps ça a été les « Pensées » de Jules Renard. En ce moment, on m'a prêté un Douglas Kennedy (rires) : c'est bien, c'est bien écrit.. En fait, je lis moins maintenant. Parce que quand on y voit moins on lit moins bien! C'est vrai aussi que les romans c'est lassant, c'est un peu toujours la même chose. (rires)

Vous avez une passion pour Baudelaire, je pense ?

Oui

Vous lui avez consacré de nombreux disques... Pourquoi Baudelaire ?

Je ne sais pas... Parce que par hasard! En fait, je n'ai jamais tellement été imprégné par Baudelaire. Avant on n'apprenait pas Baudelaire à l'école, même en Terminale. J'étais chez les curés, alors... Baudelaire on ne l'apprenait pas du tout! En fait, j'ai fait la connaissance d'une personne qui est Professeur de Lettres et qui depuis 10 ans, même un peu plus que ça maintenant, 15 ans, me tanne avec Baudelaire, me disant qu'il faudrait que je mette en musique quelques poèmes de Baudelaire. Puis un jour, c'est arrivé comme ça il y a 5 ans... J'étais sur un bateau et elle m'a offert « Les Fleurs du Mal » et comme j'avais 20 jours à tirer, j'ai ouvert « Les Fleurs du Mal » et j'ai commencé à mettre en musique « De Profundis Clamavi ». C'est parti comme ça... Et ça s'est enchaîné rapidement. J'ai découvert Baudelaire comme ça avec les notes de ma guitare... Et puis de fil en aiguille j'ai tout fait...

Donc il vous est tombé un peu dessus comme ça ?

Oui! Mais c'était le bon moment. J'ai toujours été auteur compositeur, j'ai toujours écrit mes textes, mes musiques, mes petits trucs. A part quelques exceptions près, je n'ai jamais chanté les chansons d'un autre... et puis il se trouve que il y a cinq ans, j'étais en panne... Je ne savais plus trop quoi raconter, je n'avais plus grand chose à dire... En fait, si j'ai des choses à dire c'est qu'il m'est arrivé un événement plus ou moins malheureux donc je préfère qu'il ne m'arrive rien ni à mes proches et comme ça c'est bien... Et puis je suis tombé dans Baudelaire. Et j'ai trouvé en Baudelaire un super parolier... c'est tout! (rires) Au début, j'ai trouvé ça fantastique... Et puis ça a été un peu un défi : au départ on met en musique des textes qui sont structurés un peu comme un poème, mais des textes raisonnables, une page, quoi. Après le deuxième jet, on choisit des textes moins raisonnables, plus longs, ou un peu plus courts, puis on finit par le 7ème disque que j'ai fait pour clore les « Fleurs du Mal » : il y a des poèmes qui font 5/6 pages, « Le Voyage », ça fait 6 pages. Au début on se dit qu'on ne fera jamais ça, puis on y arrive. Et j'y suis arrivé et je suis content de l'avoir fait. J'ai découvert Baudelaire au fur et à mesure. Même maintenant je découvre encore Baudelaire... Même quand j'écris les musiques, je sais pas ce qu'il raconte toujours exactement! Mais ce qui m'a plu le plus, ce sont ses mots. Et puis maintenant que je chante Baudelaire, je découvre ce que je raconte... C'est assez marrant! Et ce n'est pas fini : là je vais faire un spectacle dans un petit théâtre qui s'appelle le « Darius Milhaud », ça commence en mars, puis avril et mai. Ce sera tous les jeudis ouvrables, parce que c'est destiné d'abord aux lycées et aux terminales et c'est un spectacle sur Baudelaire avec des textes aussi du « Spleen », parce qu'il y a « Spleen » encore qu'on n'a pas fini... Une fois qu'on a achevé « Les Fleurs du Mal »... nous arrive « Le Spleen » ! (rires)

Dans "Merci d'être venu", vous évoquez la Star Ac... Quel regard portez-vous sur la Star Academy ou autres Nouvelle Star, X Factor... ?

Vous savez, j'ai été découvert par un concours de chant. A l'époque, une maison de disques, Pathé Marconi, et Radio Monte Carlo se baladaient en France, et faisaient des concours dans les foires, en ameutant les auteurs, les chanteurs du coin à venir chanter pour savoir si ça pouvait les intéresser... Et donc en 1964, au mois de mai, j'ai fait la même chose à Grenoble. Je me suis inscrit et j'ai gagné. J'ai intéressé une personne de chez Pathé Marconi qui s'appelait René Vaneste et puis je suis allé à Paris. Et c'est comme çà que j'ai commencé à faire des disques. Et c'est un peu pareil maintenant... En fait, c'est tout de même un peu différent dans ce sens qu'à notre époque, c'était le début, on signait un disque, puis après on s'acharnait à faire des télés, à passer à la radio... Tandis que maintenant tout est mâché au départ, c'est toute une organisation qui prend en charge aussi bien les candidats que les radios, les télés... On les forme soit-disant à chanter et à danser, à se tenir, etc... Les premiers, peut-être, ont réussi à tourner. Mais maintenant je crois que ça ne dure plus très longtemps, on passe vite aux suivants... C'est certain qu'il y a des talents, mais ils sont complètement emprisonnés! Ils sont prisonniers de l'organisation qui les a découvert...et du personnage qu'on leur a façonné...

Un artiste qui a un réel univers peut tout de même percer à l'heure actuelle, non?

On peut toujours s'imposer! Maintenant si on ne connaît pas la personne influente ou l'organisation, ça va être difficile...très difficile de percer... Le mec seul avec sa guitare qui arrive, il va avoir beaucoup de mal tout seul... Avant, quand on commençait à chanter c'était pour longtemps. J'dis pas que c'était pour la vie, mais c'était pour longtemps. Maintenant je pense que les jeunes qui se mettent à chanter se disent j'vais faire un truc, ça va marcher, puis après je ferai autre chose... Comme on gagne au loto. En fait, ce n'est plus la même démarche...

Photo de Georges Chelon - © Gérard Monico DR Une question par rapport à la tournée « Age Tendre », quand on a le répertoire que vous avez, est-ce que ce n'est pas frustrant de chanter seulement 10/15 minutes 2 fois par jour ?

J'aime bien ça, parce que quand je chante devant mon public, qui me connaît depuis longtemps, il n'y a plus de nouveautés pour lui, il n'y a plus de découvertes. Et je préfère chanter, en fin de compte, moins de chansons devant beaucoup plus de public qui les découvre. Parce que dans les 5000 spectateurs, ceux qui connaissent vraiment mes chansons, ils sont peut-être 10! Ils connaissent mon nom, ils connaissent les vieilles chansons, mais une chanson nouvelle ils ne vont pas la connaître. Donc quand je chante une chanson comme « La métamorphose » devant mon public habituel ça ne leur apprend rien parce que ça va faire 4 ans qu'ils la connaissent. A la limite je pourrais même ne pas la leur chanter. Mais là [NDLR sur la tournée « Age Tendre et Têtes de Bois »], c'est tout nouveau, et tout porte. Donc je préfère encore ça... Soyons honnêtes, j'aime bien faire les deux! (rires) Mais, non, ce n'est pas frustrant... parce qu'on a des réactions plus fortes, sur une plus courte durée. Parce que les chansons sont plus fortes que pendant 1h30 de tour de chant devant un public qui les connaît déjà.

La tournée va s'achever d'ici quelques jours, et vous enchaînez avec le spectacle au « Darius Milhaud », et après quels sont vos projets ?

Oui, Pour moi ça s'achève la semaine prochaine.. Il y a donc le « Darius Milhaud » avec Baudelaire, puis il y a des galas qui arrivent. Après, le grand rendez-vous ce sera au mois de janvier 2011, à l'Olympia et j'ai demandé à mon ami Bobby Solo d'assurer la première partie. Ce sera super! On sera tous les deux... Ensuite, j'embrayerai avec la nouvelle tournée 2011 de « Age Tendre »... Donc voilà, ça va vite passer (rires)...

Propos recueillis par IdolesMag le 30 janvier 2010.

-> Site officiel de Georges Chelon : http://www.georgeschelon.com/

-> Biographie de Georges Chelon

Georges Chelon en concert:
-> Georges Chelon chante Baudelaire au Théatre Darius Milhaud les jeudis de Mars 2010
-> Georges Chelon chante Baudelaire au Théâtre Darius Milhaud les jeudis de Avril 2010
-> Georges Chelon chante Baudelaire à  La chapelle de Verre de Ronquières les 9 et 10 avril 2010
-> Georges Chelon chante Baudelaire au Théâtre Darius Milhaud les jeudis de Mai 2010

 

IdolesMag fait peau neuve et change d'extension ! (le .com devient .NET)

-> Retrouvez nous sur IdolesMag.NET

 

+ d'interviews
 
Retour en haut