Interview de Hugo Sahki
Propos recueillis par IdolesMag.com le 27/11/2010. © Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag et/ou Dehmar SARL.
Hugo Sahki est un jeune chanteur Franco-Portugais. Son parcours s'apparente un peu à un conte de fées. Alors que personne ne sait qu'il chante, et encore moins sa famille, Hugo poste ses interprétations de classiques de la chanson française sur youtube. Et c'est là qu'Art Sullivan le découvre et lui propose de venir le rejoindre en studio à Bruxelles. Le soir même, les caméras du JT portugais débarquent à Bruxelles. Le conte de fées d'Hugo ne fait alors que commencer. Son premier album, « Secret Emotions » a fait un carton au Portugal. Il s'apprête à y sortir un deuxième album et à sortir son premier album en France. Rencontre avec un jeune garçon de 20 ans, qui écrit ses textes, et dont vous allez entendre parler très rapidement...
IdolesMag : Tu es Franco-Portugais, je pense.
Hugo : Effectivement, je suis né en France, à Rouen. Je suis parti au Portugal à 14 ans.
Donc, ton enfance, tu l'as passée en France?
Tout à fait.
Quels sont tes souvenirs de la France?
Beaucoup de déménagements! (rires) J'ai déménagé pas mal... J'ai vécu à Rouen, mais aussi à Bordeaux, Castres, Albi, Perpignan...
La musique occupait-elle une place de choix à la maison?
J'ai un oncle qui joue de la musique. Mon père lui aussi aime beaucoup la musique, mais il ne chante pas ni ne joue d'un instrument. Et puis, il y a moi... qui aime énormément la musique!
Tu joues d'un instrument?
Non, pas du tout. J'écris et je chante. Quand j'étais jeune, j'adorais le théâtre et la comédie musicale. Depuis que j'ai 8/9 ans, j'aime chanter. J'ai toujours eu ce rêve secret d'être chanteur.

Quand on te demandait ce que tu voulais faire plus tard quand tu étais enfant, que répondais-tu?
Kiné! Mais en ayant toujours la passion de la musique au fond de moi. Et puis, je vais être honnête avec toi, pour être kiné, il fallait faire beaucoup d'études, et les études... ce n'est pas vraiment mon truc! (rires)
Avais-tu des idoles quand tu étais adolescent?
Bien sûr! Brel et Michel Berger.
Tu mettais des posters dans ta chambre?
Non, pas du tout. C'était uniquement musical. L'image ne m'intéressait pas plus que ça. C'était la musique, rien d'autre...
Te souviens-tu de la première fois où tu as chanté?
La première fois, c'était quand j'étais à Albi, à une soirée karaoké. C'est à cette époque que j'ai commencé à enregistrer des cassettes. C'est aussi à cette époque que j'ai pris conscience que je voulais montrer aux autres que je chantais. Mais pas à ma famille... eux n'en savaient rien! Et quand j'ai vraiment commencé à me montrer, c'est quand je suis arrivé au Portugal. Et essentiellement à partir de 2008. C'est à cette époque que j'ai fait des vidéos et que je les ai publiées sur internet.
Tes parents ne savaient pas du tout que tu chantais?
Non pas du tout. Du moins, jusqu'à ma rencontre avec Art Sullivan. Ce n'est qu'à partir de ce moment-là qu'ils ont vu que je voulais chanter et que j'avais un site internet...

Alors, raconte-moi cette aventure avec les vidéos que tu postais sur internet...
Je ne voulais pas forcément qu'on me contacte... Enfin, probablement que si, d'une certaine manière! (rires) Mais je voulais surtout savoir si les gens aimaient ce que je faisais. Sur la première vidéo que j'ai publiée, j'ai reçu beaucoup de commentaires et beaucoup de gens me demandaient d'autres vidéos. J'en ai donc publié plein d'autres. Comme je te le disais, ce n'était pas mon but qu'un professionnel tombe dessus, mais bon, je me disais, pourquoi pas... Avant toute chose, je voulais savoir ce que les gens pensaient de ma façon de chanter.
Tu es au Portugal, mais tu ne reprends quasiment que des chansons françaises...
Effectivement. Ma culture musicale est beaucoup plus francophone, c'est un peu normal. Mais il y avait quelques chansons en Portugais tout de même. Prenons l'exemple de « Qui Saura? », je l'ai réadaptée en Portugais.
Ce n'est pas trop difficile de faire une adaptation, comme ça?
Non... En fait, pour celle-ci, j'ai un peu improvisé! (rires) J'ai aussi fait les refrains en Portugais de « Jardin d'Hiver ».
Quand as-tu commencé à écrire?
J'ai commencé à écrire vraiment quand j'ai rencontré Art Sullivan, parce que avant, j'improvisais, je chantais ce qui me passait par la tête! Mais l'écriture sur le papier date de quand nous avons commencé à travailler avec Art.

Comment l'as-tu rencontré Art?
En mars 2008. J'ai reçu un commentaire de la production d'Art comme quoi il avait apprécié mes vidéos. Et pendant deux jours, je n'y ai absolument pas cru, je pensais que c'était un canular. Je n'ai donc pas répondu tout de suite. Puis, je me suis dit que ça ne coûtait rien d'appeler, et je suis tombé sur Monsieur Verdonck [NDLR : Producteur de Art Sullivan]. Il m'a tout expliqué, ce que Art avait ressenti en écoutant mes chansons... Il m'a demandé si j'avais envie de tenter l'aventure. J'ai dit oui... Sans trop y croire! Et deux jours après, je reçois un coup de téléphone d'Art Sullivan lui-même me disant qu'il était sous le charme de mes vidéos, qu'il n'avait jamais vu ça... Nous étions un premier avril... Là, j'ai tout de suite à nouveau cru que c'était un poisson d'avril. Et je n'ai pas donné suite. Je pensais sincèrement que c'étaient des amis qui me faisaient une mauvais blague. Et dix jours plus tard... je reçois des billets d'avion pour venir à Bruxelles! Là, je me suis dit que ce n'était plus une blague...
Tu doutais vraiment...
Oui. Au premier abord, je ne pensais pas que c'était lui, même si j'avais reconnu sa voix. Ce n'est que quand j'ai reçu les billets d'avion que j'y ai cru. Là, il a fallu que j'en parle à mes parents. Ce n'est donc qu'à cette époque que mes parents ont appris que je chantais. Ils étaient fiers, mais ils avaient un petit peu peur quand même... Donc, mon père a dit qu'il viendrait avec moi à Bruxelles. Mais là, s'est posé un autre problème... j'ai une peur panique de l'avion! J'ai donc envoyé un email à Art en lui disant qu'il ne se tracasse pas, que je viendrais, mais que ça mettrait un peu plus de temps, parce que je ferais le voyage en autocar... Et que arrivé à Paris, je prendrais le train.

Le voyage a duré 24 heures. Que se passe-t-il dans ta tête?
C'est bizarre, en fait, parce que je pense que je ne réalisais pas. C'est quand je suis arrivé à la gare de Bruxelles et que j'ai vu Art que j'ai réalisé vraiment. Et même... pas tout de suite! Parce qu'il avait 10 minutes de retard, donc, j'ai cru jusqu'au bout qu'on m'avait posé un lapin! (rires)
Tu ne gambergeais pas dans ta tête pendant le voyage?
Si, bien sûr. J'imaginais la rencontre, comment ça allait se passer, comment il allait être... J'avais l'appréhension d'entrer dans un studio aussi. Je n'étais jamais rentré dans un studio de ma vie. C'était quelque chose qui me faisait peur...
Et donc, tu arrives à Bruxelles, tu rencontres Art, et tu files au studio, ça fait beaucoup de nouveautés pour un jeune garçon!
Oui, et ce n'est pas fini... À peine étions-nous rentré en studio que les caméras et des journalistes du JT portugais débarquaient! (rires)
Comment ta famille l'a-t-elle vécu?
Ils étaient très très fiers. En plus, ça a été retransmis le soir même. Personne ne savait que ça allait être retransmis le soir même! Donc, ma maman l'a découvert en direct. Elle n'y croyait pas! Mon père était avec moi, mais ma maman était restée au Portugal. J'étais parti à peine depuis quelques jours qu'elle me voyait au JT! Ça a été une surprise absolue! J'ai reçu plein de coups de téléphone et de SMS venant de mes amis du Portugal. C'était assez inouï!
Le regard de tes amis a-t-il changé?
Mes vrais amis? Non! Ils étaient fiers, mais leur regard n'a pas changé. Ils étaient étonnés aussi...
Quand tu es rentré en studio pour la première fois, qu'est-ce que ça t'a fait?
Un immense plaisir, d'abord. Et puis... je chantais sans m'en rendre compte. Il y avait des caméras partout. C'est une expérience bizarre ce premier enregistrement. Aujourd'hui, quand je rentre en studio, je me rends compte de ce que je fais. Je le fais professionnellement. Alors que la première fois, j'étais encore assez naïf et pas sûr de moi. Aujourd'hui, j'ose faire des choses, j'ose prendre des initiatives. Au début, non...
Et après, tu rentres au Portugal.
Oui, j'étais venu à Bruxelles au mois de mai, et nous avons commencé à faire des télés au mois de juin. C'est très rapide.

Ta vie change du tout au tout en à peine quelques mois. Que se passe-t-il dans ta tête?
Je suis content, je suis heureux.
Tu es passé de l'anonymat à la célébrité, ça change forcément la donne.
Oui, certainement, mais je suis resté assez simple dans le fond. Je n'ai pas vraiment changé, je suis toujours le même. Ce qui a changé par contre, c'est que à cette époque, je suis heureux, je fais enfin ce que je rêvais de faire depuis des années. C'est ce qu'il y a de plus beau, dans le fond...
Tu es revenu à Bruxelles pour enregistrer ton premier album?
Oui. En fait, je suis revenu au mois d'août pour l'enregistrer.
Ce premier album « Secret Emotion » sort fin mars de l'année d'après, je pense. As-tu été le voir en magasin?
Oui! Et pour être précis, je suis allé le voir dans les magasins... le 1er avril! Une fois de plus! (rires) J'ai trouvé que c'était une coïncidence... et ça m'a fait vraiment quelque chose. La production avait loué des box géants de 100 disques avec ma photo dessus... ça m'a fait un choc!
Tu as donc écrit tous les textes de cet album.
Effectivement. Tous sauf une, pour être correct.
Tu écris beaucoup?
Tout le temps en fait. Je n'aimerais pas que Art écrive pour moi. Ça n'irait pas au niveau de mon chant, je pense. Je chante avec beaucoup de mots.
Tu te sens plus à l'aise dans quelle langue, le Français ou le Portugais?
Dans les deux langues aujourd'hui. Je chante aussi en Anglais, mais je n'écris pas en Anglais.
Attends-tu que Art t'envoie une musique pour écrire?
Généralement, oui. J'écris sur une chanson. Quand Art m'envoie une chanson ou une mélodie, ça me donne des idées. Parfois, c'est l'inverse, mais c'est plus rare.
Comment le définirais-tu, Art, en tant que compositeur?
Un très très bon compositeur, sinon, je ne chanterais pas ses chansons! (rires)
Vous travaillez comment?
Chacun de son côté. Il m'envoie les mélodies dès qu'il les a faites, et je lui dis très franchement si je sens ou pas la mélodie. Et l'inverse est vrai aussi. Il me dit s'il aime ou pas mes textes. On a une relation très saine. On travaille par internet. Je fais des maquettes à la maison, puis je reviens à Bruxelles pour faire une maquette plus approfondie, et après, on enregistre.
Tu as fait quelques concerts au Portugal...
Oui, j'en ai fait quelques-uns.

Qu'as-tu ressenti avant de monter pour la première fois sur scène?
Très sincèrement, je n'étais pas très bien. J'avais envie de vomir... Et puis, ça s'est super bien passé, j'ai reçu un accueil magnifique. Et là, j'avais vraiment envie de recommencer tout de suite! On a fait quelques concerts comme ça, dont un à Porto. On fait des duos avec Art, on reprend ses chansons... Parfois, on les chante même en rap ou en funk! (rires)
Avec un album en Portugais, es-tu tenté par l'aventure sud américaine?
Ce serait sympa, effectivement. Tu sais, on vient de découvrir que je savais interpréter en anglais aussi. Tout est tellement allé vite au Portugal que nous nous sommes concentrés sur ce marché-là au départ.
Tu enregistres d'ailleurs un second album pour le Portugal, mais aussi un pour la France...
Tout a fait!
Tu es une star au Portugal, appréhendes-tu le fait de repartir à zéro en France?
Pas du tout! C'est même très excitant. Et comme j'ai déjà une belle expérience au Portugal, je pense que je serai plus à l'aise pour recommencer.
Parle-moi un peu de cet album pour la France.
Ce sera un album chanté bien entendu en Français. Il y aura aussi quelques chansons en anglais certainement, et peut-être une ou deux en Portugais.
Y aura-t-il des reprises?
Probablement. Il y aura très certainement « Les marionnettes » de Christophe et « Avec le temps » de Léo Ferré. Et peut-être « Le Premier Pas » de Claude-Michel Schönberg, dont tu viens d'entendre la première prise. Nous l'avons enregistrée hier. C'est encore tout frais.
Y aura-t-il un duo avec Art?
Non, ce n'est pas prévu pour l'album en Français.
Quand va-t-il sortir cet album?
Il est prévu pour le premier semestre 2011.
Dans tes projets, il y a aussi représenter le Portugal à l'Eurovision... Qu'évoque l'Eurovision pour un jeune de 20 ans?
Un énorme challenge! Je suis assez fier que Monsieur Verdonck ait pensé à moi, à vrai dire... Nous avons proposé une chanson, et puis un jury de professionnels en sélectionnera 10 ou 15 et puis, le public décidera de qui partira représenter le Portugal cette année lors d'un grand show télévisé.
Regardes-tu l'Eurovision?
Je l'ai regardée pendant longtemps. Un peu moins ces dernières années, je l'avoue. J'ai envie de proposer une chanson un peu nouvelle.

Le Portugal n'a jamais gagné l'Eurovision...
Non, effectivement! Ce serait une énorme fierté pour moi de gagner!!
Tu connais Düsseldorf? [Le Grand Prix Eurovision 2011 aura lieu en direct de Düsseldorf]
Non, pas du tout. Mais ça me ferait très plaisir d'y aller! (rires)
Comment te vois-tu évoluer dans le futur? Aimerais-tu composer tes propres chansons?
À vrai dire, pour l'instant, je n'en ai pas envie. Je ne me sens pas capable de le faire. Mais je pense qu'un jour, ça viendra. Parfois, j'en ai envie, mais ce n'est pas encore le bon moment...
Propos recueillis par IdolesMag le 27 novembre 2010.
-> Faire un lien vers cette interview (copiez/collez ce code) :
-> Retrouvez l'univers de Hugo Sahki :
.
. Sur Amazon.fr :
. Sur PriceMinister.com :
-> Téléchargez sur iTunes :
«« Retour »»
Accueil
Le Magazine
Interviews
Biographies
Concerts
Recherche





