Interview de Yvon Chateigner

Propos recueillis par IdolesMag.com le 02/11/2010.
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Yvon Chateigner © Errikos Andreou

Yvon Chateigner... Ce producteur est aussi un chanteur de grand talent. Il a sorti fin octobre son troisième album, « La Magie », réalisé par Arnold Turboust. Cet album, très mélancolique et nostalgique, nous a énormément plu. Nous avons donc voulu en savoir un peu plus sur cet énigmatique Yvon Chateigner. Au cours de cette interview, il nous parlera bien évidemment de son dernier album, « La Magie », et de ses duos avec Dorval et Marie Amélie, mais évoquera aussi son enfance, celle d'un petit garçon timide et rêveur qui aimait Dalida. Il reviendra aussi avec beaucoup de tendresse sur ses nombreuses productions artistiques, de Betty Mars à Véronique Rivière, en passant par Amanda Lear, Jeanne Mas ou encore Gloria Lasso, entre autres. Rencontre à fleur de peau avec un artiste sensible et touchant.

Yvon Chateigner, La Magie © Errikos AndreouIdolesMag : Comment avez-vous pensé à Arnold Turboust pour réaliser votre album, « La Magie »?

Yvon Chateigner : C'est une très belle rencontre. C'est un auteur, Eric Chemouny, qui a d'ailleurs écrit plusieurs chansons sur mon disque, qui m'a suggéré d'appeler Arnold Turboust. Il trouvait que ce serait bien que nous travaillions ensemble. Il est venu me voir lors de mon dernier spectacle au Trianon. Et le courant est très bien passé entre nous. Nous avons donc décidé de travailler ensemble. Je lui ai donné les chansons au fur et à mesure et nous avons avancé petit à petit. Puis, Dorval est arrivée sur le disque. Après, Véronique Rivière, etc...

Tous ces gens qui ont travaillé sur le disque sont-ils venus vers vous ou avez-vous été les trouver?

En fait, c'est une suite de rencontres. Par exemple, Dorval, je l'avais invitée à venir faire un duo sur mon précédent spectacle. Puis un jour, elle m'appelle et me demande de passer chez elle, elle avait un cadeau pour moi. Laurent [Manganas] s'est mis au piano, et il m'a joué la chanson. C'est parti comme ça, ce duo. Au départ, je devais chanter cette chanson seul, mais je trouvais qu'elle se prêtait bien à un duo. Je lui ai donc proposé de la chanter avec moi...

C'est quelque chose que vous aimez les duos? Parce qu'il y a en a tout de même deux sur cet album...

J'aime bien, mais il faut que ça s'y prête. Par exemple, sur mon album en italien, j'avais fait un duo avec Ornella Vanoni. En Italie, c'est une très grande interprète. Ce disque [« L'Amore, L'Amore »] était consacré au poète Luigi Tenco, qu'on connaît uniquement en France de part la chanson « Ciao Amore Ciao » qu'il a écrite pour Dalida et la tragédie qui s'est déroulée au Festival de San Remo. J'ai voulu lui rendre hommage à ma façon en réinterprétant son répertoire. Et donc, j'ai choisi de faire un duo avec Ornella, parce qu'elle l'avait connu et qu'elle l'avait chanté. Ce duo avait une raison d'être. Et là, sur ce nouvel album, avec Dorval, il y a un lien particulier qui nous unis. Et puis, sa chanson « Tu ne m'aimes plus » est magnifique. Il y a aussi un autre duo sur cet album, « Rien dans les mains » avec Marie Amélie. C'est Eric Chemouny qui a écrit les paroles et Arnold Turboust la musique. Pour ce duo, c'est encore Eric qui m'a suggéré de chanter avec Marie Amélie. J'avais beaucoup aimé son premier album sur lequel elle avait travaillé avec Benjamin Biolay. J'ai trouvé que son univers était assez proche du mien. On a donc fait un essai et nos deux voix collaient bien...

Yvon Chateigner © Errikos Andreou

Cette chanson est vraiment touchante. Il se passe vraiment quelque chose. Et c'est la même chose pour le duo avec Dorval.

Ça me fait plaisir que vous me disiez ça... Comme vous le voyez, tous ces gens qui ont travaillé sur le disque sont venus par le fruit de rencontres. Comme vous le savez, je suis dans ce métier depuis des années. Mais de l'autre côté, en tant que producteur... Et j'en ai rencontré des gens. Il y a des gens avec qui on a le feeling, d'autres moins. Il y a ceux qui restent et les autres. Donc, cet album est le fruit de toutes ces belles rencontres.

L'album est sorti le 25 octobre, vous êtes dans quel état d'esprit?

Je ne m'en rends pas bien compte en fait. Je suis concentré sur ce que je fais en ce moment [Yvon travaille sur son spectacle de l'Alhambra qui a lieu dans quelques jours]. Je suis pris dans une espèce d'énergie positive... Peut-être qu'après l'Alhambra j'aurai un petit coup de blues, je ne sais pas... Pour l'instant, je suis tellement dans ma bulle et concentré sur mon travail que je n'ai pas trop de retours...

Vous avez décidé d'appeler cet album « La Magie ». Pourquoi? Pensez-vous que c'est cette chanson qui représente le mieux l'album?

En fait, c'est assez amusant le destin de cette chanson... C'est une Italienne, Gabriella Grasso, qui en a écrit la musique. Et je vais être très honnête avec vous, au départ, je n'avais pas sélectionné cette chanson. J'aimais bien la chanson, mais sans plus. Elle ne m'avait pas tellement accroché. Et quand j'ai donné le CD à Arnold pour qu'il commence à travailler dessus, il s'est trompé de titre et il a travaillé cette chanson. Il a trouvé cette chanson vraiment super. Il trouvait la mélodie excitante... et c'est parti comme ça... une chanson qui n'était pas prévue au départ et qui se retrouve en première piste de l'album! C'est Pierre Faa, qui fait partie du groupe PepperMoon, qui en a écrit le texte. Il a beaucoup beaucoup de talent. Son texte colle tellement bien à la mélodie que cette chanson, en studio, je me suis rendu compte qu'elle était la chanson phare du disque.

Elle a un destin particulier cette chanson.

Tout à fait. C'est un joli concours de circonstances qui a fait qu'elle est arrivée là où elle est. C'est un heureux hasard. Je me suis dit que c'était peut-être un signe. Il était donc évident pour moi que cette chanson ouvre le disque.

Qu'est-ce que ça vous évoque « La Magie »?

Nous sommes dans une époque tellement morose et triste, pour tout le monde et aussi dans le monde de la musique. J'essaye de ne pas me laisser envahir par cette morosité ambiante. J'essaye de continuer à faire des choses. J'ai décidé d'essayer de transformer tous ces mauvais côtés de la vie en choses magiques. Quand on écoute les paroles de la chanson, c'est essayer de prendre le côté positif de ce qui nous arrive. Ce n'est pas toujours évident. Parce que nous sommes souvent rattrapés par la réalité économique... il faut essayer de prendre les choses du bon côté.

Cette chanson bénéficie aussi d'un très joli clip...

En fait, c'est un photographe grec, Errickos Andreou, qui l'a réalisé. Nous avons tourné le clip et fait les photos le même jour. On a tourné ce clip dans Paris, et notamment aux Buttes Chaumont. J'ai trouvé qu'il avait fait un très joli clip, très esthétique. Très simple, avec beaucoup de sensibilité... Et chose amusante, dans ce clip, tout le monde pense voir mes fesses! (rires)

J'allais vous poser la question justement...

(éclats de rire) Non, non! Si vous regardez bien et que vous faites un arrêt sur image, vous vous rendrez bien compte que je porte un caleçon! C'est un effet d'optique, en fait... C'est filmé d'une telle façon qu'il y a un doute...

Yvon Chateigner © Errikos Andreou

Vous me dites que c'est un photographe qui a réalisé le clip, ça paraît évident. Le clip est très léché, très esthétique.

Merci! J'ai trouvé intéressant qu'un photographe tourne un clip avec son regard de photographe justement. Et puis un regard novice aussi, puisqu'il n'avait jamais réalisé de clips. J'aime beaucoup son travail en tant que photographe et je voulais voir ce que ça donnerait en clip. Et j'en suis très content. C'est encore une très belle rencontre.

La quasi totalité des chansons sont écrites à la première personne.

C'est vrai...

Peut-on dire que cet album vous ressemble?

Ah oui! De mes trois disques, c'est probablement le plus personnel. Les gens qui ont écrit les chansons me connaissent tellement bien que c'est un peu comme si je les avais écrites moi-même. Je pense notamment à Eric Chemouny. Je pense à une chanson comme « Une étoile Solitaire », c'est un texte qui me ressemble complètement... D'autres me ressemblent peut-être un peu moins, comme « Don du ciel ». Elle parle d'une relation que j'aurais avec quelqu'un de marié... « L'anneau que tu portes au doigt n'a pas d'importance »... Ce qui n'est absolument pas le cas! (rires)

Vous me dites que « Une étoile solitaire » vous ressemble beaucoup. Êtes-vous un solitaire?

Oh oui... je suis un solitaire, très introverti. Je ne parle pas beaucoup. Je suis assez sauvage dans le fond! C'est un peu pour ça que je chante aussi : pour combattre cette espèce de timidité, ce côté introverti que j'ai depuis toujours.

On l'entend dans votre façon de chanter. Il y a quelque chose de très touchant.

Je ne sais pas... Ce n'est pas à moi de le dire. Mais je suis comme ça. Je ne suis pas quelqu'un qui va sauter au plafond. Je suis assez renfermé sur moi-même. C'est même assez difficile à vivre dans ma vie de tous les jours. J'ai du mal à m'intégrer. Dès qu'il y a autour de moi plus de deux ou trois personnes, je ne suis pas très à l'aise. Mais quand je monte sur scène, là, je pense qu'il y a un vrai dédoublement de personnalité. Là, je suis obligé de me dépasser.

C'est quelque chose que vous attendez avec impatience, la scène?

Oui, mais pour l'instant avec beaucoup d'appréhension! (rires) Parce que je sais que je vais être dans un état de stress et d'angoisse pas possible! Là, aujourd'hui, ça va... Mais je peux vous dire que les quelques heures qui précéderont mon entrée en scène seront... pénibles! (rires) J'aurai les mains moites, je serai en nage... Je ne serai pas bien du tout... mais du tout du tout!

En première partie, vous aurez Caroline Clerc.

Oui! C'est une comédienne-chanteuse avec qui je travaille depuis très longtemps. Elle chante des chansons, je ne vais pas vous dire cochonnes, ce serait exagéré, mais disons des chansons à double sens. Un peu comme le faisait Colette Renard. Elle va apporter quelque chose d'autre à la soirée. Elle va faire rire les gens, puis j'arriverai, et ce sera un peu plus sérieux! (rires)

Quand on écoute l'album, musicalement, il y a quelque chose de très nostalgique et très mélancolique...

Bien sûr! Je ne suis pas quelqu'un d'extrêmement joyeux dans la vie! [nous dit-il avec un éclat de rire] J'aime bien rigoler... Mais je ne suis pas non plus un boute-en-train! C'est un peu difficile pour le choix des chansons que je vais chanter sur scène. On ne peut pas infliger que des chansons mélancoliques au public pendant la soirée... Il ne faut pas exagérer! Disons qu'avec Caroline, nous ferons un joyeux équilibre!

Vous reprenez aussi sur cet album la chanson « L'Un part, l'Autre reste » de Nathalie Rheims et Frédéric Botton...

Il y a une petite histoire, en fait... Quand je suis arrivé à Paris, il y a de cela 15 ou 20 ans, le premier disque que j'ai produit, c'est celui de Betty Mars. Elle est malheureusement décédée aujourd'hui. À l'époque, c'était Frédéric Botton qui lui écrivait toutes ses chansons. Je l'ai donc rencontré très vite quand je suis arrivé à Paris. Il y a toujours eu un lien d'amitié extrêmement fort entre nous. Et en fait, il y a deux ans, je me suis dit qu'il y aurait toujours une chanson de Botton sur chaque album que j'enregistrerais. Sur celui-ci, j'ai donc enregistré « l'un part, l'autre reste », bien avant Sylvie!...  Il y a eu deux versions féminines, une de  Charlotte [Gainsbourg], l'autre de Sylvie [Vartan]. J'espère aujourd'hui lui apporter une autre sensibilité, ma sensibilité masculine...

Pourquoi le texte de la chanson ne figure-t-il pas dans le livret?

C'est un peu compliqué. C'est une histoire de droits, d'un catalogue qui a été revendu, etc... Et comme je ne recevais aucune réponse, je me suis dit tant pis, on ne met pas le texte.

Il y a l'Alhambra qui arrive. Y aura-t-il une tournée après?

Pour l'instant, il y a quelques dates qui sont en train de se préciser. Ce ne sera pas une tournée à proprement parler, mais des dates un peu éparpillées par-ci par-là. Il est aussi question que je parte l'année prochaine au Japon pour faire un spectacle Français/Italien.

C'est chouette ça...

J'ai appris que les Japonais aimaient la variété française et italienne... Et qu'ils aimaient « La Magie »!

C'est intéressant d'aller à la découverte d'un nouveau public, avec une sensibilité différente.

Tout a fait. Et je vais vous dire... ils m'ont même demandé de faire une adaptation en japonais de « La Magie ».

Yvon Chateigner © Errikos Andreou

J'aimerais maintenant retracer dans les grandes lignes votre carrière si vous le voulez bien...
Étiez-vous un petit garçon « timide et rêveur »?

Oui... Très timide et très rêveur. Le seul moyen d'échapper à mon quotidien était d'écouter de la musique. Ma passion pour la musique et les chansons, je l'ai depuis toujours en moi.

Vous aviez des idoles, je suppose...

Une!

Laquelle?

Ma chanteuse, c'est Dalida. J'étais un inconditionnel. Je l'ai profondément aimée, et je l'aimerai toujours.

Vous étiez du genre à placarder les murs de votre chambre de posters?

Ouiiii!!! (rires) Il y en avait partout! Des photos, des posters. J'enregistrais ses passages télé, je collectionnais tous ses disques. C'est une vraie passion que j'ai depuis toujours. Elle ressemblait beaucoup à ma mère. Elle était chaleureuse, orientale. J'aimais beaucoup Nicoletta aussi. Mais finalement j'ai toujours été fidèle à Dalida.

On reste toujours fidèle à ses premières amours...

Exactement.

À un moment donné, vous décidez de partir à Paris. Qu'est-ce qui vous attirait à Paris.

Mon ambition première, c'était de faire du théâtre. Je suis donc venu à Paris pour prendre des cours d'art dramatique. Et comme tous les intermittents, je courrais un peu tous les cachets de figuration, etc...  Et j'ai atterri sur le plateau de Pascal Sevran, sur lequel je faisais de la figuration. C'est là-bas que j'ai commencé à rencontrer des artistes qui étaient un peu sur le bord de la route... et c'est à partir de là, que je suis devenu producteur. J'en ai produit une, puis deux, puis trois... Ce n'était pas un engrenage, parce que ce n'est pas quelque chose de désagréable, mais après, je me suis un peu oublié. À force de m'occuper des autres, je ne pensais plus tellement à mon premier désir. Puis, il y a trois ou quatre ans, je me suis dit qu'il était temps de m'occuper un peu de moi.

Pendant toutes ces années de production, chantiez-vous tout de même?

Chez moi... (rires) J'avais toujours en moi ce désir secret, mais je ne le mettais pas du tout en pratique.

Quel a été le déclic?

Un été, je suis allé au Québec, et j'y ai rencontré un auteur-compositeur qui s'appelle Alain Simard. Il m'a fait écouter ses chansons. Et là, je me suis dit qu'il était temps de faire ce que j'avais envie de faire depuis des années. Et j'ai fait mon premier album... Puis, j'ai sorti un second album, consacré à Luigi Tenco. Et aujourd'hui, j'en suis déjà au troisième...

Quand vous sortez « La vie devant soi », votre premier album, vous le voyez plutôt comme un aboutissement ou un nouveau départ?

Pour moi, c'était une nouvelle aventure... Avec le recul, je trouve que cet album était peut-être un peu trop rock pour moi, par rapport à ma personnalité. Mais en tout cas, il y a des chansons de cet album que je chante toujours. J'ai une certaine tendresse pour ce disque... Vous savez, je me souviens très bien, je l'ai fait en cachette. Je n'osais en parler à personne... J'avais tellement peur du regard des autres, que je l'ai fait sans en parler à quiconque. Pas même à ma famille. C'est certainement aussi pour cette raison que j'ai choisi quelqu'un au Québec qui ne me connaissait pas! J'avais la peur d'être jugé, et peur aussi d'être mal interprété.

C'est assez paradoxal... parce que vous saviez tout de même que le CD allait sortir!

Bien évidemment! (rires) Mais j'ai vraiment attendu le tout dernier moment pour en parler aux autres. Je n'avais pas envie d'entendre les commentaires du genre « Pourquoi tu fais ça? », « ça ne sert à rien »... Bref! Il y a toujours des gens qui sont là pour vous casser le moral et comme je suis quelqu'un d'assez fragile dans ma tête à la base, je me suis dit qu'il ne fallait pas aller au devant des critiques.

Quels souvenirs gardez-vous de votre toute première scène, au « Café de la Danse ».

Un souvenir incroyable! J'étais complètement inconscient, en fait! J'ai fait le « Café de la Danse » sans savoir du tout si j'étais capable de tenir une scène (rires). Entre faire un disque en studio où on peut reprendre quand on veut et tenir sur scène où on n'a pas droit à la moindre erreur... il y a une marge! C'était vraiment risqué, mais j'en garde un excellent souvenir. Les gens se sont déplacés pour venir me voir, ça m'a fait énormément plaisir. Certains sont sans doute venus par curiosité, mais ils sont venus, c'est le principal! Il y avait une belle chaleur dans la salle. Ce fut une merveilleuse expérience... Après, je suis allé à « L'Européen » avec le même disque. Et après, avec le second album, « L'Amore, L'Amore », je suis revenu au « Café de la Danse » trois soirs de suite et nous avons terminé avec une date au Trianon. Aujourd'hui, avec ce troisième album, me voici à « L'Alhambra ». Je vais tout écumer à un certain moment!... (rires)

Yvon Chateigner © Errikos Andreou

Ce sont à chaque fois de jolies salles qui ont une histoire derrière elle...

Exactement. Ce sont de très jolies salles...

Aujourd'hui, vous écoutez qui?

Oh la la... Plein de choses très différentes les unes des autres! J'écoute beaucoup de musiques et principalement des choses que je ne connais pas, parce que j'adore découvrir des nouvelles chansons, des nouveaux sons, des nouveaux artistes... C'est une source d'inspiration pour moi. Je suis assez éclectique, en fait...

Quel est le dernier CD que vous avez acheté?

Ouh la la... j'en achète beaucoup et parfois je suis un peu déçu!

Disons le dernier qui vous a marqué.

L'album de Marie Amélie, « Dans un Vertige », je l'aime beaucoup. J'ai beaucoup aimé le nouveau Véronique Sanson, « Plusieurs Lune »... Et j'attends avec impatience le nouveau Turboust, bien sûr!

Il est vraiment très chouette son album... Et il l'a fait très vite!

Je sais... Il travaillait en même temps sur son projet et sur le mien! (rires) On a bien travaillé ensemble.

Vos deux univers collent bien ensemble. Deux univers très différents mais qui se rejoignent parfaitement.

Oui, je pense... Il a réussi à amener sa patte sans gommer ma personnalité. C'est drôlement bien...

Yvon Chateigner © Errikos Andreou

Maintenant, je vais vous proposer un petit jeu si vous le voulez bien. Je vais vous donner quelques prénoms et vous allez me dire ce qu'ils vous évoquent.

Je vous vois venir!... (éclats de rire) Ce sont des prénoms féminins, j'imagine...

C'est fort probable!

Allez... Allez-y! Jouons!

Amanda [Lear]

Nous avons fait plusieurs albums ensemble. Trois au total. L'album que je préfère, c'est l'album « With Love » où elle avait choisi de rendre hommage à toutes les chanteuses qu'elle aime. De Dalida à Nina Simone... C'est un album qu'on a fait dans de super bonnes conditions. Très différent de son univers habituel. On est très loin du disco et de la dance... Je garde de très bons souvenirs de nos séances en studio.

Betty [Mars]

Le déclencheur de tout. C'est mon premier album. Quelqu'un que, malheureusement, je n'ai pas connu, parce qu'elle a fini tragiquement. Ce sont donc des regrets aussi, bien évidemment. Je me dis que si elle avait vécu ne serait-ce que quelques heures supplémentaires, j'aurais peut-être eu la chance de la croiser. Peut-être qu'on aurait commencé à travailler ensemble... C'est un beau souvenir, mais ne pas l'avoir connue, c'est un regret...

Lova [Moor]

Je ne peux pas vous en dire grand chose, en fait. Nous avons sorti une compilation ensemble, mais je n'ai pas vraiment travaillé avec elle. Nous ne sommes pas rentrés en studio ensemble. Nous n'avons pas créé de chansons nouvelles. Donc, notre collaboration a été très courte. Je n'ai donc pas énormément de souvenirs avec elle, ni bons, ni mauvais.

Jeanne [Mas]

On a fait trois albums ensemble. Le premier était un album dance, on a fait aussi « Be West » un album pop rock. On a fait ensemble aussi le « Trianon ». Notre collaboration s'est assez mal terminée, mais je garde un assez bon souvenir d'elle. C'est une fille franche, directe, et fragile. J'ai beaucoup aimé travailler avec elle. J'ai pris beaucoup de plaisir.

Yvon Chateigner © Errikos Andreou

Jackie [Quartz]

J'en garde un bon souvenir. Jackie est une fille à fleur de peau, c'est une écorchée. Elle me touche beaucoup. On la sent complètement fragile et totalement en demande. Mais c'est vrai que c'est difficile de travailler avec elle, parce qu'il y a des débordements... Mais Jackie est quelqu'un que j'aime beaucoup. Ça me ferait énormément plaisir de la revoir, parce que dans le fond, elle est drôle. On a beaucoup rigolé ensemble. Sa fragilité m'a beaucoup touché...

Nicole [Rieu]

On a fait trois albums ensemble. Pareil, j'en garde de très bons souvenirs mais on a arrêté notre collaboration parce que nous n'étions plus sur la même longueur d'ondes. Il n'y a pas eu de clash ni de dispute, nous nous sommes séparés comme ça, naturellement.

Dorval

Une des plus belles rencontres que j'ai faites ces dernières années. C'est d'abord un coup de foudre pour sa musique. Sa musique est probablement celle qui me touche le plus et dont je me sens le plus  proche. C'est aussi une rencontre humaine formidable. C'est Laurent Manganas qui fait ses musiques, et je vais vous dire... pour moi, ils font des chansons parfaites! Musicalement parlant et au niveau des textes. Je l'adore...

Véronique [Rivière]

Une belle rencontre aussi, mais je pourrai vous en dire plus au prochain numéro! (rires) Parce que nous venons juste d'enregistrer son album. Il n'est pas encore mixé, rien du tout... Il sortira l'année prochaine. Il est prévu qu'elle fasse « l'Européen ». On est parti pour faire plein de choses ensemble. C'est vraiment le début d'une collaboration. Humainement, c'est quelqu'un que j'aime beaucoup. Je ne pourrais pas travailler avec des gens avec qui je n'ai pas de feeling.

Marie Amélie

Vous ne m'avez pas cité Gloria?!...

Elle va arriver, Gloria, on garde le meilleur pour la fin!

Ah OK!

Alors Marie Amélie... Je ne la connais pas très bien. Nous nous sommes rencontrés pour faire le duo. C'est une artiste que j'apprécie beaucoup. Elle a un goût parfait. Quand on écoute ses deux albums, il n'y a aucune faute de goût. Mais je vous avoue que je ne la connais pas bien. J'espère apprendre à la connaître mieux dans les mois qui viennent, et j'espère que nous referons des choses ensemble. En tout cas, artistiquement, je l'apprécie énormément.

Yvon Chateigner © Errikos Andreou

Zizi [Jeanmaire]

Vous me dites des trucs, vous! (éclats de rire)
Ça s'est mal terminé aussi... Pas avec elle. Elle, elle était super, gentille et charmante, mais son mari, Roland Petit, m'en a fait baver! C'est un beau souvenir. Elle était charmante. J'ai appris beaucoup avec eux.

Buzy

Je l'aime beaucoup. Ses deux derniers albums sont excellents. C'est un artiste que j'apprécie énormément! D'ailleurs, j'aimerais beaucoup que sur le prochain album, elle m'écrive une chanson! Suggérez-lui quand vous la verrez... (rires) Je trouve dommage qu'elle soit cataloguée 80, parce que son talent dépasse vraiment le cadre des années 80. C'est une artiste qui a vraiment bien évolué. Et son dernier album est vraiment magnifique. Elle mérite d'avoir beaucoup plus de succès que ce qu'elle a actuellement! Ce qui pèche peut-être un peu, c'est qu'elle fait très peu de scène. Si elle faisait des petits concerts avec ses nouvelles chansons, je pense que ça gommerait son côté années 80 et on la prendrait certainement plus au sérieux... En tout cas, elle mérite vraiment d'être reconnue!

La tant réclamée Gloria... [Lasso]

Un de mes plus beaux souvenirs de producteurs. Elle était chiante, il n'y a pas d'autres mots, mais je l'ai adorée, Gloria. C'est une femme qui s'est battue jusqu'au bout et qui avait une revanche à prendre. Elle avait une rage et une envie d'y arriver exemplaires. Mais le problème, c'est que physiquement, elle était au bout du rouleau. C'est un de mes regrets. Avec Gloria, j'ai fait quelques disques, mais je n'ai pas pu aller au bout de mes envies. J'avais envie de faire un spectacle français/espagnol. Mais malheureusement, on n'a pas pu le faire... Donc des regrets en ce sens où j'aurais voulu aller encore beaucoup plus loin avec elle. Vous savez, Gloria a habité des mois chez mois. Nous n'avions plus des rapports de producteur à artiste. Ça allait au-delà. Il y avait un lien affectif très fort entre nous. C'est un peu comme si elle était ma mamie... Bien qu'elle n'était pas très maternelle! (rires)

Maintenant un prénom masculin... Luigi [Tenco]

Une belle aventure qui a mal commencé. On m'a souvent demandé pourquoi j'avais eu l'envie de consacrer un disque et un spectacle à Luigi Tenco. En fait... J'ai eu une très très grosse déception amoureuse, et j'ai déprimé. J'étais dans un état de tristesse absolue. J'ai découvert à ce moment-là les chansons de Tenco, que je ne connaissais pas, si ce n'est « Ciao, Amore Ciao », par rapport à Dalida. Et quand j'ai découvert ses chansons d'amour, ça a été un coup de foudre immédiat. Ça collait avec ce que je voulais faire à ce moment-là de ma vie. On a donc fait un album avec ses plus belles chansons tristes. Donc, l'album n'est pas très joyeux. Mais curieusement, c'est quelque chose qui m'a apporté énormément de positif, ce disque sur Tenco. Déjà, j'ai découvert un public italien qui est venu vers moi. Puis, ça m'a permis de faire des rencontres, comme Dorval et tant d'autres... Le disque a bien fonctionné. Je n'en ai pas vendu des mille et des cents, mais ça m'a apporté beaucoup de choses positives. Donc, que du bon!

Un dernier petit prénom... Yvon

Quelqu'un d'assez méconnu. Que dire?!... Quelqu'un qui essaye de faire le mieux possible. Quelqu'un de sincère qui a donné beaucoup aux autres, mais qui a envie de donner encore plus.

Propos recueillis par IdolesMag le 2 novembre 2010.









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