Interview de Jairo

Propos recueillis par IdolesMag.com le 29/10/2010.
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Jairo © photo DR

Jairo est venu passer un petite semaine à Paris fin octobre. Il en a profité pour participer à quelques émissions télé et répondre aux questions de quelques journalistes... Au cours de cette interview, Jairo nous dira combien il aurait envie de revenir chanter chez nous, lui qui est une grande star en Argentine et dans tous les pays d'Amérique Latine. Nous reviendrons aussi sur son parcours de chanteur et sur son premier Olympia en première partie de Susana Rinaldi. Il évoquera aussi pour nous ses souvenirs de son spectacle au Bataclan (qui est ressorti en début d'année en DVD) et de son album de Noël sorti en 1978 et qui ressort aujourd'hui dans une nouvelle version. Rencontre avec Jairo que nous nous réjouissons de revoir plus souvent chez nous!

Anthologie DVD de Jairo © DRIdolesMag : Un DVD de votre passage au Bataclan en 1988 est sorti en début d'année. C'est votre ami Jean Guidoni qui signe la mise en scène de ce spectacle où vous vous imposez en vrai showman. Comment est né ce spectacle?

Jairo : Le spectacle est né à partir du moment où nous avons trouvé la salle, en fait. Nous nous sommes très bien entendus avec Joël Lalou, qui était le directeur de cette salle du Bataclan. Et puis, cette salle était très en vogue à cette époque. Je me souviens très bien que j'avais chanté avec un orchestre de tango pour une émission d'Antenne 2 à l'époque, « Destination Argentine ». L'émission parlait évidemment du tango et notamment des lieux dans lesquels on jouait du tango à cette époque. Et on avait parlé du Bataclan où l'orchestre de Osvaldo Pugliese jouait. Son orchestre a été l'un des orchestres de tango les plus importants de tous les temps. J'ai chanté avec lui pour cette émission de télé au Bataclan justement, et donc, je me suis dit, « pourquoi ne pas faire un spectacle ici? »

Comment avez-vous pensé à Jean Guidoni?

Pour ce spectacle, nous cherchions quelqu'un de spécial qui avait un regard différent sur ce que je faisais à cette époque pour me mettre en scène... Et donc, comme je connaissais Jean Guidoni, je lui ai proposé de travailler sur ce spectacle. Il a accepté de suite. Nous avons beaucoup parlé de ce spectacle ensemble. Nous avons commencé à chanter ensemble. Nous nous croisions souvent sur les plateaux télé. En fait, je me souviens, à l'époque, il y avait lui et Francis Cabrel qui arrivait avec « Je l'aime à mourir ». Nous nous sommes beaucoup croisés en 1978, quand j'ai commencé avec « Es la Nostalgia ». Nous parlions beaucoup ensemble lorsque nous nous rencontrions. Et de ces rencontres, il reste toujours quelque chose... Quand on a pensé à une mise en scène originale et un regard différent, on a tout de suite pensé à Jean car il a toujours fait ses propres mises en scène. Et elles ont toujours été très soignées. Il a créé une mise en scène qui m'a permis d'aborder le spectacle d'une manière différente. D'un point de vue visuel, déjà. Et puis, il m'a permis d'avoir une attitude particulière sur scène, avec une certaine rigueur. C'était important pour moi. C'est  probablement l'un des spectacles sur lequel j'ai le plus appris. C'est grâce à ce spectacle que j'ai appris un autre modèle de spectacle, que je ne connaissais pas jusqu'à ce moment-là. Chaque geste était très précis. C'était une formidable aventure.

Jairo © photo DR

Quelle formation aviez-vous?

J'avais un groupe de musiciens extraordinaires dont Sylvain Luc, qui est maintenant l'un des plus grands guitaristes de Jazz du monde. Il y avait aussi Dominique Sucetti, bref, plein de très bons musiciens.

Et au niveau des chansons...

J'avais un répertoire très différent de ce que je faisais habituellement. C'était un mélange de ce que j'avais fait jusque là en France, plus des titres argentins. Des titres composés par des auteurs argentins de prestige.

Et ce spectacle a très bien fonctionné...

Oui, nous étions partis pour 12 jours au départ, et nous avons terminé avec plus d'un mois de représentations. Nous n'arrêtions pas de jouer les prolongations. C'était très chouette.

Guidoni a eu l'excellente idée de créer un spectacle dans une ambiance entre cabaret et  brasserie. Il y avait des tables partout dans la salle. Donc le public participait énormément. À cette époque, c'était l'une des particularités du Bataclan, on voyait de tous les endroits du théâtre. On ne pouvait rien cacher. Chaque geste, chaque mouvement était vu par le public. Il fallait donc être très précis et très strict dans la mise en scène. Les éclairages étaient superbes aussi. J'ai gardé un vraiment très beau souvenir de ce spectacle. Guidoni a fait un travail d'orfèvre. Et tous les gens qui ont travaillé sur ce spectacle aussi...

A cette époque, vous chantez « Duerme, Negrito ».

Oui. Je chantais cette chanson avec Sapho. C'était une berceuse en fait, et elle est devenue l'une de mes chansons les plus populaires en Amérique Latine. Je la chante depuis toujours et la plupart des gens pensent que cette chanson m'appartient, et il n'en est rien! C'est une chanson traditionnelle brésilienne...

Comment l'avez-vous rencontrée, Sapho?

Par hasard, en fait. Nous étions tous les deux invités à RTL à Luxembourg pour faire une émission de télévision. C'était une espèce de talk show. Il se trouve que Sapho parle aussi Espagnol. Et donc, nous avons commencé à parler d'Amérique du Sud ensemble et dans cette émission, nous avons même chanté une chanson ensemble, une chanson traditionnelle du Mexique. Après, au retour, nous avons beaucoup parlé de Atahualpa Yupanqui, un des plus grands auteurs et interprètes de tous les temps. C'était un ami de Piaf et de Paul Eluard, notamment. Nous nous sommes dit pourquoi pas enregistrer un de ses titres ensemble. On a donc enregistré « Duerme, Negrito » et « La Probecita » (qui veut dire « La pauvre petite »).

Pour en revenir au spectacle, avez-vous un souvenir particulier de la première au Bataclan?

À cette époque, le compositeur argentin Astor Piazzolla m'avait composé la chanson « Go Tango ». Il est probablement l'un des compositeurs les plus joués par les musiciens classiques du monde entier. On a inclus cette chanson au répertoire du spectacle. Et pour mon plus grand plaisir, le soir de la première, il y avait Atahualpa Yupanqui et Astor Piazzolla dans la salle... Sapho était là aussi. Il y avait une ambiance très particulière, parce que eux étaient au courant de tout ce qui allait se passer. Mais le public pas du tout... Et il a réagit magnifiquement! Je garde un vraiment beau souvenir de ce spectacle. Je suis heureux qu'il sorte aujourd'hui en DVD. C'était vraiment une très très bonne idée.

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C'était donc important qu'il ressorte aujourd'hui?

Oui, je voulais que ce spectacle soit connu par le public. Et, je vais être honnête avec vous, la sortie de ce DVD m'a donné l'opportunité de revenir en France un petit peu... Là, je suis ici pour quelques jours, nous avons des émissions de télévision à enregistrer, des interviews... ça me fait plaisir d'être ici. Et puis, ça me permet de parler à nouveau en Français, avec beaucoup de difficultés, mais parler tout de même!

Vous rigolez? Vous avez un Français impeccable!

Merci beaucoup! (rires) C'est avec beaucoup d'enthousiasme que je suis ici en France actuellement. J'ai aussi la perspective d'un retour sur scène ici... Comme vous le savez, je continue ma carrière en Amérique Latine, mais j'aimerais venir rechanter mes anciens succès, et mes nouvelles chansons, ici, en France. Présenter ce que je fais aujourd'hui, et si possible, le présenter en Français, bien entendu!

Vous aimeriez beaucoup revenir chanter en France...

Énormément! Et, quand je vois comment j'ai été reçu sur les différents plateaux que nous avons faits cette semaine. J'ai vraiment hâte de revenir. J'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir des musiciens et des chanteurs que j'avais connus dans les émissions des Carpentier, etc... J'étais très heureux de les retrouver, et apparemment, eux aussi... Ils m'ont embrassés, ils étaient fous de joie. Beaucoup de sourires. Vous savez la mémoire des souvenirs reste intacte. C'est formidable.

Vous tournez énormément en Amérique Latine. Incluez-vous dans votre répertoire des chansons en Français?

Oui. Je chante toujours au moins deux ou trois chansons en Français. Parce que le public les redemande. Vous savez, ils connaissent mon histoire. Ils savent que j'ai eu du succès en France. Et même, dans certains pays, des chansons en Français ont été des succès. Il y en a une d'ailleurs qui est très importante dans mon répertoire. C'est la première que j'ai enregistrée en France. Il s'agit de « Liberté », sur le poème de Paul Éluard. Celle-ci, elle est toujours dans mon répertoire. Pour vous donner un exemple, là, je viens de donner un concert au Costa Rica et j'ai chanté cette chanson avec l'arrangement original de Jean-Claude Petit. La chanson a fait un tabac. J'étais très étonné, mais cette chanson est très connue là-bas. Ce jour-là, en plus, il y avait dans la salle le président de la République du Costa Rica, à qui j'ai dédié la chanson, puisqu'il a été prix Nobel de la Paix. J'ai dit au public que je serais aussi très fier si mon Président de la République devenait lui aussi Prix Nobel de la Paix! (rires) Dans l'assistance, il y avait l'ambassadeur de France, qui est le mari de Madame Ingrid Betancourt, dont je ne vais pas vous raconter l'histoire... Et lui aussi a été très touché et très ému par cette chanson. C'est une chanson intemporelle et universelle. Parce que les mots d'Éluard délivrent un message magnifique, même en dehors de tout l'art de la poésie avec lequel il écrivait... Quand on parle de liberté, si difficilement acquise dans le monde entier, ça veut vraiment dire quelque chose pour les gens...

Vous me disiez tout à l'heure que vous aviez envie de revenir chanter en France... Y a-t-il quelque  chose de prévu?

Il n'y a rien d'officiel, mais on commence sérieusement à en parler et à y réfléchir.

Ça devient sérieux...

Ah oui! Et je me chargerai personnellement que ça devienne très très sérieux! (rires) J'aimerais qu'il y ait une suite à ce séjour que j'effectue en ce moment. Je n'ai passé que 6 jours en France. Mais j'ai vraiment envie que ça perdure...

Vous qui avez joué dans de nombreuses salles à Paris, dans quelle salle aimeriez-vous revenir?

Il y a un tango de Carlos Gardel, qui est probablement un des tangos les plus connus dans le monde, qui dit à un moment donné qu'on revient toujours au premier amour... Et moi, j'aimerais tant revenir à l'Olympia... Comme vous le savez, la première fois que je suis monté sur une scène en France, c'était sur la scène de l'Olympia, en première partie de Susana Rinaldi. C'était en 1977... Bruno Coquatrix était encore vivant à cette époque. Nous y avions chanté deux semaines. Je garde un souvenir magnifique de ces soirées. Bien évidemment, je suis revenu plusieurs fois à l'Olympia après, mais la première fois, c'est quelque chose de très important pour moi. Donc, j'aimerais revenir à mon premier amour. Le premier amour laisse toujours des sensations très belles!...

Jairo © photo DR

Vous devez être attaché à cette salle. Avez-vous une anecdote sur ce premier Olympia?

Oh oui. Je me souviens qu'il y avait à l'Olympia à cette époque-là un preneur de son d'origine espagnole. Il s'appelait José. Le jour de la première, je ne parlais pas du tout Français, il est venu me voir dans ma loge et il m'a dit « Tu sais, Jairo, demain, je vais enregistrer ton tour de chant, parce que le patron [Bruno Coquatrix] vient de me le demander... » Il voulait avoir cet enregistrement pour sa collection particulière parce qu'il croyait en moi. Alors, vous savez, pour moi, aujourd'hui, ces mots-là gardent un poids énorme... D'ailleurs, j'y pense en vous parlant, il faudrait que j'essaye de retrouver ces bandes. Elles doivent traîner quelque part, je ne sais pas où, mais peut-être chez sa fille... Ça m'a fait un plaisir énorme que le premier jour, il me dise ça. C'était de bon augure.

C'était la première fois que vous veniez en France?

Oui. Je ne parlais pas du tout Français. Je ne chantais même pas en Français. Je ne chantais qu'en Espagnol. Je chantais tout de même une chanson très connue en France. En fait, il s'agissait d'une vieille chanson française, « À la Clairefontaine », que je chantais en Espagnol. Cette chanson créait une très très belle ambiance dans le théâtre. Je la chantais à la manière des vieux troubadours. Ça avait beaucoup plu au public à cette époque. Et cette chanson fait toujours partie de mon répertoire. Je la sors comme une pièce en or de temps en temps et je la chante avec grand plaisir.

Quelle a été votre première impression quand vous êtes arrivé sur le sol français?

Très surpris. Vous savez, je connaissais déjà la chanson Française. Les chansons de la génération en or, née après Charles Trenet. Ses enfants, en fait... Brassens, Ferré, Ferrat, Brel, Aznavour, Bécaud, Barbara, puis Nougaro... Et un peu plus tard Maxime Leforestier. Vous avez en France toute une tradition de chansons. Vous êtes les seuls au monde à avoir réussi à doser parfaitement le texte et la musique. En donnant la même importance aux deux. Quand vous écoutez des anglosaxons, ils donnent toujours la priorité à la musique. Sauf dans certains cas, comme Bob Dylan ou Leonard Cohen, mais même eux ont trouvé cette inspiration en écoutant des chansons françaises. C'est vous dire comme la chanson Française avait un style très particulier. Elle a marqué les esprits du monde entier.

Quels souvenirs vous gardez de votre duo avec Nana Mouskouri « Cucurucucu Paloma » dans son « Numéro 1 » ?

Nana m'a beaucoup surpris. En fait, c'était mon premier enregistrement d'une émission de télévision. Le premier show qui est passé en télé, c'était un show de Claude François, avec Jodie Foster, Gilbert Bécaud... Mais la première émission que j'ai enregistrée, c'était ce fameux « Numéro 1 » consacré à Nana Mouskouri. Nous étions au milieu du tournage, et elle est venue me trouver en me demandant si nous pouvions chanter une chanson en duo. J'ai dit oui, bien évidemment. Mais j'avais la trouille... je ne savais pas quoi chanter! Elle m'a proposé de chanter « Cucurucucu Paloma », une chanson de Tomas Mendes. Comme je chantais cette chanson avec ma guitare quand j'étais enfant et adolescent, je la connaissais bien. C'est une chanson très populaire dans tous les pays de langue espagnole. Nous l'avons donc chantée ensemble. J'ai fait quelques petites erreurs parce que j'avais peur! (rires) J'avais énormément le trac. C'était très sympa comme geste de sa part. Très généreux. Et ce duo a marqué beaucoup de gens, parce que c'est à partir de là que ma carrière a démarré en France. Les médias se sont intéressés à moi.

Vous sortez beaucoup de disques à cette époque. Vous avez un énorme succès. Comment le vivez-vous?

J'étais très surpris. En fait, pour tout vous dire, je ne comprenais pas trop bien tout ce qui m'arrivait.  Et pourquoi ça m'arrivait! (rires) Il m'a fallu beaucoup de temps pour me rendre compte et comprendre vraiment de quoi il s'agissait... Vous savez, quand une chanson rencontre le succès, on ne sait jamais trop bien pourquoi. C'est parfois difficile pour l'artiste. Ça vous met dans une situation compliquée. On ne sait pas trop bien ce qu'il faut faire par la suite... Est-ce le texte, la mélodie, la voix, les arrangements, l'interprète, la production qui a plu au public?!... On n'en sait rien, en fait. Avec le recul, je pense qu'un succès arrive quand on propose quelque chose de nouveau, quelque chose qui n'existait pas auparavant. Et ça crée un impact sur le public... Mais c'est très difficile de faire une analyse de ses succès! (rires) En tout cas, ce que je peux vous dire, c'est qu'on ne renie jamais ses succès!... Je n'ai jamais abandonné l'envie d'évoluer. Je crois que dans toute carrière d'artiste, il y a des hauts et des bas. Et dans la tête des artistes aussi! Après des gros succès, il faut retrouver ses marques et retrouver le plaisir de recréer des choses. Vous savez, on retrouve vite le chemin de la création. Et il faut oser aller là où on veut aller. Après, il faut mettre tout en oeuvre pour que le public vous suive dans votre idée.

En parlant de succès, comment est née « Les jardins du ciel »?

Un super-tube! (rires) Je ne suis pas de ceux qui voient le succès venir. Ce n'est pas un bien, ce n'est pas une tare non plus! C'est comme ça. Quand on me fait écouter une chanson, je peux dire que la chanson me plaît ou non, mais ça s'arrête là! J'ai du mal à me faire à l'idée que telle ou telle autre va devenir un succès. Donc, quand j'ai entendu « Les jardins du ciel » la première fois, j'ai beaucoup douté. Je trouvais que c'était une très belle chanson, mais je ne savais pas trop si elle me correspondait. Finalement, on l'a enregistrée, et ça a été un tube énorme. Le plus gros de ma carrière en France. C'est le genre de tube qu'un artiste fait une fois tous les 25 ans dans sa carrière! (rires) Nous l'avons enregistré en quatre langues différentes, il est sorti dans le monde entier. Dès que je commence à la chanter, quel que soit l'endroit, tout le monde la reprend avec moi.

Jairo © photo DR

Vous qui chantez aux quatre coins du monde. Comment gérez-vous les différences dans le public. Parce que j'imagine que le public est très différent d'un pays à l'autre...

Je chante la plupart du temps en Argentine et dans les pays voisins, et en Amérique centrale aussi, comme au Costa Rica, Mexique, etc... Dans tous ces pays-là, il y a beaucoup de points communs entre les différents publics. Ce qui simplifie énormément les choses pour préparer un spectacle. Les succès sont à peu près les mêmes d'un pays à l'autre. Donc, le tour de chant se prépare tout seul! (rires) Mais il ne faut pas non plus tomber dans la facilité. Il faut proposer des choses différentes à chaque fois. Des mises en scène et des chansons nouvelles. Je sors un nouveau disque à peu près tous les deux ans, donc, je distille aussi ces nouvelles chansons sur scène. Là, je vais débuter une tournée au mois de novembre en Argentine. Elle durera jusqu'à la mi-décembre. Je me rends compte en regardant le tour de chant, que je chante 95% des chansons des dernières années. Donc, au fur et à mesure que ma carrière a évolué, des nouvelles chansons se sont imposées. Mais je chante aussi des anciens succès!

Jairo, Les plus beaux Noel © photo DRUn album de chansons de Noël va ressortir pour les fêtes en France.

Effectivement. C'est un album très particulier qui est déjà ressorti plusieurs fois, en fait. C'est un album qui s'est très bien vendu. Il y a un public qui aime les chansons de Noël. Donc, là, il ressort cette année avec 5 titres en bonus. J'en suis très content. Et puis, prenons l'exemple des « Ave Maria » de Gounot et de Schubert, ce sont des grands succès que le public me réclame souvent.

Justement, lequel préférez-vous?

C'est très difficile de vous répondre. Je suis très partagé. La mélodie de Schubert est très belle. C'est une mélodie très aérienne et celle de Gounot a plus de force, je trouve. Donc, je pense que ces deux chansons sont totalement complémentaires. Mais pour sa musicalité, je répondrais peut-être celle de Gounot.

Que vous évoque Noël?

Comme pour tout le monde... Noël, c'est une fête pour les enfants. Mais vous savez, vous n'avez pas du tout le même rapport à Noël en Europe que nous en Argentine. Nous, Noël, évoque les maillots de bains (Noël tombe en plein été chez nous). C'est le début des grandes vacances. Et chez vous, ça n'a rien à voir. Noël évoque la neige, le froid... C'est très différent. Et puis, je pense qu'en Europe (ou aux États-Unis), vous avez beaucoup plus le sens de la fête de Noël que nous. Comme je vous le disais, en Argentine, la date de Noël signifie le début des grandes vacances, donc, les gens pensent plus à partir en vacances qu'à fêter Noël! (rires) C'est très particulier. Vivre la fête de Noël ici, en Europe, c'est très différent... Il y a tous les symboles du Père Noël, de la neige, de la crèche... Notez qu'on fait des crèches aussi chez nous. Il y a une magie de Noël que nous n'avons pas chez nous. Et puis, chez nous, à Noël, il y a 40° à l'ombre! (rires) Mais c'est une fête familiale chez nous aussi, et une fête pour les enfants.

Vous avez enregistré cet album en 1978. Était-ce important pour vous d'avoir un album de chansons de Noël?

Oui, oui. C'est un peu ma façon de chanter qui nous a donné l'idée. Quand on regarde les titres des chansons de Noël qui ont du succès dans le monde, ce sont presque toujours des crooners. Des gens qui avaient une certaine couleur et un timbre de voix. Le plus grand succès de tous les temps en France, ce fut « Petit Papa Noël » de Tino Rossi. Et dans le monde, c'était « Noël Blanc » de Bill Crosby. Donc, mon producteur a eu l'idée d'enregistrer un disque de Noël, pensant que ça irait bien avec ma voix. Il a eu raison. Parce que le public a tout de suite suivi!...

Vous avez d'abord commencé par suivre à Buenos Aires les cours de dessin de Hugo Pratt, dessinez-vous toujours ? Quel rapport entretenez-vous avec le dessin aujourd'hui?

Je peins de plus en plus... J'ai une maison en Uruguay, le pays voisin de l'Argentine. Elle se trouve tout juste de l'autre côté du Rio de la Plata. C'est une rivière, mais plutôt comme une mer d'eau douce. Pour la traverser, il faut une heure de bateau. Donc, notre maison se trouve juste en face de Buenos Aires. Nous vivons là-bas au milieu d'une forêt. Et c'est là-bas que je peins beaucoup. Quand je suis là-bas, je ne suis plus une vedette. Mes voisins respectent vraiment ma tranquillité. Ils ne me dérangent pas. Ils ne veulent pas de photos ni d'autographes. Et donc, comme j'y suis très tranquille, j'y peins énormément en plein air. Les gens disent d'ailleurs de moi qu'ils vont se souvenir d'un chanteur argentin et d'un peintre uruguayen. (rires) Là, j'ai réuni beaucoup de tableaux et pour la première fois, l'année prochaine, j'ai accepté la proposition de faire une exposition dans le centre culturel de Buenos Aires. Je prépare cette exposition. Je la soigne. Je pense que ce sera une très belle nouvelle expérience pour moi. On a l'idée de faire un mélange entre les tableaux et la musique. Les gens pourront découvrir mes peintures en musique. Chaque tableau ou chaque série de tableaux aura sa propre musique...

Jairo © photo DR

Ce serait une belle idée de venir avec cette expo à Paris aussi...

J'aimerais beaucoup! Ce serait parfait!... Pourquoi pas?!...

Le public Français vous attend...

Vous savez, j'ai pris un tel élan pour l'instant sur ces quelques jours passés à Paris, que ça ne m'étonnerait pas que je revienne très bientôt. En tout cas, je vais tout faire pour...

Est-ce qu'un nouvel album en Français est dans l'air du temps?...

Disons que nous y pensons très sérieusement! Ce serait une suite logique avec ce que nous sommes en train de préparer...

Je suppose que nous aurons alors le plaisir de vous revoir en Europe en 2011 ou 2012...

Certainement! Pour mon plus grand plaisir!

Propos recueillis par IdolesMag le 29 octobre 2010.









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