Interview de Christian Delagrange

Propos recueillis par IdolesMag.com le 09/09/2009.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag et/ou Dehmar SARL.






Christian Delagrange © Luc Dehon / IdolesMag.com

Christian Delagrange vient de sortir son nouvel album, « Histoires d'Amour ». Christian chante l'Amour, au travers de reprises de grandes chansons d'amour, de chansons inédites et de ses propres chansons. Nous avons croisé Christian dans un endroit qui lui est cher dans la région de Liège. Un petit cocon dédié au karaoke sur les hauteurs de Neuville. C'est dans cet endroit chaleureux qu'il aime se retrouver entouré de ses amis lorsqu'il est en Belgique (et il y est souvent), c'est un peu son refuge. Et c'est tout naturellement qu'il nous y a reçus pour parler de son nouvel album et faire quelques photos...

IdolesMag : Tu sors dans quelques jours ton prochain album autour des « Chansons d'Amour ». Est-ce un projet qui te tenait à coeur depuis longtemps?

Christian Delagrange : Disons que je réponds à l'attente de mon public et en même temps à ma propre sensibilité. Il y avait des chansons que j'avais envie de découvrir en les chantant. Les écouter, c'est une chose. Les chanter, c'en est une autre. Je reviens toujours sur l'anecdote de ce merveilleux titre qu'est « Les Roses Blanches ». Je sentais les sanglots monter à chaque fois que je la chantais. A l'écoute, cette chanson me paraissait belle et triste à la fois. Mais quand je l'ai chantée, j'ai essayé de me mettre dans la peau des personnages. Et je me suis rendu compte que cette chanson retrace la vie de pas mal de gens qui ont des soucis... D'ailleurs, je vais te dire, une fois que la chanson a été enregistrée, je l'ai faite écouter à pas mal de gens et souvent ça leur rappelait un moment de leur vie. Un moment qui n'a pas forcément été facile. On a tous notre lot d'émotions fortes qui ne sont pas toujours positives. Et donc pour en revenir à ce que je te disais, j'ai été ému de les voir émus. Le rôle d'une chanson, c'est de toucher les gens. Soit de les toucher dans un délire pas possible, avec un certain humour déjanté, soit les toucher avec la sincérité. C'est notre rôle à nous chanteurs de ne pas chanter des banalités, mais d'apporter quelque chose de profond. C'est en tout cas ma démarche dans cet album.

Christian Delagrange © Luc Dehon / IdolesMag.com

Comment as-tu choisi les chansons?

Tu sais, je ne suis pas quelqu'un qui détient la vérité. Ça m'oblige à avancer et à progresser dans la vie. J'aime travailler en équipe, ça me rassure. Et donc les chansons ont été choisies avec mon producteur, Gérard Tempesti, et mon arrangeur aussi, Henri Garella, qui a réussi a apporter une belle sensibilité aux chansons. Le disque est donc un travail d'équipe. J'espère que cet album va toucher les gens, parce que nous, nous avons beaucoup travaillé dessus, et nous avons été touchés aussi. J'ai envie de transmettre une émotion.

Il y a aussi deux inédits sur ce disque...

Effectivement. Dont une qui est un peu autobiographique... Note bien que l'autre aussi. Son auteur,  Gérard Tempesti, qui est aussi mon producteur, est un artiste très doué. Il est là, non pas pour faire des rimes, mais tout simplement pour transmettre une émotion. Il a beaucoup de talent. Il a réussi aussi à écrire des chansons comme « A la Queue leu leu ». Je vais même te raconter une anecdote à propos de cette chanson... Un jour, quelqu'un lui a demandé comment il faisait pour écrire des chansons. Il a alors pris sa guitare et a commencé à faire « La la la »... [NDLR : Et là, Christian chante le refrain de « A la queue leu leu »!]. Et regarde le succès que ça a été! Ça n'a peut être pas été sa plus grande oeuvre artistique, mais c'est une oeuvre populaire qu'il a su créer. Il n'y a pas longtemps, j'étais chez lui, nous regardions la coupe du monde... Et le stade reprend une chanson dont j'ai oublié la mélodie. Et il m'a dit, très humblement, que c'était de lui aussi. J'aime beaucoup l'humilité de Gérard.

Tu aimes beaucoup travailler avec lui ?

Oui. Parce que c'est quelqu'un de profondément humain qui comprend très bien comment fonctionne un artiste. On travaille en symbiose et j'ai une totale confiance en lui. Il me fait avancer. J'aime laisser au vestiaire ma veste de chanteur et faire comme si je recommençais comme un petit jeunot... Parce que je découvre toujours quelque chose. J'ai encore beaucoup à apprendre! Il faut être à l'écoute des autres, ça nous permet d'avancer et de progresser. Ça nous montre qu'on n'est jamais arrivé à la perfection...

Après l'enregistrement, tu as écarté quelques chansons du disque?

Une ou deux, oui... Il y en avait une moitié en français, moitié en anglais, qui ne se prêtait pas à l'album. Et une autre, en italien, pour laquelle le temps nous a manqué. On voulait la faire en duo, mais la tonalité était un peu trop haute pour moi, donc, par manque de temps, on l'a écartée de cet album. Mais elle devrait se retrouver sur un prochain album, parce que la chanson est vraiment magnifique et qu'elle me plaît beaucoup.

Christian Delagrange © Luc Dehon / IdolesMag.com

Il n'y a donc pas de duo sur l'album, pourquoi?

En fait, il y en a un. « Sur ton visage une larme », avec Bobby Solo. Nous nous sommes rencontrés sur la tournée « Âge Tendre » et j'étais en train de travailler sur les arrangements de sa chanson, « Una lacrima sul viso ». Je lui en ai parlé, il m’a simplement répondu avec son bel accent « Ma, Christian, je viens la chanter avec toi, tu veux bien ?  ». C'est un artiste très généreux, qui a  eu envie de partager ce moment de bonheur à deux. Nous sommes très complices.

Parmi tous les chanteurs que tu reprends, en as-tu côtoyés?

Joe Dassin, forcément. Nous nous sommes croisés souvent. Et puis, je vais te dire, pour la première grande émission que j'ai faite avec Guy Lux, je me suis retrouvé face à Aznavour et Bécaud. J'arrivais avec ma petite chanson « Rosetta », et après l'avoir chantée, ils m'ont appelé près d'eux. Et ils m'ont dit « C'est bien mon p'tit gars, continue comme ça ». Pour moi, c'était surréaliste, tant ils étaient deux stars à mes yeux. Donc, sur cet album, je reprends « Hier Encore » de Charles Aznavour et « Et maintenant » de Gilbert Bécaud. C'est un juste retour des choses. C'est un peu comme si la boucle était bouclée...
Il y a aussi « Viens m'embrasser » de Julio Iglesias. Michel Jourdan a composé la musique de cette chanson, et il se trouve qu'il m'en a composé aussi [NDLR : entre autres, « Celle que j'attendais »].

Tu reprends « Une histoire d'Amour » du film « Love Story ». As-tu choisi cette chanson pour sa mélodie ou est-ce plutôt le film qui t'a touché?

Le film, très certainement. Mais la mélodie était très chouette aussi. Vocalement, elle est très intéressante à chanter. Parce qu'il faut la chanter tout en retenue. Il faut faire passer l'émotion sans pousser trop la voix.

Il s'agit donc d'un disque avec des reprises. Est-ce facile de passer après un autre artiste?

Tu sais, les chansons n'appartiennent pas à un artiste en particulier. Les chansons sont uniquement la propriété du public. J'adorerais que « Sans toi je suis seul » ou « Rosetta » soient reprises par un autre artiste. Un autre arrangement et une autre voix, ça change une chanson, ça lui apporte toujours quelque chose de différent. D'ailleurs on parle d'interprète, ça veut bien dire ce que ça veut dire.

Pour une fois, la pochette du disque est très claire, très aérienne... Qui en a eu l'idée?

On a fait beaucoup de photos avec un photographe de mode. On a du faire 800 clichés. Moi qui n'aime pas trop poser... ça tombait bien! Et puis, à un moment donné, il m'a proposé de faire une photo avec une cravate. J'ai donc fait mon noeud de cravate et il m'a pris à ce moment là... Et ça a donné la pochette du disque! C'est une jolie photo, qui change un peu...

Penses-tu faire un spectacle autour de / consacré à ces reprises?

Je vais attendre la réaction du public, afin de savoir quelles chansons ils aimeraient que je chante sur scène. Parce que, avant tout, le tour de chant d'un artiste, est fait pour le public. J’'ai donc envie d'en chanter sur scène, mais je vais attendre de savoir quelles chansons ont les faveurs du public!...

Christian Delagrange © Luc Dehon / IdolesMag.com

C'est quoi pour toi une chanson d'amour?

C'est une chanson qui construit une émotion. C'est une chanson comme « Garde une Place », qui parle d'un adolescent qui grandit vite et dont les parents ont l'impression que leur enfant leur échappe. Une chanson comme « Faut-il que l'on s'aime? » est une chanson sur la séparation. Ça fait partie de l'amour aussi. C'est une chanson pas facile. C'est une déclaration d'amour d'un homme qui a perdu l'être qu'il aimait. Il y a aussi « Viens m'embrasser » de Julio Iglesias... l'histoire d'un mec qui se fait larguer et qui vient consoler celle qui part : dans une relation amoureuse, celui qui part est parfois aussi mal que l'autre. Des chansons comme « Si tu me laissais te raconter » ou « Effacer tout » sont des chansons sur le couple. « Toi mon enfant » est une chanson que j'ai écrite avec un ami, Alain Sebbah. Nous avons des enfants en bas âge tous les deux. Et on est toujours en admiration devant ses enfants. C'est une grande épreuve, sans cesse renouvelée, pour des parents de savoir bien éduquer et diriger. Et, cerise sur le gâteau, ma fille, qui avait 11 ans à l'époque, est venue en studio enregistrer un pont de clarinette sur la chanson. C'est une grande fierté pour moi. C'est toujours un grand bonheur pour un parent quand on peut transmettre un peu de sa passion à ses enfants.
Tout ceci fait partie de l'amour, des « Chansons d'Amour »...

Enfin, il y a une chanson, « Changer de vie » qui te touche particulièrement, je pense...


Oui, c'est une chanson qui s'adresse à tous les gens qui peuvent douter de l'humanitaire. Le texte dit « Je déteste les donneurs de leçon / qui ont le cœur comme un mur de prison ». Peu de gens peuvent comprendre qu'on peut donner autant d'argent et de temps de façon complètement désintéressée. Mais ça c'est notre mission, à nous tous. Il faut aider les plus faibles. Que ce soit nos enfants ou nos petits frères qui sont ailleurs sur la planète. Il y a cette citation sur le site de mon ONG, Assistance Humanitaire, « Sois humble, car tu es fait de poussière. Sois noble, car tu es fait d'étoiles. » Nous sommes tous faits d'étoiles, quelque part, ayons donc la force de réagir. Nous devons nous sentir concernés par le monde qui nous entoure et nous sommes tous capables de faire de belles choses.

Je vais te poser une dernière question... Quel genre de séducteur es-tu?

Oh! Tu sais, nous sommes tous un peu séducteurs, quelque soit la profession, le milieu social dans lequel nous évoluons, c’est un besoin bien humain de se sentir aimé. Et comme tous les chanteurs, je l’avoue, je suis aussi un peu cabotin. Il faut être honnête, c'est un plaisir d'être connu et reconnu. C'est flatteur quand quelqu'un te dit qu'il aime ce que tu fais. Ça ne va pas changer ta vie …quoi que… En tout cas, ça fait toujours plaisir...

Propos recueillis par IdolesMag le 9 septembre 2010.









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