Interview de Ysa Ferrer

Propos recueillis par IdolesMag.com le 07/09/2010.
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Ysa Ferrer © SLAM PHOTOGRAPHY

Vous nous l'avez souvent réclamé, vous voici exaucés! Nous avons rencontré pour vous Ysa Ferrer. L'occasion était belle : Ysa sort son quatrième album, « Ultra Ferrer » le 27 septembre et sera sur la scène de Bobino le 16 octobre prochain. Au cours de cette interview, nous parlerons bien entendu très longuement de la double actualité d'Ysa, mais nous reviendrons aussi sur son parcours d'actrice et de chanteuse, mais aussi son parcours de femme et de maman. Elle évoquera aussi bien évidemment les belles rencontres qui ont jalonné sa carrière. Ysa répond à nos questions sans langue de bois et avec beaucoup de sincérité. Une façon comme une autre de découvrir et re-découvrir une artiste à part dans notre paysage audiovisuel. Rencontre à fleur de peau avec une artiste vraie et touchante.

IdolesMag : Avant toute chose, je voudrais savoir dans quel état d'esprit est Ysa Ferrer à quelques jours de la sortie de son nouvel album... et à quelques semaines de Bobino?

Ysa Ferrer : Elle est un peu... sur les nerfs! (rires) Elle est aussi un peu... hystérique! Mais ça, ça ne change pas beaucoup! (éclats de rires) En vrai, je suis angoissée et excitée. Tout est à fond. En fait... Tout est « Ultra »! J'ai hâte, et en même temps, j'angoisse. Tout arrive en même temps, l'album qui sort, la préparation de la scène... Toujours en retard, comme d'habitude! Mais c'est bien ainsi, il y a une énergie de folie et je suis vraiment contente de cette excitation et cette énergie.

Ysa Ferrer, Ultra Ferrer © SLAM PHOTOGRAPHYDepuis quand portez-vous « Ultra Ferrer » en vous?

Ça fait longtemps déjà... Je n'avais pas envie d'attendre après la sortie
d'« Imaginaire Pur ». Je ne veux plus qu'il y ait des laps de temps trop longs entre les albums. J'ai envie d'enchaîner, et d'être là, tout simplement. Donc, cet album s'est fait dans la joie et dans la bonne humeur. On a été très productifs avec Daniel [NDLR : Castano] pour les chansons. En fait, depuis « Imaginaire Pur », j'ai l'impression de ne jamais m'être arrêtée.

C'est vrai qu'avant « Imaginaire Pur », il y a eu de longues périodes sans vraiment grand chose...

Oui. Depuis que je me suis affranchie des maisons de disques, j'ai une totale liberté. Et j'avoue aussi que le succès que j'ai reçu en Russie m'a bien boostée et bien galvanisée. L'accueil du public Russe est vraiment exceptionnel. Là-bas, on a fait de superbes shows, des stades... Donc, cette année a été très riche.

Ysa Ferrer © Delphine ManjardL'album va d'ailleurs sortir dans quelques jours en Russie aussi. Sera-ce le même ou bien y aura-t-il des nouvelles chansons ou des chansons en anglais, par exemple?

Ce sera le même album, parce que les Russes veulent absolument que je chante en Français. On croyait qu'ils seraient plus partants pour de l'anglais, mais pas du tout. Ils sont complètement fans du côté Français. Donc, ce sera le même album. Même au niveau du tracklisting. Par contre, pour ce qui est de l'ordre de sortie des singles, ça je vous avoue que je n'en sais rien! Ils sont beaucoup plus branchés dance... alors que « Made in Japan » qui a fait un carton là-bas est plutôt une chanson pop/rock. En fait, je crois qu'il n'y a pas de recette!

Ils aiment beaucoup la variété française.

Oui, effectivement. D'ailleurs, il est possible que je fasse un jour un duo avec un chanteur russe. Ça me plairait beaucoup! J'adore changer de langue!

Ce serait pas mal avec Sergey Lazarev, il a un univers électro qui se marierait très bien avec le vôtre.

Pourquoi pas? En fait, là tout de suite, ce n'est pas d'actualité, mais je pense que ça viendra. En plus, j'adore faire des duos, c'est souvent très rigolo. Ce genre d'aventures, ça m'éclate vraiment. Et quand je vois comment les Russes m'ont accueillie, je pense que ce serait pas mal de faire un duo là-bas.

Pour vous, ce doit être très enrichissant de travailler là-bas.

Effectivement. Ils ont un sens du spectacle et du show assez exceptionnel, et ça, j'aime beaucoup. Je me souviens d'avoir fait la cérémonie des Muz-TV Awards, avec Katy Perry. C'était géant. On se retrouve dans un stade de 40 000 personnes. C'est une émission télé comme on n'en a plus vraiment en France. Ils proposent un vrai show. Et je vais vous avouer que ça m'a fait du bien de me retrouver dans une ambiance comme celle-là. Il y a parfois un petit côté « Carpentier » dans leurs émissions. Il y a du feu, des acrobates... C'est grandiose et j'adore ça. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai fait ce métier.

Visuellement, ils mettent le paquet.

Oui, c'est assez extraordinaire.

Vous qui aimez jouer avec l'image, ça colle super bien avec votre univers.

Bien évidemment. C'est ce qui me fait rêver depuis toujours. J'aime travailler l'image. Et travailler sa propre image. Si c'est pour se produire sur scène avec l'image qu'on a dans la vie de tous les jours, je ne trouve pas ça très intéressant. En tout cas, ce n'est pas très amusant!

En parlant d'image, comment est née l'idée de la pochette?

C'est un peu comme le titre de l'album. Il y a un côté « Too Much » dans « Ultra Ferrer ». J'ai voulu aller au bout des choses, que ce soit dans le léger ou dans le sérieux. Je voulais une pochette qui détonne. C'est l'histoire d'une fille qui prend ses rêves pour des réalités, c'est moi, en fait. Le « red carpet », c'est un peu ce dont rêve toute starlette. Et le pire qui puisse arriver pour une actrice ou une chanteuse... c'est la chute! Donc, quand on ouvre le livret, il y a une vraie histoire. Il y a le côté too much de la fille qui est ravie de participer à ce photocall énorme, qui est sublime et qui est à fond dans son personnage et paf, après, elle tombe. Elle se prend les pieds dans ce fameux « Red Carpet » ou plutôt « Pink Carpet » d'ailleurs. Et là, c'est l'horreur totale... elle en meurt! A la fin du livret, je suis morte! (éclats de rires) Ce côté too much, c'est « Ultra » pour moi. Tout ceci est bien entendu à prendre au second degré! C'est de l'autodérision totale. J'avais envie que ce soit drôle, beau et très glamour à la fois. On peut être « Ultra Glam » et quelques secondes après, on est juste à quatre pattes comme quelqu'un qui tombe! Et pour tout vous dire, après, je me fais réanimer par un très beau garçon... mais ça ne marche pas! (rires)

Pas de chance!

J'en meurs... La couronne de travers. J'étais tellement couverte de bijoux!... Tout est too much dans cette pochette et ce livret.

Ysa Ferrer © Delphine ManjardMusicalement, on retrouve aussi ce côté too much dans l'album. Ça part parfois un peu dans tous les sens, mais il y a une vraie homogénéité tout de même. Et un fil conducteur.

C'est le fait des textes. Ils sont très importants pour moi, et ce sont eux qui sont justement ce fil conducteur au travers de l'album. Autant, il y a des textes très légers sur les chansons dance. Et encore... Mais après, il y a des ballades beaucoup plus profondes. Il y a aussi des chansons d'amour, mais pas  chansons d'amour au sens où on l'entend habituellement. L'amour peut aller très très loin dans le bonheur comme dans le malheur. J'aime aborder cet autre côté de la passion, qui peut devenir dangereuse...

Pouvez-vous me parler de « Un jour » qui est une chanson très touchante?

Oui, bien entendu... C'est une lettre qu'une mère écrit à son enfant. Et ça traite du départ de l'enfant. Quand on est maman, et je le suis, c'est quelque chose qui vous touche certainement encore plus. Les miens sont encore petits, j'ai donc encore le temps avant de les voir s'envoler. Cette chanson me rappelle aussi mon propre parcours, quand j'étais adolescente et que j'ai quitté ma mère.  Cette chanson parle donc de ce qu'une maman peut ressentir quand son enfant quitte la maison. Et  à côté de ce départ, il y a tout ce qu'on laisse chez soi, et le peu qu'on emporte avec soi. Et la chanson va encore plus loin, avec l'ultime départ, quand la mère meurt. Pour l'anecdote, je n'arrivais pas à chanter cette chanson au départ. Elle me touchait trop. J'avais la gorge nouée, je n'y arrivais pas. Ça a été un challenge de la chanter. Je me suis même demandé si j'arriverais un jour à la chanter...

Ce sera un beau moment sur le CD, je pense...

Oui, parce que cette chanson parle à tout le monde. On a tous vécu ce moment avec nos propres parents. Parfois, ça se passe bien, parfois, ça se passe dans la douleur. J'avais donc envie d'en parler, parce qu'on n'en parle pas souvent... Cette chanson évoque le rapport qu'on peut avoir avec sa propre mère.

Dans ce genre de chansons un peu « douche écossaise », il y a aussi « I am just innocent »...

Cette chanson parle de l'histoire de Florence Cassez. Son histoire m'a énormément touchée. Je dirais même que son histoire m'a perturbée en ce sens qu'à un moment donné, c'est devenu presque un feuilleton télé. Et cette mise en scène dans les média me dérange profondément. Je ne suis pas là pour dire qu'elle est coupable ou qu'elle est innocente. Je n'en sais rien du tout, et ce n'est pas à moi de juger. Mais toute cette reconstitution autour de son arrestation, ça me choque. Parce que cette femme est enfermée tout de même. Et toute cette pression médiatique autour me dérange. Les médias ont tendance à couvrir cette histoire comme si c'était un énième « loft story » ou un feuilleton américain. Et ça, ça ne me plaît pas du tout... Parce que c'est la vie d'une femme emprisonnée qu'ils filment... ce n'est pas de la fiction... En regardant la télévision aujourd'hui, on peut se demander où se trouve la frontière entre la réalité et la fiction. C'est assez désolant... et dérangeant. C'est pour toutes les raisons que je viens de vous citer que je voulais que cette chanson soit un peu rock. Je voulais que ce soit un peu violent musicalement, parce que le sujet l'est...

« Je vois » est aussi une chanson très rock. Comment avez-vous opéré ce choix?

Je voulais un côté très « t.A.T.u. ». C'est une histoire d'amour qui va mal. Que doit-on faire? Faut-il sauver les meubles? Est-ce qu'on s'en réfère aux étoiles, au ciel ou à une boule de cristal? C'est la situation qui arrive quand une relation devient très orageuse.

Aimeriez-vous avoir dans l'avenir quelques chansons plus rock dans votre répertoire? Parce que, entre nous, ça vous va vachement bien!

Vous savez... j'aime ça! Je n'ai pas envie de me formater. Malgré tout ce qu'on peut entendre sur moi, je m'en fous... je ne veux rentrer dans aucune case. J'ai envie de faire ce qui me plaît. Il y a des textes qui appellent une certaine musique, ou en tout cas, un certain arrangement. Et donc, parfois, c'est plus rock, parfois plus dance. Parce que j'aime aussi beaucoup la dance. J'ai envie de m'autoriser à tout faire. Un album, c'est fait pour ça.

D'ailleurs toutes ces sonorités un peu différentes vont très bien ensemble.

Comme je vous le disais tout à l'heure, le fil conducteur, ce sont les textes. Et j'ai envie que ce soit ma voix aussi...

Elle est reconnaissable entre mille.

Merci. Après, qu'on l'aime ou qu'on la déteste, c'est un autre sujet. Mais j'ai envie qu'on la reconnaisse...

Pourquoi avez-vous choisi « French Kiss » en premier extrait?

Parce que j'avais envie de quelque chose de plus léger. On a remis la maquette de la chanson à Chew Fu, en se disant « qui ne tente rien n'a rien ». On adorait le son de ce producteur. A notre grande surprise, il a flashé sur le titre. Et il nous a fait cette production qu'on aime beaucoup et qui sonne très très club. J'avais envie de faire danser sur un titre léger. Je savais aussi ce qui arrivait derrière dans l'album. Et je ne veux pas que cet emballage dance laisse penser que je suis une fille très superficielle. C'est tout le contraire en fait... Vous savez, je remercie Lady Gaga d'avoir redonné ses lettres de noblesse à la dance. Grâce à elle, on reprend la dance au sérieux. Ce n'est pas parce qu'on chante de la dance qu'on chante forcément des chansons futiles et idiotes. Lady Gaga a un côté ringard que j'adore. Heureusement qu'elle est là. Elle a prouvé justement qu'elle n'avait rien de ringard, au sens péjoratif! Donc, pour en revenir à votre question, on voulait quelque chose de léger, et on avait aussi déjà un peu le clip en tête.

Ysa Ferrer © DR

Ysa Ferrer © DRJustement, parlez m'en un peu de ce clip...

On voulait quelque chose de très rétro et très kitsch, et en même temps très moderne. Les baisers sont très modernes... ce ne sont pas des petits bisous, ce sont des grosses pelles! (rires) Et j'adorais ce paradoxe entre ces baisers très modernes et ma tenue hyper kitsch de majorette et la chorégraphie nonchalante. Ce clip me fait d'ailleurs un peu penser aux émissions des « Carpentier » : une majorette de l'espace qui arrive dans sa tenue rouge! (rires) Encore une fois, « French Kiss » est une chanson légère, mais pas si légère que ça, dans le fond. Il y a le côté « je veux m'amuser » et aussi le côté « Je m'assume en tant que femme ».

Vous me parlez de majorette... Elle est née comment la « Pom Pom Girl »?

Je suis très amie avec des transformistes du club parisien l'« Artishow ». Ces gens me touchent, parce que je retrouve chez eux quelque chose que j'ai en moi. C'est ce côté « en quête de l'autre » et se mettre dans la peau de quelqu'un d'autre. Ce sont des personnes que j'ai l'occasion de côtoyer dans la vie et de voir sur scène, et ce monde du transformisme m'a toujours attirée depuis que je suis toute petite. C'est cette façon de s'épanouir à travers la peau de quelqu'un d'autre qui me fascine. Je ne voulais pas faire une chanson sur le simple côté travesti. Cette chanson va plus loin... Vous savez, quand j'étais gamine, je me travestissais en Dalida, parce que je voulais devenir Dalida. Et je voulais parler aussi de cette part de rêve quand on se met dans la peau de quelqu'un d'autre. Je trouve que cette chanson est à la fois très gaie, très triste et nostalgique. Encore une fois, la mélodie est très dansante et enjouée, mais le texte ne l'est pas. Pour moi, c'était aussi une manière de leur rendre hommage et de montrer la souffrance de ces gens qui sont toujours en quête de l'autre. Ils ne s'épanouissent que lorsqu'ils sont transformés.

Comment expliquez-vous cet attachement qui vous lie au public Gay?

Je ne l'explique pas. C'est simplement une évidence. Ce qui est une certitude, c'est que je vis entourée d'homos. C'est mon quotidien! Je pense que mes enfants, depuis leur naissance, ont vu défiler à la maison plus d'homos que d'hétéros! (rires) Donc, vous savez pour moi, c'est naturel. On me pose souvent cette question et je ne sais pas quoi répondre. Je vais même vous faire un aveu : je suis convaincue que mon premier petit copain est gay aujourd'hui! Il n'y a pas de mystère. Si je n'avais pas été chanteuse, je pense que ça aurait été du pareil au même. Après, pourquoi je plais aux homos? Peut-être avons-nous une sensibilité commune? Peut-être est-ce notre côté écorché vif? Peut-être est-ce mon côté festif? Ce doit être tout, en fait.

Vous avez d'ailleurs fait un discours à la « Gay Pride » cette année.

Tout à fait. Ça me tenait vraiment à coeur. Je n'étais pas là pour faire ma promotion. Souvent on me reproche de draguer le public gay pour exister, mais ce n'est pas vrai du tout. Je voulais montrer que je pouvais simplement prendre la parole en tant qu'Ysa Ferrer, la femme, et non la chanteuse.

Je vais vous poser une question extrêmement bateau... Mais bon! Si vous ne deviez garder qu'une chanson de cet album, laquelle serait-ce? Et pourquoi?

« Pom Pom Girl », très certainement. C'est difficile de vous répondre en ce sens que nous travaillons tellement sur cet album depuis un bon moment, que je n'ai peut-être pas le recul nécessaire! Je m'écoute très très rarement. Et, là, comme on travaille sur Bobino, je suis encore plus dedans. Mais... si, si, c'est « Pom Pom Girl »!

Ce sera peut-être un prochain single?

Oh la la... j'aimerais tant! Maintenant, est-elle assez accessible? Je ne sais pas. Mais j'aimerais vraiment...

L'album va sortir en édition classique et en coffret collector. Votre public étant très friand de collector, pourquoi ne pas sortir un 33 tours vinyle?

Il y en aura peut-être un! Dans un premier temps, il y aura donc ce coffret collector contenant deux CDs. Le CD « Ultra Ferrer » et un CD de démos.

Pouvez-vous un peu me parler du Paradoxal show?

Hum hum... Ce sera ma troisième scène. Et je l'attends avec impatience. J'avais envie que tout s'enchaîne. C'est pour ça que le show suit immédiatement la sortie de l'album. Je voulais présenter les chansons en live très rapidement. J'ai envie d'emmener le public dans ma bulle et dans mes rêves. Il y aura des danseurs, des chorégraphies, quelques changements de costumes... mais ça vous vous en doutez! (rires) Bien entendu, ce sera toujours mon univers, mais le spectacle sera très différent des précédents.

Il y a aura des surprises?

Oui... oui...

Des duos?

Ça, je ne sais pas encore! La structure du show dans son ensemble est définie, mais on se laisse une part de flexibilité...

Je pense que cet après-midi vous avez des essayages...

Vous êtes très au courant, dites donc! (rires)

Sans dévoiler de surprises, pouvez-vous un peu me parler des tenues que vous allez porter sur scène? Qui va vous habiller?

J'ai craqué sur la collection de « Dupré Santabarbara ». Ils m'ont déjà habillée pour des shows en Russie et la tournée de shows que j'ai fait en club cet hiver en France. J'aime beaucoup leur mélange dentelle-cuir. Michel [Dupré] et Christelle [Santabarbara] sont deux amours et ils ont beaucoup de talent. C'est eux qui ont conçu toutes mes tenues de scène. Je ne peux pas vous dire le nombre exact, mais... il y en a! (rires) Ce sera très chic, « Très couture », comme je le chante dans « Hors Service ».

Pourquoi avez-vous choisi la salle de Bobino?

Pour son côté cabaret. Je trouvais que Bobino après la Nouvelle Eve et le Bataclan, c'était la suite logique. Bobino reste une salle à taille humaine, et son côté cabaret me plaît énormément. Pour moi, ça ne fait pas salle de concert. Pour l'instant, je ne me vois pas du tout chanter dans une salle de concerts « classique », très noire. J'aime ce côté très cocon à Bobino. Il y a une âme à Bobino. C'est une salle qui vit. Je ne pourrais pas chanter dans une salle impersonnelle.

D'ailleurs, la Nouvelle Eve que vous aviez choisie pour votre première scène, est une salle très très particulière.

Oui. J'ai eu un coup de coeur pour la Nouvelle Eve. Cette salle a un côté kitsch qui m'a de suite plu! Je voulais que mon premier concert ait lieu là-bas.

En parlant de la Nouvelle Eve... Pourquoi avez-vous attendu aussi longtemps avant de monter sur scène? [NDLR : c'était en 2008]

Peut-être par peur. Probablement même... Vous savez, je suis quelqu'un qui n'a pas confiance en soi.  Donc, j'avais peur de ne pas y arriver. Peur de décevoir aussi. Peur de tout en fait. J'avais l'impression de ne pas être prête. J'avais plein de rêves dans la tête et je ne savais pas si j'allais pouvoir les réaliser... Des rêves, j'en ai toujours. Mais ils sont plus de l'ordre de l'ambition. Et on ne peut pas tout réaliser. C'est frustrant. Puis, quand je suis montée sur scène, je me suis rendue compte que ce que le public attendait avant toute chose, c'était un vrai échange. Et que même si on n'a pas les moyens des Madonna, Mylène ou Kylie, on peut, très simplement, avec nos petits moyens, proposer un joli spectacle et séduire tout autant, à notre échelle.

Bien entendu.

Mais ça, il m'a fallu un bon moment pour le comprendre... Alors, bien entendu, il y a encore tellement de choses que j'ai envie de faire sur scène... Mais pour le moment, elles sont encore inaccessibles.

C'est la première fois que le public sera en fosse debout devant la scène... Etait-ce un choix de votre part?

Oui. On nous a souvent reproché les tables. Parce que les gens avaient envie de danser, et ils n'osaient pas vis-à-vis des tables de derrière. Au moins là, ce sera possible, tout le monde pourra danser!

Les réservations marchent bien.

Ça va. Mais c'est toujours un peu angoissant tout de même. Parce que la crise se fait vraiment sentir et les gens ont tendance à sortir de moins en moins. Mais je ne m'arrête pas à ça. Le show existera, c'est une certitude!

Une tournée va suivre?

Pour l'instant, ce n'est pas d'actualité. Mais je ne ferme pas la porte. On attend. Vous savez, pour le premier show que j'ai fait, une tournée avait été programmée, et nous avons dû l'annuler. Donc, comme ce genre d'accident coûte horriblement cher, je ne peux pas me permettre de prendre le risque de renouveler. Aujourd'hui, il faut vraiment avoir les reins solides pour monter une tournée...

Aujourd'hui, vous vous considérez plus comme une artiste de scène ou de studio?

Ça n'a rien à voir. En studio, on est protégé. Sur scène, la seule protection qu'on a, c'est le public qui vous aime. C'est un échange différent. Le studio, c'est un investissement personnel de tous les jours, comme je co-compose toutes les chansons. Sur scène, c'est un one-shot. Il y a une urgence. C'est une montée d'adrénaline qu'on n'a pas forcément en studio, où on peut tout planifier et tout refaire. C'est plus tranquille le studio.

Vous êtes traqueuse?

Oh la la... Je pense que je ne me soignerai jamais! Je vais, comme d'habitude, m'évanouir trois fois avant de monter sur scène... C'est la routine! (rires)

Vous me dites que vous êtes traqueuse... Quand on repense à votre entrée en scène à la Nouvelle Eve, vous avez eu de l'audace!

J'ai failli mourir, en fait! (rires) J'ai eu cette merveilleuse idée d'arriver par les airs... je n'en menais pas large!

J'aimerais vous poser maintenant quelques questions sur votre parcours si vous le voulez bien...

Bien entendu!

Ysa Ferrer © Delphine Manjard

Aviez-vous des idoles quand vous étiez gamine?

Oui! Toute toute petite : je rêvais de devenir Dalida. J'aimais la femme sublime qu'elle était. Elle était tout ce que je voulais être. J'étais très paillettes quand j'étais petite! Encore maintenant, remarquez! (rires)
 Après, j'ai aimé Madonna, Cindy Lauper et Michael Jackson. C'était les années 80. Il y avait une vraie folie et une vraie richesse que nous avons un peu perdues... J'aimais beaucoup Kylie aussi. Mais je n'ai jamais été « fan » d'un artiste au sens où on l'entend. J'étais plutôt touchée par des chansons, des mélodies et des textes. Les chansons marquent les périodes de la vie. Par exemple, je me souviens de la période de « Désenchantée » de Mylène. C'était un énorme tube, personne ne pouvait passer à côté. Mais en dehors de ça, cette chanson m'a énormément touchée. J'aime les chansons qui procurent des émotions.

Vous n'étiez donc pas du genre à placarder de posters les murs de votre chambre?

Oh, j'en avais tout de même. Comme toute gamine qui se respecte! J'en avais quelques uns de Michael Jackson... j'aimais bien tous les magazines de l'époque, comme StarClub, Salut!, Ok! podium...

Aviez-vous déjà des envies artistiques? Il est venu quand ce désir de toucher les étoiles?

A 4 ans, je savais déjà exactement ce que je voulais faire. Je le disais à tout le monde : « Je serai chanteuse et comédienne ». Tout le monde me riait au nez, bien évidemment. Mais déjà à cette époque, je chantais partout. J'étais une petite fille très réservée, et pourtant, déjà, je me révélais quand j'avais un petit public. Adolescente, j'ai très vite fait de la radio. Je chantais sur les jingles, etc... j'adorais ça! Je faisais aussi des petits radio-crochets. Bref, je faisais tout ce que je pouvais faire à Chambéry. Mais l'idée, c'était de monter à Paris, je ne pensais qu'à ça. Dès que je le pouvais, je partais quelques jours à Londres ou Paris. Je profitais de n'importe quelle opportunité, même des voyages scolaires. J'adorais me faire un petit look sympathique à la Boy George! Je décolorais mes cheveux, je mettais des chaussettes fluo et des chaînes et hop, je m'y croyais! (rires)

Quel a été le déclic pour monter à Paris?

Le bac! Mes parents voulaient absolument que j'aie mon bac avant toute chose. Le discours de mes parents était que je pouvais faire tout ce que je voulais, mais avant, il fallait que j'obtienne le bac. Ils voulaient que j'aie un certain bagage avant faire ce que j'avais envie de faire. Je me suis donc empressée de passer mon bac. Et je suis partie...

C'est quoi vos premiers moments à Paris?

Des petits jobs pour payer mes cours d'art dramatique, mes cours de danse... et pour vivre tout simplement. J'ai commencé à faire des castings et j'ai commencé à rencontrer du monde dans la musique. J'ai été frapper à toutes les portes. Pour tout vous dire, j'adorais Corinne Charby quand j'étais jeune. J'étais très fan. J'ai donc tout fait pour rencontrer ses producteurs. Et j'y suis arrivée! J'ai rencontré Jean-Louis d'Onorio et j'ai chanté un titre qui s'appelle « Tune of my Heart » qui figure sur la BO de « Seconde B ». Je n'avais qu'une idée en tête et j'ai défoncé toutes les portes pour y arriver.

On vous a d'abord découverte à la télé dans « Seconde B », au cinéma dans « L.627 » de Bertrand Tavernier et au Théâtre aussi (« Le bar des Passages » mise en scène de Schula Siegfried). Pourquoi ne chantiez-vous pas à l'époque?

En fait, je chantais en parallèle. J'ai commencé à enregistrer des maquettes avant même « Seconde B ». Tout ça est très compliqué. Quand je tournais « Seconde B », je travaillais déjà sur « D'essences naturelles ». C'est pour ça qu'en sortant de « Seconde B », j'ai de suite signé chez Polydor. L'album était déjà en préparation. C'est à cette époque que j'ai rencontré Franck Langolff, entre autres...

Vous avez toujours, tout au long de votre carrière, collaboré avec de grosses pointures...

Oui. Je venais de ma province, et j'avais entendu tous ces grands noms... et je me disais « Pourquoi pas moi? ». Donc, j'ai frappé à beaucoup de portes. Mon grand regret, c'est de ne pas avoir rencontré Serge Gainsbourg...

Quand « D'essences Naturelles » sort, ça vous fait quoi de l'avoir dans vos mains?

C'est énorme! C'est un choc! Là, il y a un rêve de petite fille qui se réalise. C'est matériel, on l'a dans les mains, ce n'est plus un simple rêve. C'est magique. Mais ça ne reste pas magique longtemps... vu qu'il y a les problèmes avec les maisons de disques qui vous rattrapent, mais sur le moment, c'est vraiment magique. Je ne m'étais pas préparée à tous ces problèmes. Vous savez, j'ai fait « Seconde B » toute contente. Je trouve que ça a été une chance énorme d'être engagée dans la sitcom. L'air de rien, c'est un training énorme pour un comédien. Le rythme de tournage est très soutenu. Et je trouve que c'était une série de qualité, malgré tout ce qu'on a pu en dire. Et après, par contre, j'en ai beaucoup souffert. Les médias ont fait un amalgame avec les sitcoms qui engageaient uniquement des mannequins... des mannequins qui jouaient la comédie et qui chantaient! Donc, ça a été assez pénible. J'ai beaucoup souffert de cet amalgame. Et « D'essences Naturelles » en a lui aussi beaucoup souffert.

Ysa Ferrer © Delphine ManjardNouvelle aventure, « Kamikaze ». Comment expliquez-vous que cet album reste, aujourd'hui encore, la référence dans votre discographie pour beaucoup de vos fans?

Parce que sur « Kamikaze », on s'est mis à produire seuls. On s'était rendu compte qu'il fallait qu'on travaille avec notre couleur et notre sensibilité à nous. Nous nous sommes lâchés dans un style qui était le nôtre, et c'est là qu'est née la « Pop Kosmic ». Nous nous sommes vraiment écoutés. « Kamikaze », c'est un mini « Ultra ».

Ça n'a pas été difficile de l'imposer, « Kamikaze »?

Non, pas vraiment, parce que « Mes Rêves » avait pas trop mal marché entre les deux albums. C'est le moment où on a arrêté de me considérer comme une actrice de sitcom.

Et l'image a beaucoup changé aussi...

Oui, la pochette de « D'essences Naturelles » était raccord « Seconde B ». Là, l'image est différente. Et c'est dû à une rencontre exceptionnelle que j'ai faite dans ma vie, c'est ma rencontre avec Bertrand Le Page. Bertrand Le Page a craqué sur « Mes Rêves » et ça a été une rencontre fondamentale dans ma vie. Parce que c'était quelqu'un de tellement riche. De tellement précieux. Bertrand avait tout compris. Il pouvait apporter tellement de choses. Il avait cet amour des stars à paillettes et il savait ce qu'était une carrière. Ce n'est pas pour rien que Mylène a commencé à marcher à mort quand elle l'a rencontré. Il a été son mentor aussi à une époque, avec Laurent Boutonnat.

Il était visionnaire.

Oui, tout à fait.

Vous lui avez écrit une chanson magnifique, « Mourir pour elles »...

C'était la moindre des choses que je pouvais faire pour lui. C'était un hommage. Si j'avais pu en faire plus, je l'aurais fait. Ça a été une rencontre énorme dans ma vie. Il a réussi à me pousser dans ce côté « pop kosmic ». Il a été là au bon moment. Et il est parti beaucoup trop vite...

Pourquoi « Mourir pour elles » n'a pas eu une exposition plus importante?

Encore une fois, faute de la maison de disques... Vous savez, ma carrière a été plombée par des galères en maisons de disques. C'est quelque chose qui m'a poursuivi longtemps! On devait sortir le single, mais le patron de EMI qui s'en occupait a été licencié. Plus rien ne va chez EMI, je n'ai plus d'équipe promo derrière moi, etc, etc... Le problème est tout sauf artistique. Et quand vous êtes artiste, au milieu de cette tempête
commerciale, avec un single... C'est très difficile! C'est aussi ce qui s'est passé pour « Made In Japan ».

Qui a pourtant mieux fonctionné lui...

Pas en France. Pas comme il aurait dû en fait. Il est sorti un peu n'importe comment.

Entre « Kamikaze » et « Imaginaire Pur », c'est vrai qu'il ne se passe pas grand chose.

Effectivement. D'ailleurs, c'est pour cela que pour « Imaginaire Pur », nous avons monté notre propre label. Aujourd'hui, nous gérons tout. Nous ne sommes pas tributaires de gens qui ne veulent pas s'occuper de notre projet. Le problème à l'heure actuelle c'est que le côté marketing et commercial a pris le pas sur l'artistique dans les maisons de disques. Un artiste qui sort un disque, il le fait avec tout son coeur, et son énergie, et après, il est tributaire de personnes qui n'en ont rien à foutre.

Dans « Imaginaire Pur », vous avez laissé Daniel Castano écrire toutes les paroles. Pourquoi n'avez-vous pas écrit de texte?

Pareil. C'est un manque de confiance en moi. J'écris des choses, mais je ne les montre pas. (rires)

On a longuement parlé de vous avec Quentin Mosimann qui vous apprécie beaucoup... Que pensez-vous du remix de « Last Zoom » qu'il a produit?

Je l'aimais beaucoup ce remix. Après il y a eu des problèmes qui ont fait qu'il n'a pas pu être édité. Mais, il a énormément de talent ce jeune garçon. Il a réussi à se faire sa place. Il est très intelligent. J'espère qu'on retravaillera ensemble! Tout n'est pas fini...

Un bruit a couru il y a quelques temps comme quoi vous vous présenteriez à l'Eurovision... Etait-ce juste une rumeur? Ou bien y avait-il un fond de vérité?

(éclats de rires) On m'a souvent dit que je devrais le faire! Et ça a été « non » pendant longtemps. J'ai toujours adoré le côté kitsch des « one point, two points ». Mais je ne voulais pas y participer. Et puis là, depuis l'année dernière, je me dis « pourquoi pas? ». Ce n'est pas oui, c'est juste un gros point d'interrogation. En tout cas, ce n'est plus un non catégorique.

Parce qu'avec votre popularité en Russie et dans les Pays de l'Est... ce serait peut-être bien pour la France, vous ne trouvez pas? Vous imaginez, vous pourriez détrôner Marie Myriam!

(éclats de rires) Vous trouvez que ce serait le moment? (rires) Mais en tout cas, ce n'est pas du tout d'actualité, mais ce n'est pas fermé! Ça reste open.

Ysa Ferrer © Delphine Manjard

On a vu Nova Louna dans « L'Internat » l'année dernière. L'encouragez-vous à poursuivre une carrière artistique?

Je la mets en garde, mais je ne peux que l'encourager. Sinon, je ne serais pas honnête avec moi-même. Pour moi, c'était un rêve de petite fille que je n'ai pu réaliser qu'à ma majorité, comme je vous l'ai expliqué tout à l'heure. Pour mes parents, le monde du spectacle était un monde très très à part. J'ai donc dû me battre seule pour y arriver. Si je peux aider Nova, ou en tout cas lui donner des clés, ou lui ouvrir quelques portes, je le ferai sans hésitation. Après, c'est son travail et son talent qui feront la différence. Si je peux l'orienter, je ne vais pas m'en priver, après, c'est à elle de se défendre.  Par contre, je ne l'ai jamais poussée. Elle passe les castings comme n'importe quelle petite fille. De toutes façons, la plupart des productions de films ne connaissent même pas Ysa Ferrer. Je lui explique que c'est une bataille de tous les jours. Ce que je veux, c'est qu'elle soit fière d'elle. Il faut que ça reste un jeu, parce que c'est encore une gamine. Vous savez, elle veut encore faire dresseuse d'orque, chanteuse, comédienne, vétérinaire. Elle reste une enfant avant tout.

Vous la protégez?

Je fais très attention à la protéger. C'est pour ça que sur « L'Internat » j'ai demandé à être coatch pour les enfants. J'ai un rapport aisé avec les enfants. J'aime beaucoup travailler avec eux. J'aime leur côté naturel. Je ne veux absolument pas en faire des petits singes savants. Je veux qu'on trouve le naturel en eux. Tout en leur expliquant que c'est un véritable travail. Il faut qu'ils comprennent qu'on n'est pas naturel comme ça en claquant des doigts. Être comédien, c'est un travail. Et c'est ce que j'explique à Nova et aux autres petits enfants.

N'est-ce pas trop difficile à concilier d'être une star à la scène et une maman à la ville?

Non. Parce que ce sont deux moments très différents. Je suis quelqu'un de très simple. Et je m'adapte à toutes les situations. Bien sûr, je suis une saltimbanque, mais je suis aussi une maman. Vous savez, c'est pour ça que j'aime travailler l'image. Parce que je ne supporterais pas de me voir à la scène comme à la ville. Ce sont deux mondes différents. Il y a le monde du spectacle et la sphère familiale. Je ne mélange pas tout.

Ils viennent vous voir sur scène, vos deux enfants?

Bien sûr! Nova attend avec impatience Bobino. Elle a vraiment hâte.

Et le petit?

Il a fait tous les concerts aussi! On est une famille de saltimbanques! (rires) Il est venu à la Nouvelle Eve alors qu'il n'avait que deux ans. Et il a été dire à la crèche que sa maman descendait d'une étoile. Et je vais même vous dire... déjà à son âge, il chante « On fait l'amour » ! (rires) C'est trop mignon! Ce sont de belles images pour eux, je pense. Et comme ça, ils se rendent compte de ce qu'est le métier de leurs parents.

Nova a regardé les épisodes de « Seconde B »?

Nova les a regardés il n'y a pas longtemps. Je voulais qu'elle soit un peu plus âgée et qu'elle puisse comprendre. Elle comprend aussi que je suis passée par là. D'ailleurs, sa marraine, c'est Hélène Rames, aux côtés de qui je jouais dans la série. Elle est professeur d'art dramatique aujourd'hui et c'est elle qui coatchait Nova sur « l'Internat » quand je ne pouvais pas être présente. Je veux que tout ce qui lui arrive soit du bonheur. Je ne veux pas qu'on lui fasse du mal. Je connais trop ce métier pour savoir que je dois être vigilante! Je la protège comme toute maman le ferait avec sa fille. Ici, la différence, c'est que je connais juste très bien ce métier!

Je ne vais rien vous apprendre... Certains ont tendance à vous comparer à Mylène Farmer. Que pensez-vous de cette comparaison, que je trouve personnellement injustifiée?

Comme vous, je trouve que je n'ai rien à voir avec Mylène. Ce doit être l'effet Bertrand Le Page, cheveux rouges... l'effet « petite voix » certainement. Parce que ni Mylène ni moi ne chantons comme Beyoncé! (rires) Après, on n'a pas du tout le même univers. C'est une artiste que je respecte profondément. Elle est la seule en France à proposer de vrais shows. Elle va au bout des choses. Après, je n'ai vraiment pas l'impression de lui ressembler. Les gens ont besoin de comparer les artistes, c'est parfois agaçant. En plus, cette comparaison, elle devient un peu obsolète. Prenez le dernier album de Mylène et le mien... Je ne vois pas aucun rapport entre les deux!

En Russie, vous êtes une véritable star, n'ayons pas peur des mots. Je vais être très honnête avec vous, je trouve que vous n'avez pas le succès que vous méritez d'avoir en France. Comment l'expliquez-vous et comment le vivez-vous?

Je le vis comme je peux. Ça me fait un bien fou d'aller en Russie, parce qu'ils me réservent toujours un accueil fabuleux. Et, oui, ça fait du mal de ne pas être reconnue dans son propre pays. C'est pour ça que je me bats et je n'ai pas dit mon dernier mot. Parce que je sais que j'ai quelque chose à faire en France.

Ce n'est pas facile à gérer...

Non, pas du tout. Le monde artistique est de plus en plus difficile. J'ai l'impression qu'on ne juge plus les artistes sur leurs chansons, mais plutôt sur tout ce qui les entoure et tout ce qu'il y a derrière. Nous vivons dans un monde ou le marketing prend le pas sur l'artistique, et c'est regrettable. J'ai l'impression que les gens ne marchent plus au coup de coeur, mais au coup de pub. Les artistes sont aujourd'hui plus souvent considérés comme des boîtes de petits pois que comme des artistes. C'est un peu triste. J'ai envie de croire encore qu'on peut réussir autrement.

Ysa Ferrer © DR

On va terminer cette interview par quelques questions plus légères, parfois plus kitsch, et un petit jeu, si vous le voulez bien...

Quel est le dernier CD que vous avez acheté? 

C'est celui d'Alizée, pour ma fille.

Aujourd'hui, vous sentez-vous plutôt Kosmic ou Ultra?

Très très ultra!

Pour vous paraphraser, « Y a-t-il quelque chose en vous qui ne tourne pas rond »?

Ah oui! Je pense que je n'ai jamais tourné rond! (rires)

Vous étiez « aux Fraises en 96 », à quoi êtes-vous en 2010?

Ouh là, elle est puissante votre question! (éclats de rires) Je ne suis plus aux fraises, c'est certain. Mais je ne sais pas encore très bien où je suis aujourd'hui... Je pense qu'après Bobino, ce sera plus clair dans ma tête! Pour l'instant, disons que je suis dans les nuages!

Prenez-vous toujours vos rêves pour des réalités? 

Toujours, c'est mon leitmotiv, c'est le moteur de ma vie...

Enfin, je vais vous donner quelques mots, vous allez me dire ce qu'ils vous évoquent instinctivement...

Kamikaze : Prise de risque

King Size : (rires) Fun kitsch

Rêves : Vital

Tip-Ex : Personnalité

Oran : Nostalgie

Chambéry : Enfance

Idéal : Au delà...

Flash : In the night! (rires)

Zoom : photographe

Kosmic : Team

Bobino : Magique

Ultra : Ferrer! (éclats de rires)

Propos recueillis par IdolesMag le 7 septembre 2010.

Ysa Ferrer défendra « Ultra Ferrer » sur la scène de Bobino le 16 octobre prochain, pour le « Paradoxal Show ». On s'en réjouit!... En attendant, vous aussi, soyez « Ultra »!... ;)

-> Plus d'infos sur Ysa Ferrer : http://www.ysaferrer.com









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