Interview de Quentin Mosimann
Propos recueillis par IdolesMag.com le 29/04/2010. © Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag et/ou Dehmar SARL.
Vous êtes nombreux/ses a nous le réclamer depuis longtemps... Vous voici exhaucé(e)s : Nous avons rencontré pour vous Quentin Mosimann! Quentin sera les 25 et 26 septembre prochains sur la scène mythique de l'Olympia dans la cadre de l'"Exhibition Tour" qui partira ensuite en tournée. L'occasion pour lui de nous parler de ce spectacle qui s'annonce déroutant. Quentin a réussi en quelques années à peine et deux albums (et demi!) à se forger un nom et un prénom et à fidéliser un nombre impressionnant de fans. Sa carrière oscille entre électro et variété et c'est certainement entre ces deux extrêmes que Quentin a trouvé son équilibre. Nous ne vous cacherons pas que nous avons eu beaucoup de plaisir à papoter avec Quentin... Rencontre avec un jeune chanteur, mateur à ses heures, et surtout très attachant.
IdolesMag : Tu as débuté en début d'année ton « Exhibition Tour ». Peux-tu nous parler de cette tournée qui te mène partout en France, en Belgique, en Suisse et qui te conduira à l'Olympia en septembre?
Quentin Mosimann : Il y a plusieurs choses qui sont très importantes pour moi sur scène. En tout cas, quelques valeurs qui doivent trôner en tant que fil conducteur : c'est l'interactivité et le partage. Après, la façon dont c'est exécuté, je garde la surprise! Ce sont des secrets qui ne doivent pas être dévoilés avant que les gens ne voient le spectacle. On peut donc dire que c'est un spectacle très interactif, porté sur la partage et... sur une folie constante du début jusqu'à la fin!J'ai tendance à lire toutes les critiques du spectacle dans les médias et le mot qui revient le plus souvent, c'est « possédé »! Ce n'est pas moi qui le dis, ce sont les médias. Mais je suis assez d'accord avec ça, j'ai tendance à vivre le truc à fond très simplement et à ne pas trop me poser de questions quand je suis sur scène. C'est vrai que ça rend le spectacle un peu atypique...
Combien êtes-vous sur scène? Peux-tu me parler de l'équipe qui t'entoure?
Il y a un pianiste, un batteur, un bassiste, un guitariste et moi. Nous sommes donc cinq sur scène. Mais en fait, je suis aussi un peu sur tous les instruments. Je passe par la batterie, par mes platines de DJ, par mes synthétiseurs et je suis aussi un peu au piano.
Je suppose que tu feras la part belle aux chansons de « Exhibition », mais va-tu reprendre des chansons de « Duel »?
Tu sais, il y a des artistes qui ont toujours envie de nouveau ou qui en ont assez de chanter toujours les mêmes chansons. Je ne dis pas qu'ils renient leur premier album, mais bon, disons qu'ils n'ont pas toujours envie de reprendre leurs premières chansons... Je ne suis pas comme ça! Je n'ai jamais trop bien compris leur démarche... Les gens ont aussi envie d'entendre les tubes et les chansons qu'ils ont aimées au début de la carrière d'un artiste, du moins, je le pense... Et c'est en tout cas ce que je ressens quand je suis spectateur. ça m'a fait comprendre que les gens qui viennent me voir ont envie d'entendre « Il y a je t'aime et je t'aime », « Cherchez le garçon » ou encore les reprises que j'ai faites sur le premier album. Mais bien entendu, on retrouvera beaucoup de chansons de « Exhibition » comme « Toc Toc » ou « Gimme a break »!
Tu as donc terminé le « Duel Tour » fin 2009 et début 2010, tu as tout de suite attaqué l'« Exhibition Tour ». Comment s'est passée la transition entre les deux spectacles?
Assez bien! Mais c'est beaucoup beaucoup de travail. Tu sais, je suis quelqu'un qui a tendance à s'ennuyer vite. Dès que je prends trois jours de repos (ce qui est très rare entre nous soit dit), tout de suite, j'ai besoin d'ouvrir mon ordinateur et je commence à composer. C'est vrai que c'était important pour moi de remonter très vite sur scène.
Heureusement, il y a aussi mon autre facette, très électro. J'ai donc toujours aussi les sets que je fais dans les clubs pour « assouvir mon besoin pathologique de scène ».
Donc, c'est vrai que j'ai voulu enchaîner vite les deux tours et quelque part, c'est dû non seulement à mon besoin personnel de scène, comme je te le disais tout à l'heure, mais aussi dû au fait de cette peur que j'ai d'être oublié...
Donc la transition s'est faite tout naturellement pour toi?
Oui, bien sûr! ça a été cependant un peu plus difficile pour les musiciens... Avec qui je suis très très exigeant... Trop, même parfois... je l'avoue! Mais grâce à leur professionnalisme, ils ont pu mettre en place en peu de temps un spectacle où l'on s’amuse beaucoup!
Et ce sont donc les mêmes musiciens qu'on retrouvera sur scène?
Oui à quelques choses pret, à l'exception du bassiste et avec un guitariste en plus.
Après la Casino de Paris, tu t'attaques à l'Olympia. Est-ce que l'Olympia est une salle mythique pour toi?
Mon Dieu! Mon Dieu, Mon Dieu!... C'est l'aboutissement de quelque chose l'Olympia! Je me demande même si je le mérite après seulement trois ans bientôt de jeune carrière. C'est assez exceptionnel, et j'en suis très conscient. Et puis, en même temps, soyons honnêtes, c'est super excitant! Tu ne t'imagines pas comme je suis heureux d'aller chanter à l'Olympia! C'est dingue! C'est vraiment génial! Et en même temps, quand on me dit que c'est presque complet, je suis aux anges! Donc, allons-y, fonçons!

A ce rythme, on va bientôt te retrouver à Bercy!
(rires) Je croise les doigts! Mon Dieu, si seulement, si seulement...
Est-ce qu'un DVD et un CD live sont prévus?
Oui, l'Olympia fera l'objet d'une captation.
En parlant de scène, quel souvenir gardes-tu de ton passage au Palais des Congrès avec Monsieur Paul Anka?
Je n'ai pas eu l'impression que j'étais à côté de Paul Anka en fait. Ce Monsieur a tellement tendance à te mettre à l'aise et à être sincère que tu n'as pas l'impression d'être aux côtés d'une telle Star. C'est un mec qui te met à l'aise, qui sait te rassurer. Et se retrouver sur scène devant un Palais des Congrès plein à craquer, à chanter « You are my Destiny » en duo avec Monsieur Paul Anka, c'est un souvenir qui restera gravé à vie dans ma mémoire.
En parallèle de l' « Exhibition Tour », tu fais des sets dans des boîtes en tant que DJ. Avant de devenir le chanteur qu'on connaît, tu étais DJ. Aujourd'hui, te sens-tu plutôt chanteur ou DJ?
L'un est complémentaire de l'autre, en fait.
Je crois que je serais purement incapable de vivre sans l'un ou sans l'autre. Ce sont deux adrénalines complètement différentes. Se retrouver dans un Métropolis plein à craquer avec mes compères ou se retrouver sur une scène plus en retenue, comme par exemple avec Paul Anka, où c'est la musique qui prime, ce sont deux ambiances différentes et je crois que quelque part, je dois être un peu schizo! (rires) Mais pour moi, c'est tellement complémentaire... J'ai besoin des deux.
Regarde, la semaine dernière, j'ai chanté avec Chimène Badi sur le plateau du Télévie en Belgique [NDLR : Quentin et Chimène ont chanté « Un autre Monde », le 24 avril 2010], c'était un bonheur total. C'était autant un bonheur que de me retrouver sur le festival « SunDance » en Suisse.
Ce sont deux optiques tout de même très différentes de la musique.
Oui totalement! La variété est beaucoup plus populaire que l'électro, qui est beaucoup plus pointue, carrément underground, à la limite du respectable... Quand je lis les journalistes qui disent que je suis possédé, et quand je regarde les vidéos de mes sets... je les comprends!! Et je trouve qu'ils sont même très sympas de dire que je suis « seulement » possédé! (rires) Quand je vois les vidéos, je ne me reconnais pas! En plus, je suis assez sain, tout ceci, c'est sans alcool, sans drogue, sans rien du tout. J'enlève ma veste, j'appuie sur le bouton « play » et je suis ailleurs!
Parfois tu cumules les plateaux live l'après-midi, des concerts en soirée et des sets la nuit... ça t'arrive de respirer de temps en temps?
Oui! Bien sûr!! Regarde, là, je suis super tranquille en train de préparer un podcast.
Aujourd'hui, j'ai même fait quinze minutes de sieste... parce que je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit!... (rires)
Tu sais, j'ai 22 ans, j'ai envie de foncer, je n'ai pas envie de me poser 36 mille questions. Je ne veux pas avoir de regrets quand j'aurai 20 piges de plus!
Lors de ces sets, j'ai vu que tu aimais te jeter dans le public... As-tu besoin de ce contact charnel avec tes fans? On pourrait dire que tu as un rapport quasi fusionnel avec tes fans...
Je suis très proche de mon public. Ce n'est pas une image. J'ai besoin d'aller voir les gens, de discuter avec eux, de leur demander leur avis.
On va parler un peu de toi, maintenant, si tu le veux bien.
Tu as déclaré dans la presse que tu avais eu une enfance pas toujours facile notamment à cause du divorce de tes parents. Est-ce à cause de ça que tu en est venu à la musique?
C'est certain, ça a été un élément déclencheur. La musique a été un refuge pour moi. Je préférais aller jouer du piano en haut dans ma chambre plutôt que d'entendre ce qui se passait en bas. J'avais la chance d'avoir un petit synthé et j'ai commencé à jouer de la musique comme ça quand j'avais 6/7 ans.
Tu étais autodidacte?
Oui, complètement.
Quand as-tu composé ta première chanson? Laquelle était-ce?
J'avais 7 ans! J'avais piqué les paroles d'un livret qui traînait et j'ai composé la musique... ça s'appelait « J'ai tout vu ».
Tu vas la mettre un jour sur un album?
(rires) Non! En fait, c'était très mauvais (rires)
Dans quelles circonstances as-tu rencontré François Bernheim?
Je l'ai rencontré lors d'un concours de chant auquel j'ai participé quand j'avais 13 ans. C'était le « Concours Européen de la Chanson ». C'était un truc très sérieux, très institutionnel. Et j'y ai chanté « Ce que je sais » de Johnny Hallyday. François a reçu la cassette par le biais d'un manager Canadien qui était présent. Il a senti un truc. Et pendant des années, on a fait des maquettes et des chansons ensemble. Et puis, il est devenu un « père musical » pour moi. En fait, j'ai deux « pères musicaux », je les appelle mes « Papas Zic », ce sont Christophe Piot et François Bernheim. Tous les deux sont venus me chercher et c'est grâce à eux deux que toute cette belle aventure existe... François Bernheim a travaillé avec Véronique Sanson, Patricia Kaas, etc... Christophe Piot est, lui, éditeur chez Warner à l'origine, puis s'est mis en indépendant et gère les éditions d’artistes comme David Guetta, Bob Sinclar ou Martin Solveig. Donc, tu vois, même avec mes « Papas Zic », on retrouve ces deux facettes de ma personnalité : la variété et le côté électro.
Quel est le premier disque que tu as acheté?
Ou la la... Il faut que je réfléchisse! Le premier disque que je me suis acheté avec mon argent, ça devait être une compil de Jazz et par la suite, j'ai acheté une belle compil de trance-électro sur laquelle il y avait tous les DJ qui sont devenus des potes aujourd'hui... Je pense à Joachim Garaud entre autres. A l'époque, je faisais la plonge dans des restos pour pouvoir me payer quelques Cds à la fin du mois.
Avais-tu des idoles quand tu étais jeune?
Je n'ai jamais été fan à vrai dire. Je ne sais pas ce que c'est qu'être fan. Je sais par contre ce que c'est qu'admirer profondément un artiste. J'admirais Paul Anka, évidemment, Aretha Franklin, Ray Charles et aussi tous les artistes électro comme DJ Antoine, Laurent Garnier, Antoine Clamaran ou encore Joachim Garaud.

Ton premier album «Duel» est composé quasi exclusivement de reprises de tubes emblématiques des années 80. Comment les as-tu choisis, toi qui est né fin des années 80?
C'est très simple! J'ai commencé à être DJ à l'âge de 15 ans dans mon village et je me suis rendu très vite compte que ce que les gens aimaient, c'était la musique des années 80. Je m'y suis donc intéressé de plus près et j'ai rapidement voué une passion à toute cette musique des années 80. C'est vrai qu'il y a eu une sorte d'amour pour ce style de musique et pour cette époque que j'ai vécue en différé, si on peut dire ça comme ça. Donc, quand il a fallu faire un album un peu atypique, j'ai tout de suite proposé des reprises des années 80 parce que j'en connaissais déjà un rayon... Je savais déjà ce qui pourrait plaire au public.
C'était donc un choix personnel. Rien ne t'a été imposé?
Après, bien entendu, il y a eu des idées de la maison de disques aussi. C'est évident. Mais ce sont des chansons que j'aimais déjà beaucoup auparavant.
Il y avait déjà une reprise de Téléphone sur mon Myspace « ça, c'est vraiment toi » en Jazz qui plaisait beaucoup. Donc, l'idée du concept de « Duel » traînait déjà dans ma tête depuis quelques temps...
Sur « Duel », justement, il y a la chanson «Il y a je t'aime et je t'aime». Peux-tu nous dire quand et comment elle est née ?
ça... je le sais par coeur! ça s'est passé un après-midi, j'étais à la terrasse d'un café avec Cristal qui est donc l'auteur de la chanson. Je reçois un texto : « C'est la journée du je t'aime, fais suivre ce texto à 10 personnes, blablabla... ». Et donc, je dis à Cristal « Je t'aime ». Elle me répond « C'est gentil ». Et je lui dis après « Attention, hein! Il y a je t'aime et je t'aime ». Et sur le bout de nappe, elle a commencé à écrire « Certains disent tout leur amour, Leur envie que ça dure toujours, etc... » Je lui ai dit qu'il fallait écrire une chanson sur les « Je t'aime », sur la façon de le dire... J'étais à fond dans mon truc! J'ai composé la musique en quelques heures. Et ce qui est très drôle, c'est que j'ai une vidéo sur laquelle on me voit composer cette chanson.
Quand l'album «Exhibition» est-il né dans ta tête?
Il est né dans ma tête bien avant « Duel », en fait! La chanson « Toc Toc », à l'origine, s'appelait « L'Homme Idéal ». J'avais écrit une chanson très satyrique et très ironique sur la façon dont les hommes évoluent dans ce milieu de séduction à l'âge de 20 ans. Et en fait, j'ai fait ma première évaluation au Château sur « L'Homme Idéal ». Et si tu prends le texte de « Toc Toc » et que tu essaye de la chanter sur « L'Homme Idéal », tu verras que ça correspond parfaitement parce que je me suis servi de cette chanson, donc on peut dire que « Toc Toc » est née il y a bien longtemps. On l'a juste réécrite et remise au goût du jour avec François. Et c'est devenu un hymne à la séduction ratée des jeunes de 20 ans aujourd'hui.
J'ai l'impression que «Exhibition» est beaucoup plus personnel que «Duel». Il y a d'ailleurs beaucoup de tes compos dedans. T'es-tu senti plus libre dans le processus créatif de «Exhibition»?
Oui, vraiment. Mais, à l'époque de « Duel », je n'ai pas ressenti le besoin vital de proposer mes compos tout de suite... parce que j'ai la chance de produire beaucoup d'électro et de remixes à côté. Jusqu'au jour où je me suis rendu compte que le grand public ne me connaissait qu'à travers des reprises. On a donc sorti une réédition de « Duel » qui s'appelle « Il y a je t'aime et je t'aime » et qui contient quelques chansons personnelles. Puis, pour « Exhibition », on a voulu faire un truc un peu nouveau et on est parti dans ce que j'adore : l'électro pop. Aujourd'hui l'électro pop, ça marche, tant mieux! Mais on ne sait pas de quoi demain sera fait... Donc, je me suis dit « fonçons! ».
Ton premier album «Duel» était double (un CD électro et un CD swing), «Exhibition», lui, est résolument dance et électro. Pourquoi avoir laissé un peu de côté ton côté crooner? Est-ce que ça colle moins à tes envies artistiques actuelles? Ou bien est-ce parce que c'est dans l'air du temps et que tu vas y revenir plus tard?
C'est exactement ça, c'est parce que c'est dans l'air du temps.
Comment est née ta collaboration avec Pierre Palmade sur «Tu te reconnaîtras»?
Mon Pierrot! C'est une très belle rencontre... Je l'ai rencontré il y a deux ans maintenant. C'est François Bernheim qui me l'a présenté. Et puis, ça a été le coup de foudre artistique et une projection personnelle parce que Pierre se voit en moi à mon âge et que moi je me vois aussi quelque part en lui, pas en terme de carrière, mais en terme de personnalité. Pierre c'est un jeune homme de 40 ans, et je pense que je me vois en lui quand j'aurai son âge... On a tellement de points communs dans la vie, dans notre façon d'être, dans notre façon d'aborder les gens... C'est dingue! Et il m'aide beaucoup, parce qu'il m'empêche de faire les erreurs que lui a faites à mon âge. Il me dit toujours « Attention à ci, Attention à ça... »
Il est un peu paternel avec toi?
Oui, un peu...
Comment est arrivée Alexandra Kazan sur «Made in Paris»?
(rires) C'est drôle, hein?!... (rires)
Alexandra, c'est une jeune femme délicieuse que je connais maintenant depuis un petit moment. C'est encore François qui nous a présentés. Alexandra est Franco-Américaine, elle a donc un accent Américain parfait. Et un soir, alors qu'on faisait les fous à table, elle a commencé à faire la folle en prenant son accent... on a beaucoup rit! Et le jour où on a fait la maquette de « Made in Paris », c'est tout naturellement que j'ai demandé à Alexandra de venir faire un duo et poser sa voix sur le titre. Et donc, elle a joué son rôle d'attachée de presse de la mode à la perfection! Tu sais il y a toujours cette fameuse attachée de presse débordante d'idées, débordante de « j'ai tout vu, j'ai tout fait »... [NDLR : Et là Quentin imite cette fameuse attaché de presse débordante de tout... Fou rire général!]. Je lui ai donc demandé de prendre la voix de cette attachée de presse, et elle a gentiment accepté!
Tu chantes «Gainsbourg Zéro-dix». Que représente pour toi Serge Gainsbourg?
Le culot. Et c'est aussi l'un des artistes Français les plus précurseurs. Quand on écoute les premiers albums qu'il a faits, on a l'impression d'entendre des rythmes d'aujourd'hui. En plus, Gainsbourg, il ose. J'ai d'ailleurs fait une chanson qui s'appelle « Ose ». Et je mets un point d'honneur à ça : oser, toujours oser. Oser faire des choses quitte à me planter ou à me faire mal. J'ai adoré oser faire un double album de reprises électro et swing alors que tout le monde m'attendait sur un terrain beaucoup plus populaire, celui de la variété. J'ai adoré aussi oser assumer une double casquette, et oser faire des choses différentes, là où on ne m'attend pas forcément. J'adore faire toujours quelque chose de différent. Et je pense que c'est grâce à Gainsbourg que je me dis « Je m'en fous, j'ai 22 ans, j'ai envie de tracer ma route et oser faire des choses ». Bien évidemment, je ne fais pas toujours les bons choix, mais au moins, j'ose...

Il vaut certainement mieux se tromper dans ses choix que de ne pas en faire...
Exactement. C'est ce que je pense aussi...
Et c'est comme ça que les gens se souviendront de toi.
Je l'espère
De qui vient l'idée excellente d'avoir sorti un picture disc pour «Exhibition»?
(rires) C'est notre équipe!
Tu sais, j'ai commencé à mixer avec des vinyles. On ne mixait pas encore beaucoup avec les CDs à l'époque. J'emmenais toujours ma montagne de vinyles avec moi. Et je me souviens d'un vinyle, « Paris Haute Couture » qui était un super remix et dont le vinyle représentait des fesses... J'avais trouvé ça fantastique! Et je me suis toujours dit qu'un jour j'aimerais avoir mon propre picture disc avec des couleurs comme je les aime. C'est chose faite aujourd'hui! (rires)
Et je suis heureux parce que les fans ont adoré ce picture. Il s'est très bien vendu. Et puis, tu sais, il y a encore plein de gens qui ont des platines vinyles chez eux!
Bien sûr! On en fait partie.
Je m'en doutais! (rires) Et j'aime aussi l'idée de faire référence à un truc qu'on a un peu perdu de vue...
Et le vinyle revient en force, tout de même.
Oui, effectivement. Mais soyons honnêtes, en tant que DJ, c'est plus pratique de se promener avec ses Cds qu'avec ses vinyles! (rires)
Tu as écrit la grande majorité des musiques sur «Exhibition». As-tu envie d'écrire tes propres textes sur un prochain album?
Evidemment!
ça fait partie d'une évolution, d'une progression, d'un travail... Et ça nécessite un peu plus de vécu qu'un p'tit mec de 22 piges comme moi. Je vais prendre mon sac, partir à l'aventure et puis je pourrai écrire des textes sensés. Parce que là, à part écrire sur l'infidélité ou sur les excès d'un môme de 20 piges, je n'ai pas énormément de choses intéressantes à écrire. Je n'ai pas encore vécu de grande histoire d'amour. Le seul thème sur lequel je pourrais écrire, c'est mon enfance, mais ce n'est pas un thème que j'ai envie d'aborder aujourd'hui... Donc, attendons de vieillir un petit peu!
Te projettes-tu parfois dans l'avenir? Si oui, comment vois-tu l'artiste Quentin Mosimann dans 10 ans? Dans quelle direction artistique penses-tu que tu vas évoluer?
Je suis très « Carpe Diem » et très cartésien. J'ai beaucoup de mal à me projeter dans l'avenir. Je vis au jour le jour, et je trace ma route. Je ne sais pas de quoi demain sera fait et je n'y pense pas. Mais le côté DJ sera toujours présent en moi, je pense. En fait, je préfère ne pas me poser la question de savoir où j'en serai dans 10 ans pour ne pas m'autoinfluencer...
Et puis, ce sera surtout au public de décider si j'aurai encore ma place de chanteur dans 10 ans! Je l'espère en tout cas...
On va terminer cette interview par trois petites questions et un petit jeu, si tu veux bien...
Es-tu quelqu'un de compliqué?
ça dépend dans quoi...
En amour, je suis ultra compliqué... [NDLR : Quentin réfléchit...]
Euh... oui, tu as raison, au final, quand on fait le compte... je suis très très compliqué! (rires)
Il y a beaucoup de jeux de mots parfois tendancieux dans tes chansons... Peut-on dire que Quentin est un serial-loveur killer?
Grave !!! (rires)
Tu peux dire aussi que je suis un jeune homme qui a son âge, quoi! Je suis un mec de 22 ans qui vit sa vie simplement et en s'amusant. J'aurai tout le temps pour me caser.
As-tu encore le temps de faire régulièrement tes «Exercices de mate»?
Absolument! Je fais mes « Exercices de Mate » tous les jours! Parce que là où nous sommes, il y a une petite rue et beaucoup de gens passent... Donc, oui, je mate à mort! (rires)
Enfin, je vais te donner quelques mots ou expressions, tu vas me dire ce qu'ils t'évoquent instinctivement...
Genève : Mes origines
John Louly : Complètement taré
tchatcheur : moi
C'est la ouate : Je t'embrasse, Caroline!
Hyères : mon adolescence
Luciole : Comment tu connais les lucioles, toi?!... (rires) Sinon... 1ère chance!
Mister love : Où es-tu? Where are you?
Cherchez le garçon : Non... là, vous l'avez trouvé!
Exhibition : Oh Yeah!
Propos recueillis par IdolesMag le 29 avril 2010.
-> Plus d'infos sur Quentin Mosimann : http://www.quentinmosimann.com
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