Interview de Grégory Benchenafi

Propos recueillis par IdolesMag.com le 16/07/2010. © Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag et/ou Dehmar SARL.



Grégory Benchenafi © Charlotte Spillemaker

Grégory Benchenafi... Son nom ne vous dit peut être pas encore grand chose, et pourtant bientôt il sera sur toutes les lèvres!... Grégory endossera le rôle de Mike Brant sur la scène du Théâtre Comédia le 16 septembre prochain, dans la comédie musicale évènement de la rentrée : "Mike, Laisse-nous t'aimer". Nous évoquerons bien entendu avec Grégory ce spectacle qui risque d'en étonner plus d'un et la carrière de Mike Brant, mais aussi sa propre carrière. Ce jeune marseillais de 27 ans, qui est ingénieur, a déjà un beau parcours de chanteur. Nous avons eu un réel coup de coeur pour Grégory après l'avoir entendu chanter. Rencontre, parmi les cigales, avec un jeune chanteur qui n'a pas fini de faire parler de lui...

IdolesMag : J'aimerais avant toute chose te demander ce que t'évoque Mike Brant?

Grégory Benchenafi : Avant toute chose, c'est l'époque "Strass et Paillettes" et l'époque des grandes tournées de ces chanteurs qui avaient l'opportunité de faire énormément de concerts. Et Mike Brant est avant tout un chanteur exceptionnel. Même gamin, quand j'entendais sa voix, je me disais "Waouw!".

Quel regard portes-tu justement sur cette période très "paillettes" des années 70?

Ce que je vais te dire doit certainement être erroné, mais j'ai cette impression que c'était peut-être plus facile à cette époque. J'ai l'impression que la vie à cette époque était plus simple qu'à la nôtre. Que ce soit pour les artistes ou pour les gens, tout simplement. Les gens avaient, je pense, beaucoup plus besoin de s'identifier aux vedettes. Je te parle de cette période sans la connaître et encore moins l'avoir vécue, mais j'ai l'impression que c'est une période où les gens s'éclataient plus que maintenant. Il y avait beaucoup moins d'interdits et la vie était beaucoup plus simple. Ce qui, somme toute, doit être vrai parce que quand j'en parle avec mes parents, ils me confirment que la vie était plus facile à cette époque.

Connaissais-tu le répertoire de Mike avant de participer à cette aventure?

Pas plus que ça. Si tu me parles de connaître son répertoire en entier, je vais être honnête, je ne le connaissais pas. Bien entendu, je connaissais les grands classiques comme "Laisse moi t'aimer" ou "Qui saura", mais ce n'est pas connaître un répertoire! Ce sont des chansons qui sont tellement jouées dans les mariages ou les anniversaires, que forcément, tu les connais!

Tu joues le rôle de Mike. N'est-ce un costume un peu lourd à porter? Parce que tu es un chanteur d'aujourd'hui, et autour de Mike Brant, il y a toute une histoire, et tout un décorum aussi...

Si tu veux parler de la peur de l'étiquette qu'on pourrait me coller, oui, je pourrais l'avoir. J'ai envie que les gens se rendent compte qu'il y a une performance de comédien et de chanteur, et que je ne suis pas le clone de Mike Brant. Après, ce qui va surprendre les gens, c'est que cette comédie musicale est plutôt une pièce de théâtre musical. Ce qui est chargé pour moi, et ce qui relève de la performance, c'est que dans ce spectacle, il y a beaucoup plus de scènes que de chansons. C'est une tragédie du début jusqu'à la fin. On retrace en fait sa vie depuis ses 18 ans. Donc, on évoque 10 ans de vie, avec des chansons, certes, mais aussi avec des situations, qui sont plus ou moins vraies, puisque nous avons fait une adaptation.

Donc, on évoque dans le spectacle la vie publique de Mike Brant bien entendu, mais aussi sa vie  privée?

Oui, c'est tout à fait ça. On évoque l'histoire de sa vie. On n'a pas la prétention de dire qu'on détient la vérité, mais on essaye de donner des clés pour comprendre pourquoi ce mec qui avait tout en est arrivé à faire un geste aussi terrible...

Parlons un peu du spectacle en lui-même si tu veux bien. Il y a donc des parties chantées et des parties parlées.

Tout à fait. En fait, on part de ses 18 ans, en Israël. Et on raconte sa rencontre avec Sylvie Vartan qui l'a fait venir en France. On évoque aussi bien entendu tout son parcours en France avec ses débuts au Midem à Cannes, jusqu'en 1975, avec le tube "Dis-lui", la dernière chanson qu'il a chantée avant de se suicider. Donc, les chansons sont amenées dans le spectacle de manière chronologique. Les chansons s'intègre à l'histoire. Le spectacle ne repose absolument pas sur un tour de chant. Prenons l'exemple de "Laisse-moi t'aimer", elle est chantée dans le contexte où lui la chantait à l'époque. On a vraiment pris le parti de proposer une vraie comédie musicale, comme on en fait aux Etats-Unis. Ce n'est pas un tour de chant avec trois morceaux de phrases jouées de temps en temps.

Aurez-vous des musiciens?

Oui, bien entendu. Tout sera joué en live. Il y aura cinq musiciens. A côté d'eux, il y aura 12 comédiens et 2 danseurs dont un qui est acrobate.

Peux-tu me parler des douze comédiens qui t'accompagnent?

Il y aura Valérie Vogt qui joue le rôle de ma maman. C'est une comédienne qui a énormément de métier, que ce soit au théâtre, en télé ou au cinéma. Il y a Christian Mulot qui joue le rôle de mon papa, et un peu plus tard dans l'histoire le rôle de Victor. En fait, dans l'histoire, nous sommes 12 comédiens, mais ça représente 35 ou 36 personnages. Victor, est une sorte de poète extérieur à l'histoire qui aide Mike. C'est un joli rôle très poétique à découvrir dans le spectacle... Ensuite, il y a Gilles Nicoleau qui joue le rôle de Simon Kaufmann, qui a été le dernier producteur de Mike. Eric Boucher qui joue le rôle de Gérard Turenne qui évoque quelqu'un qui était dans l'entourage de Mike, mais certains noms ont été modifiés pour ne pas blesser les familles, puisque le spectacle est une interprétation comme je te l'ai dit auparavant. Jean-Paul Bazziconi joue le rôle de Jean Bouillon, qui était le compositeur de Mike. Aurore Delplace joue le rôle de Sylvie Vartan. Prisca Demarez joue le rôle de ma maîtresse Dominique. Caroline Devismes joue le rôle de Dalida. Alexandra Sarramona joue plusieurs petits rôles. Et les quatre filles que je viens de t'évoquer sont aussi danseuses et choristes. Antonio Interlandi, qui est lui aussi comédien, chanteur et danseur, joue le rôle de Manuel, qui était l'homme à tout faire et le confident de Mike quand il était en France. Donc, tu vois, nous serons beaucoup sur scène. Il y aura aussi Harold qui sera ma doublure en cas de soucis de santé et qui aura tout de même un petit rôle dans la pièce... celui de mon concurrent! (rires)

Vous avez déjà commencé les répétitions, je suppose?

Oui, bien entendu, dès que le casting des comédiens a été bouclé début juin, nous avons commencé. Nous avons répété jusqu'au 10 juillet.

ça s'est bien passé?

Oh oui! Très très bien! L'ambiance est vraiment super entre nous. Et nous découvrons ensemble l'ampleur du spectacle. C'est assez formidable. Le spectacle est en plus, vraiment bien écrit... C'est Gadi Inbar, un Israélien qui habite Los Angeles qui a écrit le spectacle original. Ce spectacle a été joué à Tel-Aviv pendant un an, mais en Israël, ce n'était qu'une pièce de théâtre. Il y avait juste quelques chansons qui ont été évoquées. Et donc, ce spectacle a été adapté en Français par Laurence Sendrowicz, et on peut vraiment parler de re-création. La pièce a été complètement ré-écrite pour le public Français. C'est donc une tragédie musicale, si je puis dire, qui relate le tourbillon de la vie de Mike. Nous avons tous découvert que c'était une spirale infernale. Il y a des moments super drôles et légers, mais à côté de cela, il y a le mal-être de Mike, et sa descente aux enfers... C'est assez prenant, je dois dire...

Tu as vu le spectacle original créé à Tel-Aviv?

Non.

Pas même en DVD?

Non, je ne l'ai pas du tout vu. Par contre, je pars en Israël fin août pour rencontrer les gens qui y ont joué la pièce, et aussi le frère de Mike Brant. Je pars là-bas aussi pour m'imprégner des gens qui l'ont côtoyé...

Comment as-tu travaillé le rôle de Mike Brant?

J'ai beaucoup écouté ses chansons pour m'adapter un peu à l'accent. Parce que je vais chanter ses chansons et parler avec son accent. Et pour le travail du rôle en lui-même, j'ai lu pas mal de biographies. Je me suis beaucoup imprégné de lui en regardant des photos et en écoutant les interviews qu'il a données à l'époque. Et puis après... j'ai essayé de trouver une résonance en moi en me plongeant dans l'histoire et en vivant son mal-être. Les émotions, je n'aime pas les fabriquer, je préfère aller les chercher au fond de moi. Le personnage s'est construit petit à petit. Le personnage est tellement lourd, en terme de quantité et de qualité, que dès le départ, il a fallu mûrir les choses. Et je peux te dire que ce n'est pas terminé, je dirais même que ça ne fait que commencer. Mike ne me quitte plus! (rires) Tous les jours je me replonge dans sa vie... C'est assez fou l'image qu'on pouvait avoir de lui, le beau gosse, chanteur à paillettes et à minettes. Il était presque un boys band à lui tout seul! Mais lui, il savait chanter. Quand on regarde sa vie, il a eu une vie de dingue. Et un destin assez Shakespearien...

Allez-vous partir en tournée après le Comédia?

Logiquement, oui!... La tournée dépendra du succès du spectacle au Comédia. Mais oui, nous devrions partir en tournée à partir de septembre 2011.

J'aimerais, si tu le veux bien retracer en quelques mots ton parcours...
Tu es né à Marseille. Restes-tu attaché à cette région?

Oh que oui!... J'y ai vécu 23 ans, d'ailleurs écoute toutes les cigales ici tout autour... C'est le paradis! Je reste très attaché à ma ville et ma région. Il ne faut pas oublier d'où on vient. Et en plus, il y fait drôlement bon vivre...

Etais-tu passionné par la chanson quand tu étais gosse?

Pas du tout! Mais alors, pas du tout! (rires) J'étais un vrai passionné, mais de tout autre chose... c'était le football! J'étais un spectacle à moi tout seul, comme le disaient mes parents, parce que j'étais très bavard, un peu casse-cou et que je faisais rire tout le monde. Mais pas du tout en chantant!

Et quand tu étais ado, tu avais des idoles ou était-ce le foot par dessus tout?

Non, je n'avais pas d'idoles!... Il y a par contre deux chanteurs que j'ai beaucoup aimés, c'est Jean-Jacques Goldman et Ben Harper un peu plus tard. Ce sont deux personnes que j'appréciais beaucoup. Mais tu sais, je n'ai pas de préférences musicales à proprement parler. Quand j'étais jeune, j'écoutais un peu de tout... J'ai eu ma période "rap américain" à 17/18 ans. C'était l'époque des premières voitures pour faire genre devant les nanas... Mais mis à part Goldman dont j'ai tous les albums et dont je connais presque toutes les chansons par coeur, je n'ai pas vraiment eu d'"idoles" à proprement parler. Ce n'est pas mon truc d'idolâtrer, en fait, je pense...

Tu n'étais pas un fan.

Je suis fan des gens que j'aime, en fait... Je suis un passionné mais dans le sens où je me passionne quand je fais fait quelque chose, je ne le fais jamais à moitié. Je vais à fond dans les choses. Même dans le foot, d'ailleurs. Prenons l'exemple de la coupe du monde de 1998, quand la France a gagné, j'ai hurlé, j'ai pleuré, mais je n'avais pas posters de Zidane dans ma chambre...

Donc, quand tu étais jeune, tu te destinais plutôt à une carrière de footballeur?

J'aurais aimé, dirons-nous! (rires)

J'ai lu quelque part que tu étais bac+5... et ingénieur.

Oui! J'ai un master pro avec le titre d'ingénieur! (rires)

Etait-ce une envie personnelle ou plutôt un désir de tes parents?

A la base, faire des études ne m'a jamais dérangé. Mais je vais être honnête avec toi, au début, c'était plus pour faire plaisir à mes parents. Puis après, j'ai trouvé une voix qui m'a vraiment plu. Et donc, après, ça a été vraiment l'éclate! Si c'était à refaire, je le referai sans aucune hésitation. D'autant plus que dans l'école où j'étais à Marseille, j'ai rencontré une bande d'amis assez exceptionnels et je t'avouerai que c'était un plaisir d'aller à l'école, plutôt qu'un calvaire. Mes quatre dernières années d'études ont été formidables. Je souhaite à tout le monde de vivre un truc pareil dans leur vie. On s'éclatait à aller en cours, les profs étaient super, l'école, géniale...

Tu en es venu comment alors à la chanson?

Un peu par hasard, en fait... Je devais avoir 15 ans et nous fêtions l'anniversaire d'une de mes tantes. Et pour lui faire plaisir, avec ses deux fils, nous lui avons chanté la chanson "Belle" de "Notre-Dame de Paris", sa chanson préférée. J'avais pris la partie de Patrick Fiori. Et après, les gens sont venus me trouver en me disant qu'il se passait quelque chose quand je chantais... Donc, du coup, je suis allé prendre des cours de chant dans mon petit village auprès d'une chanteuse d'opéra, pendant trois ans. Je jouais dans des petits spectacles amateurs dans la région. Et c'est venu comme ça... Puis, j'ai fait mes études et je m'étais dit que je tenterais ma chance après mes études, en y croyant, mais sans trop y croire non plus. Puis, des amis m'ont inscrit à un casting, j'y suis allé et ça a démarré... Tu sais, je n'ai fait qu'un concours de chant dans ma vie. Ce n'était pas mon truc, je n'ai pas couru les castings à gauche à droite... Par contre, j'ai participé à l'émission de Michel Fugain sur M6, et ça m'a permis de rencontrer des personnes géniales et d'intégrer ce métier.

Comment as-tu rencontré Roger Louret?

Justement, grâce à cette émission. Il faisait partie du jury et était le metteur en scène du spectacle qui a suivi l'émission aux Folies Bergères. On a accroché tout de suite. Il ne m'a pas pris dans le spectacle parce qu'il estimait que je n'étais pas prêt. Et il avait raison, je pense. Ce n'était pas le bon moment pour moi. Il m'avait promis qu'il me rappellerait... et trois mois après, il m'a rappelé. J'ai donc signé mon premier contrat pro en 2006, pour l'émission "La fête de la Chanson Française" présentée par Daniela Lumbroso. Et puis, il m'a demandé d'intégrer sa compagnie et je suis parti à Deauville pour la revue du Casino. J'étais le premier rôle masculin.

As-tu de bons souvenirs avec la compagnie?

Oh la la... Oui! Tous ces souvenirs avec la compagnie, ce sont de super souvenirs. En plus, je ne serais pas là aujourd'hui si je n'avais pas croisé la route de Roger Louret... Même si j'ai bossé dur pour en arriver là, si je n'avais pas rencontré ce Monsieur, je ne serais pas là aujourd'hui, j'en suis certain. On m'a dit un jour que dans ce métier, c'était TTC, "Talent, Travail, Chance". Et c'est vrai! Mais pour en revenir à la compagnie, j'y ai passé de super moments. Et j'espère en passer d'autres dans le futur!

Tu as toujours travaillé avec des troupes ou des groupes. Je suppose que, comme tout un chacun, tu as envie d'une carrière solo...

Très sincèrement, là, ma grosse envie pour le futur, c'est de jouer au théâtre, avec des compagnons sur scène. Parce que, ce qui me plaît sur scène, c'est de partager des émotions, des regards, etc... Mais c'est vrai que si je rencontrais quelqu'un qui comprenait mes envies musicales, pourquoi pas? Mais ce n'est pas une fin en soi. Si je peux sortir l'album dont je rêve, pourquoi pas, mais sortir du commercial pour faire un coup, très peu pour moi!

Tu vas donc prendre ton temps...

Oui, comme je l'ai toujours fait, d'ailleurs! (rires) Mais tu sais, tout ceci vient avec le travail... Si j'arrive à être bon sur scène avec ce magnifique spectacle sur Mike Brant, peut-être que j'aurai des propositions. Mais je n'y pense pas, je me consacre en ce moment à ce spectacle autour de Mike.

Tu as fait une émission de télé en Chine aussi, je pense...

Oui!

Raconte-moi un peu ça...

En fait, j'ai vu une annonce sur internet : "Recherche chanteur Français pour l'année de l'amitié Franco-Chinoise". Je me suis inscrit. Et deux mois après, on devait être vers le 10/12 août, alors que j'étais sur la plage avec des amis, mon téléphone sonne et le gars me dit que ma candidature a été retenue, qu'il fallait qu'il me fasse faire le visa, etc, etc... Trois semaines plus tard, je partais en Chine! C'était un truc de fou, parce que je n'avais pas de passeport, il a donc fallu que je coure à la préfecture pour avoir un passeport dans les plus brefs délais!...
Je suis donc parti là-bas, et ça a été 18 jours exceptionnels. J'ai adoré ce pays. J'y ai chanté en Chinois et en Français. En fait, on était associé à un chanteur chinois et ma partenaire était chinoise. On a chanté un duo en chinois et ce fut une expérience extraordinaire. C'était génial... Au bout de deux jours, on ne pouvait plus sortir dans la rue, les gens nous courraient après. C'était drôle! Comme on passait à la télé tous les jours pour l'émission, on a même fait le 13h00 et le 20h00!, nous étions considérés comme des vedettes. Les gens étaient hystériques quand on allait dans les magasins, etc... J'ai adoré!

Ce devait être une super expérience!

Oui, mais le plus beau souvenir que je garde, c'est la découverte de la gentillesse du peuple chinois. Les gens des pays communistes ont souvent cette réputation de gens durs, et humainement, je peux te dire que j'ai pris une grosse claque. Nous sommes même allés dans un village où les enfants n'avaient jamais vu un européen de leur vie... Quand nous sommes arrivés, les enfants ont pleuré de peur en nous voyant. Puis à la fin de la journée, ils pleuraient encore, mais pour ne pas qu'on parte, cette fois-ci...

Grégory Benchenafi © Charlotte Spillemaker

L'année dernière, tu as joué dans "Jonas", mis en scène par Sophie Tellier. Sophie Tellier, que tu retrouves sur "Mike, Laisse-nous t'aimer" en tant qu'assistante metteur en scène et chorégraphe. Quel genre de metteur en scène est-elle? Comment s'est passée votre collaboration?

Elle est à la ville ce qu'elle est à la scène, en tant que comédienne, danseuse et metteur en scène. C'est quelqu'un de généreux. Elle est là, avec nous. Elle aime. Elle aide. Elle ne nous lâche pas. Elle a une façon très douce d'aborder les choses, mais en même temps très clair. C'est un personnage formidable. Et je pense qu'en tant que comédienne et danseuse, elle mériterait d'être un peu plus sur le devant de la scène... C'est vraiment une fille bien, comme on dit!

Et ce spectacle, "Jonas", c'est un bon souvenir?

Oui! Je me rends compte en parlant avec toi que dans mon parcours, j'ai côtoyé plein de milieux différents. L'aventure "Jonas" était très familiale et très dépaysante pour moi. Parce que la religion, ce n'est pas mon truc à la base. J'ai passé l'audition et je me suis retrouvé face à une famille adorable. Je me suis même surpris, en Côte d'Ivoire, avec les mains jointes en train de prier avec les choeurs qui nous accompagnaient! Belle expérience!

Tu as fait de l'opérette aussi.

Oui! Et j'en fais encore! J'adore l'opérette parce que c'est complet. Ce qui est dommage, c'est le regard qu'ont les gens sur l'opérette. Beaucoup s'imaginent que c'est totalement ringard. Ce qui peut être vrai d'un certain côté : on peut très vite tomber dans la ringardise et la facilité avec ce genre de spectacle. J'ai eu la chance de tomber sur des gens qui avaient une vision moderne de l'opérette. Et ce que j'adore, c'est que le spectacle est complet ; ça chante, ça danse, ça joue... On fait plein de choses différentes dans la même pièce. Je trouve ça très enrichissant comme discipline. Dans la première opérette que j'ai vue dans ma vie, le jeune premier et la jeune première qui devaient avoir 17 ou 18 ans, avaient en réalité 45 et 52 ans! Donc, forcément, ça ne le fait pas! Mais la première fois que j'ai été engagé, j'avais 25 ans et je collais au rôle du jeune premier... Il faut un peut bousculer l'opérette, et ça deviendra très moderne, tu verras!

Quelle est ta formation?

Tu sais, je n'ai pas vraiment de formation, en fait. La première fois qu'on m'a mis dans les mains un bouquin de Shakerpeare ou de Tchékov, je suis resté hébété avec le bouquin dans les mains en me demandant comment il était possible d'écrire aussi bien. Je découvre ce métier. J'observe tout ce qu'il s'y passe. Là, sur le spectacle sur Mike, c'est la première fois que je suis dirigé en tant que comédien. Et je prends un pied fabuleux... Parce que entre l'instinct et l'envie d'un côté et le travail et la rigueur de l'autre, je m'éclate. Je m'enrichis chaque jour un peu plus. J'ai envie de te dire que c'est presque indécent en ces temps de crise de prendre autant son pied en travaillant...

Tu exerces probablement un des plus beaux métiers du monde.

Oui, mais tu sais, je travaille depuis mes 14 ans. Un métier, c'est un métier. Si on peut prendre du plaisir en plus, c'est extra, mais au départ, un métier, ça doit te permettre de vivre. Il faut payer son loyer et bouffer. J'ai toujours travaillé. Quand j'étais aux études, je travaillais pour payer mon loyer et ma bouffe. C'est un choix de vie.

Tu as toujours été très indépendant, en fait.

Oui, très indépendant, mais en même temps très proche de la famille. Parce que mes parents ne m'ont jamais dit que je devais aller travailler. C'était un choix de ma part. J'ai voulu très vite m'assumer. Et je ne m'en suis pas trop mal sorti. A 14 ans, je travaillais sur des chantiers. Puis à mes 18 ans, j'ai travaillé dans la restauration. Je travaillais les week-end et pendant les vacances.

Pour en revenir à Mike Brant, comment es-tu devenu l'interprète de Mike Brant?

Sur audition. Un ami metteur en scène, Thierry Harcourt pour ne pas le nommer, m'a appelé un matin pour me dire qu'il avait vu dans le parisien une annonce "Recherche un jeune chanteur comédien entre 25 et 30 ans, 1m85 pour jouer le rôle de Mike Brant". Il m'a donné les coordonnées de Thomas le Douarec et je l'ai appelé. Il m'a fait passer la première audition, et je crois que ça a été une évidence pour eux comme pour moi, en fait. J'ai passé 4 tours, mais dès le premier tour, je ne me l'explique pas, j'ai senti quelque chose. Je ne voulais pas m'emballer. C'était la première fois que je passais une audition et que tout me paraissait évident.

On a parfois rendez-vous avec son destin...

Oui, effectivement. En plus, j'ai été un des derniers à passer l'audition. Thomas a vu plus de 150 personnes. Il a commencé le casting en décembre 2009 et nous, nous nous sommes rencontrés en mars. Ça a été un coup de foudre entre d'une part, ce personnage de Mike Brant et moi, et d'autre part, entre Thomas et moi.

Dans quel état d'esprit es-tu aujourd'hui, à deux mois de la première?

Là, je suis en train de digérer la première session de travail. Et je peux te dire qu'aujourd'hui, j'ai la rage, j'ai faim... j'ai envie d'y être! J'ai envie de montrer à tout le monde notre travail. J'ai envie que tout le monde voit ce magnifique spectacle. Je pense que le spectacle est formidable.
Je vais te dire, sans langue de bois et sans prétention, je pense que personne n'aura jamais vu un tel spectacle! En tout cas, j'en suis très très fier!

Enfin, je vais te donner quelques mots, tu vas me dire ce qu'ils t'évoquent instinctivement.

Football : Passion
Eau : Bien être
Aliénor : Aquitaine
Violettes : Impériales, évidemment...
Java : Roger Louret. C'était tellement génial ce spectacle, "La Java des mémoires". Tellement fabuleux. Ça m'évoque Roger et la camaraderie.
Mistinguett : Cabaret
Feuille de rose : (éclats de rires) Mon premier rôle avec plein de travestis autour de moi!
Jonas : famille
Idoles : Connais pas...
Mike : Ma vie à l'heure actuelle, il fait partie de ma vie... Donc, je dirais : chance!
Grégory : Ah la la... je ne sais pas... Battant!

Propos recueillis par IdolesMag le 16 juillet 2010.

-> Le Facebook de Grégory Benchenafi : http://fr-fr.facebook.com/people/Gregory-Benchenafi/1318633691






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