Interview de Marie Paule Belle
Propos recueillis par IdolesMag.com le 06/05/2010. © Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag et/ou Dehmar SARL.
Marie Paule Belle revient sur la scène de l'Alhambra les 17 et 18 octobre prochains, avec un spectacle surprenant, "de Belle à Barbara"... dans lequel elle effectuera la première partie de Barbara. Sans dévoiler les surprises qu'elle nous réserve, tout au long de cette interview, Marie Paule évoquera avec nous ce spectacle et ce qui la lie tant à Barbara. Nous reviendrons aussi avec Marie Paule sur sa merveilleuse carrière commencée dans les cabarets. Rencontre sans compromis avec Marie Paule Belle, qui depuis plus de 40 ans trace son chemin entre drôlerie et émotion...
IdolesMag : Vous allez être sur la scène de l'Alhambra en octobre prochain... Pouvez-vous me parler un peu de ce spectacle?
Marie-Paule Belle : C'est un spectacle qui va s'appeler "De Belle à Barbara" qui sera différent de celui que j'avais présenté il y a quelques années. Mais on m'a tellement réclamé ce spectacle... Il y a même des personnes qui ne l'ont pas encore vu, alors que je l'ai joué à deux reprises au Casino de Paris, pendant trois mois au Théâtre de Dix Heures, dans toute la France et même au Japon! Je pensais que le spectacle serait clos... Mais pas du tout, on me le redemande encore. Comme je ne voulais pas présenter la même chose, j'ai voulu que ce soit un peu différent. Donc, comme on me demandait aussi de revenir un peu plus souvent sur scène... j'ai décidé que je ferais la première partie de Barbara! C'est à dire que pendant la première partie du spectacle, je vais chanter mes propres chansons et en seconde partie, je vais chanter des chansons de Barbara en ajoutant quelques chansons que je n'avais pas chantées lors du premier hommage. C'est pour ça que le spectacle s'appelle " De Belle à Barbara".
Donc... vous allez faire le lever de rideau de Barbara!
Parfaitement! Si on était logique temporellement, on aurait du dire "De Barbara à Belle", mais ça sonnait beaucoup moins bien... et surtout, je trouvais normal que Barbara soit la vedette de ce spectacle, et moi, sa première partie.
Parlez-moi un peu de votre tour de chant...
Je vais chanter des chansons beaucoup plus personnelles. Il y aura bien entendu les chansons que le public attend, comme "La Parisienne", mais j'y chanterai aussi des chansons de mon nouvel album, dont "Celles qui aiment elles" qui est une chanson qui me touche beaucoup et qui parle de l'homosexualité. Il faut savoir que l'homosexualité est encore mal vécue par beaucoup de personnes à l'heure actuelle, et même en France...
Pourquoi avoir choisi l'Alhambra?
Parce que cette salle est très jolie... En plus, Monsieur Auclair l'a refaite complètement. J'ai eu la chance de voir quelques spectacles dans cette salle et je peux vous dire qu'elle a une âme. Et j'aime profondément les salles qui ont une âme. Comme l'ancien Olympia... Même si le nouvel Olympia a été reconstruit dans la même configuration que l'ancien, je trouve que la nouvelle salle est devenue froide... On ne sent plus les âmes passer dans les coulisses et sur scène... Alors que des salles comme Bobino ou l'Alhambra ont gardé cette âme. En plus, la capacité de cette salle est idéale pour présenter deux soirées exceptionnelles à Paris avant de repartir en province et à l'étranger.
Et vous reviendrez à Paris après cette tournée?
Peut-être... C'est dans le domaine du possible...
Quel style de formation aurez-vous? Sera-ce un piano-voix?
Oui, un piano-voix... Encore une fois! (rires) Parce que, en fait, dès que je reparle de reprendre des musiciens, tout le monde trouve que c'est mieux quand je suis seule en scène avec mon piano. Et notamment, mes amis, à commencer par William Sheller... C'est d'ailleurs lui qui m'a donné l'idée de cette formule piano-voix. Il me disait que j'aurais la plus grande trouille mais aussi la plus grande liberté. Et il avait raison... Je peux faire absolument ce que je veux sans être tributaire de la musique, de la mesure, des musiciens. Je peux m'arrêter quand je veux, je peux faire des apartés. Je peux surtout tenir compte des salles qui sont complètement différentes chaque jour. Et au niveau de la sensibilité, les textes passent beaucoup mieux sur un piano-voix. L'émotion est beaucoup plus forte. Donc, depuis 1994, je fais des spectacles piano-voix et je me rends compte que je joue beaucoup plus sur le registre émotionnel qu'auparavant.
Vous allez partir en tournée après l'Alhambra. Est-ce important pour vous une tournée?
Ah oui! C'est très important! Parce que notre métier ne se limite pas à notre présence sur Paris! Paris, c'est un support pour pouvoir aller en province. Il ne faut pas oublier que la province et l'étranger représentent la plus grosse partie du public. En fait, ce qui me plaît dans le métier que j'ai choisi d'exercer, c'est de chanter sur scène. Ce n'est pas de sortir des albums les uns derrières les autres et faire quelques télés derrière. Je chante depuis plus de 30 ans maintenant sans arrêt sur scène. C'est pour ça que j'ai eu de longues absences médiatiques (parfois plusieurs années)... tout le monde pensait que j'avais arrêté, alors que non, je tournais... (rires)
Un DVD de ce spectacle est-il prévu?
Pour vous dire la vérité, je ne le sais pas encore! Nous en parlons avec la production. Pour l'instant, nous n'avons que peu d'images de mes précédentes tournées, donc, ce serait une bonne idée...
J'aimerais parler un peu avec vous de l'affiche... Elle est très blanche, j'ai envie de dire blanc immaculé. Est-ce pour trancher avec...
le noir? (éclats de rires)
oui, le noir de Barbara!
(rires) Même moi, je suis souvent (presque toujours d'ailleurs) habillée en noir sur scène, en smoking noir pour être précise. Depuis que je fais des piano-voix, j'ai presque toujours été habillée en noir et blanc. [NDLR : Marie Paule réfléchit...] En fait, je vous dis ça, mais même avant de faire les piano-voix, je m'habillais déjà en noir et blanc sur scène! (rires) C'est d'ailleurs la costumière de Barbara qui m'habille aujourd'hui. Elle m'a fait un superbe costume très fluide, en noir et blanc, pour le premier spectacle hommage que j'ai rendu à Barbara. Après, elle m'a fait des smokings sur mesure... J'ai toujours été habillée en noir, donc pour cette affiche, on a voulu un peu changer de style! Quand on a fait la séance photo, j'avais une chemise blanche... On a mis un fond blanc et l'idée est venue comme ça en fait. Au début, j'ai eu peur que ça ne fasse un peu "ambulancier", mais finalement, non! (rires) D'ailleurs, regardez, cette affiche, elle intrigue... vous m'en parlez! (rires)
Et puis, il y a aussi ce très joli jeu de regard avec Barbara.
Vous savez, j'ai toujours ressenti la présence de Barbara dans mes spectacles quand je la chante. Je crois beaucoup à ces présences-là, cette force... Peut-être est-ce de la superstition? Certains y verront même du fétichisme ou de l'autosuggestion... Je n'en sais rien, mais c'est une force qui m'habite. Et, donc, je tenais à ce qu'elle soit à l'affiche puisque le spectacle s'appelle "De Belle à Barbara". Comme ça, en voyant l'affiche, on sait tout de suite de quoi il en retourne.
Pourquoi avez-vous choisi de reprendre Barbara?
ç'aurait pu être Brel aussi... Parce que ce sont eux deux, Brel et Barbara qui m'ont donné le déclic de devenir auteure-compositrice-interprète. Quand je les ai vus sur scène, j'ai ressenti une telle émotion que je me suis dit que c'était peut-être le chemin que je devais prendre. Parce que j'écrivais des chansons depuis l'âge de 9 ans, mais je le faisais comme ça, uniquement pour le loisir. Je ne pensais pas du tout devenir chanteuse en étant jeune! Je faisais des études de psychologie, pour tout vous dire! Donc, ce n'était pas du tout le métier que je pensais exercer... Je voulais devenir psycho-clinicienne. Quand J'étais étudiante, j'ai participé à un concours, genre radio-crochet pour la télévision sur la Côte d'Azur, à Monte Carlo. (J'habitais Nice à l'époque). J'ai gagné ce concours, un peu du style de la "Nouvelle Star" actuellement. A l'époque, c'était aussi les téléspectateurs qui votaient par téléphone. C'était le même principe qu'aujourd'hui dans le fond... On était choisi par le public et par un jury de professionnels pour la dernière sélection.
J'avais énormément de respect pour Barbara et Brel et j'ai donc choisi de rendre un hommage à Barbara. Déjà parce qu'elle était auteure-compositrice et interprète. Aussi parce qu'elle parlait de l'amour avec une véritable sensualité. En même temps, elle avait une liberté et une indépendance que j'admirais et que j'aimais beaucoup. Je me sentais très proche de son discours... Elle représente toute mon adolescence puisque ce sont ses chansons que j'ai chantées en premier lieu.
J'ai eu aussi un chemin parallèle au sien. Elle a commencé à l'Ecluse et quand je suis arrivée après elle... je me suis retrouvée face à son piano auquel personne n'avait touché depuis son départ. Nous avons eu les mêmes collaborateurs : le même éclairagiste, le même accompagnateur, Roland Romanelli, la même costumière... Il y a eu beaucoup de "hasards" qui ont fait que je me sente un peu de la même famille... beaucoup même, de la même famille...
Vous venez de me parler de vos débuts dans les cabarets... Quels souvenirs gardez-vous de cette époque?
C'est un souvenir extraordinaire! C'était tout de même très difficile, parce qu'on ne pouvait pas vivre de ses apparitions dans un seul cabaret. Pour pouvoir subsister, nous devions nous produire dans plusieurs cabarets. Je jouais donc à "L'Echelle de Jacob", puis à "L'écluse". Et puis, vous savez, je vais vous raconter comment ça se passait... Quand on écrivait des chansons à textes, on commençait par la rive gauche et après, quand on devenait plus populaire, on allait rive droite! (rires)
C'était déjà bien... segmenté!
Oh oui, déjà bien!! (rires)
Je ne sais pas si vous connaissez le sketch de Coluche "Misère! Misère!" qui se moque de la chanson de la rive gauche?
Si, si...
Et bien c'était un peu ça... Et donc, sur la rive gauche, il y avait le "Port du Salut", "La vieille grille"... L'ambiance était formidable, il y régnait une atmosphère de camaraderie. Même si c'était la misère! Quand nous nous recroisons des années après, on se rappelle tous ces bons souvenirs avec une grande émotion. Et en même temps, nous étions beaucoup plus insouciants qu'aujourd'hui, nous chantions uniquement pour le plaisir. On gagnait très peu d'argent. A l'époque, on gagnait peut être l'équivalent aujourd'hui de 5 euros par soir. C'était vraiment pour le plaisir de se retrouver sur une petite scène... C'étaient de toutes petites salles, à "L'Ecluse", il devait y avoir 80 places à tout casser, et le public était formé en grande majorité d'étudiants qui aimaient la chanson française, qui aimaient écouter des textes. Ils venaient après le dîner pour boire un pot et chahuter un peu les artistes quand ils étaient bourrés! C'est vraiment dans les cabarets qu'on a appris notre métier...
Vous me parlez de salles de 80 places... J'ai envie de vous demander ce que vous avez ressenti quand vous êtes montée sur la scène de Bercy lors de l'anniversaire de Serge Lama.
Pendant des années, justement quand je faisais les premières parties de Serge Lama en tournée, j'ai joué dans beaucoup d'arènes... je me souviens notamment des arènes de Béziers et leurs 12300 places! On a beaucoup joué dans des stades de foot et des gymnases aussi... A la foire de la bière à Maubeuge... J'ai beaucoup chanté dans de grands endroits et c'est pour cela qu'à un moment donné, j'ai préféré jouer dans des théâtres, pour avoir une écoute beaucoup plus attentive. Pour ne plus chanter dans des plein air où les gens se promènent avec des pop-corns ou des sachets de frites... J'avais envie d'autre chose.
Après, pour répondre à votre question, quand je me suis retrouvée sur la scène de Bercy avec Serge Lama devant 18000 personnes, j'ai retrouvé cette palpitation que l'on a dans les très grandes salles. On ne travaille pas de la même façon... Dans les grandes salles, c'est beaucoup plus physique! En fait, je vais vous raconter ce qui s'est réellement passé... J'étais très émue, parce que Serge ne m'avait pas dit qu'il m'inviterait sur scène. Son impressario est donc venu me chercher pendant l'avant-dernière chanson pour que je sois, soi-disant, derrière le rideau quand Serge descendrait de scène, pour lui faire un petit baiser. On m'a donc mise juste derrière la scène pour lui faire la surprise... Je me suis donc placée juste à l'endroit que l'on m'avait indiqué... et Serge est arrivé et m'a tirée sur scène! (rires) J'étais vraiment sidérée, je n'avais pas répété bien évidemment puisque c'était une surprise que Serge m'avait faite! Je suis donc arrivée sur scène, et il m'a demandé de chanter "La Petite Cantate". Comme nous l'avions enregistrée en duo sur son album [NDLR : "Pluri...elles", de Serge Lama], je pensais qu'il la chanterait avec moi... Et bien non, il m'a laissée la chanter seule et terminer son spectacle ! C'était un grand honneur et un beau signe d'amitié... Mais j'étais pétrifiée tout de même! Sacré Serge! (rires) Mais vous savez, le public de Serge connaît notre amitié depuis des années, donc, dans le fond, ce n'était que du bonheur...
Justement, en parlant de scène, êtes-vous traqueuse?
Très... Et plus j'avance, et plus j'ai le trac! J'ai la chance d'avoir un public extrêmement fidèle qui me suit depuis plus de trente ans maintenant. J'ai d'ailleurs rencontré une dame la semaine dernière qui m'a dit qu'elle venait me voir en spectacle depuis 34 ans... Et cette même dame avait vu Barbara 69 fois! J'ai cette immense chance d'avoir les personnes de mon âge qui viennent me voir, mais aussi, maintenant leurs enfants et leurs petits-enfants. Mais, malgré cette fidélité, je reste très traqueuse : Je ne veux pas décevoir! Et surtout, quand on est seule au piano, on ne peut pas être rattrapée par les musiciens. Si on se trompe, on se trompe! Donc, c'est un danger et un défi de chaque jour.
Comment est née la fameuse "Parisienne"?
Elle est née d'un spectacle musical que Françoise Mallet-Joris donnait pour ses amis et ses intimes le jour de Noël. Elle appelait ça des "Mystères"... Elle les préparait plusieurs mois à l'avance. Ces spectacles étaient écrits tout en alexandrins. Elle dressait une liste des amis qui voulaient jouer dans ses spectacles et elle demandait les rôles que chacun voulait jouer. Elle écrivait alors un spectacle en fonction des demandes de rôles qu'elle recevait et des personnalités des acteurs. ça donnait souvent des choses très incongrues et très très drôles. "La Parisienne" est donc née d'un de ces spectacles qui s'appelait "Le sabot de l'Orpheline", ça se passait autour des années 1900 et donc, elle m'avait demandé d'écrire une musique du style d'Offenbach. On a donné cette représentation unique, le jour de Noël, après trois mois de répétitions. Vous savez, nous ne jouions qu'un jour, mais ça valait bien ce qu'on voit parfois aujourd'hui, je peux vous le dire! C'était très très travaillé. Il y avait tout de même 135 personnes dans le public. Nous jouions dans un grand appartement, fort heureusement! Et après la représentation, on ma demandé pourquoi je ne garderais pas cette chanson dans mon répertoire, avec un autre texte bien évidemment... On a donc transformé cette chanson qui est devenue : "Je ne suis pas Parisienne..." Et nous ne pensions pas qu'en pleine mode du disco, elle rencontrerait autant le public! A l'époque, les gens n'écoutaient plus que Gloria Gaynor... Alors que moi, j'arrivais, sautillant sur mon tabouret... C'était le contraire de la mode!
Mais elle est toujours là cette chanson, et même bien là...
Oui... Ce qui est surprenant, c'est que je ne peux pas l'enlever de mon tour de chant! On me la demande sans arrêt. Et je suis même obligée de la mettre en final... Au Théâtre de la Ville, je l'avais mise en ouverture du spectacle en me disant que je ne serais pas obligée de la chanter à la fin... Et on me l'a redemandée à la fin quand même!! Je la chantais donc deux fois!! (rires) Cette chanson, c'est un peu ma carte d'identité. D'ailleurs, je ne la renie pas du tout parce que je m'amuse toujours à la chanter. Et, en fait, si vous lisez le texte, cette chanson est encore plus d'actualité qu'il y a trente ans. Parce que l'écologie est encore plus d'actualité et la psychanalyse aussi... Je crois que c'est la force de mes auteurs : ils écrivent des paroles totalement en dehors des tendances et des modes. Et même encore aujourd'hui, avec Isabelle Mayereau et Dominque Valls.
Qu'est-ce qui vous a incitée à reprendre "La Biaiseuse"?
C'est une amie qui me l'a chantée un soir après un spectacle dans une brasserie parisienne. On parlait de vieilles chansons et il faut savoir que j'ai toujours eu une passion pour les chansons du début de siècle et pour cette époque-là. Elle m'a donc chanté "La Biaiseuse", que je ne connaissais pas! J'ai tout de suite eu envie de l'enregistrer. C'est d'ailleurs de là qu'est partie l'envie de sortir un album de répertoire. Bruel a fait la même chose des années après avec "Mon Amant de Saint-Jean", mais moi, je l'avais fait au début des années 80. J'y chantais Damia, Berthe Sylva, etc... Il y avait "La Biaiseuse", "Du Gris", "Comme un Moineau", "Les Lilas Blanc", "Emilienne" [NDLR : Marie Paule nous chante "Emilienne"]... Il y avait des chansons drôles et d'autres très dramatiques. Il y avait des chansons d'Yvette Guilbert aussi, comme "Les Loges des Vieux"... Cet album s'appelait "Mon premier album" et la photo sur la pochette était une photo de moi petite. Pour l'anecdote, c'était une vraie photo de classe quand j'étais en cours élémentaire. J'ai en fait enregistré "La Biaiseuse" parce que je la trouvais amusante, tout simplement...

Justement dans votre répertoire vous avez des chansons plus légères, et d'autres qui pour le coup, sont extrêmement lourdes. Je pense notamment à "Un pas de plus" qui est... je n'ai pas envie de dire plombante, mais quand même...
Vous pouvez le dire! C'est d'ailleurs pour ça que je l'ai enlevée de mon tour de chant... Le gens pleuraient quand je la chantais! J'aime beaucoup l'idée que les gens rient et pleurent quand ils viennent assister à un spectacle d'1h30. J'aime partager des émotions fortes avec le public. La chanson est le reflet de la vie et la vie n'est pas faite que de rires, ni que de pleurs. Donc, passer d'une émotion à l'autre en très peu de temps, ça m'a toujours fascinée. On n'a que le temps de l'introduction de la chanson suivante pour replonger le public dans une autre émotion. Ce qui n'est pas long... quatre mesures! Donc, ça doit bien faire 8 secondes!! ça m'a toujours beaucoup plu des petites douches écossaises comme ça. Mais il ne faut pas non plus trop plomber! C'est pour ça aussi que dans le tour de chant de Barbara que je vais proposer en deuxième partie du spectacle, je vais enlever les chansons trop plombantes. Dans les deux tours de chant, le sien comme le mien, il y aura bien entendu des chansons émouvantes qu'on me réclame, comme "Quand nous serons amis", mais les chansons trop plombantes, je les retire!
Dans toute votre carrière, vous avez toujours été extrêmement fidèles à vos auteurs, Françoise Mallet-Joris et Michel Grisolia. Pouvez-vous un peu me parler d'eux?
Michel Grisolia était mon ami d'enfance. Il était dans la même classe que mon frère. Nous nous sommes connus comme ça. Il est devenu l'ami de la famille. Il est vraiment devenu comme un autre frère pour moi. Il a quitté Nice avant moi, et nous nous sommes retrouvés à Paris. Quand je l'ai retrouvé, je l'ai immédiatement présenté à Françoise Mallet-Joris et on a commencé à écrire tous les trois. J'ai eu la chance que leurs personnalités soient complémentaires, parce qu'ils n'avaient pas du tout le même humour ni la même gravité, mais en fait, on travaillait vraiment ensemble tous les trois. Je parle au passé malheureusement parce que Michel Grisolia nous a quittés très brusquement il y a quelques années...
J'ai donc travaillé un temps avec Françoise seule et puis, maintenant, elle se consacre un peu plus à ses romans, donc, elle écrit moins de chanson. Peut-être qu'elle m'écrira une chanson pour ce tour, mais ce n'est pas certain.
Vous avez composé la presque totalité de vos chansons. Quel genre de compositrice êtes-vous? Êtes-vous compulsive ou composez-vous avec parcimonie?
Je ne le commande absolument pas... J'en parlais d'ailleurs à Barbara trois jours avant sa mort. Quelques fois, on sait qu'on a des musiques en soi qui ne demandent qu'à sortir. Et quand on travaille, on ne trouve que des choses horribles. Je lui disais "Mon Piano ne me parle pas en ce moment"... Elle me disait "Si ton piano te boude, attends... Il finira bien par te reparler". Elle avait tout à fait raison. On a des périodes de création qui ne dépendent pas du tout de nous, en fait. C'est comme un souffle extérieur qui est canalisé tout d'un coup. On n'est qu'un intermédiaire entre cette musique que l'on capte et que l'on ressort. Une idée de mélodie peut me venir comme ça au volant de ma voiture ou dans un escalier. Sur mon IPhone, j'ai un petit dictaphone et arrivée à la maison, je la mets sur mon ordinateur et à l'heure actuelle, avec la pléiade de logiciels qu'on a... On pose des harmonies dessus et on voit tout de suite si la chanson tient la route ou non! Donc, soit je me rue sur le piano et je l'enregistre tout de suite, soit je la mets un peu de côté... Je fais aussi beaucoup de musiques qui ne serviront pas à la chanson : j'écris des thèmes de musique de films, je travaille sur un album pour enfants avec Dominique Valls, donc, là je crée des chansons et des musiques pour enfants. Vous savez, quand je suis compositeur, je ne pense pas que c'est moi qui vais interpréter ce que j'écris. La mélodie vient comme ça et quelques fois j'ai des problèmes... parce que j'écris parfois des mélodies pour des tessitures très très larges qui ne me correspondent pas... Et donc, ce sont des chansons que je garde pour d'autres personnes parce que je ne pourrais pas les chanter comme je voudrais qu'elles soient chantées.
Avez-vous pris des cours de piano ou êtes-vous autodidacte?
J'ai fait 11 ans de classique! J'ai commencé à l'âge de trois ans. C'est maman qui m'avait appris le piano, car elle avait fait des études très poussées de piano. Elle avait choisi au départ une carrière de concertiste, puis elle a fait la médecine et elle a épousé mon père. Elle avait eu un professeur très sévère avec la gomme sur le dos de la main, les coups de règle sur les doigts, etc... Donc, elle m'avait choisi un professeur particulier, qui avait consigne de ne jamais me traumatiser si je ne travaillais pas! Elle voulait que le piano soit un plaisir et que la musique soit une sorte de récompense et quelque chose de joyeux pour moi. Ce qui a été le cas... L'avantage, c'est que comme j'étais douée, je ne travaillais pas... Et le désavantage, c'est que comme je ne travaillais pas, techniquement, j'aurais pu aller beaucoup plus loin. Je n'ai jamais fait le conservatoire, ce qui m'a donné, d'ailleurs, pas mal de complexes par la suite. A 18 ans, j'ai tout de même repris des leçons d'harmonie. J'ai toujours travaillé à l'oreille. Je lis très mal la musique, en fait, je fais tout d'instinct. Vous savez, j'ai beau avoir fait 11 ans de classique, je m'amusais à transposer les valses de Chopin en Jazz et Beethoven en Rock'n'Roll, donc... (rires)
Qui aimez-vous dans la nouvelle génération de chanteurs?
Ce que j'aime par dessus tout, c'est qu'on revient aux textes! Pas tous, malheureusement, certains sont d'ailleurs assez lamentables! Ce que j'aime aussi, ce sont les voix un peu rauque, comme Camélia Jordana. Elle a un timbre de voix que j'aime beaucoup. Je suis attirée par les chanteuses de Jazz, elles viennent plus souvent des Etats-Unis ou du Québec. Mon oreille est plus facilement attirée par ces voix-là... Je n'aime pas trop les chansons "gnangnan". Je suis une amoureuse des voix, en fait... Nolwenn Leroy, j'adore sa voix. Dans le paysage de la jeune génération, elle se détache vraiment. J'aime bien la façon de chanter de Chimène Badi, j'aime beaucoup son timbre. Je n'aime pas les personnes qui crient en chantant, j'aime celles qui chantent. J'adore la personnalité dans la voix : le phrasé, la tonalité, la façon de chanter. Prenons par exemple la "Nouvelle Star" de cette année, la petite Luce est extraordinaire. Lussi et Benjamin sont très chouettes aussi. Ils ont une fraîcheur et un spontanéité hors du commun. Ils ont une âme. Ce que je déteste, par contre, c'est le phrasé des chanteurs et chanteuses de comédies musicales qui chantent tous pareil... Je ne supporte pas! (rires)
Que ce soit Camélia Jordana, Chimène Badi, Nolwenn Leroy ou encore Luce, Lussi et Benjamin... Vous ne me citez que des artistes issus de la télé-réalité... Que pensez-vous de ces émissions?
"Star Academy", je n'ai pas regardé : le côté "loft" et télé-réalité m'exaspèrent! On n'a rien à faire des apartés sur un fauteuil ou des coups de téléphone passé par untel ou un autre... ça me met en colère!
Par contre, la "Nouvelle Star", c'est vraiment beaucoup plus professionnel. Je suis presque toujours d'accord avec ce que dit Lio. Je trouve qu'elle a un très bon jugement et une très bonne oreille. Quelques fois, il faut tenir compte du numéro que joue le jury... ils sont là aussi pour ça, mais dans le fond, cette émission est une émission professionnelle. C'est ce qui me plaît.
Ce qui est dangereux, et justement, ce n'est pas le cas de la "Nouvelle Star", c'est de donner de fausses valeurs à un large public. Je m'explique : il ne faut pas dire aux gens que quelque chose est formidable, si c'est nul... "Nouvelle Star", justement, ne fait pas ça...
On va revenir sur votre carrière si vous le voulez bien... Comment est née votre collaboration avec Laurent Ruquier?
Quand il travaillait sur France Inter, il faisait des parodies sur des chansons. Il écrivait des textes que nous devions interpréter sur les mélodies de nos chansons. J'ai du chanter des textes de Laurent sur "Les Petits Patelins"... Et au cours d'une de ses émissions, je lui ai demandé pourquoi il n'écrirait pas une chanson originale. Je trouvais ça plus intéressant que d'écrire sur des musiques existantes. Il n'y avait jamais pensé. Et donc, il est venu à la maison une ou deux fois afin d'écrire des chansons. Mais il a tellement de travail (Laurent, c'est une boule d'énergie), qu'à l'époque on travaillait souvent par fax ou téléphone. Donc, pour finir, il ne m'a écrit qu'une seule chanson, qui s'appelle "Chambre d'Hôtel", qui est d'ailleurs très réussie. C'est une très belle chanson. Laurent a une très grande sensibilité. Et il s'investit complètement dans ce qu'il entreprend. Quand il écrit une chanson, il n'est pas du tout en train de jouer un numéro comme à la télévision.
Vous avez joué les "Monologues du Vagin" à plusieurs reprises. Vivez-vous la scène différemment quand vous êtes chanteuse ou comédienne?
Oui, bien entendu. Déjà quand on est seule sur scène, comme je le suis depuis 1994, ce n'est pas pareil que quand on est plusieurs. C'est merveilleux aussi d'être seule. En même temps, ça isole un peu... Il y a des moments où j'aimerais travailler avec des partenaires... Et c'est justement le cas du théâtre. On rebondit sur la présence et le travail de l'autre. C'est assez extraordinaire. Il se crée des complicités extraordinaires. J'ai joué les "Monologues du Vagin" avec Micheline Dax et Sarah Giraudeau, dont c'était la première apparition sur scène, elle avait 20 ans. C'était formidable. Nous étions trois générations de femmes. Nous nous sommes beaucoup amusées. Vous savez, il y a des fans des "Monologues du Vagin" qui voient toutes les distributions, et je pense que nous leur avions beaucoup plu. Le texte prend une couleur différente selon les comédiennes. Notre interprétation faisait qu'à part les moments d'émotion graves, tout le reste était assez drôle. Nous avions eu beaucoup de succès, nous avions même dû le rejouer l'été suivant parce que le public nous redemandait.
Si vous deviez les rejouer, aimeriez-vous le refaire avec la même équipe ou une autre?
J'aimerais beaucoup... Mais Micheline est un peu fatiguée en ce moment et Sarah travaille énormément. Et de mon côté, je prépare ce nouvel album et ce nouveau spectacle, donc... ce n'est pas évident de trouver dans nos emplois du temps 3 mois où nous serions chacune libre...
Vous avez écrit "Mavie.com". Faites-vous partie de celles qui aiment profondément écrire des lettres?
Non! (rires) J'écris très peu de lettres (même les cartes postales), c'est d'ailleurs pour cela que j'écris des mails. Dans un mail, on part à l'essentiel, et ça, ça me plaît. Et encore, écrire un mail... j'ai parfois du mal!... Je regarde mes mails plus par obligation que pas envie... Je ne suis pas quelqu'un qui trouve du plaisir à écrire les mots. C'est plutôt difficile pour moi d'accoucher d'un texte. Je ne le fais que lorsque je dois traduire une émotion extrêmement forte que je ne veux pas faire exprimer par quelqu'un d'autre. Je m'exprime par la musique et pas par les mots... D'ailleurs, souvent mes amies auteures me reprochent de ne pas être précise dans mon vocabulaire.
Et ce livre s'intitule "Mavie.com"... Est-ce que Marie Paule est cyber?
Un peu par obligation... J'ai un ordinateur pour la musique, avant tout. Parce qu'il faut reconnaître que c'est très pratique! Après, je ne me sers d'internet que rarement. Quand j'ai besoin d'une info ou quelque chose comme ça. Je ne suis pas une malade d'internet, je ne tchatche pas du tout... J'ai tout de même un facebook! (rires) J'ai d'ailleurs demandé à Géraldine [NDLR : Une attachée de presse de Marie Paule] de m'expliquer comment j'avais autant d'amis que je ne connaissais pas! (rires) Je n'ai pas autant de monde dans mon carnet d'adresse!... C'est amusant et déroutant quelque part! Mais je trouve tout de même affligeant de voir des personnes passer leur vie devant des ordinateurs avec des tonnes d'amis virtuels... Il y en a même qui annoncent quand ils vont dormir... Mais tout le monde s'en fout, vous ne trouvez pas? (rires)
Si...
Ça veut dire que ces personnes ne doivent pas avoir d'amis dans la réalité avec qui communiquer... C'est triste...
En parlant d'ordinateur, quel regard portez vous sur l'arrivée des nouvelles technologies? Est-ce que ça vous chagrine de savoir que la musique n'a plus de support physique?
Oui, ça me chagrine. Surtout pour la beauté de l'objet. J'ai gardé par sentimentalité tous mes albums vinyles. Il y avait de très belles pochettes et même sur certaines pochettes de CD, il y a du joli travail. C'est bien d'avoir physiquement l'objet, je trouve... Mais vous savez, j'achète sur itunes beaucoup de titres. Je les mets sur mon IPhone et je les écoute comme ça... Dans mon travail aussi, j'envoie des musiques en MP3 à mon ingénieur du son par internet, c'est extrêmement rapide, c'est instantané! On gagne un temps fou... Je suis très intéressée par la nouvelle technologie, et en même temps, j'ai la nostalgie des supports physiques... C'est un peu paradoxal, si vous voulez. Il y avait aussi un son qui était différent sur les vinyles, vous le savez aussi bien que moi. Aux Etats-Unis, on ressort un peu des vinyles, parce que les amplis à lampes ou les micros à lampes donnaient une chaleur au son. Une chaleur qu'on a un peu perdue avec la froideur du numérique...
Aujourd'hui, vous avez envie d'acheter un album, que faites-vous : vous allez l'acheter chez votre disquaire ou vous le téléchargez?
Pour être honnête, je télécharge un titre ou deux sur itunes, et si ça me plaît : je vais de suite chez mon disquaire! J'ai téléchargé quelques albums complets tout de même... Mais en général, je préfère aller les acheter, rentrer chez moi, les mettre sur dans ma chaîne Hi-Fi... Et puis, il y a aussi toute la découverte du livret, les crédits, les arrangeurs, les photos. C'est une façon de découvrir un album aussi. Même si on télécharge un livret numérique maintenant, ce n'est pas pareil.
En parlant de CD, quel est le dernier que vous avez acheté?
Le dernier CD que j'ai eu, et qui est splendide, je vais être honnête avec vous, je ne l'ai pas acheté, on me l'a offert. C'est le dernier album d'Isabelle Mayereau, "Hors piste". Je vous le conseille vivement. Il est vraiment très beau. Il est très actuel...
Sinon, avant, le dernier disque que j'ai acheté... euh... je ne me souviens plus! Ce devait être un disque classique certainement... [NDLR : Marie Paule cherche dans ces CDs] Ah si, je me souviens!!! Le dernier que j'ai acheté, c'était pour faire un cadeau, c'est le dernier album de Roch Voisine! Et j'en ai profité pour acheter le live de Sylvie Vartan, que je n'avais pas eu l'occasion d'aller applaudir à l'Olympia. J'ai des goûts très très éclectiques, comme vous voyez...
L'année dernière, vous avez joué au cinéma dans "Trésor"...
Oui! Vous êtes vraiment très fort de m'avoir remarquée parce que j'ai dû apparaître à l'écran au moins deux secondes... (rires)
Est-ce que c'est une expérience que vous avez aimée?
J'ai adoré! Je n'attends qu'une chose : c'est qu'on me le repropose! On sort de son personnage, on est dans un autre monde... ça m'a procuré beaucoup de plaisir. Si vous voulez, dans notre métier, on essaye d'être le plus soi-même possible et dans le cinéma, c'est juste l'inverse, on sort de soi pour jouer une autre personnalité. C'est fascinant, j'adore!

On arrive à la fin de cette interview, j'ai envie de vous poser encore deux petites questions et vous proposer un petit jeu...
D'accord! Avec plaisir!
Quel rapport entretenez-vous avec votre piano?
C'est comme une personne qui est dans ma vie depuis l'âge 3 ans et qui ne me quittera jamais. En ce moment, je vous avoue que je suis extrêmement malheureuse parce que mon beau piano à queue est au garde-meuble car je suis en plein déménagement. Donc, pour l'instant, je suis un peu malheureuse puisque je ne peux pas lui parler... Mais j'ai tout de même un piano à la maison qui est très bien! Je ne pourrais pas vivre sans piano. Une maison sans piano, c'est une maison sans vie pour moi. J'en avais parlé avec Barbara à l'époque. Pour elle aussi, c'était comme une personne. On lui parle, quand on passe à côté, on le touche... Même si on ne joue jamais, il faut qu'il soit là. J'ai eu de longues périodes où je n'ai pas fait de musique, mais il fallait qu'il soit à mes côtés. Là, il me manque beaucoup... Mais je ne veux pas qu'on me prenne pour une allumée, je pense que les musiciens comprendront très bien ce que je veux dire. Je vais vous dire... quand j'arrive dans une maison que je connais pas, et qu'il y a un piano, je vais directement jouer deux accords dessus pour me rendre compte de comment il sonne. Chaque personne est différente et chaque piano est différent... Ce que je demande en premier lieu quand je signe un contrat pour un spectacle, c'est d'avoir Bösendorfer ou un Yamaha modèle D. Je suis très pointilleuse là-dessus... Je peux m'adapter avec un demi-queue dans les très petites salles, comme un modèle B de Steinway. Mais autrement, ce n'est même pas la peine. Vous savez les vibrations du piano me rentrent dans le corps.
Une dernière question... Quel regard portez-vous sur votre carrière?
Je suis contente de ce que j'ai fait. Je ne regrette rien sauf peut-être un ou deux compromis que j'ai fait en mettant un titre que je ne voulais pas sur un album... Je pense que si j'avais fait plus de concessions, j'aurais pu aller plus loin et plus vite. Je suis heureuse d'exister encore aujourd'hui après tant d'années, mais j'ai quelques regrets en ce sens que je regrette que les médias ne m'aient pas plus portée au moment où j'en avais le plus besoin. C'est peut-être le seul regret que j'ai... Parce que j'avais des paroliers de qualité (des écrivains, comme Françoise Mallet-Joris de l'Académie Goncourt), on m'a toujours cataloguée comme une chanteuse intello ou marginale... On a voulu montrer de moi un côté élitiste, alors que je pense que "la Parisienne" est une chanson à texte et extrêmement populaire... pour moi la chanson à texte de qualité n'est pas obligatoirement élitiste ou marginale. Donc, je regrette un peu que les médias ne l'aient pas toujours compris...
Enfin, je vais pour proposer quelques mots... Vous allez me dire ce qu'ils vous évoquent instinctivement.
Piano : Moi
Placali Calalou : (éclats de rires) le riz!
Bourrelets : ... d'Antan
William : ...Sheller
Isabelle: ...Mayereau
Françoise : ...Mallet-Joris, Françoise, mon amie
Michel : ...Grisolia... ou ma tante Michèle qui a remplacé ma mère
Paris : La Paris qui a fait qu'aujourd'hui je suis Parisienne. Je ne pourrais plus vivre ailleurs.
Barbara : Ma complice et mon modèle...
Et enfin Belle : ... Marie Paule... Mais qui suis-je?!... (éclats de rires)
Propos recueillis par IdolesMag le 6 mai 2010.
-> Plus d'infos sur Marie Paule Belle : http//mariepaulebelle.fr/
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