Interview de Augustin Charnet

Propos recueillis par IdolesMag.com le 09/04/2020.
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Augustin Charnet @ Florie Berger

Augustin Charnet, que nous avions connu à l’époque d’After Marianne et de Kid Wise, revient avec un projet solo, emmené par le single « Vénus », un duo avec Cali (« Nuage Bleu ») et une reprise surprenante de « Ne me quitte pas » de Jacques Brel. Nous avons été à sa rencontre alors qu’il publie un nouveau titre, en anglais cette fois-ci, « In the valley of the heart », l’occasion d’évoquer ses projets, ses nombreuses collaborations passées et à venir (Mathilda, Cali, Christophe, Serge Lama…) et… le confinement. Rencontre avec un poète vintage des temps modernes.

Nous nous étions rencontrés à la sortie du premier Ep d’After Marianne (« It’s a wonderfull place to be (over) »)… Tu officiais également au sein de Kid Wise à l’époque. Il s’en est passé des choses (et des belles) en quatre ans. On va d’abord évoquer ce projet solo, depuis quand le mûris-tu ?

Augustin Charnet, VenusCe projet solo, il est en moi depuis très longtemps. Je suis quelqu’un qui adore composer, et j’ai l’immense chance de ne pas avoir de panne d’inspiration. Donc, « techniquement », je compose en solo depuis mes dix/douze ans. Après, de manière un peu plus sérieuse, en tant qu’Augustin Charnet, même quand j’étais dans Kid Wise, je composais des chansons en dehors du groupe. C’étaient des chansons un peu différentes qui ne collaient pas forcément avec l’esprit de Kid Wise ni d’After Marianne et que je gardais pour moi. Quand j’ai arrêté ces deux groupes, vers 2017, je me suis dit qu’il était temps, en parallèle de mes activités de producteur, de travailler sur mes propres chansons. Ce qui m’a fait beaucoup de bien, d’ailleurs… (sourire)

Tu t’es mis au français.

(sourire) C’est vrai que les groupes dans lesquels je jouais étaient essentiellement anglophones. J’ai pris un très grand plaisir à me mettre à l’écriture en français, qui est très différente de l’anglais. En tout cas, en tant que français, j’appréhendais l’écriture en anglais de manière un peu plus sonore et sexy, alors qu’en français, c’est différent. J’ai une approche du texte plus littéraire, plus poétique… et plus complexe en fin de compte. C’est donc un tout autre travail, que j’aime beaucoup. J’essaye d’écrire des paroles assez poétiques, abstraites… assez fleuries finalement. Musicalement parlant, j’ai fait grandir ces envies en français avec mes influences, tout ce que j’ai appris au sein des groupes et les rencontres avec les différents artistes avec lesquels j’ai pu travailler. Aujourd’hui, ça me pousse vers un univers où le piano, qui est mon instrument principal reste central. Piano et synthés. Je me suis mis récemment à la production de batteries électroniques, que ce soit pop ou hip hop, donc, ça se ressent aussi. Il y a le piano et ma voix, et tout un monde qui s’articule autour. Un monde que j’essaye de rendre le plus moderne possible. Quand on fait de la musique, c’est pour raconter une histoire, mais aussi faire évoluer un monde musical, apporter sa modeste pierre à un édifice existant. J’écoute tout ce qui peut se faire à l’heure actuelle et ce qui s’est fait en amont, pour essayer d’apporter quelque chose de nouveau, avec ma propre sensibilité.

Finalement, écrire dans ta langue maternelle va convoquer d’autres émotions. Ça touche plus au domaine de l’intime.

Oui, inévitablement. J’écris aujourd’hui des textes qui me sont beaucoup plus proches. C’est plus personnel. C’est un choc de passer de l’anglais au français. Je maniais l’anglais comme un adolescent qui a appris cette langue à l’école et qui a regardé des séries. Je m’éclatais avec l’anglais. Là, avec le français, l’approche est très différente. Le français m’a permis de rentrer dans l’intime. Je me suis rendu compte rapidement, dans les petits concerts que j’ai pu donner ou tout simplement en faisant écouter mes chansons à des amis, à quel point, avec le français, l’écoute est dans une sorte de tension. En tout cas, ce n’est pas un secret, les Français sont assez chauvins et fiers de leur langue (et ils peuvent), et quand on s’adresse à eux avec des mots qu’ils comprennent, ils le ressentent tout de suite. C’est un peu comme si on s’adressait à chacun en particulier. L’attention est immédiate. Et ça, cette attention toute particulière, m’a encouragé et permis d’ouvrir les vannes pour aborder l’écriture de la manière la plus intime possible.

C’est une mise à nu, quelque part.

Oui, écrire en français, c’est intense, mais ça en vaut la peine !

La première vidéo que tu as postée est une reprise de « Ne me quitte pas » de Jacques Brel. Il fallait oser !

(rires) J’ai une chance incroyable, c’est que je gagne ma vie avec mes autres activités musicales. Je ne mène donc pas une course avec mon projet solo. J’envisage ce projet personnel comme étant 100% libre et 100% plaisir. Je vais essayer de m’affranchir des routes classiques et des habitudes des labels. J’ai envie de prendre le temps de développer mon discours et de présenter mes chansons aux gens de la manière la plus honnête possible. Pour démarrer, je ne me sentais pas de prendre cette route habituelle de lancer un single 0, suivi d’un deuxième un peu plus important avec des clips… Ce n’était pas moi, ça. Ce n’était en tout cas pas mon intention. Je trouvais que c’était joli de commencer par une reprise d’une chanson que tout le monde connaissait, mais totalement revisitée et dans laquelle je pouvais mettre ma patte. L’idée de Brel est venue de mon éditrice. Vu que je voulais travailler ma prononciation du français chanté… je me suis lancé dans « Ne me quitte pas ».

C’est casse-gueule de s’attaquer à un monument pareil...

Ça a été assez dur. (sourire) Je ne me rendais pas véritablement compte, avant de m’attaquer à cette chanson, quel génie Brel était. J’ai en tout cas essayé de reprendre cette chanson de la manière la plus sincère possible. Je l’ai très honnêtement chantée pour me faire plaisir avant tout. Elle a reçu un très bel écho, et j’en suis très content.

Après, tu as publié un duo avec Cali, « Nuage Bleu ». C’est une belle complicité qui vous unit…

Oui ! Nous nous sommes rencontrés il y a deux ans dans le cadre dans sa tournée sur Léo Ferré, j’avais été appelé pour être pianiste. Ça a été une tournée très formatrice en ce qui me concerne, au niveau de l’apprentissage du français chanté. Je connaissais un peu Léo Ferré, mais là, je suis rentré dans son répertoire en profondeur. Depuis, il est devenu un de mes auteurs préférés en termes d’interprétation et de texte. La tournée a duré 3 mois avec Cali, le guitariste de Dionysos et moi sur scène. Nous nous sommes très bien entendus avec Cali. Je pense qu’il était content d’avoir un gars de mon âge qui jouait à côté de lui, que ça lui ouvrait d’autres horizons, d’autres influences. C’est en tout cas ce qu’il m’a dit. Il cherchait un producteur pour son nouvel album, nous nous sommes envoyé quelques chansons et de fil en aiguille, nous avons travaillé ensemble plus sérieusement sur un album. Entre les dates de la tournée d’été de l’année dernière, on a beaucoup composé, et on retrouve ces chansons sur « Cavale » qui est paru il y a quelques semaines.

« Cavale » est plus pop et plus électro que les précédents albums de Cali, c’est toi qui l’as amené sur ces terrains-là ou était-ce une envie de sa part ?

Il avait envie de renouveau. Il évoluait dans un registre plus pop folk depuis longtemps. Et quand nous nous sommes rencontrés, il a eu d’autres envies. Il aimait beaucoup Kid Wise et After Marianne, et il avait envie d’aller vers ces terrains-là. Je lui ai amené mon côté pop, électro, un peu planant… Je suis très fier de le dire, c’est un album qu’on a composé à deux. Les paroles, bien évidemment, c’est lui qui les a écrites, mais la musique, nous l’avons vraiment faite à deux.

Tu as publié « Venus » juste avant le confinement. Raconte-moi un peu l’histoire de cette chanson.

Ça fait un petit peu de temps que je l’ai écrite celle-là. Je l’ai écrite où je suis aujourd’hui, dans le Sud Est, dans un jardin très estival, fleuri, avec des oliviers et des palmiers partout. Cet environnement m’a inspiré plein de chansons un peu plus solaires que celles que j’écris habituellement. Celle-ci est arrivée très rapidement suite à une impro. Le texte avait été écrit d’une traite sur la route, et je l’ai recoupé sur la production que j’avais faite dans ce jardin. Au final, ça donne une chanson qui touche à l’intime et qui je l’espère est poétique. Je la vois comme une invitation au voyage. C’est un texte très libre qui n’est pas forcément lisible au premier degré mais duquel on peut, je l’espère, s’enivrer. C’est une chanson planante et hypnotique.

Le clip est dans cette veine-là.

Oui, je l’ai souhaité ainsi. C’est un clip teinté de couleurs de couchers de soleil. On pourrait dire que c’est la relation d’amour métaphorique entre un gars ou une fille et une étoile, en l’occurrence Vénus. Vénus qui pourrait être personnifiée comme un homme ou une femme… On essaye de rêver cette romance qui l’emmène dans les étoiles dans un monde un peu dur et morbide… C’est un résumé un peu particulier, c’est d’ailleurs assez peu aisé de résumer la poésie. En tout cas, j’ai essayé de proposer un morceau un peu plus léger que ce que je vais sortir derrière, toujours avec cette touche hybride un peu planante et électronique que j’aime tant.

Augustin Charnet @ Johann Dorlipo

Le travail du clip et du visuel, c’est déjà quelque chose qui vous tenait déjà à cœur avec After Marianne, ce n’est pas nouveau.

Depuis toujours, c’est hyper important. Nous vivons dans un siècle où l’impact de l’image est extrêmement fort. L’aspect visuel est tout aussi important que la musique… et c’est un musicien qui te dis ça ! (rires) Les jeunes sont extrêmement attachés à l’image, et nous aussi, finalement. Nous sommes attachés à des films, à des séries… La musique et l’image sont deux disciplines qui s’associent particulièrement bien. Profitons-en ! J’aime l’idée d’un clip musical. Je ne suis pas dans l’envie de proposer de petits courts-métrages ni de petites historiettes, je préfère l’approche abstraite du clip. Des flashs, des peintures, des moods, des sensations, des textures… Déjà dans After Marianne, on faisait de grands clips planants un peu oniriques. Là, j’ai voulu faire un peu pareil. Je me suis associé à un réalisateur que j’adore, Johann Dorlipo. Il a beaucoup travaillé avec Disiz La Peste, et j’aime beaucoup son travail. Avec son univers parfois planant et parfois rugueux, il amène beaucoup de poésie et de couleurs, ça fait un bien fou. Pour « Vénus », il a fait exactement le clip dont je rêvais.

Un mot sur le tournage de ce clip, « Vénus ».

C’est toujours une aventure un tournage de clip. Pendant une semaine, nous sommes allés dans cette superbe région prendre des images de levers et de couchers de soleil, très tôt et très tard. Les conditions étaient assez particulières, il faisait souvent très froid. Ça laisse des souvenirs magnifiques, et même au-delà de ça, ça a complètement changé ma manière de voir ce morceau. Je pense que pour les auditeurs aussi, il y a une expérience. S’ils apprécient le clip, il leur laissera des couleurs de crépuscules ou d’aurores dans la tête.

Dis-m’en un peu plus sur ce nouveau single « In the valley of your heart »

C’est un titre un peu ancien que j’ai écrit à l’époque où j’étais dans les groupes, en anglais donc. C’est un morceau très folk, entièrement acoustique. Il y a un piano au centre, quelques petits synthés vintage, une basse, ma voix et des chœurs. C’est un titre dans l’esprit folk planant de Bon Iver ou de Sufjan Stevens, des artistes que j’aime beaucoup. Il y a un très joli travail du son qui a été fait sur ce titre, assez vintage une fois encore. Il a été masterisé de façon analogique. Je ne pensais pas forcément le sortir, puisqu’il était écrit en anglais, et puis, avec cette période un peu spéciale que nous vivons aujourd’hui, je me suis dit que ce serait une assez bonne idée. Il sort donc sans aucune idée promo ou marketing, c’est un morceau purement plaisir. Je suis en tout cas très heureux de pouvoir le dévoiler parce qu’il est plein de douceur et de poésie. Je pense que les gens l’apprécieront. Je l’espère en tout cas parce qu’à mon sens c’est un morceau qui fait du bien.

« In the valley of your heart » est accompagné d’un clip également.

C’est un mélange d’images d’archives et d’images que nous avons tournées pendant le confinement. On reste dans un esprit très vintage, d’ailleurs la plupart des images ont été tournées avec un filtre super 8. C’est un clip dans l’esprit de celui de « Vénus », mais avec moins de narration. C’est un objet très simple, à l’image du titre, le but étant d’apporter un peu de douceur et de poésie en cette période de confinement.

Même si ton projet solo est 100% plaisir et que tu prends ton temps… j’imagine qu’il y a des ambitions derrière. Un album ?

Certainement. Je ne me fixe en tout cas pas d’objectif ni de dead line. Tout se fait tranquillement, pièce par pièce. C’est comme ce morceau avec Cali (« Nuage Bleu »), on l’a balancé un peu comme ça dès que nous l’avions enregistré… mais nous le ressortirons d’une manière un peu plus sérieuse plus tard. Il y aura peut-être un EP par la suite, mais je reste très attaché au format de l’album. Le format EP ne me convient pas bien. Pour ce qui est du timing, ce ne sera pas pour cette année, c’est plus qu’improbable, mais peut-être pour l’année prochaine, en fonction de mes autres activités. Pour l’instant, je suis en perpétuelle phase de création et je sors mes morceaux petit à petit. Ça reste minuscule en termes de vues, mais je le fais à ma manière, doucement, sans envahir les gens, et surtout sans grand plan marketing ! (rires) Le meilleur public, ce sont les gens qui viennent écouter ta musique juste pour le plaisir.

Tu as de la matière ? Tu écris beaucoup ?

J’écris énormément, et je me rends compte de cette chance quand je discute avec d’autres amis artistes qui eux écrivent assez peu. Globalement, j’ai toujours des idées. Je pense que cela vient du fait que je travaille pour plein de gens différents, et que tous ces projets me nourrissent. Si je devais me consacrer uniquement à mon propre projet, ce serait plus compliqué, je pense. Concrètement aujourd’hui, dès que je me mets devant un piano ou un clavier, je compose quelque chose, ou presque. Je suis très sensible aux sons, donc, si j’entends de nouvelles choses, un nouvel instrument ou des sons sur ordinateur, ça me donne des ailes.

Tu as travaillé aux côtés de Christophe sur ses deux albums de duos. La connexion s’est faite à l’époque d’After Marianne. [Notre interview a été réalisée une semaine avant le décès de Christophe, NDLR]

Effectivement, nous avons rencontré Christophe avec After Marianne. Nous avions eu la chance absolue de l’avoir avec nous sur notre deuxième EP. Nous étions tous très très fans de Christophe, qui est un génie. C’est Mathilda qui l’avait contacté à l’époque, assez simplement d’ailleurs. Comme toujours, je me suis rendu compte au fil du temps que les artistes, même les très connus, sont des gens très simples et avant tout des passionnés. Je pense que la meilleure manière de les aborder, ce n’est pas en prenant des pincettes ou avec des tonnes de compliments, mais vraiment de manière assez frontale pour rentrer directement dans le travail. Que ce soit Christophe, Lama ou Rilès… nous les avons approchés très simplement avec un projet concret. Entre passionnés, on se comprend très vite. Pour en revenir à Christophe, nous avions simplement émis le souhait de collaborer avec lui. Il a écouté le projet et il nous a dit oui, tout simplement. Parfois, il faut oser…

Tu travailles avec Serge Lama en ce moment.

Là, c’est un peu différent. Pour le coup, nous nous sommes rencontrés suite à ma reprise de Brel. Mon père le connait et il m’a donné son contact. Je lui ai envoyé ma version de « Ne me quitte pas », sachant qu’il avait beaucoup chanté Brel de par le passé. Il a beaucoup aimé mon interprétation et nous avons pas mal discuté. Après, comme pour me tester, il m’a envoyé quelques textes qu’il avait écrits pour son album, nous nous sommes très bien entendus là-dessus, et ça a donné trois ou quatre musiques qui seront sur son album. J’en suis très fier et très heureux.

À chaque fois, ce sont des artistes, des générations et des univers très différents.

Effectivement, et j’en suis le plus heureux. J’ai une chance infinie de travailler avec tous ces artistes passionnants. Christophe, Lama, Rilès, Big Flo et Oli… ont des manières de fonctionner totalement différentes, ils ne bossent pas de la même manière, ils n’ont pas la même approche des choses, mais nous nous retrouvons sur cette même passion pour la musique et la chanson.

Tu continues de bosser avec Mathilda, qui elle aussi prend son temps…

(sourire) Nous nous connaissons depuis tellement de temps ! Elle, s’est très bien reconvertie depuis After Marianne. Elle fait aujourd’hui une musique bien différente. Même dans son rapport à la scène, elle a complètement changé. Elle se cachait, aujourd’hui elle assume complètement qui elle est. Elle fait une musique très différente, plus moderne et totalement libre. Là aussi, on a vraiment hâte de pouvoir envoyer des chansons et que les gens puissent les écouter. On travaille avec Mathilda sur son projet depuis deux ans pratiquement maintenant, sur des musiques extrêmement modernes et intemporelles qui cassent pas mal de codes. C’est aussi un peu vintage, à la Billie Eilish ou Lana Del Rey. Ça commence à intéresser quelques labels, ça devrait voir le jour prochainement. Je pense que ça pourrait avoir un très bel écho en France.

Un mot sur ce qui occupe tous en ce moment, le confinement. Comment le vis-tu en tant qu’artiste ?

Honnêtement, ça ne change pas beaucoup mon quotidien. Nous autres artistes sommes habituellement des gens très confinés qui sortons peu de nos studios, sauf pour aller sur scène. Je reste donc chez moi à travailler comme d’habitude. Psychologiquement, c’est un peu dur de composer et trouver l’inspiration. Nous vivons une période très troublée. On parlait depuis un moment d’un point de rupture. Et là, on a l’impression que la dégringolade est belle et bien là. Il n’y a rien qui nous laisse présager du meilleur pour la suite. Nous avons aussi des proches qui sont dans de sales états en ce moment et nous pensons beaucoup à eux. Après, nous ne pouvons pas nous plaindre, nous ne sommes pas en première ligne. On ne sait pas à quoi il ressemble le Covid-19. Les seuls véritables héros sont le personnel soignant. Nous avons une copine qui est en réa et qui nous raconte son quotidien… Elle a un discours quasiment de soldat. C’est incroyable. J’admire son courage, en tout cas.

Tu lis un peu ?

C’est le même problème pour tout le monde. Nous nous sommes dit « génial, on va lire tous les bouquins qu’on avait de côté ! » Et puis non… On n’arrive pas à se dire que c’est une période de travail libre, non… quand tu vois les milliers de gens qui meurent tous les jours, tu n’as pas l’envie… Tu te demandes aussi comment on va retrouver notre monde. Tout ce qui était acquis comme aller boire un verre avec des potes et les prendre dans nos bras… ça paraît vintage et d’une autre époque. Il y a quatre semaines, c’était le bon temps ! C’est très bizarre ce que nous vivons en ce moment…

Propos recueillis par Luc Dehon le 9 avril 2020.
Photos : Florie Berger, Johann Dorlipo

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