Interview de Tom Poisson

Propos recueillis par IdolesMag.com le 31/03/2020.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.com.








Tom Poisson © Ayumi Moore Aoki

Tom Poisson a publié juste avant le confinement « Se passer des visages » qui est certainement son album le plus abouti. Plus de vingt ans après le début de son parcours, l’artiste semble avoir trouvé une harmonie entre l’auteur, le compositeur, l’interprète qu’il est à la scène et le bonhomme qu’il est à la ville. C’est avec beaucoup de plaisir que nous l’avons contacté afin d’en savoir plus sur la genèse de ce projet à la fois poétique, sensuel, hors du temps et pourtant bien ancré dans notre société.

Quand as-tu posé les premières pierres de ce nouvel album ?

J’ai commencé à enregistrer en 2018, avec une première session de studio. Parallèlement, on a enclenché une dynamique de scène. On a été sélectionnés Talents Adami à Avignon Off, et c’est un peu le point de départ de Tom Poisson, Se passer des visagescette dynamique scénique que nous avons mise en place. Aujourd’hui, même si les chansons sont là, je trouve que ça n’a pas grand sens de publier un album s’il n’y a pas une dynamique de scène derrière. Mon métier, je le fais beaucoup – et essentiellement – sur scène, que ce soit avec les Fouteurs de Joie ou en solo. J’avais le souhait de sensibiliser les gens aux chansons avant de les publier. Alors, certes, le parcours est plus long… mais je trouve ceci profitable. Ça nous a permis d’enregistrer l’album en trois ou quatre sessions très espacées les unes des autres. J’ai donc eu la chance d’avoir pas mal de recul sur les chansons que je souhaitais garder, celles que je souhaitais transformer… et même celles que je souhaitais mettre de côté. Là, il y a dix chansons sur ce disque, c’est la substantifique moelle, si je puis dire.

Tu as laissé beaucoup de titres de côté ?

Pas tant que ça... enfin quand même ! (sourire) On a dû en enregistrer seize au total, il en reste dix au final. Ce n’est pas que c’étaient des chansons qui ne valaient pas le coup ou qui ne tenaient pas la route, non. Je les ai écartées plutôt par soucis de cohérence avec les autres titres, pour garder une couleur d’arrangements assez homogène. Et puis, je n’aime pas la redite. J’ai préféré épurer et publier un album assez dense.

Les chansons ayant été souvent jouées en live, ont-elles bougé au fil du temps ?

Certaines, oui… Il est certain que plus tu joues une chanson sur scène, plus tu t’approches de son tempo naturel. Après, il y a aussi une partie plus intime qui rentre en ligne de compte, tout ce qui concerne l’interprétation, l’enrobage des mots, les césures, la ponctuation… la façon de porter le texte en tant qu’interprète finalement. C’est un peu tout ceci qui s’affine au fil du temps. C’est de l’ordre de l’impalpable. Le placement de voix change aussi, en fonction des endroits où tu chantes, de ton énergie et ton grain de voix à ce moment-là… C’est assez sensuel tout ceci en fait. Beaucoup de gens sont immédiats, moi, au contraire, je suis un homme plutôt lent dans un monde qui va vite (sourire). Il faut me laisser le temps de trouver les choses et de les affiner. À l’échelle de ma petite carrière, je me rends compte aussi que cette identité de chanteur, que j’avais négligée a priori, a fini par éclore. Je n’avais pas la volonté d’être un chanteur. J’avais l’envie de fabriquer des trucs et de m’épanouir avec ces trucs, en l’occurrence des chansons, mais j’avais l’impression qu’il fallait les livrer de façon assez humble et pas trop travaillées finalement, comme pouvait le faire un Brassens. Mais avec moi, force est de constater que c’est plus long. Cette sincérité de l’interprète a été longue à trouver. Et j’ai l’impression avec ce disque, de l’avoir enfin trouvée. Comme si l’homme que je suis aujourd’hui, l’auteur, le compositeur et l’interprète, ne faisaient plus qu’un. Tout arrive un peu tardivement… mais mieux vaut tard que jamais ! (rires) J’ai en tout cas un plaisir fou à être sur scène aujourd’hui. J’ai un rapport très sensuel avec la scène et les chansons.

Tom Poisson © Ayumi Moore Aoki

D’ailleurs le concept de ton spectacle « 2+1 » (2 hommes et 1 micro) va dans ce sens.

C’est un spectacle hyper acoustique. Nous sommes deux sur scène, avec mon complice Paul Roman, et nous avons un micro statique pour nous deux. Ce micro est très précis, si on le met dans une pièce, on va entendre une mouche voler. On a l’impression de chanter à l’oreille de quelqu’un. On entend tout ce qui se passe sur scène de façon très limpide, ce qui n’est pas le cas avec les micros traditionnels. On a l’impression de faire de la micro-musique. Chaque petit souffle, chaque respiration, chaque fois qu’on tape sur nous pour faire une petite percu corporelle, tout prend une importance dingue. On a un mini tambourin au pied… eh bien, on a l’impression que c’est une caisse claire ! Il faut faire attention au moindre détail, de l’orientation de la guitare par rapport au micro à notre souffle.

Vous n’avez pas de retours non plus…

Eh non ! Pas de retours comme ça se fait traditionnellement. Nous sommes en acoustique totale, et même dans les grandes salles. Ce n’est pas parce qu’il n’y a qu’un micro sur scène qu’on ne peut pas jouer dans de grands centres culturels de plus de 500 places. Le micro reste un micro, donc si on l’ouvre, il y a une jolie matière sonore qui s’en dégage.

Tom Poisson © Ayumi Moore Aoki

Tu es accompagné sur scène par Paul Roman.

J’ai un acolyte vraiment fantastique. Il savoure le truc en même temps que moi. Nous sommes très à l’écoute l’un de l’autre, et il ne pourrait pas en être différemment avec ce genre de spectacle.

Comment réagit le public qui n’est pas forcément coutumier de ce dispositif ?

Je ne suis pas le mieux placé pour en parler mais, avec les retours que je peux avoir après le spectacle ou quand je vois la réaction des gens dans la salle, je pense qu’on tient là une formule assez intéressante. Les gens paraissent émus, et émus pour les bonnes raisons. Comme ce spectacle, c’est un peu de la dentelle, il y a un côté précieux quelque part. Je n’aime pas parler de ça, ce n’est pas de la fausse modestie, mais les gens paraissent vraiment touchés en tout cas. On tient véritablement à mon sens une belle petite équation scénique très chouette à manipuler.

Peut-être le public prête-t-il plus attention aux textes ? Leur écoute est peut-être plus intense.

Je pense que les thèmes abordés dans les chansons résonnent pour les bonnes raisons dans ce cadre « 2+1 ».  Même s’il n’y a pas de calcul à ce niveau.

À propos des thèmes de tes chansons, comment abordes-tu l’écriture ?

En règle générale, les thèmes s’imposent à moi de manière très spontanée. Là, je me suis acheté une cigar box guitar, une guitare fabriquée dans une boîte de cigares comme son nom l’indique. Elle a très peu de cordes. C’est un instrument très typé et beaucoup utilisé en blues notamment. De cet instrument sont nées trois ou quatre chansons, et parfois des chansons avec des thèmes assez forts qui se sont imposés à moi, par la couleur de la musique, le lâcher prise et tout simplement le fait que je suis un citoyen du monde comme tout le monde et que je suis touché par les sujets d’actualité.

Tom Poisson © Ayumi Moore Aoki

Tu as une écriture assez instinctive finalement, presque automatique.

Voilà. Jamais je ne me suis dit que j’allais parler des femmes battues. Je pense d’ailleurs que si je le faisais comme ça, je le ferai mal. Il faut que ça s’impose à moi intimement et que ça passe par le filtre de l’instrument. Ce qui importe à mon sens, ce n’est pas tant le thème abordé que l’angle de tir. C’est l’angle de vue qui va faire que la chanson va être pertinente ou pas. Finalement, tout le monde a parlé du temps qui passe, tout le monde a parlé de la préciosité de la vie, tout le monde a parlé de la violence, tout le monde a parlé du drame des migrants… ce qui change, c’est la façon.

Quand tu écris une chanson sur les violences conjugales (« Trois bleus de plus ») qui est tristement d’actualité avec ce confinement, ou que tu évoques des sujets d’actualité comme les migrants (« Se passer des visages »), pèses-tu plus les mots que tu poses sur le papier ?

J’ai conscience que je manipule un thème pas évident à traiter, c’est sûr… à un moment donné, il y a une part de conscience. Mais dès que j’ai trouvé cette couleur et ce point de départ, cet accord qui va entrainer un mot, ce mot qui va entrainer une phrase, et cette phrase dont va jaillir un thème, il suffit de me laisser aller et tirer sur le fil pour finaliser la chanson. C’est seulement après coup qu’on voit ce que ça donne, et la pertinence (ou non) de la chanson. C’est en tout cas un processus très impressionniste et très intuitif, ça ne se fait pas de façon raisonnable.

Passes-tu beaucoup de temps sur une chanson ? Y reviens-tu régulièrement ?

Une chanson, c’est un peu comme dans une maison. L’ossature est très vite conçue… après, ce qui est le plus long, ce sont les finitions. On a un squelette et une ossature, le premier jet vient en deux heures à tout casser, et après, il y a plein de petits réglages à faire, que ce soit dans la façon de la porter et l’interpréter, ou dans le fait de remplacer un mot. Parfois changer une tonalité peut aussi changer beaucoup de choses.

Tom Poisson © Nicolas Blanchard

Comment vis-tu ce confinement en tant qu’artiste ? Quid de ta création ?

Très honnêtement… je suis très papa et j’ai une femme très active ! J’avoue que ce confinement ne me laisse pas beaucoup de temps libre. Je serais célibataire, ce serait très différent, je serais plus productif ! (rires) Là, il y a de la logistique. Il faut gérer. En tout cas, je ne me suis pas remis sur un processus de création. Sur la longueur, je vais peut-être trouver un rythme… on verra ! (sourire)

Ton album est paru le 13 mars, juste au début du confinement.

Ouais… Il a fallu que je digère le fait, égoïstement, que cette sortie soit massacrée… Cet album, c’est le point d’orgue de trois ans de travail, et il va être très difficile de le faire résonner. Les gens ont autre chose à faire que d’écouter des chansons… Ils ont d’autres choses à penser en tout cas. Mais, c’est un coup dur quand même !

Tu as deux invitées sur ce disque. Clio, déjà, (« La chanson »). Qu’est-ce qui t’a donné envie de partager cette chanson avec elle ?

Je suis très séduit par sa plume et sa nature… J’aime sa retenue et sa pudeur. Elle écrit très bien, on sent que c’est une artiste qui a plein de choses à dire, mais sans emphase. J’aime sa délicatesse. Et puis, je trouve que les arrangements qui ont été faits sur son deuxième album rendent vraiment justice à sa plume et à la chanteuse qu’elle est. Ce truc un peu synthétique, un peu vintage / années 80, mais avec une voix bien devant, très chanson malgré tout, c’est très bien vu. Très joli. Nous avions un ami en commun, donc, j’ai pu la contacter assez facilement pour lui proposer le duo. Elle m’a répondu très simplement et très gentiment, et nous nous sommes vu la semaine suivante pour l’enregistrer. Pour la petite anecdote, je n’avais pas pensé que cette chanson deviendrait un duo. C’est de l’envie de faire un duo avec elle qu’est née la forme duo de cette chanson. Et finalement, ça lui rend justice. C’est un peu une chanson qui parle de toutes les chansons, et à deux voix, elle a vraiment trouvé son identité.

Tom Poisson - DR

Tu as travaillé avec Alexandre Kinn sur ce titre.

C’est la seule dont je ne suis pas l’instigateur. C’est effectivement Alexandre Kinn, qui est un peu en standby au niveau de sa carrière de chanteur en ce moment puisqu’il est acupuncteur, qui est venu vers moi avec cette chanson qui était au départ très enjouée, avec une rythmique très cadencée avec des riffs de cuivre. Il avait cette idée de chanson, des couplets, mais pas de refrain. Finalement, je suis rentré dans le jeu et j’ai trouvé son idée superbe, cette chanson qui parlait de toutes les chansons. J’ai pris beaucoup de plaisir à faire des petits clins d’œil à ces chansons que tout le monde connaît sans les nommer finalement. J’ai donc écrit ce refrain, puis nous avons coécrit les couplets. La chanson s’est transformée au fur et à mesure. Paul Roman est venu poser une guitare beaucoup plus calme, plus adaptée à notre version scénique. Au final, la chanson a beaucoup bougé depuis cette version un peu catchy qu’elle était au début.

Tu partages un autre titre avec Laurence Jaillet, « Les Fantômes ».

Eh bien, cette chanson non plus n’avait pas été prévue pour être un duo à la base… Elle s’appelait d’ailleurs « Le fantôme » au départ, et est devenue « Les Fantômes » puisque je l’ai chantée avec Laurence Jaillet. C’est une chanson qui parle de ces gens qui ne sont pas tout à fait décidés à nous quitter et qui flottent entre deux mondes. Certains les voient, les ressentent et peuvent même communiquer avec eux. Cette chanson parle surtout de deux personnes qui aiment trop la vie pour la quitter définitivement…

 J’aime beaucoup « Ma peur » qui ouvre le disque. Une petite anecdote à son sujet ?

C’est un peu comme un mantra cette chanson, une forme assez poétique très courte, et j’aime la chanter souvent. Je fais partie de ces gens qui ont des peurs et qui ont besoin de s’adresser à elles de façon frontale pour leur dire « Lâche-moi un peu, tu m’empêches d’avancer. Tu m’étouffes ». Cette chanson est arrivée grâce à cette cigar box guitar dont nous parlions tout à l’heure. Elle est venue dans la toute dernière ligne droite de l’album, je l’ai enregistrée le dernier jour de studio. Elle est très épurée, il y a juste la cigar box guitar et une petite rythmique par-dessous. C’est une chanson qui s’est imposée très rapidement. Elle en a d’ailleurs éclipsées quelques autres. Nous avons tourné quelques images aux derniers rayons du soleil, juste quand il n’y a quasiment plus de lumière. On a poussé la caméra au maximum, entre le côté sombre et la lumière, avec des silhouettes dans une forêt de pins. Ça devrait donner un clip normalement prochainement.

Tom Poisson © Ayumi Moore Aoki

En parlant de clips, plusieurs ont déjà été publiés (« Trois bleus de plus », « Déjà loin »…). Comment envisages-tu le travail de la vidéo ?

C’est un plaisir de tourner des clips… et surtout avec des potes. L’envie d’images s’impose souvent à moi. Après je partage ces envies de couleurs et d’identité graphique avec les gens dont c’est le métier et à partir de là commence un jeu de Lego où chacun apporte ses idées et sa pierre à l’édifice.

Il y a d’abord eu « Trois bleus de plus ».

Ce clip n’était absolument pas opportuniste, je tiens à le préciser, parce qu’il est sorti alors que les violences conjugales étaient en plein dans l’actualité, nous l’avions tourné quelques mois auparavant. J’avais envie que cette chanson ait un clip, mais je me demandais comment traiter ce sujet. Il fallait trouver la bonne personne, à la fois devant la caméra et à la fois derrière. Claire Pataut, je connaissais son énergie et sa sensibilité. Je me suis rapidement dit que ce devait être elle la comédienne. De son côté, elle a hésité un instant. Elle trouvait la chanson perturbante et finalement elle a accepté, et j’en suis ravi. Fernando De Azevedo a réalisé le clip, et il l’a fait admirablement.

Tom Poisson - Trois bleus de plus

Le clip de « Déjà loin » a été filmé chez toi.

Oui ! Je parlais de cette chanson avec un très bon copain, François Berdeaux. Nous nous questionnions sur comment mettre en images techniquement la préciosité des choses, le temps qui passe… On a joué sur des rapports elliptiques, ce personnage qui marche au ralenti pendant que les autres sont en accéléré, la marche avant et la marche arrière… toutes ces choses qui font références à nos vies et à ce temps qui passe. On a filmé les images à la maison en deux heures avec les gens qui étaient là. On sortait d’une semaine de fête, il restait quelques copains, des enfants… ça a été vite fait. On a fait avec les moyens du bord. On a essayé de gommer autant que possible tout ce qui pouvait rendre les choses trop concrètes… le tuyau d’arrosage, la voiture… On a essayé plein de filtres, rien ne matchait à part ce filtre un peu super 8… et finalement il apporte une certaine poésie au clip.

Tom Poisson - Déjà Loin

C’est un album solo, mais tu n’es pas seul dans cette aventure. Un mot sur l’équipe qui t’entoure. Alexandre Léauthaud, Fred Pallem, Paul Roman.

Au début du processus, nous avons vraiment fait ça à six mains avec Alexandre Léauthaud et Fred Pallem. Alexandre est mon complice au sein de Fouteurs de Joie, il est certes un très bon musicien, mais aussi un super ingénieur du son passionné et jusqu’au-boutiste. Il est vraiment la cheville ouvrière du projet. Il est intervenu en tant que sonorisateur, mixeur et a pris aussi parfois à son compte certains arrangements. Sur le titre « Idiot », je voulais me rapprocher de la couleur des cordes d’Ennio Morricone sur un album de Chico Buarque que j'adore. Tout de suite, Alex est parvenu à retranscrire ces couleurs avec une espèce de vielle bécane avec des possibilités dingues, un orgue Elka avec des touches d'accordéon. Il a composé des voicings un peu tendus, avec des retards d’harmonie et tout un tas de choses un peu pointues que je souhaitais entendre.
C’est une anecdote sur un titre, mais il a vraiment été précieux sur tout l’album. Il a fait plein de mixes et de versions différentes des chansons. On a eu le temps et il a pris le temps de bien faire les choses. Merci ! Et puis, il y a aussi Fred Pallem. Il a pris à son compte les morceaux un peu plus orchestrés et un peu moins acoustiques. Sur la deuxième moitié de l’enregistrement, on a essayé de se rapprocher de cette couleur très sensuelle et très intimiste que nous avions sur scène avec Paul Roman, mais il fallait qu’il y ait sur cet album des morceaux plus arrangés, avec de la basse, un peu plus de claviers, un peu plus de percus, des guitares électriques. Et là, Fred Pallem m’a été d’une grande aide. C’est un mec qui a horreur de l’esbroufe et qui m’a toujours poussé vers plus de sincérité et plus de travail. Il m’a toujours tiré vers le haut en fait. Il m’a fait jeter des chansons, et je l’en remercie. Il m’a vraiment rendu service. Et puis, il y a évidemment mon complice de scène, Paul Roman, qui a joué un rôle essentiel également.

Tom Poisson - DR

Un vinyle a été édité. C’était important pour cet album d’avoir un bel objet ?

Oui ! J’adore cet objet à dimension humaine et pour le coup, le visuel prend du sens. Il a d’ailleurs été pensé pour le vinyle. Le son est vraiment super. Il y a beaucoup moins d’aigus et de bas et en même temps, il y a une très jolie dynamique. Son mastering est différent de celui du numérique. Ce sont d’ailleurs deux personnes différentes qui les ont faits respectivement. En fait, je bosse avec un distributeur qui m’a dit très honnêtement qu’il n’y avait que deux marchés en expansion dans la musique aujourd’hui : le streaming (qui touche la masse mais qui ne rapporte rien aux artistes) et le vinyle (qui est un tout petit marché, mais en progression constante). Nous sommes partis de ce constat bêtement factuel et nous avons décidé de fabriquer un vinyle, pour mon plus grand plaisir. Il y avait aussi une dimension qui m’intéressait avec le 33 tours, c’était la Face A et la Face B. Là, pour le coup, ça saute aux oreilles que cet album a deux faces différentes, ce sont deux histoires en une.

Voilà maintenant plus de vingt ans que tu existes en tant qu’artiste. Quel regard jettes-tu sur ton parcours ?

C’est un long parcours sensuel jusqu’à la découverte de ma propre voix. Voi X ou Voi E, d’ailleurs. J’ai mis longtemps à trouver le chanteur qui était en moi. C’est intéressant. C’est le premier album où j’ai la sensation que l’auteur, le compositeur, le chanteur et le bonhomme se sont retrouvés.

Propos recueillis par Luc Dehon le 31 mars 2020
Photos : Ayumi Moore Aoki, Nicolas Blanchard

Liens utiles :
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Site officiel : http://www.tompoisson.fr/
Instagram : https://www.instagram.com/tom.poisson/









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