Interview de Dave

Propos recueillis par IdolesMag.com le 18/09/2019.
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Dave - DR

Dave vient de publier « Souviens-toi d’aimer », un superbe dix-septième album plus grave qu’il n’y paraît. Un opus produit par Renaud où l’interprète de « Vanina » dresse « L’Inventaire » d’une vie et dévoile de nouvelles facettes de sa personnalité. C’est avec beaucoup de plaisir que nous avons été à sa rencontre pour évoquer quelques-unes des chansons qui jalonnent ce disque, des chansons qu’il chantera pour la plupart sur la scène de Bobino le 18 novembre prochain.

J’ai envie de vous dire : Enfin ! Ça fait treize ans tout de même que vous n’aviez plus sorti un album de chansons originales… À quoi est-ce dû ? La conjoncture ? Un manque de chansons ? Un manque d’envie ? Une certaine lassitude ?

(sourire) Pour la faire courte… J’ai sorti un album de reprises avec Philippe Uminski, « Doux Tam Tam » en 2003 qui a fait un joli succès, il a été disque d’or. Et donc, ma maison de disques m’a  proposé de faire un album avec des chansons originales de mon choix. Ce qu’on a fait deux ans plus tard. « Tout le plaisir a été pour moi » était un album avec de belles chansons, pas mal du tout, mais il ne s’est pas très bien vendu… Je pense qu’inconsciemment, ça m’a un peu plus déçu que ce que je ne voulais bien l’avouer. L’insuccès, quand on a une Dave, Souviens-toi d'aimerlongue carrière, on le connaît. Des fois, ça marche, des fois, ça ne marche pas, on le sait, c’est comme ça. Mais là, après, je me suis dit « Et maintenant, que vais-je faire ? »… histoire de citer l’air de rien Bécaud et Delanoë (sourire)… à cette époque, on m’a proposé plein de choses que j’adorais faire, dont des émissions de télé et l’écriture d’un bouquin, je suis parti là-dedans. Bien entendu, j’ai continué à me produire en gala, puisque chanteur, c’est mon métier avant tout. Je me suis donc beaucoup amusé à écrire, chanter et faire de la télé. Je ne ressentais pas vraiment le besoin d’enregistrer des chansons. Quand on m’en proposait, je faisais comme un rejet… « ouais… à quoi bon ? »… J’étais un peu désabusé. J’ai d’ailleurs croisé à cette époque Maxime Le Forestier dans les couloirs d’Europe 1, et nous nous sommes rendus à l’évidence : les vieux chanteurs, on les reçoit partout pour faire des interviews, mais nos nouvelles chansons ne rentrent pas en playlist ou en rotation (sourire). Lui a quand même réussi à sortir de nouveaux disques. Toutes proportions gardées, c’est un peu comme Aznavour, il a continué à sortir des albums parce qu’il avait envie de le faire, on diffusait ses nouvelles chansons pendant une semaine ou un jour et après, on repassait illico aux anciennes. C’est donc, pour répondre à votre question, tout un concours de circonstances qui a fait que voici aujourd’hui treize ans que je n’ai  plus publié d’album de chansons originales…

Dave, Renaud - DR

Et puis, un jour Renaud s’est trouvé sur votre route et il a produit ce nouveau disque.

Voilà, c’est vite résumé, mais c’est à peu près ça ! (sourire) Il y a trois ou quatre ans, j’ai dîné avec Renaud qui, après avoir été mon voisin, est devenu un copain. Je lui ai dit, sans aucune arrière-pensée, plutôt comme une boutade, « il faudrait que je repense à faire un album un de ces jours »… Il m’a répondu avec son humour bien à lui « Ah oui ! La France n’en peut plus ! » Il s’est foutu de ma gueule, en somme ! (éclats de rires) Cette réflexion m’a piqué quelque part dans mon amour propre, mais elle m’a plu. Quelques temps après, Renaud a publié un album qui a fait un immense succès, avec notamment des chansons de Thierry Geoffroy qui est un ami très proche. Je lui ai dit un soir « ce serait bien que tu me composes des chansons », comme une boutade, sachant bien que, comme on dit dans le foot, nous n’avons pas le même potentiel avec Renaud ! (rires). Il m’a pris au mot, on s’est réuni avec Patrick [Loiseau, NDLR], mon parolier maison, et on a commencé à pondre des chansons. Renaud, qui était au courant de l’affaire, a demandé à écouter les chansons sur lesquelles nous étions en train de travailler. On lui a fait écouter « La fille aux deux papas ». C’est une chanson sociétale comme on dit, et ça l’a interpellé. Il a voulu écouter les autres. Après avoir entendu « Quittons-nous bons amants », il m’a dit qu’il avait envie de produire le disque. On aura tout vu : Renaud qui produit Dave ! À quand Gims qui produit Mireille Matthieu ??? (éclats de rires)

Vous êtes tellement de deux « mondes artistiques » différents…

Je suis un chanteur de variété et lui est un poète. Mais il était tellement sérieux quand il m’a dit qu’il voulait produire cet album… qu’il l’a fait !!! Il faut dire aussi qu’il m’avait vu sur scène il y a quelques années maintenant, et je pense que ça lui a donné une autre image de moi, avec un mélange de respect et d’étonnement, ce qui m’a beaucoup plu évidemment. Je me souviendrai toujours qu’il est venu dans ma loge en me disant que j’étais un clown musical. C’est vrai que j’aime bien détendre et faire sourire le public. Je ne fais pas du stand up, mais bon… (sourire)

Dave - DR

… ça viendra peut-être !

… Pourquoi pas ? (rires) C’est donc tout un concours de circonstances de choses qui a fait qu’il a eu envie de produire ce disque et qu’il a tenu parole. Il m’a envoyé enregistrer dans un des meilleurs studios d’Europe, l’ICP à Bruxelles. Il m’a payé des violons… On a travaillé dans un grand confort, si vous voyez ce que je veux dire… pour faire un, je l’espère, bel album !

Évoquons quelques-unes des chansons qui composent cet album, maintenant, si vous le voulez bien. C’est la prmeière fois que vous partagez un duo avec Patrick Loiseau, « Deux moitiés d’une même orange ». L’idée est-elle récente ou fait-elle son chemin depuis quelques années ? Patrick a d’ailleurs publié quelques disques au début des années 80.

Cette chanson, Patrick l’a écrite en pensant à un duo, mais pas un instant à lui. Il ne veut plus chanter, ce n’est pas son truc. Il est extrêmement timide. Il a chanté comme vous le souligniez, et du coup, il sait que ça ne lui plait pas. Chanter, oui, il aime. Mais tout ce qui va avec, non. La promo, la scène, la télé… Il n’est entre nous vraiment pas fait pour ce métier, même s’il a une très jolie voix. Je ne voulais pas spécialement chanter avec lui. J’ai demandé à Zaz avec qui j’avais passé de bons moments en télé, elle m’a poliment dit non, elle était en train d’enregistrer son propre album, c’était un peu difficile. Et là, Thierry Geoffroy m’a demandé pourquoi je ne chanterais pas avec Patrick. Je lui ai dit que deux garçons qui chantaient une chanson d’amour, en Hollande, ça ne choquerait personne, mais qu’ici en France, qui reste un pays assez conservateur, ça passerait difficilement… On y fait encore des manifestations contre le mariage libre et la PMA, la GPA, donc, bon… je ne sentais pas ce duo plus que ça (sourire). Je vis depuis une cinquantaine d’années ici, mais je suis culturellement resté assez hollandais dans ma tête… avec tous ses défauts, et pourquoi pas ses qualités ! Bref… l’idée m’a paru incongrue, mais elle m’a plu dans le fond.

Vous rejoindra-t-il sur scène à Bobino le 18 novembre ?

(rires) Il m’a très bien fait comprendre qu’il n’en était pas question ! Il est vraiment comme Françoise Hardy : la scène, ce n’est pas son truc !

Dave - La Fille aux deux papas

Il y a ce duo d’amour entre deux hommes, « La fille aux deux papas », qui raconte l’histoire de la fille de Marc-Olivier Fogiel, « Sous quel arc-en-ciel », une chanson que vous dédiez à tous vos amis morts du sida (nous reviendrons sur ces deux chansons un peu plus tard). Finalement, vous publiez un album un peu plus engagé que les précédents. Pensez-vous qu’une chanson puisse faire bouger ou avancer les choses ? Ou du moins faire réfléchir certaines personnes ?

Si je le pensais, je serais devenu un chanteur engagé depuis quarante ans. Je ne le crois pas du tout, mais pas du tout. Ce sont des chansons que je pense réussies et justes, mais qui ne convainquent que des gens qui sont déjà d’accord avec leur propos. Vous savez, sur les réseaux sociaux, j’ai reçu mon lot d’insultes ! Une chanson n’a pas le pouvoir de changer la face du monde ni l’opinion publique. Si j’avais envisagé qu’une chanson puisse un jour faire changer l’opinion publique, je me serais senti obligé de la chanter, mais je ne pense pas que ça fonctionne comme ça. Je n’y crois pas, c’est triste comme constatation, mais je n’y crois pas. Pourtant, je suis plutôt un garçon optimiste en général ! Quand je lis tous les commentaires positifs sur « La fille aux deux papas » sur les réseaux, je le vois bien, ce sont déjà des gens qui sont d’accord avec tout ça… Dans l’histoire, on parle d’une pièce de théâtre qui a provoqué une révolution dans un pays et qui a tout changé. Je crains que ce ne soit qu’un cas unique ou en tout cas très isolé…

Peut-être une chanson peut-elle changer le point de vue d’une personne ou deux ? C’est déjà ça de pris, non ?

(sourire) Peut-être une ou deux personnes… c’est déjà ça, vous avez entièrement raison… Si vous m’apportez la preuve de ça, je change de répertoire ! (rires) Vous savez, j’ai toujours chanté l’amour. Je suis quelque part un vrai chrétien. Un de mes personnages préférés, c’est Jésus. J’aime l’idée d’aimer son prochain, l’autre. Je chante l’amour sous toutes ses formes. Sur ce disque en particulier, c’est un amour plus mélancolique… à 75 ans, on en a plus derrière soi que devant. Mais l’amour, j’y crois. S’il y a bien une chose qui peut sauver le monde, c’est l’amour.

Dave, Renaud - DR

Vous chantez l’amour, nous sommes d’accord. Mais quand on prête une oreille attentive à ces nouvelles chansons, et je pense en particulier à « L’inventaire », j’ai envie de dire que « Souviens-toi d’aimer » est un album-bilan, assez mélancolique et grave dans son ensemble.

C’est inévitable. C’est normal… C’est l’époque aussi qui veut ça, la vie et ma vie. Aujourd’hui, un compositeur arrive avec une chanson du style de « Vanina », je lui ris au nez. « Vanina », je la chanterai jusqu’à la fin de mes jours parce que c’est une belle et une bonne chanson, bien sympathique et qui tient la route, mais je ne réenregistrerais pas une « Vanina Bis ». On ne chante pas les mêmes choses à 75 ans qu’à 20 ans. Il y a une chanson que j’aime beaucoup sur ce disque, c’est « Sous quel arc-en-ciel », tout ça laisse des traces dans la tête des hommes. Il est normal de perdre ses parents, mais pas ses amis qui ont le même âge que nous. 80% de mes amis sont morts du sida. Je suis honnête, je n’y pense pas tous les jours, mais presque, ça laisse des traces. Je ne pense pas tous les jours à ma mère non plus, mais presque. L’album est autobiographique, même si c’est Patrick Loiseau qui a écrit les chansons, je suis son porte-parole. On a quand même 48 ans en commun, donc je vis ce qu’il vit et il vit ce que je vis… On a la même vie, et deux caractères opposés. À part la chanson que Renaud m’a écrite, où là, je chante du Renaud, j’y chante sa mélancolie, qui est d’ailleurs très différente de la mienne, nous en avons parlé, les autres chansons sont le reflet de ma vie. Donc, je ne sais pas si on peut parler d’album-bilan, mais de chansons qui me touchent profondément, oui. Vous n’êtes pas le premier à me le faire remarquer… ce n’est pas un « album-youpi-youpi »…

Vous êtes finalement assez mélancolique et quelqu’un de stressé, non ?

Mélancolique, oui, mais pas dépressif. Ma mélancolie n’est pas maladive. Et stressé… un peu, oui. Surtout là, je me réveille tous les matins sur les coups de 5 heures, ce spectacle à bobino me stresse un peu. Je vais devoir mélanger le youpi-tralala de mes anciennes chansons avec des chansons plus graves. Ce n’est pas évident. Je cherche l’ordre des chansons et ça me turlupine… (sourire) Tout le monde me dit que je suis démodé, qu’on parle de setlist aujourd’hui, eh bien zut, moi, je parle d’ordre de chansons ! Mais je vous jure que ça me travaille…

Dave, Renaud - DR

En parlant de scène, pourquoi avoir choisi Bobino et pas l’Olympia, qui est un peu « votre » salle ?

C’est un choix. L’Olympia est LA salle de la rive droite et Bobino LA salle de la rive gauche, celle de Brassens. Et puis, Bobino se situe Rue de la Gaîté… Donc après l’atmosphère un peu plombante de « Sous quel arc-en-ciel », je pourrai demander aux gens « où d’autre chanter cette chanson que Rue de la Gaîté ? » (sourire) Ça ne les fera pas hurler de rire, mais ça allégera un peu ce qu’il vient de se passer. (sourire) Et puis, il ne faut pas faire de langue de bois, Bobino est une salle plus petite que l’Olympia, ça joue...

« Quittons-nous bons amants » est aussi une chanson phare de l’album. Pas forcément très joyeuse non plus…

(sourire) Je vais vous raconter une anecdote à propos de ce titre. J’ai demandé à Patrick d’en changer la fin. Il terminait par « Quittons-nous bons amants », je lui ai demandé de rajouter « Dans deux ans, dans dix ans »… histoire que ce soit moins triste. Ça me fait penser à la chanson de Brassens sur un poème d’Aragon, « Il n’y a pas d’amour heureux » qu’Aragon terminait avec « Mais c’est notre amour à tous les deux ». C’est moins triste là aussi. C’est plus positif. Il ne faut pas être trop négatif dans la vie. Patrick et moi nous sommes bien trouvés, finalement, pour lui, le verre est à moitié vide, pour moi, à moitié plein.

À propos de « Sous quel arc-en-ciel », dédiée donc à tous vos amis morts du sida. Pourquoi la sortir seulement aujourd’hui, cette chanson ?

Parce qu’elle n’était pas écrite ! (sourire) Plus sérieusement, je pense qu’un deuil, il faut l’assimiler. À la mort de ma sœur en 2011, je suis rentré dans un deuil incroyable qui dépassait tout ce que je pouvais m’imaginer. Je me suis auto analysé par la suite et je me suis rendu compte que la mort de ma sœur avait provoqué le deuil de mes amis morts en 90. Ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. J’ai tout repris en pleine figure, je n’en pouvais vraiment plus. Le deuil peut arriver des années après. Et a fortiori, ce n’est pas tout de suite qu’on peut le transformer en quelque chose de poétique, en une chanson, en l’occurrence. Je voulais raconter cette histoire de manière pudique.

Vous reprenez une ancienne chanson, « Dernier Regard », une chanson sur le décès de votre maman.

Oui, je l’avais enregistrée dans les années 80. Là, comme nous avions de vraies belles cordes, Thierry a souhaité la reprendre, pour un peu mieux l’habiller d’une certaine manière. Il a eu raison. Vous savez à propos de cette chanson, un journaliste un jour à la radio l’a annoncée en disant « voici encore une très belle chanson d’amour », alors qu’il s’agissait d’une chanson de deuil… Comme quoi, il n’y a pas que le public qui ne comprend pas toujours les textes !... Depuis, lorsque je la chante sur scène, je dis toujours qu’il s’agit d’une chanson pour ma mère, et les gens en comprennent tout de suite le propos. D’ailleurs, généralement, à la fin de la chanson, on attend un temps avant d’applaudir… Il faut d’ailleurs, pour faire un parallèle avec votre précédente question, que je trouve trois mots à dire avant de chanter « Sous quel arc-en-ciel ». Parce que si on n’écoute pas bien… « quatre initiales assassines »… on ne sait pas bien de quoi ça parle.

Dave - DR

Tout à l’heure, vous m’avez dit qu’il vous était arrivé de recevoir des insultes sur les réseaux sociaux… Ils n’existaient pas il y a dix ans, et a fortiori quand vous avez débuté, et aujourd’hui, ils sont épouvantablement omniprésents. Quel regard jetez-vous dessus ? Et comment les gérez-vous ?

Vous avez sorti le mot : c’est épouvantable ! Et en même temps, c’est un retour du public très direct… et nous, artistes, aimons bien savoir ce que les gens pensent. On aime entretenir ce lien qui nous lie, mais je préfère croiser quelqu’un dans la rue et discuter un moment avec lui ! J’y jette un coup d’œil de temps en temps, et c’est comme dans la vie, il y a beaucoup de connards et beaucoup de gens bien. Il faut faire un tri. Ce qui m’effraye le plus, je pense, c’est la façon d’écrire. Qu’est-ce que c’est mal écrit ! On dirait que certains ont oublié d’aller à l’école… c’est à hurler… c’est une horreur (sourire) Vous imaginez que le Président de la République s’adresse aux Français dans ce langage approximatif ??? (rires) Avant, j’avais une attachée de presse pour les radios et pour la presse écrite. Aujourd’hui, il y a une personne qui s’occupe des réseaux en plus. Donc, on s’en occupe, j’y fais un tour de temps en temps, mais honnêtement, je ne passe pas ma vie dessus. Quand j’ai un moment de libre, je préfère prendre mon smartphone et jouer un Scrabble contre l’ordi que j’arrive à battre de temps en temps ! (rires)

« Souviens-toi d’aimer » est une phrase empruntée à l’Abbé Pierre. L’avez-vous connu ? Côtoyé ?

Je l’ai croisé lors d’émissions de télé. Donc on ne peut pas dire que je l’ai connu. Marc-Olivier Fogiel a fait une très bonne interview de lui et je l’ai croisé dans les loges à cette occasion. Une autre fois, c’était chez Jean-Luc Lahaye, il y a fort longtemps. Je l’ai croisé plusieurs fois. J’ai vu un homme avec une aura assez exceptionnelle, comme Sœur Emmanuelle que j’ai eu l’occasion de croiser également. Ce sont des gens chez qui on sent une forme de générosité  et d’humanisme assez débordants.

Nous venons de nous balader dans ce nouvel album, et il en ressort que ce disque est nettement moins léger qu’il n’y paraît si on ne prête attention qu’à votre voix et aux mélodies. Vous riez plus qu’à votre tour et avez toujours un bon mot. Le public a l’image d’un amuseur, finalement. Pensez-vous qu’il a une image juste de vous ? Du moins, celle que vous souhaitez donner ?

Je pense que le public va être un peu surpris, c’est sûr… Mais vous savez, je suis comme tout le monde, j’ai plusieurs facettes. Je pense qu’il est bien que je montre aussi cet aspect de ma personnalité, peut-être un peu plus grave. Par contre, ce que je souhaite au plus profond, c’est de ne pas décevoir ceux qui auront investi pour écouter cet album. Je l’ai fait avec tout mon cœur. Quand j’étais au lycée, à Amsterdam, je me suis proposé aux « élections » pour représenter les élèves… j’ai récolté 60 voix sur 700. Je me suis dis que je n’étais pas vraiment populaire. Quand, après avec « Vanina », je me suis retrouvé dans la peau d’un chanteur populaire, j’ai tout fait pour en être à la hauteur… Tout en me disant qu’un jour le public comprendrait que je ne suis pas qu’un amuseur… que je ne suis pas si gentil que ça (sourire)

Faut pas exagérer, vous n’êtes pas bien méchant !

(éclats de rires) On va dire que je suis caustique, mais que j’ai un bon fond ! Je connais plein de gens qui ont l’air gentils en façade et qui se révèlent être de vraies peaux de vaches quand vous avez le dos tourné. Je ne veux pas faire partie de ceux-là ! Mais je pense que le public qui vient me voir en concert et qui ne se contente pas d’écouter les « Vanina » et consorts, sait que je suis un amuseur, mais pas que… On peut toucher les gens en essayant de les faire réfléchir un peu. J’aimerais que « Quittons-nous bons amants » par exemple rencontre un petit succès, elle me fait penser à « Un homme heureux » de Sheller. Tout le monde lui a dit qu’il ne devait jamais sortir ce titre, et même dans sa maison de disque,… et finalement, c’est un de ses plus grands succès.

On vous retrouve donc le 18 novembre sur la scène de Bobino !

Oui, et je débuterai mon tour de chant, non pas par « Dansez maintenant » comme je le fais depuis cent cinquante ans, mais par « La nostalgie sera toujours ce qu’elle est », dont Gilbert Montagné a signé la musique. C’est une chanson très « Dave » qui plantera un peu le décor… (sourire)

Propos recueillis par Luc Dehon le 18 septembre 2019.
Photos : DR

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