Interview de Thomas Kahn

Propos recueillis par IdolesMag.com le 29/01/2019.
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Thomas Kahn, Slideback

Fort du succès de son Ep « Pulse », Thomas Kahn publie le 8 février prochain son premier album, « Slideback », un opus aux accents Nu Soul plutôt super bien fichu, recueil de neuf titres, comme neuf photos des moments importants de sa vie. Nous avons été à la rencontre de Thomas Kahn pour en savoir plus sur ce projet.

Avant de parler de ton premier album qui sort dans quelques jours, j’aimerais, si tu le veux bien que nous remontions dans le temps… et plus précisément à ta petite enfance. Quelle musique écoutait-on à la maison ?

Ce qui est fou… c’est que mon truc, c’est la Soul… mais que mon père et ma mère étaient plus à écouter Francis Cabrel, Georges Brassens, Louise Attaque, Santana… Le tout premier souvenir de musique que j’ai, en tout cas, c’est Cabrel.

Y avait-il des musiciens dans ta famille ou tout du moins artistes ?

Mon père était guitariste, mais amateur. Il était un grand fan de Marcel Dadi, donc, c’était son répertoire qu’il jouait en boucle. Mon grand frère, lui, était bassiste. Mais il a arrêté en cours de chemin.

Quel est ton parcours dans les grandes lignes ?

À l’âge de mes quinze ans, mon père est arrivé à la maison avec une surprise pour mon grand frère et moi. Mon grand frère a reçu une guitare électrique, ça m’a rendu dingue parce que j’avais envie de me mettre à la guitare (rires). Et moi, il m’avait ramené un djembé. J’ai donc commencé à apprendre à jouer du djembé. Après, je me suis mis à la guitare avec mon grand frère. Puis, je me suis mis à la basse. Après, j’ai découvert le piano et la batterie. Je me suis vraiment épanoui après avec la guitare et le chant. Surtout le chant, en fait… (sourire)

Le chant est donc venu bien après les instruments.

Oui, bien après. D’ailleurs, je jouais même du clavier dans un groupe de dub. Le chant est venu lorsque j’ai eu seize ans, quelque chose comme ça.

Qu’est-ce qui a déclenché l’envie de chanter ? L’écriture de textes ?

En vrai, c’est le fait de pouvoir mettre des émotions précises dans mes chansons. Je chantais en yaourt, à la manière d’autres artistes, en fonction de mes émotions. J’écoutais un peu de tout à l’époque, autant Offspring que U2 que Noir Désir ou Nirvana. Je m’inspirais de ces voix, de leur grain. J’asseyais de faire comme eux. C’est comme ça que je suis venu au chant.

Il y a eu un déclic particulier ?

Oui, le film « O’Brother » des frères Cohen. Il y a un passage où un mec chante avec une voix super grave. J’ai passé une à deux heures à essayer de l’imiter et depuis ce moment-là, j’essaye de chanter comme les noirs américains ! (éclats de rire)

Thomas Kahn © Yann Orhan

Tu fais déjà un peu de scène à cette époque ?

J’ai joué à la fête de la musique ou ce genre de choses. Les véritables scènes ont commencé en 2011/2012. J’ai mis du temps… Il faut savoir que j’ai eu six ou sept groupes qui n’ont pas abouti à de la scène. On faisait des répètes, et encore des répètes, mais jamais de scène… c’était hyper frustrant ! (rires)

Tu as participé à The Voice en 2015. Qu’est-ce qui t’a mené là-bas et qu’en retiens-tu ?

En 2014, j’ai été contacté par « Rising Star ». J’y suis allé par curiosité. Je n’étais pas forcément chaud pour participer à ce genre d’amission, mais je me suis dit qu’il ne fallait pas mourir idiot, j’y suis donc allé pour voir ce que ça donnait. J’ai passé les castings, mais ça n’a pas été mon truc. J’ai été contacté par la suite par The Voice. Je me suis dit qu’il y avait peut-être quelque chose à faire. J’en ai parlé avec mon manager et mon label. On s’est dit que si je devais y aller, il fallait que j’y aille bien entouré. Du coup, j’y suis allé.

Tu as déjà du matériel à cette époque ?

Oui, j’ai notamment un EP qui est dans les circuits. Et j’avais déjà commencé à donner des petits concerts. Je pense que c’est d’ailleurs par le biais de vidéos sur Youtube qu’ils ont eu vent du fait que je chantais… (sourire)

J’imagine qu’il se passe plein de trucs à la suite de The Voice, mais quand as-tu véritablement commencé à réfléchir à la publication d’un album ?

Le Ep est sorti en 2016, puis il y a eu toute la phase de tournée, donc, ce devait être en 2017. J’ai composé environ trente-cinq chansons pour cet album. Je les ai présentés à mes musiciens Baptiste Ozon et Martin Domas, et mon réalisateur artistique, Vivien Bouchet. On a sélectionné les neuf plus fortes et on est partis.

Thomas Kahn © Yann Orhan

Tu as déjà à cette époque une idée précise de l’esthétique musicale de cet album ?

Ce qui est marrant, c’est que sur « Pulse », mon deuxième EP, Vivien Bouchet a apporté quelque chose de plus pop, plus moderne. Du coup, on s’est débrouillé pour l’amener sur scène avec des boucles et des sons plus électro. Finalement, j’ai souhaité que l’album s’inscrive dans la continuité de ce travail que nous avions commencé. Je voulais que ce projet ait une réelle identité. Donc, on a été chercher du côté de la Soul, avec des sonorités produites. C’était notre objectif.

Parle-moi un peu de l’équipe qui t’entoure.

Vivien, j’avais déjà travaillé avec lui sur « Pulse ». Nous sommes devenus très proches au fil du temps. Il me connaît par cœur. Il sait comment je dois travailler ma voix pour la faire ressortir correctement. C’est un plaisir de l’avoir à mes côtés en studio, il me conseille et m’aide beaucoup. C’est lui qui m’a suggéré de faire appel à Laurent Dupuy pour le mix, il pensait qu’il serait le plus apte à faire sonner l’album comme je l’entendais. Laurent Dupuy a été notamment l’ingé son d’Alpha Blondy et de Ben l’Oncle Soul. C’est un type qui a une expérience, un charisme et une oreille de fou. Pareil, ça a été une grande claque en studio lorsqu’il a mixé le disque. Après, les musiciens qui m’accompagnent sont ceux qui me suivent depuis le départ, Martin Domas et Baptiste Ozon. C’est avec eux que j’aime composer et faire de la musique, tout simplement.

On ne va pas rentrer dans l’explication de texte, qui pourrait être un peu scolaire, mais y a-t-il un fil rouge qui relie les chansons entre elles ?

Oui. Ces chansons sont neuf photos de moments forts que j’ai vécus, comme neuf polaroïds. Ce sont des moments qui ont changé ma vie à un instant T. J’évoque comment on s’approprie ce moment, comment on se construit avec, comment on vit avec, qu’il soit positif ou négatif, et surtout comment on avance de façon positive avec. Il y a toujours cette notion de combativité et d’espoir dans mes chansons. L’envie d’avancer, d’aller vers l’avant.

Et pourtant l’album s’intitule « Slideback », qui évoque un retour en arrière…

(sourire) Oui, Slideback, c’est glisser vers l’arrière, mais il y a cette idée de dire, on se construit avec ce qu’il y a derrière pour aller vers l’avant. Et puis dans ce titre, j’aime l’ambivalence de la signification de « Slide », c’est glisser, mais c’est aussi une diapositive. C’est un clin d’œil aux neuf chansons, neufs photos, neuf diapositives… Et puis, j’ai souhaité aussi ce visuel, cette photo en noir et blanc. On a essayé de trouver une harmonie entre ces différents points.

De toutes les chansons, y en a-t-il une pour laquelle tu as un peu plus de tendresse qu’une autre ?

Il y a forcément « Lil’Boy », une chanson très forte, que j’ai écrite pour ces cinq minutes où j’ai tenu mon fils dans les bras. Mais il y a aussi « Go Back Home » qui est une chanson très chargée en émotion. Ça parle du fait que je n’ai jamais véritablement eu de maison ni de chez moi. C’est la première chanson qu’on a enregistrée en studio. Et je n’ai pas pu terminer ma première prise, tellement c’était fort en émotion. Que ce soit sur scène ou ailleurs, dès que je la joue, elle me prend aux tripes. Elle est très forte en émotion…

Thomas Kahn © Yann Orhan

Tu as un background de scène déjà assez conséquent, et j’ai vu que tu avais joué dans le métro, un expérience très particulière. Qu’en retiens-tu ?

C’est effectivement un peu particulier… Ce sont des moments où il faut se jeter, y aller. On va jouer dans un lieu où la musique n’est pas attendue et il va falloir faire face aux gens qui passent et les capter, les faire venir à moi. C’est très difficile. C’est un vrai défi. Mais je pense que c’est l’une des expériences les plus formatrices. Les gens rentrent du boulot, ils sont fatigués, ils n’ont envie de rien… et essayer de les faire s’arrêter… ce n’est pas évident. (sourire) Il faut essayer de les faire rentrer dans notre propre univers, un peu malgré eux. J’en garde un super souvenir, en tout cas. Je jouais à « Strasbourg-Saint-Denis », et là, je suis de retour sur Paris et quand j’y repasse, ça ma rappelle de très chouettes souvenirs.

Il y a des scènes qui se profilent, là…

Le 8 mars, on joue « à la maison » puisque je suis auvergnat, à la Coopérative de Mai de Clermont-Ferrand. Le 21 mars, on revient à Paris, au Hasard Ludique. Le 15 à Bagnols-sur-Cèze, le 16 à Montluçon. Après, il y aura certainement d’autres dates ! (sourire)

Ton premier album sera dans les bacs dans quelques jours maintenant. Avec le recul, est-ce que ça t’a fait peur de t’attaquer à ce format, bien plus lourd que celui du EP…

C’est évident. Mais entre nous, j’ai adoré ! J’ai trouvé ça génial. Hyper excitant. Je me suis dit « Enfin ! » Il ne faut pas oublier la notion budgétaire… quand tu es en développement, forcément, tu n’as pas le choix, tu dois sortir un EP. On fait bien les choses que quatre ou cinq chansons. Là, vu que le EP a bien fonctionné, on a assez confiance en nous pour sortir un album, pour bien le faire. Et j’ai trouvé génial d’avoir passé ce palier de pouvoir enregistrer un album… (sourire) Ça a été en tout cas une expérience excitante.

Tu es dans quel état d’esprit, là, à quelques jours du grand jour ?

(sourire) Je suis comme un dingue. Un fou ! Ça fait tellement longtemps que j’attends ce moment ! (rires) Je ne me rends pas encore bien compte que dans dix jours, il sera dans les bacs [notre interview a été réalisée le 29 janvier, NDLR] J’ai envie de le faire écouter, cet album, montrer ce qu’on est capable de faire, le partager, surtout. Parce que la musique, c’est du partage avant tout. J’ai trop hâte ! Ça va être trop bien !

Propos recueillis par Luc Dehon le 29 janvier 2019
Photos : Yann Orhan

Liens utiles:
Site officiel : http://thomas-kahn.com/
Facebook : https://www.facebook.com/thomaskahn63/









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