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Interview de Laetitia Larusso

Propos recueillis par IdolesMag.com le 16/06/2010.
© Reproduction interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.



Laetitia Larusso - © photo SLAM PHOTOGRAPHY

Nous avions croisé Laetitia Larusso en coup de vent en mai dernier sur le Tour des Restos du Coeur Belges à Liège. C'est donc tout naturellement que nous avions donné rendez-vous à Laetitia pour lui consacrer une belle interview. Son nouvel album, « My Box » est une merveille que nous vous conseillons d'écouter très vite. Au long de cette interview fleuve, Laetitia nous expliquera comment elle en est arrivée à sortir un album aussi personnel. Elle reviendra aussi longuement sur sa carrière et sur l'effervescence qui l'entourait à l'époque de « Je survivrai », « Tu m'oublieras » et « On ne s'aimera plus jamais ». Elle nous expliquera aussi pourquoi, en pleine gloire, elle a eu besoin de prendre un peu du recul... Aujourd'hui, Laetitia est une jeune  femme de 30 ans battante et... marrante! On ne s'ennuie jamais avec elle! Elle a rempli un stade en juin dernier en région parisienne, et s'apprête à remonter sur scène le 7 août prochain dans le sud à Ollioules. Laetitia revient en force, et nous, ça nous réjouit!...

IdolesMag : Alors, raconte-moi un peu ce qu'il s'est passé samedi à Malakoff... [NDLR : Laetitia a organisé un grand concert gratuit au stade Marcel Cerdan de Malakoff le 5 juin 2010]

Laetitia Larusso : C'était le feu! C'était extraordinaire. Je ne m'attendais pas à ce que les gens soient si nombreux. Ce qui était fabuleux, c'est que le stade se remplissait au fur et à mesure du spectacle. En général, quand tu montes sur scène, tu as plus de chances que les gens se barrent plutôt que l'inverse. Les gens ont été contents, je pense. Moi aussi, d'ailleurs! Tu sais, après le concert, j'aime bien aller voir le public et signer les autographes. J'aime aussi un peu discuter avec eux pour savoir ce qu'ils ont pensé du spectacle "en live". J'ai horreur des ragots et des rumeurs, donc, quand je descends de scène, j'aime qu'on me dise : "ça, Laetitia, c'était top, ça un peu moins..." Et là, après le spectacle à Malakoff, j'ai vu leurs yeux briller, ils m'ont dit qu'ils s'étaient éclatés, j'étais heureuse! Je me suis dit : "Mission accomplie"! Je leur ai demandé d'être honnêtes et de me dire ce qui était à améliorer, et ils m'ont répondu que c'était un vrai show, avec danse et chant, et qu'ils étaient ravis. C'est vrai aussi qu'on avait mis le paquet, on ne s'est pas moqué des gens. J'ai donné le maximum, et le public l'a ressenti. Ils m'ont dit qu'ils avaient tellement ressenti ma joie d'être sur scène, que eux aussi, ils étaient vraiment heureux. C'était mortel...

Et donc, tu as repris tes anciens tubes et tes nouvelles chansons?

Oui, j'ai chanté tout le nouvel album et les tubes que je ne peux pas ne pas chanter! Ce qui était fabuleux, c'est que beaucoup de gens ne connaissaient pas les chansons de "My Box" et ils ont été super réceptifs. C'est là aussi que je me suis rendue compte que "My Box" était un très bon album de scène. C'est très appréciable... A côté de ça, je ne pouvais pas ne pas chanter "Tu m'oublieras", "Je survivrai" ou "On ne s'aimera plus jamais"...

Tu sais, Laetitia, je pense que "Tu m'oublieras", tu la chanteras jusqu'à la fin...

Je pense aussi! (rires)
Et puis, pour revenir à ta question, sur scène, je fais aussi quelques surprises... Mais ça, il faut venir me voir pour savoir ce que c'est!

Là, tu étais dans un stade... Fais-tu une différence entre les stades ou des salles plus "normales"?

Non. La scène, c'est la scène, qu'il y ait 10 personnes ou 10 000, que ce soit en extérieur ou en intérieur, que ce soit en France, en Belgique ou en Suisse, c'est juste le décor qui change pour moi, rien d'autre. J'ai les mêmes émotions. Je suis avec mon équipe. J'aime passionnément mes musiciens, mes danseurs, mon régisseur, mon producteur... Nous sommes une famille en fait. Donc, comme toute cette famille de scène est toujours avec moi, où qu'on joue, rien ne change. Je suis basée sur l'énergie et je ressens l'énergie des gens. Le principal est de donner du plaisir et d'en prendre aussi! (rires)
Après, tu as quand même des publics plus difficiles que d'autres, mais c'est un autre débat...

Mais un stade, il faut tout de même aller le chercher...

Oui, bien entendu. Mais le stade de Malakoff, ce n'est pas le Stade de France non plus! (rires) il y avait beaucoup de monde, c'est certain, mais comme l'énergie était bonne, c'était formidable!
Quand j'arrive sur scène et que je vois tous ces sourires dans le public, je suis comblée.

Une tournée est prévue?

On ne peut pas parler de tournée à proprement parler parce que toutes les dates ne sont pas encore arrêtées, mais nous allons chanter notamment le 7 août à Ollioules dans le Var. Nous allons jouer le même show que celui que nous avons fait à Malakoff. Ce sera en plein air, en plein été, dans une bonne ambiance de vacances... Nous allons nous éclater! Et puis après, je vais repartir à l'étranger...

Tu as toujours eu pas mal de succès à travers le monde...

Oui. J'ai un super souvenir des Philippines, par exemple. On avait fait une tournée de 10 jours aux Philippines, et j'ai très envie d'y retourner. Le Canada, le Maroc, la Tunisie, la Belgique, la Suisse... tous ces pays me manquent. Donc, j'ai envie de bouger, comme tu vois...

Et quel rapport as-tu avec ce public qui n'est pas francophone?

Je leur parle anglais et on se comprend très bien, juste à travers la musique... Et lorsque je vais dans un pays étranger, j'apprends toujours au moins une phrase dans la langue locale. Parce que je sais que c'est important pour les gens. C'est d'ailleurs ce que j'ai fait à Liège quand je suis venue chanter pour le Tour des Restos du Coeur... j'ai dit "Oufti" qui est une expression typiquement Liégeoise. A La Réunion, je leur ai dit "je t'aime" en Réunionnais. C'est une façon pour moi de dire au public combien je suis heureuse d'être là et heureuse qu'ils soient venus me voir. Ça ne coûte rien, c'est juste un ou deux petits mots comme ça, mais ça fait plaisir...

Avant de parler de "My Box", j'aimerais revenir un peu sur ta carrière, si tu le veux bien, parce que j'imagine que "My Box" n'aurait pas pu sortir il y a 10 ans...

A quel âge t'es-tu dit "Je veux être chanteuse"?

Je devais être toute petite!
Je dansais beaucoup étant gamine. Je devais avoir 9 ans, c'était l'anniversaire d'une cousine, il y avait un animateur avec une tête de clown qui a demandé aux gamines de venir chanter... j'avais compris qu'on allait danser, donc, je suis montée sur scène. Il m'a donné le micro en me demandant de chanter. Je lui ai dit que je ne chantais pas, moi! Et il m'a dit de chanter comme j'étais montée sur scène. Comme j'aimais beaucoup Elsa, j'ai chanté une chanson d'Elsa. Et après, je suis allée trouver ma maman en lui demandant ce qu'elle en avait pensé. Et elle m'a dit que comme j'avais fait du play back, ça allait... je lui ai alors expliqué que ce n'était pas du play back et du coup, maman m'a acheté un ampli et un micro, et ça a commencé comme ça...

Avais-tu des idoles quand tu étais ado?

Oh oui! Et déjà bien avant d'être ado... Tu sais, j'ai toujours été très éclectique. Gamine, je passais déjà de la variété Française à la Soul Black Américaine, sans oublier Charles Aznavour! J'ai grandi entre Tracy Chapman, Charles Aznavour, Barry White, Michael McDonald, Otis Redding, Marvin Gaye, Bob Marley, Patricia Kaas, Elsa, Gilbert Montagné ou Whitney Houston...

Laetitia Larusso - © photo SLAM PHOTOGRAPHY

C'est très éclectique, mais en même temps, ce sont tous des artistes de grande qualité...

Ah oui, bien entendu!

Et tu étais du genre à placarder les murs de ta chambre de posters?

Non. Pas du tout. Je n'ai jamais eu la "fan-attitude" mais j'ai un respect total pour les fans. Parce que la patience qu'ils ont d'attendre les artistes... et à subir les humeurs de certains... je leur tire mon chapeau! Quand tu attends 4 heures pour voir passer quelqu'un qui ne te regarde même pas... c'est hallucinant. J'ai beaucoup de respect pour eux. Certains d'entre eux sont même collectionneurs... Ils ont des dossiers sur toi énormes!! Certains ont même des photos que je ne connaissais même pas!! Mais pour en revenir à ta question, je n'ai jamais été fan comme ça. Tout passait par la musique, mais pas autre chose. Pour moi, le chanteur m'appartenait à partir du moment où j'avais son disque dans les mains. Il chantait pour moi en fait.

Peut-on dire que ces chanteurs que tu écoutais ont été tes influences musicales?

Oui, mais pas tous, bien évidemment. J'ai adoré Patricia Kaas et Elsa, mais on ne peut pas dire que la musique que je fais ressemble à la leur... J'ai par contre été très influencée par Marvin Gaye, Otis Reding et toute la Motown, que mon père écoutait en boucle. Et puis aussi, bien évidemment, Michael... Michael Jackson, c'est mon Maître. J'avais mon pantalon Michael, mon blouson Michael... Je voulais même des mocassins, alors que ce n'était pas la mode pour les filles à cette époque. Nous habitions au 24ème étage d'une tour du 13ème à Paris à l'époque et je me souviens, je descendais en bas de chez moi avec mon mange-disque, je m'habillais en Michael et je faisais le spectacle aux mamies qui passaient! Michael, j'y pense souvent, très souvent...

Quelle est ta formation de chanteuse? Tu as pris des cours?

Pas du tout! Tu sais, j'ai arrêté l'école à 16 ans. Je suis rentrée dans une formation de DJ et danseuse. Il fallait que je danse pour animer la soirée, et j'avais un quart d'heure de chant (4 chansons). Je faisais les mariages, les soirées privées, les communions, les enterrements de vie de jeune fille, etc... Après, j'ai travaillé avec un orchestre, toujours pour des soirées privées. Je chantais, je dansais, je faisais le show. J'étais super heureuse, et puis "je survivrai" et "Tu m'oublieras" sont arrivées...

Quand « Je Survivrai » et « Tu m'oublieras » sortent, tu as 18/19 ans... Comment as-tu géré la pression médiatique et le succès?

Mal. Très mal. Tu sais, on ne m'a jamais vue dans des soirées showbiz, etc... Je traînais toujours avec mes anciens potes. Je n'avais pas envie de changer. Bien entendu, je ne suis pas une nonne, je suis sortie un peu, mais ce n'était pas ma tasse de thé. Je ne suis pas une "people", et je ne le serai jamais. Le succès, je le vivais bien, parce que je recevais des tonnes d'amour du public, mais à côté de ça, je le vivais mal aussi, parce que je ne comprenais pas les méchancetés gratuites et infondées qu'on racontait sur moi... Je ne m'attendais pas à ça. Je ne comprenais pas les critiques. Et en plus, j'ai tendance à me focaliser sur les critiques des gens qui ne m'aiment pas plutôt que sur les autres! C'est un gros défaut, mais je n'y peux rien, je suis comme ça. Si j'ai devant moi 10 000 personnes qui m'adorent et une seule qui me déteste, je vais de suite me focaliser sur cette personne-là. C'est un peu stupide, parce que ça me fait mal, mais je suis comme ça... Aujourd'hui, j'ai 30 ans, je peux prendre du recul, mais pas à l'époque... J'avais 19 ans, c'était vraiment pire! En plus, je n'avais pas du tout été préparée à ce truc, donc, je l'ai mal vécu... On m'avait dit que j'allais chanter et m'amuser, ce que j'ai fait, mais on avait oublié de me dire qu'il y aurait certainement un revers à toutes ces belles choses... Donc, à un moment donné, je souffrais tellement, que j'ai tout quitté pour me retrouver.

C'était culotté de t'éclipser en plein succès comme ça. Tu étais déjà très mûre pour te rendre compte de tout ça...

C'est vrai, mais tu sais, j'ai toujours été plus mûre que mon âge. J'ai tout fait avant l'âge légal, en gros... Même rentrer en studio, je l'ai fait à 12 ans, en tant que choriste. J'ai toujours travaillé avec des gens qui avaient le double de mon âge, donc, j'ai dû devenir adulte un peu plus vite... Très jeune, j'ai travaillé, et donc, dans le travail, tu retrouves tout : la joie, le plaisir, mais aussi les moins bons côtés comme l'humiliation. Notre métier est aussi un métier très spécial... Tu as des gens qui sont prêts à t'humilier pour pouvoir, eux, briller. Ça existe pas mal dans ce métier, c'est dommage... Mais il faut faire avec! Donc, tous ces sentiments-là, je les ai connus très très jeune, heureusement ou malheureusement pour moi, d'ailleurs.

As-tu gardé des amis de l'époque de "Tu m'oublieras" ?

Pas plus que ça... A part peut-être Christiane Obydol de Zouk Machine. C'est d'ailleurs fabuleux que nous nous soyons retrouvées sur les Restos du Coeur en Belgique. Christiane, je l'ai connue il y a plus de 10 ans. Et elle n'a pas changé. Elle a toujours été la même avec moi. Toujours gentille, toujours le sourire, toujours un mot gentil... Elle m'a un peu prise pour sa petite soeur, je pense! Elle a toujours été avec moi pour m'encourager et même me dire quand il y avait quelque chose qui n'allait pas. Les amis sont là pour ça... J'ai vraiment beaucoup d'amour et d'admiration pour Christiane, c'est une femme exceptionnelle. Et c'est une putain de chanteuse! (Excuse moi du terme, mais c'est vrai, elle chante divinement bien!) Et c'est un peu dommage qu'on la cantonne à chanter du zouk sans aller chercher plus loin, parce qu'elle peut tout faire, et avec beaucoup de talent! J'étais ravie de la retrouver sur les Restos belges parce que elle a enfin pu montrer au public l'étendue de son talent.
A part Christiane... je ne vois pas qui je pourrais te citer. Mes amis ne sont pas forcément dans ce métier! J'ai de la tendresse pour des artistes que j'ai croisés dans les années 90, mais on ne peut pas parler de grande amitié. Ah si, j'ai revu récemment Loïs Andrea, ça m'a fait très plaisir. Et des gens comme Organiz' ou Poetic Lovers, ce sont des gens pour qui j'ai énormément d'affection.

Vous vous êtes d'ailleurs tous retrouvés au Palais des Sports il y a peu de temps...

Oui! Nous nous sommes tous revus pour une émission de télé, et on s'est éclaté... Comme des anciens camarades de classe. Et quand chacun chantait sa chanson, c'était la folie!... Je me suis rendue compte que les gens avaient la nostalgie de nos titres. Ce n'était que des tubes. Nous étions des "tubeurs"!!! (rires)

Je vais te poser une question qu'on a du te poser 1012 fois...

Pourquoi t'appelles-tu Larusso?

Ah non, ce n'est pas celle-là!

Merci!! (rires)

Laetitia Larusso - © photo SLAM PHOTOGRAPHY

Après "Je survivrai", tu as repris "Tu m'oublieras", un deuxième titre de Régine. Est-ce une artiste que tu aimes particulièrement?

J'ai beaucoup de respect pour Régine. Pour tout ce qu'elle a fait dans sa vie... Régine, c'est une institution, ce n'est pas n'importe qui... Je vais te dire, quand Régine est entrée dans "La Ferme", je ne regardais que pour elle, tellement elle me faisait rire. Elle est démentielle... je la kiffe, Régine! Ce que j'aime aussi beaucoup chez Régine, c'est qu'elle est cash. J'adore les gens francs qui disent tout haut ce qu'ils pensent. Mais pour en revenir à ta question, on a choisi les deux titres sans penser que c'étaient deux titres de Régine. Au départ, je vais être honnête avec toi, je n'ai pas trop aimé "Tu m'oublieras". Puis, j'ai entendu la version de Jeane Manson, et j'ai plus apprécié, et puis... on connaît la suite!

A l'époque, tu choisissais tes chansons toi-même?

Non, à l'époque, on me donnait les titres et hop! Je parlais juste avec les auteurs pour leur dire de quoi j'avais envie de parler. En même temps, ça parlait essentiellement d'amour, donc, ce n'était pas trop difficile. Mais aujourd'hui, ce n'est plus du tout pareil...

ça, c'est vrai, quand on écoute "My Box", dans la voix, on sait que c'est toi, c'est certain, mais on sent que l'album est beaucoup plus personnel!

C'est certain. Bon, en même temps, je ne suis pas partie à 100 000 lieues d'où j'étais avant, je ne suis pas devenue une chanteuse de rock. Mais c'est vrai que "My Box" est un album beaucoup plus personnel sur lequel j'ai travaillé de A à Z. Je suis toujours dans le même état d'esprit, mais on sent que je me suis beaucoup plus investie dans le projet. Même si des chansons comme "Comme toi" et "là-bas", ce sont Bambi et Alias qui me les ont écrites et composées, je ne les ai pas faites moi-même, mais je suis derrière à chaque instant. J'ai expliqué à Alias ce que j'aimais et ce que je n'aimais pas. Et il l'a très bien compris. Alors qu'avant, j'apprenais une chanson, j'entrais en studio, je chantais et le disque sortait... Je ne faisais qu'un travail d'interprète, alors qu'aujourd'hui, j'écris, et je m'occupe de tout!...

On va reparler longuement de "My Box", mais je voulais encore te poser quelques petites questions... A cette époque, tu fais les premières parties de Johnny Hallyday. Tu chantes en duo avec lui. Quels souvenirs gardes-tu ? Ce doit être impressionnant d'être à ses côtés, non?

Le premier mot qui me vient à la bouche, c'est : "respect"! Le Monsieur, c'est juste une merveille... Très honnêtement, quand on m'a dit que j'allais faire une tournée avec Johnny, je ne comprenais pas trop le comment du pourquoi! Nous avions des univers tellement différents... Et puis, on m'a présenté Johnny... Ce fut une vraie rencontre humaine. Et là, j'ai pris une gifle... Je crois que n'ai jamais rencontré quelqu'un de plus simple et de plus humain que Johnny. Il a été d'une gentillesse avec moi... Tu ne peux même pas t'imaginer! Et ça a été une école formidable, ces stades... Après quand je suis arrivée à l'Olympia en vedette, et bien, j'étais bien préparée!...

ça t'a fait peur de chanter en duo avec lui?

Pas du tout. Je prends toujours mon travail comme un amusement, et quand je monte sur scène, je ne pense qu'à m'amuser. Je sais que si je perds ça, automatiquement, la peur va arriver. J'essaye de ne pas me parasiter l'esprit en me demandant si ma voix ne va pas craquer, etc... Ça ne sert à rien, tout ça. Donc, avec Johnny, je ne pensais qu'à prendre du plaisir. Et lui, de toutes façons, il faisait tout pour que je sois à l'aise. Johnny, c'était mon pote. On rigolait bien ensemble...

Après, tu te produis à l'Olympia. Quels souvenirs gardes-tu de l'Olympia?

Comme je te le disais, après les stades avec Johnny, j'étais bien préparée! C'était un super moment. Mais encore une fois, je n'en ai pas assez profité à l'époque, parce que je n'avais pas le temps. J'étais une machine de guerre. Quand je revois la vidéo de l'Olympia, j'ai envie de me gifler... Je ne me rappelle plus d'avoir dit telle chose ou une autre... Je n'ai pas pu en profiter.

Donc, tu subissais un peu tout à l'époque...

Bien sur! C'est clair. Là, quand nous avons joué avec les Restos en Belgique et quand j'ai chanté à Malakoff, je me souviens de tous les instants, et ça, c'est précieux! Je suis sereine et en paix avec moi-même maintenant, je ne suis plus en mode infernal. Et ça me correspond bien mieux!

Après ces années de folie, tu te fais un peu plus discrète dans les médias. Qu'est-ce qui t'a donné envie de revenir sur le devant de la scène?

J'ai continué à chanter pendant toutes ces années. J'ai essayé de faire des choses... J'ai eu aussi quelques soucis dans ma vie privée, mais passons... J'étais au bout du rouleau, et puis, cette chanson, "Comme toi", est arrivée. Et je me suis dit, ma fille, soit tu coules, soit tu t'accroches à quelque chose... Et donc, on a tourné le clip et on l'a mis sur Internet. Après, Universal est arrivé... tout seul! Donc on a sorti le single dans les bacs. Puis on a fait un deuxième single. Puis, on s'est séparés tranquillement. On avait fait un bout de chemin ensemble mais nous n'avions pas les mêmes attentes. Moi, j'avais envie de faire un album, eux n'étaient pas dans cette optique-là. Donc, nous nous sommes séparés d'un commun accord et je les remercie d'avoir déjà fait ce petit bout de chemin avec moi... Ils m'ont beaucoup aidée. Après, j'ai continué l'album toute seule comme une grande...

Donc, cet album, tu le portes depuis très longtemps?

On a commencé à l'écrire avec Alias, il y a trois ou quatre ans. Et nous avons travaillé jusqu'au dernier moment... Quelques jours avant qu'il ne sorte, je travaillais encore dessus. Les dernières chansons qu'on a faites, c'est "Juge Moi' et "Je reste Seule". "My Box", ça a été un peu la gestation de la baleine, mais nous sommes arrivés à un résultat dont je suis très fière.

Laetitia Larusso - © photo SLAM PHOTOGRAPHY

Si je te demandais de me définir ta "Box", tu me dirais quoi?

C'est ma boîte à secrets. Celui qui écoutera "My Box" saura qui je suis vraiment. Il verra que je suis quelqu'un de très sensible, mais aussi qui a la rage en elle. J'ai une rage positive en moi, une force énorme. J'ai envie de partager cet album avec le public. D'ailleurs, cet album est bien entendu un prétexte pour monter sur scène. Je ne fais pas ce métier pour vendre des millions de disques, mais pour partager mes émotions avec le public. En écoutant "My Box", les gens sauront qui est Laetitia...

C'est donc pour cette rasion que tu t'appelles maintenant Laetitia Larusso?

Bien sur. De toutes façons, je n'ai jamais caché mon vrai prénom... Je laisse le choix aux gens de m'appeler Larusso ou Laetitia. J'ai mis mon prénom sur la pochette aussi pour faire comprendre qu'il y avait eu un changement.

Pourquoi avoir attendu si longtemps (1 an) entre la sortie du single "Comme toi" et celle de l'album? N'était-ce pas un peu risqué?

En fait, l'album n'était pas fini quand le single est sorti... Et j'ai mis beaucoup de temps à le terminer. Je n'étais pas prête à le lâcher! Ce n'est pas évident de sortir un album comme ça... Un single, c'est plus facile, mais un album, il faut bien réfléchir! Je voulais être certaine des chansons que j'avais choisies. J'ai dû être très sélective là-dessus. J'ai eu de grandes périodes de doute... Et puis, il faut le reconnaître, je suis un peu lente, peut-être!... (rires) En plus, je ne pouvais pas me moquer des gens en revenant après tant de temps. J'ai beaucoup de respect pour mon public et donc, je voulais que cet album soit le meilleur possible et leur plaise autant qu'à moi.

Comme tu me l'as dit tout à l'heure, tu es une artiste de scène... Et le studio, tu aimes tout de même?

Oh oui! Surtout avec Alias. C'est mon frère, il est tout pour moi. Je suis tellement en osmose avec lui que le studio devient un régal... Je prends beaucoup de plaisir en studio, mais la scène c'est l'extase...

C'est la cerise sur le gâteau.

J'ai envie de te dire que c'est la cerise sur le McDo! (éclats de rires)

Comment est née ta collaboration avec Bambi Cruz?

Bambi, je le connais depuis des années. On avait déjà discuté un peu d'écriture ensemble, et quand le projet est arrivé, j'ai eu envie qu'il m'écrive un truc, parce que ce monsieur écrit juste comme un Dieu! Bambi est très à l'écoute. Et humainement, c'est un mec génial. Chaque fois que nous nous voyons, on ne peut pas ne pas se piquer une crise de rire! J'adore ce mec. Tu vois, c'est un peu comme tous les gens avec qui je travaille, j'ai besoin d'avoir du respect et de l'admiration pour eux. Sinon, ça ne marche pas. Et Bambi, j'ai toujours eu de l'admiration pour lui, humainement et artistiquement. Je ne pourrais pas travailler avec quelqu'un que je ne respecte pas... Si demain on me propose de sortir un disque avec une ordure qui me permettra d'en vendre 1 000 000... Et bien, je refuserais! Je ne veux pas que mon métier devienne un business...

"My Box", ce ne sont que de bons souvenirs, alors... Puisque tu n'as travaillé qu'avec des gens que tu appréciais.

Oui! Quand j'écoute "My Box", je n'ai que de bons souvenirs, j'ai le sourire sur chaque chanson. Parfois, ils sont douloureux, comme la chanson "Je refuse" qui a été créée dans les larmes. Mais, j'ai de la tendresse pour ces moments, même s'ils ont été douloureux. Et je pense que ceux qui prendront le temps de l'écouter ne seront pas déçus! Chacun pourra s'y retrouver. C'est vrai qu'à l'époque de "Tu m'oublieras", j'avais la chance de pouvoir choisir mes textes, mais à côté de ça, je ne choisissais pas grand chose. Ce n'est plus pareil aujourd'hui...

Qui a eu l'idée de la pochette? (qui est superbe entre nous)

Je vais rendre à César ce qui est à César : C'est SLAM. Ça fait dix ans que nous nous connaissons. On s'est connus au départ de "Tu m'oublieras". On a gardé de super contacts et il est devenu comme quelqu'un de ma famille. Et donc quand on a pensé à la pochette de l'album, j'ai tout de suite pensé à lui. Il m'a dit qu'il fallait qu'on voie directement qui j'étais. Il m'a dit : "Tu es toute douce, mais en même temps, tu es complètement folle!" Il n'a pas tord, quelque part... (rires) Donc, il a eu l'idée de la petite poupée complètement trash. Il a bien vu qui j'étais : une poupée trash. C'est en partant de ses photos que j'ai décidé d'appeler l'album "My Box". Tout s'est fait très naturellement...

Peux-tu me parler un peu du clip "Juge-moi"? Qui en a eu l'idée?

Ah... ce clip... Dès qu'on a vu la photo de la pochette de l'album, avec Alias et Samuel qui ont réalisé le clip, on en a eu l'idée! J'ai tout de suite pensé que ce serait "juge-moi" qui collerait le mieux à l'idée du clip. En plus, j'avais déjà eu pas mal de retours qui me disaient que cette chanson était très appréciée. Donc, on a décidé de clipper "Juge-moi". On ne voulait pas partir dans l'idée de "Elle", on voulait un truc beaucoup plus simple. On a donc décidé de filmer ma Boîte à Musique... en faisant vivre la photo. On a donc fait bouger cette poupée trash. On s'est vraiment bien amusés sur le tournage...

Le clip fait d'ailleurs un tout avec la pochette de l'album.

Oui, tout est cohérent. Et c'est bien ainsi!

As-tu une anecdote sur le tournage?

Je vais te dire un truc : Bambi est tombé de son tabouret sur le tournage... Comme à chaque tournage, quelqu'un se gamelle un bon coup! Pour une fois que ce n'était pas moi!!... (rires) Le pire moment, ça a été sur "Pas de Chichi". J'avais fait appel à des fans par l'intermédiaire de facebook pour qu'ils viennent faire de la figuration dans le clip. Et je me suis gamellée devant eux!... Quelque chose de formidable!! La honte!! (éclats de rires). Sur la dernière scène de "Comme toi", idem... en fait, je pense que chaque fois que je tourne un clip, il faut que je me casse la g***!!...

Attention au prochain!

Oh la la... Je crois que le prochain, je vais le faire assise sur une chaise!! (rires)

Laetitia Larusso - © photo SLAM PHOTOGRAPHY

Et justement, quel sera le prochain extrait?

Je n'en sais rien. Ce sera peut-être un inédit. Rien n'est encore décidé! Le problème c'est que tous les titres de l'album pourraient, à mes yeux, être des singles potentiels... On va en discuter avec mon équipe!

Restes-tu attachée au support physique?

Bien entendu. D'ailleurs, "My Box" existe en physique et il est disponible à la fin des concerts. Et il est dores et déjà en vente sur mon site officiel aussi. (http://www.laetitia-larusso.com/). J'aime l'idée que "My Box" va devenir un objet un peu rare, pas forcément disponible partout... Et puis, comme je dis toujours, je suis une "jeune-vieille". Je suis bien dans mon époque, et à côté de ça, j'ai la nostalgie de certaines choses, comme les CDs ou les vinyles, par exemple!

Y a-t-il des choix artistiques que tu regrettes d'avoir faits dans ta carrière?

Aucun, sincèrement. Je pense que tout ce qui t'arrive dans la vie, que ce soient les bonnes choses ou les mauvaises, elles n'arrivent pas par hasard. Donc, je ne peux rien regretter. Même les erreurs... Si je n'avais pas fait telle ou telle erreur dans ma vie, je ne serais pas qui je suis aujourd'hui. Je suis en paix avec moi-même, aujourd'hui...

J'ai encore deux petites question à te poser et un petit jeu à te proposer, si tu veux bien...
Quel est le dernier CD que tu as acheté?

Ah la la! La question piège... Ce n'est pas le dernier CD que j'ai acheté, mais disons que c'est celui qui m'a marqué récemment : c'est celui d'Amel Bent. Amel, c'est la patronne, pour moi... J'adore, j'adhère, je kiffe la nana... J'aime ce qu'elle chante, j'adore sa voix. Elle est naturelle et vraie. J'aime sa fraîcheur... Quel talent! Mon Dieu!

Quel est le dernier concert auquel tu as assisté et qui t'a marquée?

Withney à Bercy. Je trouve un peu honteux que les médias l'insulte comme ça... Ils ne comprennent pas qu'elle a des problèmes de santé. Ils ne comprennent pas qu'un chanteur n'est pas une machine. Un chanteur n'est pas un instrument comme une guitare...
Pour en revenir à Withney, quand je suis allée la voir à Bercy, les gens ont crié mon nom quand je suis entrée dans la salle. Tu ne peux pas savoir comme j'ai été heureuse!

Et en 2003, j'ai adoré Kool and the Gang à l'Olympia. L'Olympia a tremblé. Les mecs, ils ont 50 balais aujourd'hui... Mais attention! Ça ne rigole pas...

Laetitia Larusso - © photo SLAM PHOTOGRAPHY

Enfin, je vais te donner quelques mots, tu vas me dire ce qu'ils t'évoquent instinctivement...

Survivre
Je survivrai... Le quotidien de chacun

Olympia
Je l'ai fait!...

Johnny
Respect et merci!

Oublier
Obligé : "Tu m'oublieras"

Hit Machine
Charly que j'adore et qui manque à notre paysage médiatique!

Chichi
C'est moi, je suis une fille sans chichi.

Seule
Mon état actuel... Je suis très entourée, mais j'ai toujours ce sentiment d'être seule.

Simplement
Premier bébé, la concrétisation d'un rêve.

Laetitia
Poil au bras! Laetitia, ça veut dire la joie. Malgré toutes les galères, on ne m'enlèvera jamais ma joie de vivre... je porte bien mon prénom!

Propos recueillis par IdolesMag le 16 juin 2010.

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