Interview de Agustin Galiana

Propos recueillis par IdolesMag.com le 25/07/2018.
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Agustin Galiana, premier album

Agustin Galiana publie son premier véritable album le 17 août chez Capitol, un album aux rythmes ensoleillés et aux titres tour à tour festifs et nostalgiques, drôles et tendres à la fois, sensibles et mélancoliques. Un album à son image, tout simplement, concocté en étroite collaboration avec son ami Nazim Khaled. C’est une nouvelle fois avec beaucoup de plaisir que nous avons été à la rencontre d’Agustin pour évoquer ce projet qui lui tient particulièrement à cœur. Rencontre avec un artiste à la nostalgie heureuse, qui doute beaucoup, mais dont le sourire dans la voix n’a nul autre pareil… 

Lorsque nous nous étions parlé au mois de mars, à la sortie de « C’était hier », tu étais impatient que l’album sorte, le temps te paraissait long (Lire notre précédente interview d'Agustin Galiana). Après avoir été repoussé quelques fois, là, il sera dans les bacs le 17 août. Dans quel état d’esprit es-tu ?

Ecoute, très sincèrement, c’est un mélange d’excitation et de pression ! J’ai le trac à vrai dire… Tout ce que je fais depuis quelques temps en France maintenant marche très bien. Il y a eu « Danse avec les Stars », une expérience magnifique et unique, « Clem », plein de projets plus beaux les uns que les autres… mais là, il n’est plus question d’interpréter un personnage, c’est juste moi qui me dévoile, qui me mets presque à nu. Dans ce disque, il n’y a que moi, mon cœur et mes chansons. Donc, voilà, j’ai une grosse pression et j’appréhende l’accueil du public. En même temps, tu t’imagines bien que j’ai hâte qu’il sorte, depuis le temps ! (sourire) Aujourd’hui, je suis entre le petit gamin super excité de ce qui lui arrive et le papa qui va avoir un bébé… Ce sont des émotions riches et intenses ! Cet album, c’est mon bébé en quelque sorte, donc je voudrais qu’il soit accueilli le mieux possible, je l’ai soigné pour le faire le plus beau possible, le plus proche de moi. J’aimerais tellement que les gens aiment mes chansons…

Agustín Galiana - T'en va pas comme ça (Clip Officiel)

Les singles ont déjà plutôt pas mal fonctionné… Je pense qu’on peut dire que le public aime tes chansons, non ?…

(Sourire) Oui… C’est certain. Mais un album, ce n’est pas un single, c’est beaucoup plus lourd. C’est pour cette raison que j’ai une grosse pression en ce moment, et une grosse excitation. Je suis super impatient qu’il sorte en tout cas !

Agustin Galiana © Anna Sandul

Tu m’avais confié que la musique t’avait sauvé à une époque où tu étais un peu moins demandé par les réalisateurs. Avec cet album qui sort, peut-on parler d’un nouveau chapitre de ta vie que tu démarre ?

Je l’espère. Même si j’avais déjà enregistré deux précédents albums en Espagne très confidentiellement, celui-ci est le premier qui sort dans un vrai label, Capitol. J’ai toute une équipe qui travaille avec moi sur ce projet depuis des mois et des mois. Là, je sens que j’ai une véritable structure qui me soutient, et je peux te dire que ça fait du bien, parce qu’on doute souvent quand on est artiste. Là, tout le monde est au taquet. Et pour eux aussi, je souhaite que cet album fonctionne bien, parce qu’ils y ont mis toute leur énergie. Alors, c’est certain, nous avons déjà sorti plusieurs singles qui ont bien fonctionné, mais la « machine » d’un album, c’est vraiment une autre dimension… Nous avons d’abord sorti « Carmina », ce n’était pas prévu du tout, d’ailleurs le titre était en acoustique et assez brut. Quand mon manager m’a téléphoné le 14 décembre le lendemain de la finale de « Danse avec les Stars » pour me dire que « Carmina » était quatrième au classement général d’Itunes… ma première réaction a été de lui dire que je n’avais pas envie qu’il se moque de moi. Je n’y croyais pas un seul instant. Je me suis rendu compte ce jour-là que les gens croient plus en moi que je ne le fais moi-même… J’ai beaucoup d’assurance quand je suis sur scène, du moins, je donne cette impression, parce que je m’y sens en sécurité, mais quand je sors de scène, ma tête devient un tourbillon, et je gamberge, et je doute… j’ai toujours peur de ne pas être à la hauteur de ce que les gens attendent de moi.

Agustín Galiana - C'était hier (Clip Officiel)

L’album est enregistré depuis un moment, mais tu lui as ajouté un titre tout récemment, « Peut-être ».

C’est vrai. C’est une chanson qui parle de la perte de quelqu’un qu’on aimait beaucoup, de toutes les choses qu’on aurait aimé lui dire. On n’a jamais le temps de dire à quelqu’un qu’on l’aime autant qu’on le voudrait. Mon papa nous a quittés au mois de juin dernier et je souhaitais lui faire un clin d’œil sur ce disque, lui dire au revoir à ma manière. J’espère que là où il est, il pourra écouter cette chanson. C’est un titre que nous avons eu du mal à écrire avec Nazim. Il y avait beaucoup d’émotion lorsqu’il l’a écrit, c’était quelques jours après son décès. Et je l’ai enregistré il y a trois semaines tout au plus. Au final, j’en suis très content, j’en suis très fier, de cette chanson. La musique a un pouvoir magique sur moi, c’est une espèce de catharsis. Étant comédien, je suis habitué à jouer et travailler avec mes émotions, mais cette chanson, qui n’a pas été évidente à mettre en boîte, m’a fait du bien. Je trouve qu’elle donne un côté encore plus personnel à l’album. Et si, par miracle, elle pouvait aider quelqu’un qui était dans la même douleur, si elle pouvait le soulager, j’en serais alors le plus heureux. Je ne te cache pas qu’au début, je l’ai trouvée un peu longue, mais il fallait tout raconter, sinon, elle n’avait pas grand intérêt. On est là pour ça, nous les chanteurs, pour amuser, certes, mais aussi pour transformer les souffrances en or. Nous sommes comme le Roi Midas qui avait cette faculté de transformer en or tout ce qu’il touchait… (sourire)

Agustin Galiana © Anna Sandul

La musique a un pouvoir énorme.

Effectivement. Elle peut nous rendre le sourire comme nous rendre tristes. Et puis, on associe également la musique à des moments de nos vies. Tu peux te réveiller la tête à l’envers, et le simple fait d’écouter une chanson te permet de rendre merveilleuse cette journée qui aurait dû être toute pourrie… Une chanson peut changer l’énergie d’une journée.

Dans « On ne compte pas quand on aime », tu fais le constat que tu es seul sur la route aujourd’hui. Cette solitude te pèse-t-elle ou finalement, dans le tourbillon dans lequel tu évolues depuis quelques mois, n’est-ce pas mieux ainsi ?

Si, c’est ce que je me dis. C’est mieux comme ça. Avec mon boulot, je n’ai le temps de rien, je ne pourrais pas m’investir dans une relation, même si j’en avais envie. Avant, j’adorais vivre en couple. Ça fait maintenant quelques années, suite à une grosse déception, que ça a changé. Je suis devenu très solitaire. Je ne cherche pas forcément d’explication, mais je pense que Paris pousse à la solitude. C’est donc un mélange de circonstances qui fait que je suis seul aujourd’hui. Mais c’est très bien comme ça, j’en suis très content. Cette chanson, elle est drôle, finalement. On a d’ailleurs beaucoup rigolé avec Nazim quand on l’a faite ! Elle raconte l’histoire d’un mec qui a connu tant de filles, qu’il est seul sur la route… C’est ce que j’aime sur ce disque, qui me ressemble beaucoup d’ailleurs, il y a des titres très nostalgiques, d’autres qui sont plus joyeux, et d’autres qui sont clairement faits pour danser et s’amuser. Parce que je suis comme ça dans la vie, tout simplement.

Il est beaucoup question d’amour dans ce disque, mais également de nostalgie. Pas forcément une nostalgie triste, d’ailleurs, plutôt une nostalgie heureuse. Es-tu quelqu’un de nostalgique ?

Oui, je suis quelqu’un d’assez nostalgique. Il y a des moments du passé qui me manquent beaucoup, des personnes, des endroits, des odeurs. J’associe d’ailleurs souvent des odeurs à des endroits. Et comme j’aime raconter des histoires, le passé s’y prête parfaitement. Je ne suis pas fait pour raconter le futur, je préfère raconter le passé. Je me raccroche souvent à des moments que j’ai vécus…

Agustín Galiana - Carmina (Session Studio)

J’ai mis le focus arbitrairement sur quelques chansons, mais y en a-t-il une pour laquelle tu as toi une petite tendresse particulière ?

« Carmina », forcément. C’est la première chanson que j’ai enregistrée, et c’est une chanson qui me touche profondément. C’est une chanson assez puissante. C’est la première fois aussi que je chantais une chanson aussi directement à quelqu’un, à ma grand-mère en l’occurrence. Ça a été un très beau moment l’enregistrement de cette chanson… Et puis, il y en a une autre qui me touche beaucoup aussi, c’est « Tu attends aujourd’hui », avec le bandonéon au début… Il y a quelque chose dans la mélodie de cette chanson qui me porte ailleurs et qui m’apporte de la sérénité. Cette chanson me soulage, mais je ne sais pas trop pourquoi… (sourire)

Agustin Galiana © Anna Sandul

Je trouve qu’il y a comme une filiation entre tes chansons et celles de Julio Iglesias, dont tu as d’ailleurs repris « Pauvres Diables » sur un EP collector paru peu avant l’été. Que représente pour toi un Monsieur comme lui ?

C’est une référence, tout simplement. Entre nous, j’aimerais avoir la carrière qu’il a eue ! (rires) Mais trêve plaisanterie, il a fait de très belles chansons. C’est vrai que dans l’album, il y a des airs qui peuvent faire penser à ses chansons. Et puis, nous sommes tous les deux espagnols, ça joue aussi… (sourire) En tout cas, ça me fait plaisir que tu me dises ça, je le prends comme un compliment, parce qu’il est une référence. Après, il a bien entendu quelques titres que j’aime moins, mais c’est un très grand artiste qui a de très belles chansons. J’adore son univers.

Quand on écoute tes chansons, ou qu’on discute avec toi comme nous le faisons en ce moment, on sent dans ta voix que tu es heureux, presque parfaitement épanoui. Le fait que la musique et le succès arrivent dans ton parcours sur le tard n’est-ce pas une chance ?

Je ne sais pas… J’ai vécu tout ce qui m’est arrivé d’une façon tellement naturelle et tellement heureuse… Je le vois comme un petit miracle aussi. Qui aurait pu dire quand je suis arrivé en France il y a cinq ans et demi, alors que je ne parlais pas un mot de français, ce qui allait m’arriver ? Quand je regarde le paysage musical ou cinématographique français, il y a très peu d’étrangers qui arrivent à avoir du succès ici, et de surcroit avec un accent ! Il y a Jane Birkin, Julio Iglesias, Dalida… Bref, il n’y a pas beaucoup d’artistes étrangers qui arrivent à se faire une place. Ce n’était donc absolument pas gagné d’avance ! Loin de là ! (sourire) Si on m’avait dit il y a cinq ans que je vivrais ça aujourd’hui, je ne l’aurais pas cru, j’aurais pensé qu’on se moquait royalement de moi ! Alors, ce petit miracle qui m’arrive aujourd’hui, je le vis bien. Très bien, même. J’en suis le plus heureux. Les gens m’arrêtent dans la rue, ils aiment mon boulot, nous discutons un moment. C’est génial ! Je n’aurais jamais pu espérer mieux. Tout ce qui m’arrive en ce moment, c’est un cadeau.

Tu as fait pas mal de plateaux multi-artistes cet été [Agustin jouait d’ailleurs le soir-même de notre interview à Cherbourg, NDLR], mais de véritables concerts sont-ils envisagés pour la rentrée ou, plus vraisemblablement l’année prochaine ?

Oui, pour l’année prochaine. À la rentrée, j’ai pris trop d’engagements en tant que comédien, et les concerts ne se préparent pas comme ça à la légère. On commence donc à y réfléchir. Sérieusement. Mais aucune date n’est encore arrêtée pour le moment.

Agustin Galiana © Anna Sandul

Quand on regarde les photos que tu postes sur les réseaux sociaux, la façon dont tu te présentes sur scène, en télé, en promo… tu es toujours bien habillé, tes tenues sont soignées. J’imagine que des stylistes te conseillent, mais travailles-tu également avec de jeunes créateurs ? Ou aimerais-tu le faire ?

Pourquoi pas ? Ça me plairait bien, c’est vrai. Mais tu sais, lorsque je me présente sur scène, à la télé… devant le public quoi, j’aime porter des habits simples et naturels. Des habits dans lesquels je me sens bien. Alors, maintenant, si un jeune créateur me propose un style qui me ressemble, bien entendu, pourquoi pas ? Ça me ferait plaisir. Mais je suis très exigent, donc ça ne lui laisse pas beaucoup de choix !!! (éclats de rires) En tout cas, je suis ouvert à toutes les rencontres, que ce soit dans la mode, dans la musique, dans n’importe quel domaine que ce soit. C’est toujours très riche de confronter deux univers.

Dans « Non, non, non », tu dis que la vie ne tient pas toutes ses promesses, le petit gamin qui est né à Alicante il y a quarante ans, avait-il rêvé, ou envisagé ce qui lui arriverait quelques années plus tard ?

Rêvé, oui. Envisagé, non. C’était mon rêve. Et c’est dingue que ça m’arrive en France et pas en Espagne ! Mais j’en suis le plus ravi. Et c’est très bien comme ça. Mon père était prof de français, il avait travaillé dans de nombreux collèges en France, et même s’il ne m’a jamais parlé en français, je suis sûr que là où il est, il est fier de moi, fier de ce que je suis en train de réussir ici en France, ce pays qui l’a tant fait rêvé… Sans le vouloir, il m’a fait, moi aussi, rêver de la France…

Propos recueillis par Luc Dehon le 25 juillet 2018.
Photos : © Anna Sandul

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