Interview de Vilain Coeur

Propos recueillis par IdolesMag.com le 14/04/2018.
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Vilain Coeur © Christian Juillard

Cris & Sofi (ex-Glasgow) sont de retour avec un tout nouveau projet aux teintes électro pop, « Vilain Cœur », qui se recentre sur leur tandem. C’est une nouvelle fois avec beaucoup de plaisir que nous avons été à leur rencontre pour évoquer la genèse de « Vilain Cœur » dont les débuts sont marqués par la publication d’un excellent premier EP ce 27 avril, emmené par le single « À quoi tu joues ? » et de leurs nombreux projets.

On ne peut pas parler de votre nouveau projet, Vilain Cœur, sans évoquer un instant Glasgow. Quelle est la fin de Glasgow et quels sont les débuts de Vilain Cœur ?

Sofi : On arrivait à la fin d’un cycle, avec les dernières dates de concerts de la tournée « Anthropocène ». Il était temps d’écrire une suite. On avait envie d’introduire des éléments électroniques et de travailler avec des VIlain Coeur, premier EPmachines. Les musiciens avec qui on travaillait à cette époque étaient plus dans une veine rock et n’avaient pas cette envie-là… Du coup, naturellement, on s’est retrouvé tous les deux avec Cris et nous nous sommes penchés sur les programmations pour voir ce que ça pouvait donner à nous deux, avec nos deux énergies. On s’est pris au jeu et nous nous sommes embarqués là-dedans. On s’est rendu compte qu’à nous deux, on arrivait à donner le visage qu’on voulait à nos chansons, sans compromis. Je faisais de la basse et du clavier depuis longtemps, mais sur Glasgow, je n’étais pas forcément à ces postes-là. Cris donnait beaucoup d’indications au batteur… Du coup, nous nous sommes recentrés sur notre duo.

Cris : On avait vraiment la volonté de nous recentrer sur notre duo. Nous étions, entre guillemets, la « tête pensante » de Glasgow, mais nous avons toujours travaillé avec des musiciens additionnels. Nous n’avions jamais eu le courage de nous imposer nous deux uniquement. On n’avait jamais osé. L’idée était donc là : se fixer la contrainte d’être nous deux et de rester nous deux. Nous avons poussé le vice jusqu’à la scène, pour voir ce que ça pouvait donner de concevoir un projet uniquement à deux. L’idée de départ n’était pas de dire que ce n’était plus Glasgow, mais les évènements ont fait que ça a coïncidé avec le départ du batteur pour un autre projet, notre envie de travailler sur d’autres sons, et différentes choses. Après quelques temps, nous avions déjà une vingtaine de titres, et ça nous a apporté un vent de fraîcheur dont nous avions besoin. On s’est dit que ce n’était peut-être plus Glasgow, que c’était peut-être un autre projet… On a donc recommencé à zéro sur de nouvelles bases et c’est devenu « Vilain Cœur ». Quand on commence une transformation, il faut l’assumer jusqu’au bout. Ça a été notre démarche. De là, on a changé le nom du groupe et nous sommes repartis sur de nouvelles bases.

Vilain Coeur © Christian Juillard

Finalement, vous assumez aujourd’hui votre tandem.

Sofi : Oui. Le message est plus direct, plus clair.

Cris : Il ne faut pas voir notre démarche comme égocentrique. On avait du mal à assumer notre tandem. On s’est beaucoup consacré aux autres membres du groupe dans Glasgow, on considérait que c’était vraiment un groupe à quatre. Mais c’est beaucoup d’énergie d’assumer quatre énergies dans un groupe…

Sofi : C’est nous qui écrivions et composions les chansons, mais il fallait laisser une place aux autres aussi. Les musiciens ne ressentaient pas forcément ce que nous nous ressentions. Nous avons fait pas mal de compromis. On ne le regrette pas du tout, mais ça demande pas mal d’efforts et de remises en questions, nous avions envie d’explorer d’autres pistes. Aujourd’hui, nous sommes libérés de ça. Il y a moins de luttes en interne. Ça plait aux deux et on garde ou ça ne plait pas et on passe à autre chose. C’est aussi simple que ça… ou presque ! (rires)

Cris : On avait envie de profiter à fond de notre tandem, ce n’est pas plus compliqué que ça.

Glasgow fonctionnait plutôt pas mal, un public fidèle vous suivait. Le fait de changer d’identité a-t-elle été une décision facile à prendre ?

Cris : Non, pas vraiment… (sourire)

Sofi : Disons que ça a été progressif…

Cris : On ne l’avait pas prévu comme ça au départ. On voulait juste prendre une pause et écrire de nouvelles chansons. On a vu ce qu’on avait dans le ventre tous les deux. Avec Glasgow, on faisait beaucoup de concerts, ce qui laissait peu de temps pour nous poser et écrire des chansons. Là, on a profité de l’été 2016 pour voir ce que nous allions pouvoir faire tous les deux. À la rentrée, on avait fait le chemin de se dire que ça prenait des allures d’un autre projet… Donc, oui, ça a été douloureux.

Sofi : L’identité Glasgow nous collait à la peau depuis quelques années. Rechercher un nouveau nom a été difficile…

Justement, comment l’avez-vous choisi ce nouveau nom ?

Sofi : On a hésité longtemps. On a même fait des listings qu’on a envoyés à nos proches pour avoir leur avis. Finalement, nous sommes revenus à l’idée d’origine, « Vilain Cœur », qui est issu d’un bout de phrase que Cris avait écrit pour la chanson « Le Zèbre », mais qui ne se retrouve pas dans le texte final.

Cris : Ce qui est drôle, c’est qu’au moment où nous nous sommes dit que nous travaillions sur les titres qui n’étaient peut-être plus pour Glasgow, nous avions ce « Vilain Cœur » qui nous trottait dans la tête. On a beaucoup cherché, on a même retourné le dictionnaire dans tous les sens, pour finalement y revenir quelques mois plus tard… (rires)

Sofi : Tous ces changements, et notamment l’identité, ont été longs et fastidieux, mais artistiquement, c’était comme une évidence.

Cris : Nous avions peur de devoir rebondir si on arrêtait Glasgow, et finalement, non, ça s’est fait tout naturellement. Tous les gens avec qui nous travaillions nous ont suivis, et ça nous a permis d’en rencontrer d’autres. Franchement, depuis qu’on a commencé ce nouveau projet, on est très enthousiastes, il n’y a que des ondes positives autour de nous !

Vilain Coeur © Eric Soudan

Et puis, un nom francophone, ça colle aussi beaucoup plus à votre démarche artistique…

Sofi : (sourire) Effectivement. Et ça faisait partie des impératifs que nous nous étions fixés. Nous voulions un nom francophone, puisque Cris écrit en français et que nous défendons cette langue depuis le début de Glasgow…

Cris : Glasgow était très noyé… C’est le nom d’une ville, une ville dont sont originaires beaucoup de groupes qui nous ont influencés… Quand tu tapes Glasgow sur le web, tu tombes sur tout un tas d’occurrence avant de tomber sur le groupe. Glasgow, au-delà d’une ville, c’est un nom qui a appartenu à tout un tas de gens et de projets. Là, nous avions besoin d’avoir un nom bien à nous qui appuie notre identité francophone et qui appuie aussi l’identité du binôme. Vilain Cœur, c’est un duo, mais aussi un duel.

Sofi : On aimait cette notion d’antinomie dans « Vilain Cœur ». Ce sont deux mots qui s’opposent, et ça fait partie de notre duo. On n’est pas un duo conventionnel, on aime bien d’ailleurs dire que nous sommes un duo inversé, ce n’est pas moi qui suis la chanteuse et Cris le bidouilleur…. Donc cette nouvelle identité collait plus à ce que nous voulions défendre…

Au jour d’aujourd’hui, peut-on dire que le projet Glasgow est en pause ou carrément fini ?

Cris : Bonne question à laquelle nous n’avons pas de réponse…

Sofi : À vrai dire, nous ne nous sommes jamais posé cette question.

Cris : Ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui, nous sommes à fond dans « Vilain Cœur », mais on n’est pas à l’abri, un jour futur, de refaire quelque chose pour Glasgow. On n’en sait rien, à vrai dire… Nous ne sommes pas du genre à jouer sur deux tableaux en même temps, donc, là, nous sommes à fond sur « Vilain Cœur », et l’avenir nous en dira plus sur Glasgow…

Sofi : Peut-être que dans deux, trois, quatre ans, on aura envie de revenir à des sons plus rock, et donc qu’on aura envie de réécrire des chansons pour Glasgow, mais là, ce n’est pas du tout à l’ordre du jour.

Cris : « Vilain Cœur » occupe toutes nos journées, c’est notre actualité et nous nous y consacrons totalement. De là à dire que Glasgow est une aventure terminée, on ne peut pas. Je n’aime d’ailleurs pas trop dans l’absolu la notion de finitude… Glasgow a vécu, et donc existe, mais est-ce qu’on lui donnera une suite ? On n’en sait rien aujourd’hui.

La première fois que nous nous sommes rencontrés, c’était à la sortie du « Sexe des Anges » de Glasgow, nous avions parlé de vos influences et vous m’aviez essentiellement cité des groupes anglo-saxons. Après avoir écouté « À quoi tu joues ? », j’ai envie de parler d’Elli & Jacno…

Cris : (sourire) Je n’aime pas trop parler d’influences, même si c’est une question qui revient souvent. J’ai un peu de mal avec cette notion, je me sens comme un gamin qui aurait du mal à faire son devoir… je préfère parler de ce qu’on écoute. Là, j’ai beaucoup écouté de chanson, de rap et hip hop américain. Sofi, dans sa façon de composer, a évidemment beaucoup d’influences anglo-saxonnes, et moi, pour l’écriture, plutôt des influences francophones. Maintenant, au niveau de ce qu’on écoute, on écoute de tout. « Vilain Cœur » a été nourri de tout ce qu’on a pu écouter tout au long des années.

Sofi : C’est vrai qu’on écoute autant de productions actuelles que d’anciens morceaux. Par contre, on n’a pas cherché à s’inscrire dans telle ou telle autre esthétique, ni dans une vague précise. On s’est nourrit de plein de trucs très différents les uns des autres, mais on n’a pas cherché à s’inscrire dans une veine.

Cris : Tu vois, là, avec « Vilain Cœur », je me suis autorisé à aller vers des textes plus parlés, plus scandés, comme sur « Le Zèbre », alors qu’avec Glasgow, ç’aurait été impossible. Des artistes comme Orelsan, j’adore, ça me parle. Ils ont une aura de chanteurs français, alors qu’ils sont dans une mouvance plus urbaine. Ils ne se limitent pas à un style.

Vilain Coeur © Eric Soudan

J’ai eu le sentiment, que ce soit dans les textes, dans la musique, et même dans le visuel, que vous avez souhaité aller à l’épure, aller à l’essentiel. Est-ce que je me trompe ?

Cris : Sur les textes, effectivement, j’ai voulu aller à la simplicité, même si ça m’a pris beaucoup de temps… Il y a eu un énorme travail d’élagage et de raturage… une chanson comme « À la fin » a connu beaucoup de versions différentes !

Sofi : La moitié du texte est passée à la trappe, tu veux dire ! (rires)

Cris : ça a été assez fastidieux. Avant, j’avais tendance à chercher la bonne tournure, à ne surtout pas écrire des trucs simples. Là, j’ai eu la démarche inverse. Écrire beaucoup puis faire le tri pour donner un sens direct.

Sofi : Que ce soit au niveau de l’écriture du texte ou de l’arrangement de la musique, aller à l’épure, à l’essentiel, c’est plus fastidieux qu’on ne pourrait le penser. Ça s’apparente à une forme de deuil, parce qu’on s’habitue à aimer certains sons ou certains mots qui, au final, masquent le vrai propos de la chanson, et il faut les jeter.

Sur ce point, les autres intervenants ont certainement été décisifs. Vous avez tout de même eu le regard, ou plutôt l’écoute, de Paul Reeve (avec qui vous aviez déjà travaillé sur « Anthropocène ») et Ian Capple.

Sofi : Quand Paul est venu en France, nous avions fait un énorme travail de pré-prod avec Cris en amont. C’est lui qui nous a permis de faire un sacré tri dans tous nos sons.

Cris : Depuis tout à l’heure, on martèle qu’on est deux sur ce projet, et c’est vrai. Mais cette troisième personne, en l’occurrence Paul, a été indispensable pour nous aider à aller dans la simplicité. Pas sur les textes, évidemment, mais essentiellement au niveau des sons.

Comment avez-vous travaillé avec Paul Reeve ?

Cris : On a enregistré beaucoup de sons chez nous, puis nous sommes partis nous installer dans une maison perdue au fin fond de l’Ardèche avec lui. Nous y avons installé un studio d’enregistrement. Au lieu d’aller dans un véritable studio, nous avons opté pour un studio « de fortune » dans lequel nous n’avions ni contrainte de temps, ni contrainte financière. On a glané du matériel chez quelques-uns de nos amis, on avait déjà pas mal de trucs chez nous… ça a fait l’affaire. Et nous sommes restés dans ce studio le temps qu’il a fallu pour bien finaliser les choses. On ne voulait pas se mettre de contraintes. On n’a pas du terminer l’enregistrement en cinq ou dix jours et pas un de plus. Non, là, nous pouvions y aller à notre rythme, sans contrainte. Du moins, pas celle du temps…

Sofi : Nous avions envie de retravailler avec Paul parce qu’il n’a pas son pareil pour capturer l’instant. Comme on avait pas mal de machines déjà programmées, l’idée était de donner un maximum de vie au projet. Il fallait qu’on capture l’humanité entourée de toutes ces machines. Et Paul sait capturer la bonne prise de voix, la bonne intention. Et c’est la même chose sur les guitares et les claviers. On voulait absolument mettre en valeur les sons organiques, même si on trouve beaucoup de machines.

Cris : La texture des sons sur ce projet est très importante. On a pu explorer des choses qu’on n’avait jamais pu explorer auparavant. Par exemple, sur « le Zèbre », la caisse claire, c’est mon chien qui aboie… Ce n’est pas le genre de délire que tu peux t’autoriser sur un projet plus classique, basse, batterie, guitare, voix. Là, la batterie étant une machine, tu peux te permettre de faire un peu ce que tu veux, triturer le son, le mélanger, etc…

Sofi : On s’est vraiment beaucoup amusés. C’est génial d’isoler un petit bout de guitare qui traîne et d’en faire ce que tu veux. Ça apporte une texture sonore dans l’arrangement et le mix difficilement identifiable. Et ça, c’est tout l’avantage de l’électro. Ça devient un jeu.

Cris : Tout en restant dans l’idée de rester simple et cohérent. Paul nous a beaucoup aidés à ce propos, et dans les choix. On avait un nombre de pistes incalculables, il nous a aidés à faire le tri. Et un sacré tri ! Il nous a aidé sur Glasgow et il continue à nous suivre sur ce nouveau projet, ça nous a fait plaisir… (sourire) Ian Capple, qui a fait le mix, nous a beaucoup aidés également, il faut le souligner !

Vilain Coeur © Eric Soudan

Le visuel a toujours occupé une place importante dans votre projet. J’imagine que là, l’approche est tout aussi importante, mais un peu différente.

Sofi : Effectivement, on a toujours mis un point d’honneur à soigner le visuel qui accompagnait notre projet. Le dernier visuel sur lequel nous avions travaillé avec Glasgow était assez chargé. Là, on a eu envie d’aller sur quelque chose de plus épuré. On a confié cette partie à Louis1978 qui bosse sur l’identité visuelle du groupe. C’est lui qui chapeaute toute la partie visuelle du projet pour que ce soit cohérent. Même sur le clip, on a bossé avec une réalisatrice, mais il était là pour qu’on garde une cohérence dans cette idée de simplification des choses au maximum.

Cris : Nous nous sommes toujours occupés de la partie visuelle de Glasgow, en essayant de trouver des partenaires qui mettent en images ce que nous souhaitions montrer. Mais là, avec cette volonté de simplification, on a souhaité confier cet aspect visuel pleinement à quelqu’un. Thomas, qui est le vrai prénom de Louis1978, est un ami de longue date qu’on a retrouvé à l’occasion de ce projet. Il habite à Miami, donc au départ, ça a été assez difficile de tout mettre en place, mais finalement, ça s’est fait à distance à coup de réunions Skype tard le soir ! (rires)

Sofi : Encore une fois, c’est un œil extérieur qui va écouter notre proposition musicale et qui va essayer de la transcrire avec du graphisme. Nous ne sommes pas forcément les mieux placés pour travailler le visuel. C’est toujours intéressant de travailler avec d’autres personnes et de déléguer une certaine partie du travail. Ce sont toujours des expériences assez riches. 

Vous vous recentrez sur vous deux sur le live également. Comment ça se passe ?

Sofi : Nous jouons des titres de « Vilain Cœur », ceux du Ep, mais également quelques autres puisque nous en avons déjà écrits une vingtaine. Pour l’instant, on est sur un set intermédiaire de quarante-cinq minutes, donc on se concentre sur les nouveaux titres. Ce n’est pas exclu qu’on remanie un titre ou l’autre de Glasgow dans le futur, mais ce n’est pas à l’ordre du jour. Ce n’est ni notre envie, ni notre volonté. Retravailler d’anciens titres de Glasgow s’apparenterait à réécrire des chansons pour Glasgow, donc, là, nous nous contentons de chanter les chansons écrites pour « Vilain Cœur ».

Des dates se profilent dans les prochaines semaines, les prochains mois ?

Cris : Oui, on va jouer sur le Off du Printemps de Bourges, le Printemps dans la ville. L’avantage, c’est qu’on risque de jouer plusieurs fois dans la semaine. Il n’y a pas de véritable programmation, c’est assez ouvert, donc, on espère jouer à plusieurs reprises. Ce qui est certain par contre, c’est que nous jouerons sur la Scène du Berry. Après, il y a des dates qui arrivent pour la rentrée, avec notamment une date parisienne au Nouveau Casino. À vrai dire, avant l’été, il n’y a pas trop de dates, ce n’est pas la priorité du moment. Ce seront plutôt des dates de test. Là, notre priorité c’est la promotion de cet EP. Comment va-t-il être reçu ? En plus aujourd’hui, les dates sont hyper dépendantes de la promotion, donc, avant la promotion de l’EP, ça ne bougera pas trop. Par contre, en duo, on peut se permettre de jouer dans différentes configurations, on peut s’adapter assez facilement.

Vilain Coeur © Eric Soudan

Le EP est un format court assez rapide à produire en comparaison à l’album. Avec « Vilain Cœur », êtes-vous plutôt dans l’optique de publier des EP plus régulièrement ou un album à proprement parler ?

Sofi : Nous ne nous sommes pas trop posé la question, à vrai dire... Mais le format EP nous plait beaucoup en ce moment. Comme tu le dis, ça permet d’aller plus vite, de raconter des histoires différentes plus souvent. Le format numérique permet aussi cette mise à disposition plus rapide. On aurait de la matière pour faire un album, c’est une réalité. Mais ce format est-il véritablement encore d’actualité ? Je n’en sais rien. Il ne faut pas se voiler la face, le format album coûte aussi nettement plus cher, il est plus lourd et plus long à porter. Est-ce qu’aujourd’hui, à notre échelle, la publication d’un album a encore de l’importance ? Je n’en suis pas certaine.

Cris : Non seulement un album prend du temps, mais ça oblige à faire des choix sur le long terme. C’est un peu ce qui nous a enfermés sur « Le sexe des Anges ». Ça avait coûté pas mal d’argent, il fallait le défendre, on a eu du mal à passer à autre chose. Il fallait mener l’album au plus loin possible. Même si tu n’as pas obtenu pleinement ce que tu attendais, tu te dois de continuer, alors que la publication d’un Ep, c’est plus souple. Ça ne fige pas les choses pour un laps de temps trop long. Le grand avantage d’un EP, c’est qu’il peut être un marqueur de temps régulier de l’évolution artistique d’un groupe.

Sofi : Stratégiquement, même si je n’aime pas parler de stratégie, le format EP permet aussi plus de choses. Il permet de mieux démarcher les médias, les partenaires, etc…

Cris : C’est vrai qu’on préfère parler d’artistique que de stratégique, mais c’est un aspect qu’on ne peut pas négliger non plus. Il faut composer avec le monde de la musique tel qu’on le connait aujourd’hui, avec, notamment, l’avènement des plateformes de streaming et la disparition progressive du support physique…

Pourtant, ce premier EP va bénéficier d’une distribution physique…

Cris : Oui, et c’était notre volonté ! (sourire) On a réussi à obtenir une présence physique avec cet Ep, et c’est important pour nous.

Plusieurs vidéos sont également en cours de production. Un clip qui vient d’être dévoilé, un EPK…

Cris : Oui, et dans cet EPK, on retrouve Bruno Solo qui fait la voix off. Il avait joué dans un des premiers clips de Glasgow il y a six ou sept ans, et il est toujours là à nos côtés ! C’est agréable de voir que des gens comme lui continuent à nous suivre et à nous épauler.

Finalement, ce qui a plu dans Glasgow, à mon sens, c’était votre duo. Là, vous le mettez en avant.

Sofi & Cris : Oui, on assume enfin ! (rires)

Propos recueillis par Luc Dehon le 17 avril 2018.
Photos : Éric Soudan, Christian Juillard

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