Interview de Marvin Dupré

Propos recueillis par IdolesMag.com le 16/04/2018.
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Marvin Dupre © Yann Orhan

Après avoir sorti plusieurs singles, dont « Promets-moi » et « Le jour où tout a changé », Marvin Dupré publie un premier EP intitulé « Au plus près », dans lequel l’artiste dévoile des versions alternatives épurées de ses chansons, une façon de se recentrer sur l’essence-même de celles-ci, de retrouver le frisson de leur création. Alors qu’il peaufine actuellement l’élaboration de son premier album, nous avons été à sa rencontre afin d’en savoir plus sur son projet. Namasté…

Marvin Dupre, Au plus presQu’est-ce qui t’a poussé à publier cet Ep « Au plus près », un retour à l’essentiel ? À l’essence-même des chansons ?

C’est exactement ça. J’ai déjà eu la chance de sortir plusieurs singles dont je suis très fier, comme « Promets-moi » ou « Le jour où tout a changé ». Un peu avant, j’avais sorti « La foudre ». Du coup, j’avais pu montrer un univers, du moins une partie d’univers, puisque sur un single, par définition, on ne peut pas montrer la palette d’un projet artistique. Un single, c’est avant tout une chanson, une histoire, un style. Là, en sortant cet EP, j’ai la possibilité de montrer un univers plus conséquent, on y trouve plusieurs histoires. Ce projet, pour moi, résume finalement beaucoup de choses. Dans cet Ep, j’ai souhaité faire figurer des versions plus alternatives, plus proches de ce que sont les chansons quand je les écris. Ça montre une palette de ce que je fais musicalement parlant…

À ce propos, puisque tu as souhaité revenir à l’essence-même des chansons lors de leur création, as-tu une petite anecdote à me raconter au sujet de l’une ou l’autre d’entre elles, quelque chose qu’on n’entend pas forcément, mais plutôt qui se serait passé autour, pendant sa création, par exemple ?

Il y en a tellement ! Chaque chanson a forcément une histoire particulière qui m’est proche. Et d’un autre côté, lorsque j’écris, j’essaye toujours que la chanson ne soit pas trop réelle, trop concrète. Je veux que chacun puisse s’y retrouver, que ce ne soit pas la chanson d’une seule personne. Une chanson comme « Le jour où tout a changé », par exemple, évoque une sorte de voyage, c’est le moment où on fait le point et où on décide de partir. C’est une chanson qui, de mon point de vue, évoque les problèmes que j’ai pu rencontrer dans le monde de la musique, les barrières qu’on a pu me mettre, et celles que j’ai réussi à franchir. Ce voyage m’a permis de faire le point et de revoir l’essentiel des choses. Pour le coup, on ne le ressent pas forcément lorsqu’on écoute la chanson, mais c’est ce qui en a motivé l’écriture, de mon point de vue.

Marvin Dupré - Promets-le-moi (Au plus près / version alternative)

Quel genre d’auteur et compositeur es-tu ? Chaque note et chaque mot a-t-il son poids ou es-tu quelqu’un de très prolifique ?

Très prolifique, non. Je n’écris pas énormément. Lorsque je me mets à écrire une chanson, c’est que j’y crois, donc, je prends le temps qu’il faut pour que cette impulsion ne se perde pas. Je fais de mon mieux pour l’amener le plus loin possible.

À quel âge as-tu commencé à écrire des chansons ?

La toute première chanson que j’ai écrite, ce devait être « La Foudre ». Je devais avoir seize ans, quelque chose comme ça. Je faisais du piano depuis pas mal de temps, je composais quelques petites mélodies, je posais des mots dessus, mais ce n’étaient pas à proprement parler des chansons. C’est vraiment « La Foudre » qui a été ma première chanson « structurée », même si je n’aime pas forcément ce terme.

Marvin Dupre © Yann Orhan

Es-tu venu à la chanson par le biais de la musique ou du texte ?

Par la musique, vraiment. Je faisais du piano et mon unique but était de reproduire les chansons que j’aimais pour pouvoir les chanter ! (sourire) Après, à force de jouer les accords des autres, on a forcément envie de créer les siens, et d’écrire ses propres chansons.

À cette époque, c’est quoi la source ? Une échappatoire ? Un exutoire ? Un jeu, peut-être ?

C’est vrai que ça peut devenir un jeu, mais dans mon cas, c’était plus le plaisir de la musique et de la culture qui me motivait. J’ai toujours été bercé par la musique depuis mon plus jeune âge. Et me retrouver au piano et interpréter mes propres chansons, j’ai envie de dire que c’était un peu la suite logique.

Chaque titre de cet EP est accompagné d’un clip, tous réalisés dans la même optique, « Aller au plus près ».

Je souhaitais trouver un visuel qui accompagne et qui complète au mieux ces chansons-là. Tout était très clair dans ma tête. Comme j’ai souhaité intituler cet EP « Au plus près », j’ai voulu aller au bout de ma démarche. Musicalement, je voulais qu’on puisse ressentir la chanson, qu’on puisse voir ce qu’elle avait dans le ventre, comment elle avait été créée. Du coup, sur les clips, je voulais là aussi retourner à l’essence-même des chansons, aller au plus près. J’ai tout de suite pensé à ce plan-séquence qui part de loin et qui s’avance vers moi, en l’occurrence. Le fait qu’on ne me voit pas tout de suite permet à l’auditeur de se concentrer d’abord sur la musique. Quand on regarde des clips super produits aujourd’hui, et je n’ai rien contre j’aime beaucoup ça aussi, on a tendance à être absorbé par les images, et du coup, faire moins attention à la musique en elle-même. Les images peuvent être parasites, finalement. Là, dans le genre de clip que j’ai souhaité faire pour ce projet, on se doit de rester sur la musique et sur les mots.

Marvin Dupré - Les musiciens (Au plus près / version alternative)

J’imagine que la création d’un album se profile…

C’est un projet qui, musicalement, est assez avancé. Les chansons qui figurent sur le EP, en termes de production album, sont prêtes. Après, je me laisse encore de la place pour la création. Je peaufine, je fignole. Je dois avoir une dizaine de chansons prêtes, mais je veux être sûr de mon projet, je ne veux pas mettre n’importe quoi sur ce premier album, je souhaite vraiment l’amener au mieux, donc il y aura encore des choix à faire et, peut-être, quelques chansons à écrire. C’est en définitive le premier réel album que je vais sortir, donc, je ne veux pas me rater. Je sais la chance que j’ai ! (sourire) Je veux être fier des chansons qui figureront dessus.

Tu dois avoir un sacré paquet de chansons dans les tiroirs, depuis les années. Est-ce que le choix de celles qui vont figurer (ou pas) sur ce premier album est difficile à faire ?

Il faut savoir faire des choix. Il faut aussi être le plus honnête possible envers qui on est et ce qu’on a envie de défendre. Si je fais de la musique, c’est évidemment pour publier des albums, mais c’est surtout pour faire des concerts. Du coup, je réfléchis aux chansons que j’ai le plus de plaisir à chanter et à défendre sur scène, celles que j’ai le plus envie de raconter, celles sur lesquelles j’ai le plus envie de m’évader. À la fin, je pense que le choix sera vite fait. Il y a beaucoup de chansons que j’ai adoré écrire, mais ce ne sont pas forcément celles que j’ai le plus envie de chanter sur scène aujourd’hui. En tout cas, celles qui sont un peu « en-dessous » passeront à la trappe. Après, il y a quelques petites chansons-dilemme. Mais je pense que lorsqu’on est lucide, qu’on connaît son projet, qu’on sait ce qu’on veut et où on veut aller, le choix se fait assez naturellement.

Marvin Dupre © Yann Orhan

Avec quelle équipe travailles-tu ? Antoine Essertier, les Skydancers ?

C’est ça. Vu que je bosse depuis un certain temps dans le métier et que j’ai écrit quelques chansons pour d’autres artistes, j’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs producteurs. Du coup, j’ai pu me faire une idée de ceux avec qui j’avais envie de travailler en ce qui concerne mon projet. Les Skydancers sont des mecs que j’adore, qui sont super à l’écoute et qui produisent un son que j’aime. J’aime beaucoup bosser avec eux.

Tu te produiras le 27 avril sur la scène des Étoiles. Tu es dans la musique depuis quelques années maintenant, mais j’ai envie de dire que paradoxalement, c’est un peu ton premier concert en tête d’affiche…

C’est le cas ! (rires)

Dans quel état d’esprit es-tu à quelques jours de cette date ?

Je vis dans une impatience absolue ! (sourire) Pour moi, c’est l’accomplissement réel de tout ce que je voulais faire. Ce sera donc aux Étoiles, c’est une salle de trois cent places, c’est Paris, c’est ma ville. Je vais enfin avoir l’opportunité de montrer réellement mon projet et du moins la palette de ce que je veux faire pour la première fois. C’est vrai que j’ai eu la chance de faire énormément de premières parties, mais jamais je n’ai eu l’occasion de montrer réellement qui j’étais et où je voulais aller. Là, comme je te le disais, mon impatience est absolue. Je suis en répétition à chaque instant, que ce soit en répète réellement ou quand je rentre le soir chez moi…

Marvin Dupré - Le jour où tout a changé (Au plus près / version alternative)

Comment abordes-tu la scène ? Est-ce très carré ou plutôt un espace de jeu ?

C’est un peu des deux. Mais j’aime que la scène soit assez structurée et cadrée. Je me connais et je sais que lorsque je suis au piano, je peux ne jamais m’arrêter. Donc, je veux juste que ce soit assez cadré. Maintenant, en termes de chansons en elles-mêmes, je ne m’interdis rien. Comme je m’accompagne au piano sur scène, j’aime avoir la possibilité de pouvoir allonger la chanson si je le souhaite, ou la raccourcir, en fonction de l’ambiance, de l’écoute du public, en fonction de comment je me sens aussi. Il y a donc une petite partie qui est très structurée, puis je laisse libre court à mes envies et celles de mes musiciens.

Comme tu m’en as parlé tout à l’heure, tu as assuré pas mal de premières parties. En soi, c’est déjà un exercice particulier, mais tu as ouvert également pour des humoristes, c’est encore une autre histoire, ça…

Oui ! (sourire) Très franchement, je me rappelle avoir vu Pauline en première partie de Gad Elmaleh il y a fort longtemps, et j’avais plutôt bien apprécié le délire. On vient là pour rigoler et on se laisse bercer par des chansons qui ne sont pas forcément drôles. Plus tard, j’ai eu la chance de le faire pour Franck Dubosc et Kev Adams, et c’était assez exceptionnel. J’en garde en tout cas un excellent souvenir. C’étaient des énormes salles, des Palais des Sports pour Franck et des Zénith pour Kev, et les gens étaient venus pour rire avec leur humoriste préféré. Nous, on a quinze ou vingt minutes pour essayer de présenter et montrer notre projet et chauffer l’ambiance aussi … On doit détendre les gens… C’est un exercice, comme tu le disais, encore plus particulier, il faut faire très attention au choix de chansons. C’était en tout cas un très bel exercice dont je garde d’excellents souvenirs.

Quand on tape « Marvin Dupré » sur Youtube, on a une flopée de reprises ou de mashups qui déboulent. Il y a aussi bien du Pokora que du Cat Stevens, du Maé que du Imagine Dragons… Quels sont les artistes qui t’ont le plus marqué ?

Ceux qui m’ont le plus marqué, ce sont les singer-songwriters, les auteurs/compositeurs/interprètes. Un des artistes qui m’a le plus donné envie de faire de la musique, c’est José González. C’est un artiste Folk que j’adore. Je suis un fan inconditionnel. Je pourrais même le suivre en tournée. Même si nous faisons des musiques très différentes l’un de l’autre, lui étant dans une folk beaucoup plus puriste que la mienne, il fait partie des artistes qui m’ont donné envie de faire de la musique et qui me font voyager quand je les écoute. Après, il y a aussi tous ces groupes anglo-saxons qui font une musique très large, dont la musique me fait voyager et me donne envie d’aller plus loin, d’avancer. Je pense à Coldplay, Imagine Dragons, OneRepublic…

Marvin Dupré - Défaits (Au plus près / version alternative)

On ne va pas passer des heures sur ta participation à The Voice l’année dernière, mais contrairement à d’autres candidats, tu avais déjà un parcours pro assez riche en amont. Comment as-tu vécu l’hypermédiatisation liée à ce genre de programme télé ?

C’est vrai que ça change du jour au lendemain, mais c’est une chose à laquelle je m’étais préparé. C’est à vrai dire ce que je venais chercher, aussi, une certaine médiatisation. Je souhaitais me faire connaître d’un public plus large. J’étais, comme tu viens de le dire, dans le circuit professionnel de la musique depuis pas mal de temps, et j’avais déjà bossé en amont avec des artistes qui y avaient déjà participé, donc, je connaissais les rouages de ce genre d’émission. Au final, tout s’est très bien passé, j’ai eu ce que j’étais venu chercher. Je ne regrette en tout cas rien du tout. Il faut juste savoir que c’est un jeu avant tout. Après, ce n’est que du bonus. C’était très cool.

Que va-t-il se passer dans les prochaines semaines et les prochains mois dont nous n’aurions pas encore parlé ? Un clip, peut-être ?

Effectivement. Je rentre d’Inde où nous avons tourné le clip de la chanson « Le jour où tout a changé ». Le clip est en plein montage et il va être dévoilé d’ici peu de temps. Là, ce ne sera pas la version alternative de ce titre, mais bien sa version studio, plus produite. Je suis très impatient de pouvoir montrer ce premier clip en tout cas. Après, il y aura quelques premières parties, probablement quelques dates en festival… et quelques sessions studio pour terminer l’album. Le programme est bien chargé ! (rires)

Propos recueillis par Luc Dehon le 16 avril 2018.
Photos : Yann Orhan

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