Interview de Vanished Souls

Propos recueillis par IdolesMag.com le 16/03/2018.
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Vanished Soul © Lele Gonzales

Le groupe Vanished Souls publie le 30 mars son nouvel album éponyme, un album écrit et composé à l’épure à la manière d’une série de onze épisodes. Nous avons été à la rencontre de Drix et Svein afin d’en savoir plus sur la genèse de ce disque et leurs différents projets.

Dans quelles circonstances vous êtes-vous rencontrés ? Quels sont les débuts du groupe ?

Drix : On s’est rencontrés avec Svein pendant nos études de musique à Nancy il y a une dizaine d’années. On a rapidement accroché tous les deux et on a commencé par faire des bouts de n’importe quoi… (sourire) Et de tous ces n’importe quoi est née l’idée de construire vraiment quelque chose ensemble. Humainement et sur le plan de la composition, on s’entend super bien. Svein est devenu mon alter-ego. On s’apporte énormément mutuellement. L’échange n’a pas tari depuis des années.

Avez-vous toujours fait des compos originales dans le cadre de Vanished Souls ou avez-vous débuté par des reprises comme bon nombre de groupes ?

Svein : En ce qui concerne Vanished Souls, on a tout de suite été sur des compos originales. Avant notre rencontre, par contre, nous avons eu chacun différents projets dans lesquels nous avons fait des reprises, et notamment lorsqu’on était ados.

Vanished Soul, deuxieme albumUn premier Ep et un premier album sont parus en 2012 et 2013. Que s’est-il passé à la suite de la sortie de ceux-ci ? Qu’est-ce qui a été le terreau de ce nouveau disque ?

Drix : Déjà, on a fait pas mal de concerts. Comme tout groupe qui sort un premier album, c’était notre but. On a vécu quelques belles expériences, et notamment les « Solidays ». C’est un moment qui nous a profondément marqués et qui restera gravé dans nos mémoires jusqu’à la fin de nos vies ! (rires) On a défendu cet album pendant un moment. De cet album sont nées tout un tas de choses, d’envies, non pas des bouts de compos, mais plutôt des choses de l’ordre du ressenti. Comme on compose beaucoup Svein et moi, on s’est remis très rapidement à écrire. On a eu très vite l’envie de repartir sur autre chose. Du coup, on s’est bien nourris de toutes les expériences qu’on avait vécues avec le premier. On a mis finalement un peu plus de temps pour finaliser celui-ci, près de deux ans. C’était un choix. On voulait le peaufiner, ce qu’on avait moins fait sur le premier.  C’est toujours la même histoire avec un premier album, on ne sait jamais s’il y aura une suite ou pas. Là, on était un peu plus expérimentés, on savait un peu mieux où on allait. Ce qui est certain, c’est qu’on voulait évoluer. Svein et moi travaillons beaucoup en parallèle pour la musique à l’image, et notamment la télévision, ce sont des expériences qui nous ont nourris pour la compo du deuxième. Et puis, nous avons vécu pendant ces cinq ans qui séparent les deux disques, donc, ça aussi, ça nourrit. Et pas qu’un peu ! (sourire)

Svein : Il y avait quelque chose de plus spontané sur le premier album. Celui-ci est plus cadré. Nous avons travaillé cette fois-ci avec un réalisateur et un directeur artistique, qui nous ont ouverts les yeux sur différentes choses auxquelles nous n’aurions certainement pas pensé. Ils nous ont aidés et orientés sur certains morceaux.

Drix : C’est vrai, nous avions la volonté de travailler avec un réal et un DA. C’est toujours très intéressant d’avoir l’avis d’une tierce personne. Un regard autre permet de synthétiser mieux. Même si notre volonté est toujours que le morceau se construise de lui-même, qu’il se laisse guider par son ambiance et son atmosphère.

Que vous ont apporté ce directeur artistique et ce réalisateur ?

Drix : Nous cherchions un autre regard pour nous aider à y voir plus clair. Nous, nous nous laissons porter, et nous l’avons fait sur ce disque. L’accident a existé et heureusement. Mais sur certains titres, c’est bien d’avoir un œil extérieur.

Quelles étaient vos envies quand vous réellement commencé à travailler sur ce disque ?

Drix : Nous composons l’intégralité avec Svein, à deux. On aime bien arriver en studio en ayant déjà préparé des choses. La volonté qu’on a eue, par rapport au premier album, c’était d’être un peu plus concis sous certains aspects. On avait la volonté d’aller à l’épure, vers quelque chose de plus direct, de plus synthétisé. C’est très facile, enfin entre guillemets…, de faire des morceaux de quinze minutes. Disons que c’est vite fait. Alors que les synthétiser sur trois ou quatre, c’est très compliqué, finalement. C’est sur cet aspect aussi que le DA nous a beaucoup aidés. Le visuel même de l’album parle de ça. C’est un visuel extrêmement épuré, à l’image des morceaux qui le composent. On voulait un album qui dise : c’est nous. Juste nous, sans artifice, sans rien. C’est ce qu’on a cherché à faire et j’espère que ça se ressent…

C’est dans cette idée d’épure et de synthèse que vous avez opté pour un album éponyme, j’imagine.

Svein : Exactement. C’était l’idée jusqu’au bout.

Sans rentrer dans l’explication de texte pure et dure, y a-t-il un fil rouge qui traverse l’album ?

Svein : On ne peut pas dire que ce soit une critique de la société, mais plutôt un constat de notre société. On met le doigt sur ce qui dérange. Il y a beaucoup d’humain aussi dans ce disque, et la place qu’il occupe dans cette société industrielle. Aujourd’hui, tout va de plus en plus vite, la technologie prend de plus en plus de place, tout nous rend fous. C’est de ça que parle cet album, mais toujours en gardant un regard positif. Le premier album était assez mélancolique, peut-être un poil trop. Celui-ci l’est toujours, mais il est nettement plus positif. L’idée étant de dire que de l’obscurité nait la lumière. Même dans les situations les plus terribles, il y a toujours une porte de sortie. C’est ça le leitmotiv de l’album.

Juste avant de parler du clip de « You’re not alone » qui vient d’être tourné, j’aimerais qu’on évoque un instant celui de « 3 :42 » paru il y a quelques années qui a été réalisé par Rachid Dhibou au Studio de Luc Besson. Ça a été un moment important dans le parcours du groupe, ça.

Drix : C’était dingue ! Et en plus, pour ne rien gâcher, ce fut une très belle rencontre. Rachid Dhibou est quelqu’un de génialissime. Il est au top. Humainement et dans le boulot également. Pour le coup, nous nous sommes laissés complètement guider. Tourner là-bas, c’était presque irréel pour nous. Comme je vais te le répéter, nous nous sommes laissés porter. Il a donné sa vision du titre et au final, il ressort de ce clip une belle énergie qui fonctionne parfaitement avec le morceau.

Svein : C’était une très belle expérience comme te l’a dit Drix. C’était un moment très important pour le groupe.

Ce tournage a été un moment charnière dans le parcours du groupe.

Drix : Il fait partie des moments charnière, effectivement. Solidays aussi en fait partie. Dans les débuts du groupe, on a joué sur des films dans des cinémas. Il y a eu plein de plots comme ça tout au long de notre parcours, des moments importants qui ont fait qu’aujourd’hui nous en sommes là où nous en sommes. Le côté cinéma a toujours été important pour nous. Et se retrouver là-bas avec un réalisateur comme Rachid, oui, forcément, c’est un moment important. Je pense que le clip que nous nous sommes en train de tourner sera, lui-aussi, un moment important. Ce sera encore autre chose…

Svein : L’image fait partie intégrante de l’ADN du groupe. Là, on va aller prochainement d’ailleurs au festival d’Aubagne pour un film sur lequel on a travaillé, donc oui, tout ce qui touche au cinéma et plus largement à l’image fait partie du groupe.

Le côté cinématographique de votre musique passe difficilement inaperçu à l’écoute du disque…

Drix : David Lynch fait clairement partie de nos influences, on ne s’en cache pas… (sourire) Ce disque, on l’a construit comme un film, ou plutôt comme une série, qui va d’un point A et qui se ferme sur « Silencio ». Après tout ça, il ne restera que le silence et ce que la personne qui aura écouté emportera ave elle…

Parlons-en maintenant de ce nouveau clip, « You’re not alone », sur lequel vous travaillez actuellement…

Drix : Ah ah ! (rires) Que te dire à part que nous avons tourné sur trois jours dans des conditions assez extrêmes d’eau, d’humidité, de froid… ça a été très éprouvant. C’est un clip qui sera très psychédélique. C’est le morceau le plus positif de l’album, donc, nous avons voulu que ce soit très coloré. C’est Stan Walbert qui le réalise. Il a apporté un regard totalement trans sur le morceau.

Svein : Un p’tit pitch, tout de même !

Drix : Tu crois ?

Svein : Ben oui…

Drix : Ce sera une version 2.0 d’ « Alice au pays des merveilles ».

J’ai l’impression que vous accordez une importance toute particulière au visuel qui accompagne votre musique, tant au niveau de la création que de son exploitation, finalement…

Svein : Depuis les débuts du groupe, on travaille sur le visuel. Le réalisateur du clip avec qui nous venons de bosser, Stan Walbert, était notre VJ aux débuts. Il mixait des images et des vidéos pendant qu’on jouait. Donc, on a toujours eu les deux démarches complémentaires, celle de créer de la musique sur de l’image et celle d’insérer de l’image sur de la musique.

Drix : Le côté visuel est en nous. On imagine la musique comme on imagine un film, finalement. On aime profondément le cinéma et dans nos vies respectives, en parallèle, on bosse beaucoup la musique à l’image. La musique c’est une invitation au voyage. C’est quelque chose qui nous colle à la peau. On est très sensible au visuel.

Comment ça se passe le live ?

Drix : Bien ! (éclats de rires) Plus sérieusement, tout dépend des dates. La constante, c’est notre ingé lumière qui nous suit depuis des années. Il sait créer les ambiances de lumière en fonction des morceaux et d’où on se trouve sur scène. Ça crée toute une dynamique qui fonctionne plutôt pas mal. Au-delà de ça, sur des dates plus importantes, on a la possibilité de faire des projections vidéo, soit des projections simples sur écran, soit un mapping. On a fait beaucoup de concerts par exemple avec des tableaux autour de nous sur lesquels des vidéos étaient projetées, pour immerger le spectateur complètement. En ce qui concerne le travail du son sur scène, on a un mélange d’organique et de machines. On a sur scène un côté un peu sale, un peu noisy. On essaye d’ailleurs de ne pas jouer le même morceau de la même manière d’un concert à l’autre, bien que derrière l’électronique se cache une contrainte : c’est que c’est froid et rigide. Donc l’organique nous aide à apporter un peu de spontanéité et de chaleur. Notre son sur scène, c’est vraiment une hybridation entre l’organique et l’électronique, entre l’humain et la machine.

Vanished Soul © Lele Gonzales

Vous avez déjà joué vos nouvelles compos sur scène ?

Drix : Certaines, oui. On les a « testées sur scène ». On aime bien faire ça de temps en temps, pour voir ce qui marche ou ce qui ne marche pas. Mais là, sur ce disque, pour être très honnêtes, il y en  a beaucoup qu’on n’a pas encore jouées. Il va falloir qu’on trouve la juste intention de chaque morceau pour le jouer au mieux. La scène permet d’aller à l’essence-même du morceau, de comprendre de quoi il est fait véritablement.

Des dates sont-elles prévues prochainement ?

Drix : Il y a la release party au Nouveau Casino le 19 avril. Après, on jouera les 11 et 12 mai dans l’est de la France. Ensuite, on a un concert prévu le 21 juin à Saint-Quentin et un autre le 22 juin au Bus Palladium. Là, on est sur le début de promotion de l’album et de sa mise en route sur scène, donc les dates arrivent au fur et à mesure.

« Vanished Souls » existe maintenant depuis quelques années, quel regard jetez-vous l’un et l’autre sur son évolution ?

Drix : Je trouve que le groupe a bien évolué au niveau de son son, et ça s’est fait assez naturellement. Ce nouvel album me parait parfaitement cohérent avec cette évolution, ça rejoint tout ce dont nous venons de parler, de la musique à l’image que nous pratiquons en parallèle, etc… Aujourd’hui, nous assumons plus le côté électro de notre musique. Ce n’est pas que nous en étions gêné ou quoi que ce soit, mais disons qu’aujourd’hui, ce côté électro est parfaitement revendiqué et ressort clairement de notre musique.

Svein : On est aussi moins progressif qu’avant. Avant, nous avions des parties très longues, ce qui donnait au final des structures très étendues, on avait des morceaux de seize ou dix-sept minutes. Là, nous arrivons à trois ou quatre minutes max. On arrive à dire ce qu’on veut dire en quelques minutes, on synthétise plus, on va plus directement au cœur des choses.

Drix : Même si l’album a un début, un milieu et une fin, qu’on peut le digérer comme un livre ou un film au niveau de sa construction, c’est avant tout un album de morceaux, ce qui n’était pas forcément le cas sur les autres productions qu’on a pu faire de par le passé. Déjà, il n’y a aucun instru sur ce morceau. On va comme on te le disait vers plus d’épure, et ce n’est pas plus mal. Ce n’est pas évident d’arriver à dire en deux minutes ce dont on pourrait parler pendant plus d’une heure, mais l’exercice est intéressant.

Svein : Ce qu’on peut dire aussi c’est qu’on est toujours heureux de bosser ensemble, qu’on a encore plein de choses à dire.

Justement, comment voyez-vous le groupe évoluer dans les prochaines années ?

Drix : Aujourd’hui, la musique est complètement hybridée, on mélange un peu tout, donc pourquoi ne pas aller vers plus d’hybridation ? Il y a aussi des collaborations que nous aimerions faire. Partager ton truc avec d’autres personnes, c’est super enrichissant. C’est peut-être ça le prochain défi de Vansihed Souls, aller vers plus de collaborations, mais c’est difficile de prévoir le futur. Disons que c’est une optique qui nous intéresserait bien, qui serait très enrichissante et qui nous permettrait de nous remettre en question une nouvelle fois.

Propos recueillis par Luc Dehon le 16 mars 2018.
Photos : Lélé Gonzales, DR

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