Interview de Natis

Propos recueillis par IdolesMag.com le 21/03/2018.
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Natis © Helene Pambrun

Après avoir roulé sa bosse sur scène pendant de nombreuses années, Natis vient de signer chez Capitol. Il vient d’ailleurs de publier un premier single, « Compter les moutons », un titre joyeux et amusant qui compte les déboires d’un gars éperdument amoureux d’une nana et qui n’en dors plus, un titre annonciateur d’un EP et d’un futur album. Nous avons été à la rencontre de l’artiste afin d’en savoir plus sur ses projets et ses aspirations. Bonne humeur assurée !

Quand on écoute tout ce que tu as pu publier sur le net depuis des années, on se dit que tes influences sont vraiment variées ! Quelle musique a bercé ton enfance ?

Alors là… mes parents écoutaient énormément de variété française, de Polnareff à Souchon en passant par Voulzy, Richard Cocciante, Delpech et Brel. Quand j’y pense s’il y en a bien un qui m’a profondément marqué, c’est Jacques Brel. Il avait un côté très théâtral quand il interprétait ses chansons sur scène. Il racontait une histoire. Je pense que c’est lui qui m’a le plus influencé. Tu sais, sur scène, j’ai besoin aussi d’interpréter. Je ne suis pas un chanteur à voix comme on dit. Je chantonne mes compositions, mais ma gamme n’est pas très étendue ! (éclats de rires) Du coup, c’est le côté show qui est tout de suite ressorti quand je me suis mis à faire de la scène.

Quel est ton parcours musical ?

La musique n’a pas fait partie de ma vie très rapidement ! L’art en général m’attirait, mais la musique pas plus que ça. Très jeune, je me souviens avoir joué avec la caméra de mon beau-père, je filmais mes frères et sœurs notamment. Du coup, aujourd’hui, c’est une expérience qui me vient à point puisque ça m’aide à monter mes petits clips et mes vidéos. J’ai aussi fait du dessin, je ne dessinais pas trop mal à l’époque… Après est venue l’envie de jouer avec les mots. J’écrivais des petits poèmes et des nouvelles. Je racontais des petites histoires et j’aimais ça. Ce n’est que beaucoup plus tard que je me suis mis à la musique, puisque je ne savais jouer d’aucun instrument. C’est par l’intermédiaire de mon frère que je m’y suis mis. Il avait décidé de prendre des cours de guitare, et comme je ne suis pas très scolaire, je lui ai demandé qu’il me montre ce qu’il avait appris. Il m’a montré deux ou trois accords et j’ai pu poser de la musique sur mes poèmes, ce qui est devenu des chansons par la suite…

Tu as quel âge à peu près à cette époque ?

J’ai dû commencer la musique au début de la vingtaine.

Comment ça se passe ensuite ? Tu as notamment joué dans le métro.

Oui ! J’habitais déjà dans le sud, à Narbonne. Un pote avait lu que chaque année, la RATP organisait un casting pour donner le droit à des artistes de jouer dans le métro. On s’était renseigné, quand les gars se débrouillaient pas trop mal, ils pouvaient gagner un peu d’argent. Ce n’était pas négligeable, ça nous a donné l’envie de tenter notre chance. On a donc passé les auditions et on a été retenus. Là, ça a été une expérience de fous ! Au début, je me demandais comment capter l’attention des gens. Les parisiens sont des gens pressés, ce n’était pas comme dans le sud… (sourire) Vu que naturellement j’ai un tempérament à faire le show, j’ai réussi progressivement à capter leur attention. Il y en a même qui rataient leur métro pour rester nous écouter encore un peu. C’était plutôt un grand bonheur ! Arrêter un parisien dans le métro, il faut le faire ! (éclats de rires) C’est à cette époque que je me suis dit que j’avais quelque chose à faire sur scène. C’est une expérience en tout cas qui me sert beaucoup aujourd’hui. Je dis souvent d’ailleurs que je fais du « one-man-chant » sur scène.

Toi qui viens de la scène et d’un milieu plus indé, que représente ta signature chez Capitol ?

Il y a eu deux étapes. Quand j’ai commencé la musique avec le pote dont je viens de te parler, nous espérions signer dans une major. Et puis les années ont passé, et je me suis rendu compte que c’était avant tout le côté live de ce métier qui me plaisait. Du coup, je me suis un peu foutu d’être signé en label, ce qui m’importait, c’était de tourner, de chanter sur scène, de rencontrer des gens. La vraie vie, quoi ! (sourire) C’est ce que j’ai fait. Avec ce pote, nous nous sommes séparés et nous avons chacun repris notre route. Et puis, il y a un an, quelque chose comme ça, par une rencontre, j’ai de nouveau été en contact avec Capitol. Et ce rêve d’avant est revenu au goût du jour. Pendant des années, ma priorité a été de faire des dates, pas de signer en label. Il est temps de passer à autre chose, même si la scène représente toujours le plus important à mes yeux !

Tu n’es pas passé par la case télé comme bon nombre de jeunes artistes. Était-ce un choix délibéré ou est-ce que ça ne s’est pas fait tout simplement ?

Enfin, si je suis passé par la case télé. Au début, avec mon pote, quand René Coll, que nous avions rencontré dans le sud, nous a proposé de participer à l’émission de Patrick Sébastien, on a foncé tout de suite. Je n’ai pas eu de soucis avec ça, bien au contraire. « Les années bonheur », c’est une émission que je trouve hyper cool. Par contre de là à faire des « Nouvelle Star » ou « The Voice », je n’ai pas franchi le pas. Ce n’est pas du tout ma came, sachant que je ne suis pas un chanteur à voix en plus. Ce sont des émissions où il faut faire des reprises, et c’est quelque chose que je n’aime pas plus que ça. Là, c’est vrai, j’en prépare une, mais l’exercice est un peu différent puisque je reprends le premier couplet original et que j’ai réécrit le second. Mais faire des reprises en règle générale, je n’en suis pas fan.

Venons-en à « Compter les moutons » maintenant. As-tu une petite anecdote à me raconter à propos de ce titre ?

J’étais en train de préparer mon album et je faisais à l’époque beaucoup d’aller-retour entre chez moi et chez Antoine Essertier. Il me fallait des chansons puisque je venais de signer chez Capitol pour potentiellement pouvoir sortir un album. J’avais bien quelques chansons dans mes tiroirs, mais toutes ne faisaient pas l’affaire puisque c’étaient souvent des premiers jets. Un jour en rentrant à Narbonne, je me suis mis à écrire « Compter les moutons ». L’histoire est toute bête. Une nana me trottait en tête. Et entre nous soit dit, elle me trotte toujours en tête (rires) ! Je cogitais à son propos, je n’arrivais plus à en dormir la nuit, déjà que je ne suis pas un couche tôt habituellement… D’un coup, je me suis dit qu’une petite chanson sur l’insomnie à propos d’une nana, ça pourrait parler à plein de gens. J’ai commencé par chercher un gimmick et l’expression « compter les moutons » m’a sauté aux yeux comme une évidence. Du coup, je les ai comptés… un, deux, trois jusqu’au million, mais rien n’y a fait !!! [dit-il en entonnant sa chanson et en éclatant de rire, NDLR]

Comment s’est faite la connexion avec Antoine Essertier ? Qu’est-ce qui t’a donné envie de bosser avec lui ?

J’avais beaucoup aimé ce qu’il avait fait pour Vianney sur son premier album, même si nos deux univers sont très éloignés l’un de l’autre. J’aimais bien le côté « variété française », en fait. Donc, je me disais qu’il pourrait être l’homme de la situation, qu’il pourrait faire du sur-mesure pour de la chanson française. Mon manager le connaissait, donc, quand il a été question de bosser sur de nouvelles chansons, j’ai tout de suite proposé son nom et Capitol en a été ravi.

Natis © Helene Pambrun

D’autres collaborations sont envisagées ?

Oui, et notamment sur un titre qui me caractérise plutôt bien, « La flemme », avec Mathieu Mendès, qui a travaillé avec Kendji et M Pokora. Nous avons fait sur ce titre de la co-composition pour qu’il soit à la hauteur. De mon côté, je compose un peu, mais comme je suis autodidacte, je ne compose pas non plus comme un Dieu. Mathieu a su recadrer le morceau et m’apporter un appui très sérieux. J’espère bien que nous aurons l’occasion de retravailler ensemble sur l’un ou l’autre titre parce que c’est quelqu’un de génial.

Quand j’ai écouté « Compter les moutons » la première fois, les arrangements et la double voix féminine m’ont fait penser aux productions pop faussement naïves des années 80, Mikado, Elli & Jacno… Ce sont des références qui te parlent ?

(rires) Eh Eh ! C’est pas faux ce que tu dis ! La pop, c’est un truc que je kiffe vraiment. Vu que j’ai un éventail assez large dans ma façon d’écrire, et qui va d’ailleurs je l’espère me permettre de placer des titres à des gens plutôt importants dans le game de la musique (sourire), je m’adapte et je vais dans plein de directions différentes. J’aime bien le flow aussi, d’ailleurs dans le troisième couplet ou le pont de « Compter les moutons » je ne sais pas trop comment il faut le nommer, il y a une espèce de petit débit qui rappelle mes influences urbaines. J’aime bien Orelsan, Big Flo & Oli… Et j’aime mélanger ce son urbain à de la pop et de la variété. J’aime bien tout mettre dans une même chanson.

Et sur l’album, ça va donner quoi ?

Eh bien, justement, on va essayer de montrer une espèce d’éventail de ce que j’aime faire et chanter. Alors, j’espère que cet éventail ne sera pas décousu… (rires) En tout cas, ce sera « large », mais homogène, je l’espère. Tu sais, je n’aime pas les étiquettes parce que j’estime que tout artiste est complexe et ne se résume pas à une case. J’espère que ce qui ressortira de l’écoute de cet album, c’est que je fais de la variété française. Ça sonnera un peu pop, un peu urbain, un peu électro, un peu old school aussi… Je suis un adepte de Chérie FM ! (éclats de rire) Je m’appelle Natis, je suis métis, et ma musique, c’est un drôle de micmac ! (rires)

Et l’album, il est prévu pour quand ?

Il n’y a pas encore de date prévue. Il y aura probablement un EP avant, mais l’album ne sortira pas avant l’année prochaine. Ce que je souhaite par contre plus que tout, et nous en parlons avec mon label, c’est de pouvoir avoir un support physique. Je suis un peu old school sur ce coup-là, mais je trouve que c’est important de pouvoir rencontrer les gens après un spectacle et de pouvoir faire des dédicaces. Là, j’ai des petits cartons et des flyers à dédicacer, alors, même si ça ne se fait plus trop, j’aimerais beaucoup avoir un CD à pouvoir dédicacer. Le EP sortira en numérique, c’est certain, et j’espère qu’il sortira également en physique. Apparemment certains sont chauds, donc je croise les doigts !! Le numérique, c’est bien, mais j’aime la palpable, j’aime le concret.

Il se passe quoi dans ta tête aujourd’hui ?

Tu sais, je vis une drôle de coïncidence. Nous sommes le 21 mars 2018 et ce matin, j’ai pris le train de Narbonne pour venir à Paris faire de la promo. Il y a six ans, pile poil, jour pour jour, j’ai pris ce même train et je suis venu à Paris. J’avais quitté mon binôme de l’époque et je me retrouvais seul. J’avais trouvé une colloc rapido et je n’avais qu’une seule idée en tête, trouver des dates de concert… Et là, ce matin, je me suis fait la réflexion « regarde mon gars, six ans plus tard, tu vas faire une après-midi promo chez Universal ! Tu bosses avec Antoine Essertier et Mathieu Mendès… Quel chemin parcouru ! » C’est dément. La vie est quand même surprenante et fascinante !

Propos recueillis par Luc Dehon le 21 mars 2018.
Photos : Hélène Pambrun

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