Interview de Palmer

Propos recueillis par IdolesMag.com le 21/03/2018.
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Palmer © Yann Orhan

Après avoir exploré plusieurs pistes, Palmer vient de publier plusieurs nouveaux titres, sur lesquels elle a travaillé avec les Bionix. Séduits par l’atmosphère un peu dark et mélancolique que dégagent sa musique et l’univers visuel qui l’accompagne, nous avons été à sa rencontre alors qu’elle planche actuellement sur l’élaboration de son premier album.

Vos parents étaient sportifs, mais écoutaient-ils beaucoup de musique ?

Effectivement, papa et maman étaient en équipe de basket. Par contre, ma grand-mère jouait du piano et mon papa écoutait tout de même énormément de musique. Un peu de tout. Et souvent dans la voiture ! Je pense que sans m’en rendre compte beaucoup de choses m’ont nourrie et ça ressurgit maintenant.

C’était quoi justement la BO des départs en vacances ?

(rires) Ça allait de Sade à Public Enemy en passant par Police. Ça me fait rire en y repensant aujourd’hui parce que papa a beaucoup écouté de musique quand il était enfant et il souhaitait me faire découvrir plein de trucs différents. Finalement, je le remercie de m’avoir ouverte à plein de styles différents. Et je le ressens aujourd’hui lorsque je compose. Souvent je me dis, « tiens, cette ligne de basse, ça me dit quelque chose » (sourire)

C’est quoi la suite ? Des cours de chant ? L’apprentissage d’un instrument ?

C’est assez intrigant, mais je n’ai jamais pris de cours de chant. J’ai juste pris quelques cours de piano, mais c’est tout. J’ai tout de même toujours eu une espèce de petite fibre artistique, j’avais besoin de m’évader. J’ai fait beaucoup de peinture, j’écrivais beaucoup. La musique m’a permis de m’exprimer et de me trouver, surtout à l’adolescence. Par contre, je chantais toujours seule. Pour mes douze ans, j’ai reçu un Yamaha et je m’en servais dans le garage, mais toujours toute seule. Ma démarche était ultra-personnelle, je n’avais aucune envie de montrer ce que je faisais aux autres.

Palmer © Khortege

Aujourd’hui, votre démarche est nettement moins personnelle, par la force des choses, mais la source est-elle restée la même ?

Justement, pour moi, c’était le plus important. Il fallait que cette source reste la même. Vous savez, j’ai un parcours un peu atypique, j’ai tout fait à l’envers. J’ai commencé par signer en label avant de créer des chansons ! (sourire) Tout le travail de se trouver avant de démarcher les maisons de disques, je ne l’ai pas fait. J’ai commencé par la fin, en signant, puis je me suis cherchée, d’une certaine manière. C’est ça qu’il m’a fallu deux ans pour me rendre compte de ce que j’avais envie d’exprimer, et surtout, de comment je souhaitais l’exprimer. Deux ans, ça peut paraître long, mais finalement, ça ne l’est pas tant que ça. Il m’a fallu ce temps en tout cas pour pouvoir parler de moments de ma vie qui n’ont pas toujours été faciles à vivre… Après, j’ai eu la chance de rencontrer deux producteurs bruxellois, les Bionix, et nous avons commencé à composer ensemble. Ça a été le déclic pare ce qu’ils traduisaient parfaitement ce que je voulais exprimer, et dans le même temps, j’avais cette liberté de créer mes mélodies et d’écrire mes paroles. Mes chansons sont d’ailleurs extrêmement personnelles. Très honnêtement, quand j’ai fait écouter à Capitol ce que nous avions fait avec Bionix, je ne pensais pas qu’ils allaient vouloir continuer le chemin à mes côtés ! (sourire) Surtout qu’on avait décidé de leur faire écouter une fois que tout serait fini… Finalement, ils ont adoré la nouvelle direction que j’avais prise. Au bout du compte, on n’est ni indé ni ultra-commercial, et c’est ce que je voulais faire…

C’est vrai qu’en deux ans, depuis The Voice, beaucoup de choses ont bougé. Vous avez publié plusieurs titres qui ont disparu des plateformes digitales, un album avec Mathieu Mendès avait même été envisagé, Manon est devenue Palmer…

C’est vrai. Après, je ne regrette rien. Parce qu’il m’a fallu passer par tout ça pour pouvoir créer les chansons que je chante aujourd’hui. J’étais très heureuse des titres que j’avais publiés à l’époque, mais c’est comme dans la vie, on se découvre petit à petit. On comprend mieux au fil du temps quelles sont nos aspirations… Il y a des choses auxquelles on n’aurait même jamais osé penser auparavant qui deviennent une évidence à un moment donné. Notre vision de l’art change, se précise aussi. Il m’a fallu tout ce temps et ces expériences pour me trouver, finalement. Au-delà de ça, il faut aussi reconnaître que dans le laps de temps, il y a eu beaucoup de changement chez Capitol, donc, on n’a jamais véritablement assuré la promo de ces premières chansons. Quand je suis arrivée avec mes nouvelles chansons, d’un commun accord, on a préféré retirer ces anciennes chansons pour ne pas brouiller l’esprit des gens. Tout ça pour vous dire que je ne regrette et ne renie rien de ce que j’ai fait avant. Si ça a disparu, c’est juste dans un souci de cohérence.

Palmer - Syndrome

Venons-en à « Syndrome », dans quelles circonstances avez-vous écrit ce titre ?

Je n’ai jamais été un cœur d’artichaut. J’avais une amie qui après trois jours de vacances m’appelait pour me dire qu’elle avait trouvé l’amour de sa vie ! (rires) Je ne comprenais pas. Jamais de ma vie je n’aurais pu tomber amoureuse comme ça, aussi vite. Le « Syndrome », c’est ça, c’est le doute par rapport à l’amour qui me poursuit, c’est la crainte d’avoir peur d’aimer. Je venais de rencontrer quelqu’un à l’époque, et je ne savais pas s’il valait mieux pour me protéger, aller plus loin ou pas. C’est à ce moment que j’ai écrit cette chanson. Et la phrase « I need help with my Syndrom », on ne l’a jamais retouchée. Je l’ai sortie une fois comme ça et elle est restée intacte. On a construit le morceau autour.

Vous êtes franco-américaine, vous êtes donc parfaitement bilingue, mais abordez-vous l’écriture et la création sous le même angle en français ou en anglais ?

En général, je pars beaucoup de l’anglais parce que la langue française est beaucoup plus difficile à manier. En tout cas, quand je compose, je pars souvent de l’anglais, c’est une langue mielleuse qui sonne très facilement. Après, pour poser des notes, c’est clairement plus aisé. Mais j’aime garder le ton entre les deux langues, qui font partie de mon ADN. L’anglais et le français se complètent bien finalement. Le français, ce sont les mots. L’anglais, c’est le son.

Plusieurs clips ont été publiés, je pense notamment à la lyrics video de « Syndrome » et au clip de « Mirage ». Il y a une vraie cohérence, un climat un peu inquiétant, une esthétique assez dark. Je suppose que vous accordez une place importante au travail du visuel qui accompagne votre musique.

Oui. C’est très important pour moi et je suis heureuse que Capitol me suive dans cette voie et appuie même la chose ! Quand j’ai écrit ces musiques, j’avais en effet une idée assez précise des images qu’il fallait poser dessus. L’image est aussi importante que la musique, finalement, parce qu’aujourd’hui beaucoup de gens découvrent une chanson par le biais d’une vidéo. Une chanson, c’est un univers, et il faut que les images qui l’accompagnent aillent dans ce sens. Le réalisateur de tous mes clips, c’est la même personne. Ça nous permet de mieux faire avancer le projet, d’avoir une plus grande cohérence au fil du temps. L’image que l’on travaille aujourd’hui permet de mettre en relief l’univers un peu abstrait et mystérieux des chansons. On reste dans la simplicité, mais toujours avec des gros plans, de la VHS, des grésillements, des ombres…

Vous avez chanté récemment à la Fashion Week pour Sami Nouri. La mode, là aussi, fait partie de la culture pop.

Ce qui est drôle c’est que pendant mon adolescence, je ne prêtais aucun attention à la mode, j’étais limite la fille la plus mal habillée de ma classe (rires) ! Puis, je me suis rendue compte que la mode était un Art à part entière, comme la photographie, la musique, la vidéo. La mode est encore un autre vecteur qui nous permet de nous exprimer, nous artistes. C’est un moyen d’expression ultra important.

Racontez-moi un peu ce qui va suivre… Un EP ? Un album ?

On a sorti trois singles sur peu de temps finalement. On y dévoile à chaque fois un peu plus de l’univers que je développe, dans des teintes différentes. L’album, je le vois comme un ensemble de chansons qui vont raconter chacune une histoire différente, mais qui feront partie d’un tout. L’album sera dans la veine du mystère, de la mélancolie, évidemment, mais pas que… Je n’ai que vingt ans, mais j’ai vécu tout de même pas mal d’expériences, donc, j’ai envie de capturer tous ces petits moments et qu’ils fassent partie de mon album. Dans la vie, je suis plutôt une fille souriante, mais je porte cette mélancolie en moi, cette dualité. La musique me permet de l’extérioriser, et de m’exprimer par la même occasion. En même temps, lorsque j’écoute les chansons, je me rends compte qu’elles ne parlent pas qu’à moi ni que de moi, le propos reste large et assez universel, finalement.

Palmer - Mirage

J’imagine que les Bionix seront de la partie sur l’album.

Bien sûr, ils seront là, ils sont mes parents artistiques ! Même si on a pu les croiser sur des titres nettement plus mainstream, qui étaient plus facilement destinés à passer en radio, ils ont cette culture musicale plus indé et plus complexe aussi. Ils ont beaucoup de références et tout ce background est super important pour moi.

Où en êtes-vous concrètement dans l’élaboration de cet album ?

On a onze/douze chansons qui ne sont pas tout à fait terminées mais très bien avancées. On sait en tout cas où on va. Je pense qu’avant de sortir un album, il y aura un EP, qui me permettra également d’aller chanter mes titres sur scène.

En parlant de scène, comment la concevez-vous ?

Comme pour les chansons, c’est un projet que je mûris au fil du temps, auquel je pense beaucoup. Ce qui est certain, c’est que j’aime beaucoup interpréter, même si je pourrais m’accompagner au piano. J’aimerais en tout cas retranscrire sur scène l’atmosphère un peu sombre et pesante qu’on peut retrouver dans les clips. Là aussi, je souhaite qu’il y ait une continuité. Je viens de rencontrer également un super chorégraphe, alors pourquoi ne pas penser à deux danseurs qui évolueraient sur scène avec un comportement un peu étrange ? Là encore, ce sont des pistes de réflexion. Il faut que ça mûrisse…

Propos recueillis par Luc Dehon le 21 mars 2018.
Photo Palmer: © Yann Orhan
Capture d’écran (noir et blanc) Palmer: © Khortege

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