Interview de Agustin Galiana

Propos recueillis par IdolesMag.com le 13/03/2018.
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Agustin Galiana, C'etait hier, © Fifou

Agustin Galiana, dont les singles « Carmina » et « C’était hier » cartonnent, et qui reprend ces jours-ci son rôle d’Adrian dans la série « Clem », s’apprête à publier son premier album au printemps. C’est avec beaucoup de plaisir que nous avons été à sa rencontre afin d’évoquer la création de ce disque, mais également son parcours musical puisqu’il a déjà enregistré deux autres disques en toute confidentialité ! Il nous apprendra notamment que la musique l’a sauvé à une époque où sa carrière faisait un peu de surplace, ce sont ses termes. Enfin, nous évoquerons également en fin d’interview sa future participation au Télévie en Belgique et son implication au service de diverses causes. Rencontre avec un artiste au sourire contagieux, à la fois solaire et un brin mélancolique.

Avant de parler plus précisément de ce single que tu viens de sortir, « C’était hier », et de ton album attendu au printemps, j’aimerais, si tu le veux bien que nous remontions dans le temps un instant… à l’époque où tu étais enfant. Quelle musique a baigné ton enfance ? Quelle musique tes parents t’ont-ils fait écouter ?

Chez moi, c’était très spécial… (sourire) On n’écoutait que très peu finalement de musique espagnole, on écoutait par contre beaucoup de musique française et italienne. Mina, Franco Battiato, Lucio Dalla… et d’un autre côté, Barbara, France Gall, Johnny Hallyday. Ma mère était amoureuse de la musique napolitaine. Comme tu peux le constater, j’ai écouté de la musique « bizarre » pour un enfant. Après, avec ma grand-mère, on écoutait du paso doble, du flamenco et de la copla, un style de chanson très particulier, entre le flamenco et la variété espagnole. Elle adorait ce genre de musique traditionnelle espagnole. On a écouté pas mal de musique classique également, Wim Mertens, George Winston, etc… Donc, voilà la musique qui a baigné mon enfance…

Et toi, à l’adolescence, vers quelle musique t’es-tu dirigé ?

Je n’ai jamais beaucoup aimé le rock punk très dur… j’ai toujours préféré la musique plus douce ! (sourire) J’étais vraiment amoureux d’une chanteuse et d’un groupe que vous connaissez ici en France, c’est Mecano. J’ai écouté ses chansons dans ma chambre durant des heures, je dansais sur ses chansons, je chantouillais dessus. Ana Torroja a été mon grand coup de cœur musical à l’adolescence. À côté, il m’arrivait d’écouter de l’Opéra. À Noël, une année, je me souviens d’avoir demandé à ma mère un disque de Montserrat Caballé, une très grande artiste.

Le grand public ici en France te connaît essentiellement pour le rôle d’Adrian dans la série « Clem », pour ta participation à « Danse avec les stars », et également pour différents autres rôles au cinéma ou au théâtre, mais quel est ton parcours musical dans les grandes lignes ? Tu as notamment enregistré plusieurs albums dont on ne trouve pas beaucoup de traces…

(sourire) En 2007, j’ai eu un moment d’inactivité dans mon métier de comédien. Et comme je suis quelqu’un de très actif et toujours à la recherche d’apprendre quelque chose, j’ai téléchargé un logiciel musical sur mon ordi et huit mois après, en rigolant avec un pote qui était venu à la maison, je lui ai fait écouter les chansons que j’avais enregistrées. Il m’a dit « Tu ne t’en rends peut-être pas compte, mais tu viens de créer un album. Finis-le, écris encore un ou deux titres et tu pourras aller le chanter sur scène »… Je l’ai pris au mot, et j’ai écrit à cette époque mon premier album. Après, j’en ai écrit un deuxième. C’était en 2012, j’étais à Paris à cette époque. Donc, oui, j’ai bien autoproduit deux albums dans le passé. Je suis à vrai dire rentré dans la musique par hasard, et je n’ai pas honte de la dire, la musique m’a sauvé. Tu sais, nous les artistes, souffrons beaucoup dans les moments où on ne travaille pas, où on est moins sollicités par les metteurs en scène ou réalisateurs. Ce sont les moments de notre carrière les plus difficiles à gérer. Ce sont des moments franchement pas drôles. Donc, comme je ne voulais pas m’arrêter, la musique m’a sorti d’une dépression artistique. Le terme est peut-être un peu fort, mais pas tant que ça dans la réalité. Comme tu le vois, je dois beaucoup à la musique… et elle me le rend bien ! (rire) Mon premier contact avec la musique a été ces deux autoproductions un peu, et même carrément, expérimentales, et là, avec cet album que je sors chez Capitol, c’est un vrai album, je rentre dans le vif du sujet. Il y a toute une équipe autour de moi et on bosse dur pour proposer au public un beau disque. Je suis très content parce que personne ne m’impose rien, je reste très libre dans mes choix. J’ai refusé certaines chansons, d’autres, j’ai tout fait pour les avoir. Chaque fois que quelque chose me plaisait moins, un mot, une phrase, un arrangement… on le modifiait. Je suis très content du travail qu’on a fait tous ensemble.

Parlons-en justement de cette équipe avec laquelle tu travailles. Il y a notamment Nazim Khaled [Amir, Kendji, Florent Pagny]. Comment vous êtes-vous rencontrés ? Dans l’optique de faire de la musique ensemble ou plutôt par hasard ?

Nous nous sommes rencontrés cet été tout à fait par hasard. Nous avons déjeuné ensemble. C’était un pote qui nous avait réunis. Je ne sais pas si lui avait une idée derrière la tête ou pas, mais le fait est que Nazim et moi sommes arrivés là tout simplement, sans songer un instant à bosser ensemble sur un projet. Nous nous sommes rapidement très bien entendu et avons continué à nous voir, à passer des soirées ensemble à discuter de tout et de rien. Au fil du temps, je lui ai raconté tout un tas de choses sur ma vie. Il a chopé toutes ces histoires que je lui avais racontées et il en a fait des chansons. Il a été très fidèle à ce que je lui avais raconté, je n’aurais pas pu rêver mieux écrire mon histoire en chansons. Il a poétisé des moments de ma vie comme je n’aurais pas été capable de le faire. Il a poétisé mon histoire, en fait…

As-tu tout de même co-écrit ou co-composé quelques titres ?

Non. Entre nous, je n’ai pas eu le temps ! (sourire) Tout a filé à une vitesse depuis quelques mois ! Entre les tournages de « Clem » et de « Danse avec les stars », entre septembre et décembre, ça a été très chaud !

Tu aurais pu avoir des chansons dans les tiroirs…

Dans les tiroirs, oui, c’est vrai, j’ai beaucoup de chansons… (sourire) Un jour, elles sortiront ! J’en ai un tiroir plein. Mais pour l’instant, c’est autrement. J’avais très envie de travailler avec Nazim. Il faut laisser les copains travailler. Il faut savoir se nourrir et s’entourer de grands talents, de génies, de gens qui font leur tavail au mieux. Je m’attache depuis quelques temps à m’entourer des bonnes personnes, je veux travailler avec des gens passionnés par leur métier. J’ai envie qu’ils m’offrent leur talent, c’est précieux pour un artiste d’être bien entouré. Et c’est un grand honneur pour moi de travailler avec Nazim.

Finalement, il a peut-être écrit des mots que tu n’aurais peut-être pas osé écrire toi-même…

Surement. Parce qu’il a une autre approche de travail d’écriture que moi. J’ai l’habitude de travailler mes émotions, en tant que comédien notamment, et de les transmettre. Mais je ne suis pas habitué à les écrire. Lui, il trouve tout de suite les mots justes. Il met le doigt dessus instantanément. Je prends pour exemple la chanson qu’il a écrite pour ma grand-mère, « Carmina », je n’aurais pas pu écrire des mots plus justes que lui. Jamais. C’est une chanson touchante, qui raconte plein de trucs, une situation, certes, mais également un manque, une perte, et tout ça avec de la joie. C’est très beau, tout ce qu’il a écrit. Je suis très honoré de travailler avec lui. Vraiment.

Chanteras-tu en français exclusivement sur ce disque ou également un peu en espagnol ?

Toutes les chansons sont écrites en français. Mais je ne te cache pas que, comme dans « C’était hier », il y a quelques mots en espagnol, notamment sur deux autres chansons.

Ressens-tu pareilles émotions en chantant en français ou en espagnol, qui est ta langue maternelle ?

Parfois, les émotions sont encore plus fortes dans une langue d’adoption. C’est incroyable parce que quand j’ai entendu « Carmina » pour la première fois, je me suis demandé comment il avait pu écrire en français un texte qui représentait aussi bien mon amour pour ma grand-mère. Il a trouvé les mots qui remplissent mon cœur et ma bouche. C’est un truc de dingue. C’est la magie de la musique. Je ne sais d’ailleurs pas trop bien t’expliquer ni trouver les mots pour t’en parler parce que pour moi, ça s’apparente à de la magie. Alors, oui, je m’exprime probablement mieux en espagnol, mais souvent un mot en français prend une grandeur et une importance plus grande pour moi. Là, en plus, ça fait près de cinq ans que le français fait partie de ma vie de tous les jours. Je parle plus français qu’espagnol depuis cinq ans, donc la langue française aujourd’hui est très proche de moi. Je rêve en français, c’est te dire…

Les deux premiers singles sont assez nostalgiques. Le premier évoque le souvenir de ta grand-mère, le deuxième une histoire d’amour passée. Va-t-il en être de même pour les autres titres ?

Il va y avoir de la nostalgie et des ballades romantiques, c’est certain. Mais il va aussi y avoir sur ce disque des chansons solaires, qui bougent, qui ramènent le soleil de l’Espagne, la fête, la passion, le caractère, la chaleur, la plage… Tout ça se retrouvera dans l’album. En fait, quand j’y pense, je parle beaucoup d’amour dans ce disque…

Qu’est-ce qu’il y a de plus beau que l’amour, finalement ?...

C’est vrai, il n’y a rien de plus beau. Et dans n’importe quel domaine !

Où en est-il concrètement cet album, il est mixé, terminé, prêt à être fabriqué ou te lasses-tu encore la possibilité d’ajouter une piste ou d’en modifier une autre ?

Non. Il est fini et est déjà envoyé en fabrication. Il sortira à la fin du printemps. J’ai hâte de le faire écouter aux gens et avoir leur retour. J’ai envie qu’il plaise cet album, donc, j’ai hâte…

L’attente du retour du public te semble-t-elle longue ?

Oui, très franchement. Depuis l’été dernier, on a beaucoup travaillé sur ce disque et j’ai vraiment hâte de le faire écouter. D’un autre côté, ça me paraît long, mais le temps file à une telle vitesse… (sourire) j’aimerais pouvoir te dire que le disque sera dans la bacs demain, mais ce n’est pas le cas ! (rires)

Tu participeras au Télévie cette année en Belgique. Est-ce important pour toi de t’investir pour des causes comme celle-ci, ou d’autres d’ailleurs ?

Très important. Je collabore aussi avec l’association Ela en France, la Ligue contre le Cancer. Je chanterai d’ailleurs demain à La Villette avec Slimane, Benjamin Biolay et d’autres chanteurs [le 14 mars 2018, notre interview ayant été réalisée le 13, NDLR]. Je pense que c’est important pour nous artistes qui avons une certaine visibilité de rendre visible les problèmes de la société. Nous devons soutenir les gens qui ont des problèmes, qui sont moins gâtés par la vie que nous. C’est très important. C’est essentiel, même. Je ne fais pas seulement ce métier pour monter ma gueule à la caméra ou chanter dans un micro, je le fais aussi et surtout pour faire passer un message. Donc, je me dois d’aller là où on me permet de faire passer ce message et où je sais qu’il sera reçu correctement aussi. Tu sais, avoir l’opportunité de rendre heureuse Johanna comme elle a pu l’être en me rencontrant, ça n’a pas de prix. Johanna est la plus belle rencontre que j’ai pu faire cette année. Je l’embrasse d’ailleurs beaucoup, par l’intermédiaire de ton papier. Je pense souvent à elle. Notre métier, à nous artistes, sert aussi à ça. Ce ne sont pas que des strass et des paillettes, même s’il y en a et que c’est bien qu’il y en ait aussi. Notre métier sert à changer la réalité des gens. Quand aller à la rencontre de quelqu’un qui te suit et qui aime ce que tu fais, lui permet de renouer avec la vie, c’est fabuleux. Tu te dis que tu ne fais pas ce métier pour rien… Et puis, avec notre popularité, nous permettons de rendre visible cette réalité à laquelle beaucoup ne sont pas habitués. Nous nous devons de sensibiliser les gens à la maladie. Il faut donner la parole aux gens qui sont malades comme aux autres, ça me paraît élémentaire. Tu sais, je vis ça depuis que je suis tout petit. Mes deux parents sont profs, mon père est prof de français, et ma mère s’occupe d’enfants qui ont des besoins spéciaux, elle travaille notamment avec des autistes, des trisomiques… donc je suis sensibilisé à ce besoin de faire avancer les choses depuis que je suis tout petit.

Enfin, je ne peux pas te laisser partir sans te demander comment va Dorothée [sa chienne, NDLR]

Dorothée va très bien ! Elle est très fainéante et capricieuse à vrai dire… (rires) Elle n’a qu’une seule envie, c’est qu’on la sorte rapidement et qu’on la caresse longtemps ! Mais elle va très très bien. Je n’ai malheureusement pas trop l’occasion de m’en occuper très souvent pour l’instant parce que j’ai un emploi du temps incroyable, mais elle est à la maison et nos retrouvailles sont toujours joyeuses !

Propos recueillis par Luc Dehon le 13 mars 2018.
Photos : Fifou

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