Interview de Michal
Propos recueillis par IdolesMag.com le 09/06/2010. © Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag et/ou Dehmar SARL.
Michal a eu la gentillesse de nous accorder une belle et longue interview comme vous les aimez et... comme nous les aimons! Michal nous raconte en détail son enfance en Pologne et ses premiers émois de chanteur sur une petite scène de Gorzow... Il nous explique aussi comment il est arrivé à Paris, en plein mois de juillet sans vraiment de port d'attache et la suite de son parcours de chanteur, déjà très long et très riche, qui le mène aujourd'hui vers de nouveaux horizons. Rencontre avec Michal, un garçon attachant plein de talent...
IdolesMag : Quels souvenirs te restent-il de ton enfance en Pologne?
Michal : Beaucoup de souvenirs, en fait... J'y ai vécu 18 ans. Donc, c'est toute mon enfance et mon adolescence. Beaucoup de mes souvenirs sont bien entendu liés à ma famille, que je ne vois plus beaucoup en ce moment. Géographiquement, nous sommes très éloignés. Nous nous voyons seulement quelques fois par an, ce n'est plus comme avant. Il me reste aussi beaucoup de souvenirs d'école, du conservatoire de musique aussi (j'ai fait le conservatoire pendant 6 ans). Je ne pense pas être très original en te disant ceci, mais ce sont des souvenirs qui m'ont construit et qui ont fait qui je suis devenu aujourd'hui et qui m'ont donné envie de faire ce que je fais aujourd'hui. Je ne suis pas nostalgique de cette période, mais chaque fois que j'y pense, ça m'émeut.
Qu'est-ce qui t'a donné envie d'apprendre le Français?
(rires) C'est quelque chose dont j'ai beaucoup parlé et du coup, je rigole toujours quand j'en parle... C'est grâce à la musique Française en général, et aux chansons de Mylène Farmer, en particulier. C'est une artiste que j'ai découverte assez tôt en fait, quand j'étais encore gosse. Je n'avais quasi jamais entendu parler Français auparavant. Il faut savoir qu'à l'époque, le Français n'était pas une langue très populaire en Pologne. C'est en tout cas la première fois que j'ai vraiment écouté du Français... Je me souviens des chansons de Serge Gainsbourg aussi, qui m'avaient beaucoup fasciné. Tout est arrivé par la musique, en fait...
Comment ces artistes sont-ils arrivés jusqu'à toi?
Toujours par des moyens très particuliers et très hasardeux. Peut-être que si je n'avais pas été au bon endroit à cette époque-là, je n'aurais jamais attrapé cette petite cassette qui traînait... Oui! A l'époque, on écoutait encore des cassettes! (rires) Des fois, je me dis que la vie est vraiment faite de hasards. Peut-être que je ne serais pas en France actuellement si à un moment donné dans ma vie je n'avais écouté telle ou telle chanson... Et pour tout te dire, en fait mon père travaillait en Allemagne à l'époque. Et Mylène Farmer avait pas mal de succès là-bas. Il a donc ramené deux albums de Mylène à la maison, que j'ai très vite attrapés et très vite écoutés! Au départ, c'était juste pour voir ce que papa amenait à la maison. Et ça a été un coup de foudre artistique assez brutal en fait... Pour ce qui est de Serge Gainsbourg, c'est venu un peu plus tard. C'est ma prof de musique qui m'avait donné une compil de plein d'artistes. Je suis donc tombé sur une chanson de Serge Gainsbourg et je me suis rendu compte que cette langue avait vraiment quelque chose qui m'attirait par dessus tout... Je me suis dit qu'il fallait que je parte à sa rencontre.
Comment as-tu appris le Français?
J'ai essayé de l'apprendre par moi-même au départ. Quand on est fasciné par quelque chose, on devient très vite impatient. Du coup, on a envie de découvrir très rapidement les choses. Donc, je me souviens d'avoir essayé d'apprendre le Français par mes propres moyens. J'achetais des cassettes et des magazines d'apprentissage. Mais je me suis très vite rendu compte qu'on n'apprenait pas une langue étrangère aussi riche que le Français, comme ça, tout seul dans son coin! Je me suis donc débrouillé pour aller dans un lycée qui avait une classe de Français. Je voulais avoir de bonnes bases scolaires, pour aborder cette aventure de façon correcte. Donc, l'envie m'est venue tout seul, mais pour l'apprentissage, j'ai vraiment eu besoin d'un professionnel à mes côtés!
Quand tu étais gamin et ado avais-tu des idoles? Etais-tu du genre à placarder les murs de ta chambre de posters?
Oui, bien sur! Et même beaucoup, pour tout te dire! (rires) Depuis mon plus jeune âge, je suis attiré par la musique. J'ai toujours beaucoup écouté de musique. Ce monde musical me fascinait, et je voulais l'exprimer d'une manière ou une autre... Je n'ai pas pu chanter tout de suite, parce que j'étais trop jeune, que je n'avais pas les moyens, etc... Donc, j'exprimais cette attirance pour la musique par mon attirance pour les artistes. Bien évidemment, ça passait par les posters au mur, je collectionnais les cassettes puis les CDs des artistes que j'aimais, les magazines aussi... Tout ceci est encore dans ma chambre en Pologne, d'ailleurs.
Et à part Mylène Farmer et Serge Gainsbourg, tu écoutais qui?
A part Mylène Farmer et Serge Gainsbourg, j'écoutais surtout de la chanson anglo-saxonne, plus d'ailleurs que de la chanson Polonaise. En fait, j'aimais beaucoup l'anglais aussi. L'attirance était moins forte que pour le Français, mais tout de même, j'étais assez attiré par l'anglais aussi. J'écoutais Depeche Mode, Madonna (je l'admire depuis tout petit), Roxette aussi... Ils m'ont fait tourner la tête Roxette. Ils ne font plus grand chose en ce moment, c'est assez dommage d'ailleurs, parce que c'est un groupe qui m'a beaucoup inspiré à l'époque. En fait, je suis resté assez fidèle aux artistes que j'aimais. Je les écoutais à l'époque, et je les écoute toujours beaucoup... Il y avait Sinéad O'Connor que j'aimais beaucoup. C'était assez bizarre d'ailleurs par ce qu'elle était une artiste très extravagante et j'étais encore un gamin... Mes parents me demandaient d'ailleurs toujours pourquoi je n'écoutais pas des chansons de gosses, un peu plus douces... (rires) Entre Madonna qui se mettait à poil, Sinead qui se présentait le crâne rasé... Ils se posaient des questions en fait!
Madonna, Mylène, Sinéad, Roxette, Gainsbourg... tu les écoutais, mais plus généralement, quelles sont tes influences musicales?
Ce sont eux aussi, bien évidemment. Comme je te le disais tout à l'heure, je suis resté très fidèle aux artistes que j'ai aimés, à part peut-être l'une ou l'autre chanson que j'ai entendue à la radio une fois ou l'autre. Je pense que ce sont ces artistes qui m'ont construits et ce sont eux qui m'ont donné envie de faire de la musique. Donc, j'espère que ça s'entend dans ce que je fais...
Peux-tu m'expliquer dans les grandes lignes ta formation et ton parcours musical?
J'ai commencé par une formation de piano classique pendant six ans au conservatoire. J'en avais vraiment besoin, parce que le classique donne les bases et permet de découvrir la musique autrement. ça m'aide d'ailleurs beaucoup aujourd'hui pour faire de la variété. La formation classique aide beaucoup. Sinon, pour ce qui est du chant, j'ai suivi des cours à l'école cette fois-ci et pas au conservatoire. C'est à l'école primaire que j'ai commencé à apprendre le chant. Ma prof a du sentir que dans sa classe il y avait un petit gosse un peu plus agité que les autres et qui restait après les cours pour lui poser plein de questions!... (rires) Elle m'a beaucoup aidé à l'époque et par la suite aussi d'ailleurs. On a bossé ensemble pendant des années et des années. C'est d'ailleurs elle qui m'a encouragé à écrire mes premières chansons. Elle les a corrigées, elle m'a appris la structure d'une chanson, elle m'a appris toutes les "lois" de la composition en définitive.
Après, avec cette même prof, nous sommes partis un peu partout dans le pays pour participer à des stages et des concours de chanson. J'ai commencé alors à rencontrer d'autres profs, d'autres artistes, et j'ai appris encore beaucoup de choses. Donc, tout ceci a continué jusqu'à mon départ, à l'âge de 18 ans.

Tu te souviens de la première fois où tu t'es dit "Je veux être chanteur"?
Non, pas du tout. C'est un moment qui s'est enfoui de ma mémoire. Pour une très simple raison, je pense, c'est que ça devait être tellement tôt, il y a tellement longtemps, que ma mémoire n'y va plus aujourd'hui... J'en ai d'ailleurs eu souvent la confirmation en en parlant avec ma famille qui me dit que j'ai toujours chanté. Ma grand-mère se souvient de me voir revenir de l'école primaire en chantant... ça pouvait faire peur un petit gamin qui marche et chante tout seul dans la rue, non? (rires) Donc, le moment précis, je ne peux pas vraiment te dire... Après, j'ai des souvenirs plus précis, comme quand j'ai touché pour la première fois le piano. C'était vers l'âge de 8 ans. Toucher un instrument, ça a été une révélation. Ensuite, ma famille m'a acheté un petit clavier. Et j'ai commencé à écrire mes premières chansons. Tout ceci est bien entendu beaucoup plus précis dans ma tête.
Et la première chanson que tu as écrite, tu t'en souviens?
Oh oui! Je m'en souviens très bien parce que c'est une chanson que j'ai chantée pendant de nombreuses années après. C'était une chanson en Polonais que j'avais composée sur ce petit clavier que ma famille m'avait offert. J'ai fait beaucoup de concours de chansons et de stages avec cette chanson. C'était une ballade assez triste, ce qui touchait pas mal les gens à l'époque. Cette chanson parlait des gens qui vivaient dans la rue. J'ai dû la composer à l'âge de 10 ans et j'ai dû la chanter sur scène la première fois à l'âge de 12 ans. je pense que ça a touché pas mal de gens parce que ce n'est pas forcément un sujet qu'on aborde quand on a dix ou douze ans... D'ailleurs, quand je rentre dans ma ville en Pologne, on m'en parle encore assez souvent...
Ah oui?
Oui, parce que tu sais, dans cette ville, j'ai fait toutes les scènes possibles et imaginables, donc... Comme ce n'est pas une très grande ville, les gens se souviennent de petites choses comme ça. Surtout que, comme je te l'ai dit, ça a duré des années. Et que je chantais aussi dans des endroits où on ne voulait pas de moi! (rires)
Tu as donc fait ta première scène à l'âge de douze ans. Quels souvenirs en gardes-tu?
Ah la la... C'était un petit concours régional de chansons pour enfants. Il devait y avoir 100 personnes dans la salle. Je me souviens que j'étais habillé en blanc. C'était extrêmement stressant. Je tremblais de toutes mes forces! Mon père avait filmé... et si je regarde cette vidéo aujourd'hui, je pourrais faire une crise cardiaque, tellement mon stress était communicatif! (rires) C'était vraiment... intense, on va dire! Je m'en souviens très bien. C'est un moment qui restera à jamais gravé dans ma mémoire et qui restera peut-être le plus important de tous les beaux moments que j'ai vécus. C'est la première fois que je montais sur une scène, et si je ne l'avais pas fait, je n'en aurais certainement pas fait mon métier aujourd'hui.
Tu es venu en France, à 18 ans. Pourquoi avoir choisi la France?
C'était une évidence! Pour tout te dire, je n'avais jamais prévu de quitter la Pologne pour partir à l'étranger! Quand j'étais en train de passer mon bac, je me demandais ce que j'allais bien pouvoir faire après. Je faisais de la musique, je voulais faire de la musique mon métier... mais on m'a bien fait comprendre que la musique n'était peut-être pas forcément le meilleur moyen pour gagner sa vie!... Donc, ma famille a essayé de m'orienter vers un métier plus sur, plus stable. Je me posais donc beaucoup de questions, et comme j'étais fasciné de plus en plus par le Français... J'avais décidé de faire des études de Français. J'ai donc passé des examens pour être reçu dans une université de Français en Pologne. Et à un moment donné, ma prof de Français m'a dit clairement que si je voulais vraiment parler correctement le Français, il fallait que je parte en France... Donc, je me souviens très bien que j'ai ri en lui disant que je ne pouvais pas partir comme ça en France. Du coup... ça a mûri dans ma tête parce que c'était un pays que je voulais vraiment découvrir. C'était pour moi une sorte de rêve que j'aurais aimé réaliser... Mais je n'avais pas forcément les moyens, et donc, je cherchais une solution plus... raisonnable, on va dire, afin de pratiquer la langue, mais en Pologne. Donc, l'idée de venir à Paris n'était pas un but en soi, c'était juste un rêve pour moi... Si on m'avait dit que je pouvais partir en Angleterre, je ne l'aurais pas fait, je n'avais pas spécialement envie de quitter la Pologne. Je n'en voyais pas la nécessité. Mais partir en France, ça c'était autre chose, c'était une rêve...
Et donc je suis parti, tout de même...
Tu arrives à Paris, seul. C'était la première fois?
Oui. A Paris, oui. J'avais déjà eu la chance d'être venu en France pour des stages et des vacances aussi. C'était dans le cadre de séjours organisés pour des adolescents. C'était dans le sud de la France. Mais Paris, c'était la première fois... Je suis donc venu à Paris pour étudier. Je suis arrivé au mois de juillet, seul, je ne connaissais pas la ville. Comme je commençais mes études début octobre, je n'ai pas eu un très long moment d'adaptation! Il a donc fallu que je m'adapte très rapidement...
Et tu ressens quoi quand tu arrives à Paris?
Un bonheur total. Aujourd'hui, quand j'y repense, je me dis que je ne serais plus capable de faire une chose pareille. Parce que j'ai vraiment tout quitté. En même temps, à 18 ans, à part la famille... on n'a pas grand chose! Ni femme, ni mari, ni enfant... Donc, quand je dis que j'ai tout quitté, je pense surtout au pays dans lequel j'ai vécu, à mes amis, à ma famille... Bref, tous mes repères en fait. J'ai eu pas mal de courage quand j'y repense. Et donc, quand j'arrive à Paris, je suis heureux. Je n'avais peur de rien. J'étais insouciant. Alors qu'aujourd'hui, je serais mort de trouille, je pense, de me retrouver dans une ville étrangère! (rires)
Surtout que tu te retrouves sans beaucoup de connaissances, et dans un pays qui ne parle pas ta langue...
Oui, c'est certain. Je me suis très vite rendu compte que la base scolaire de Français que j'avais... et bien... c'était assez peu! (rires) C'est-à-dire qu'en Pologne, j'avais appris un Français "classique", mais le Français est une langue vivante, qui se modernise, et je n'en comprenais pas bien toutes les subtilités. En plus, les gens à Paris parlent tellement vite! (rires) Les jeunes renversaient les mots, et ça... je n'y comprenais rien! (rires) J'avais donc beaucoup de mal à communiquer. Heureusement, très vite, j'ai été entouré de gens intelligents et de gens qui m'ont beaucoup aidé. Et quand je dis aidé, c'est aidé dans tous les sens. Ce sont des gens qui m'ont appris à mieux parler le Français, mais aussi qui m'ont hébergé et qui m'ont aidé à trouver des petits boulots. Ils m'ont aidé à vivre, tout simplement. J'ai vraiment eu beaucoup de chance de les avoir...

Donc, tu n'avais pas un réel point de chute en arrivant de Pologne?
J'avais quelques personnes que j'avais rencontrées lors d'un stage que j'avais fait dans le sud de la France. C'étaient des gens extraordinaires qui m'avaient dit que si je venais en France, ils m'aideraient. Pour moi, c'était un peu lunaire tout ça... surtout que je suis quelqu'un d'assez timide. Je me voyais mal demander de l'aide... Mais tout s'est fait assez naturellement, en fait. J'ai envoyé quelques mails depuis la Pologne, et certains m'ont accueilli, c'était vraiment super...
Tu arrives à Paris, tu recommences à chanter?
Pas tout de suite. Je n'en avais tout simplement pas les moyens. Je n'avais pas vraiment de chez moi pendant les premiers mois, donc pas de piano. Après, j'ai fait de la colloc', et ça a été un peu plus simple... Pour mon anniversaire, au mois de novembre, j'ai reçu un piano de la part de mes amis, et c'est à ce moment-là, que ça a repris. J'étudiais la littérature et la science du langage à la Sorbonne et je me suis dit qu'en parallèle, il fallait que je rechante. Parce que ma passion première, c'est la chanson et la musique. Je ne voulais pas le perdre de vue. J'ai donc continué à composer sur mon piano. Par contre, pour me produire, ce n'était pas évident, parce que je ne parlais pas encore très bien, et donc, les gens ne me comprenaient pas bien, et comprenaient encore moins bien ce que je chantais. Donc, même si j'essayais de me produire dans les piano-bars et les hôtels, ce n'était pas évident... Et ça a duré jusqu'au casting de la Star Ac...
On ne va peut-être pas revenir sur la période Star Ac, je crois que tout le monde connaît un peu l'histoire... Mais donc, après la Star Ac, tu sors ton premier album "De l'or et des poussières". As-tu été libre dans le choix de tes chansons?
Oui. Je me suis senti libre, mais par contre, je me suis senti très pressé aussi. Et ça, ça m'embêtait beaucoup... Parce que la date de sortie de l'album avait été décidée avant même que je ne sache ce que j'allais mettre dans cet album. C'était embêtant... J'ai eu trop peu de temps pour travailler sur cet album. J'aurais aimé composer plus de chansons. Il n'y en avait que deux de moi. Parce que tout simplement, je n'avais pas le temps. Nous sommes partis directement en tournée avec la Star Ac. Cette tournée a pris tout mon temps. Je n'étais jamais chez moi en fait. Je rentrais juste sur Paris pour enregistrer l'album. Je pense que moi-même je ne savais pas non plus très bien ce que je voulais. J'avais 20 ans. Je venais de vivre un truc qui avait complètement basculé ma vie, dans tous les sens et tous les domaines d'ailleurs. Donc, il y avait ce mélange de plusieurs sentiments : aller trop vite, ne pas savoir très bien ce que je voulais... Et quand je prends du recul, je me dis aujourd'hui que j'aurais peut-être du le faire autrement, je ne sais pas... Mais ça reste un disque que j'aime beaucoup. Il m'arrive même de l'écouter de temps en temps. Et j'en reste très fier!
Et le jour où il est sorti dans les bacs, qu'est-ce que ça t'a fait?
Je pense que ce jour-là... je n'ai rien compris! (rires) Encore une fois, il est sorti très très vite. A peine quatre mois après la Star Ac. J'étais encore dans tout le tourbillon médiatique. En plus, à côté de cela, il y avait la tournée. Donc, il se passait tellement de belles choses dans ma vie que je n'ai pas pu apprécier ce moment à sa juste valeur. En même temps, c'est un peu triste. J'avais tellement envie de le voir dans les bacs, mais je n'ai pas eu le temps de le faire, ou du moins, je ne pouvais pas le faire... Parce qu'à l'époque, je ne pouvais pas bouger sans garde du corps! ça a changé depuis! (rires)
C'était donc un sentiment très bizarre. J'étais tellement heureux et tellement content, mais je n'avais pas la possibilité d'en profiter.
Tout allait un peu trop vite pour toi...
Oui, je n'ai pas pu profiter de tous ces beaux moments à fond. Je n'ai pas été euphorique comme j'aurais dû l'être. Je me connais : j'aurais été capable de m'évanouir de bonheur et d'excitation dans un magasin en voyant mon album...
Une énorme tournée "solo" suit cet album, quels souvenirs en gardes-tu?
La première fois que j'ai chanté une de mes chansons, seul sur scène, j'étais à peu près dans le même état qu'à mes douze ans lorsque je suis monté sur cette scène pour la première fois habillé tout en blanc... Tout tremblant, tout ému. C'est là que je me suis rendu compte pour la première fois de ce qui m'était arrivé. C'était une fierté énorme de me retrouver seul sur scène. J'étais vraiment heureux et fier.
En parlant de scène, tu gardes un public très fidèle. Quel rapport entretiens-tu avec tes fans?
Ce sont des gens extraordinaires que j'appelle, très gentiment, mes "soldats". Le marché est très difficile aujourd'hui, il ne faut pas se le cacher, mais mes "soldats" se battent énormément pour moi, pour ma musique, pour la propager, pour la proposer dans les radios... Forcément, j'ai un rapport très fort avec eux. En même temps, ce rapport est difficile, parce que ce sont des gens que je ne connais pas forcément très bien, mais à qui je dois tellement. Faire la part des choses n'est pas tout à fait évidente. Mais je leur dois beaucoup et ils sont tous dans mon coeur. Je pense à eux souvent...
Ensuite, tu sors un single, magnifique, "Mon tout", que j'adore. Comment est née cette chanson?
C'était un single de passage... Parce que quand j'ai commencé à préparer le second album, je me suis dis qu'il était temps de rattraper un peu les erreurs que j'avais faites sur le premier album. Ce n'était pas vraiment des erreurs, mais disons que je voulais faire cet album dans d'autres conditions. Je voulais prendre le temps de réfléchir, de bien penser à ce que je voulais proposer. Comme j'avais le temps, je voulais le prendre... Je n'avais pas encore dans ma tête une vision très claire de la couleur qu'allait prendre l'album. On a donc sorti "Mon tout" qui était une sorte d'essai, si tu veux... Je voulais changer délicatement un peu de direction. Le premier album était assez nostalgique et romantique avec beaucoup de ballades, je voulais donc quelque chose de plus énergique. "Mon tout" a donc été une sorte de petite cassure, un passage vers le "All Alone with my Gueule", qui lui, est allé encore beaucoup plus loin!

Et donc, en 2007, tu étonnes tout le monde avec ton album "All alone with my gueule". Nouveau son, nouvelle énergie. On ne peut plus parler ni de transition, ni de passage, là...
Tout à fait!
Je suppose qu'il te colle plus à la peau, celui-là?
Bien sûr. Ce changement a été beaucoup réfléchi et mûrement réfléchi. C'était surtout une victoire personnelle pour moi. Ce n'était pas évident de l'imposer. Quand je parle de l'imposer, ce n'est pas tant vis-à-vis du public, mais vis-à-vis des équipes avec qui je travaillais. Ils ne m'attendaient pas du tout sur ce terrain. Il a fallu que je fasse de mon mieux pour les convaincre. Ce n'était pas évident. Donc, imposer cet album a été une sorte de grande victoire personnelle. Tout à l'heure, nous parlions de mes idoles d'enfance ou même d'aujourd'hui, puisque ce sont à peu près les mêmes, et bien ce disque reflète mes inspirations. Il montre la musique sur laquelle je me suis construit et qui m'a donné envie de faire ce métier. C'est un disque sur lequel je me suis beaucoup plus lâché aussi et sur lequel je me suis beaucoup plus extériorisé. On peut dire que c'était une sorte de renaissance pour moi. Il est très important à mes yeux, ce disque...
Et Axelle Renoir, comment est-elle arrivée sur ton album?
C'est grâce à Luka qui a écrit et composé pas mal de chansons sur "All Alone with my Gueule". Il est devenu un très bon ami, d'ailleurs. Et à l'époque, il travaillait avec Axelle sur son album à lui. Elle était sa productrice. Il me l'a présentée et le courant est bien passé. Et ils m'ont proposé "Libre" qu'ils avaient écrit tous les deux. Tout ceci s'est passé de façon extrêmement simple. On rencontre quelqu'un qui nous présente une autre personne, et parfois, ça colle! Heureusement! (rires)
Paradoxalement, cet album, beaucoup plus personnel, a beaucoup moins de succès que le premier. Comment l'expliques-tu?
C'est toujours très difficile pour moi de l'expliquer. Je ne sais pas quoi te répondre. Peut-être est-ce ce changement de direction qui a provoqué une sorte de désorientation pour le public? Je suis conscient que les gens ne s'attendaient pas forcément à ce son... Il y a cet aspect-là, très certainement. Mais je l'assume entièrement. Parce que j'ai voulu cet album ainsi. Après, il y a peut-être aussi toute une partie marketing qui est tombée à l'eau. Il est sorti à un mauvais moment, un moment où il y avait beaucoup de changements dans ma maison de disques. Je me suis un peu senti délaissé par certaines équipes. Mais en même temps, je n'ai pas envie de jeter la faute sur les autres. Je pense qu'il est sorti dans une période bizarre pour moi, professionnellement parlant. Puis, il y a aussi la crise du marché du disque qui n'arrange rien. Mais comme je te l'ai dit, ce n'est pas évident pour moi d'en parler, parce que cet album, je le chéris tellement. C'était un peu comme un enfant pour moi. Ou du moins, comme une victoire, une fierté. Pour paraphraser le titre, je pourrais dire qu'il s'est "cassé la gueule"! (rires)
Il t'a tout de même permis d'être un peu plus toi, non?
Oui... Tu sais, cet album m'a aussi permis de faire ce que je fais aujourd'hui, de m'assumer, et pas uniquement musicalement, par rapport à l'image que je véhicule aussi. J'avais l'impression d'être prisonnier d'une image plutôt lisse, un peu gendre idéal, qui me gênait un petit peu parce que je ne m'y retrouvais pas forcément. Ce disque m'a permis de casser une image qui ne me correspondait pas, et donc, je m'assume beaucoup mieux aujourd'hui.
Tu viens de participer à "Dancing with the stars" en Pologne. Peux-tu me parler un peu de cette nouvelle aventure...
C'est la production de l'émission qui m'a appelé. J'ai d'ailleurs été très surpris! Parce que le premier album et le single "Mon Tout" ont eu un succès agréable en Pologne, c'est clair, mais je ne m'attendais pas à ce qu'une émission aussi populaire en Pologne fasse appel à moi... Tu sais, ici en France, cette émission n'est pas connue, mais en Pologne, ils en sont à la dixième édition, et cette émission fait un véritable carton. Je ne pensais pas que la production d'une émission aussi importante pourrait penser à moi. Ils ne font appel qu'à de très grandes stars. Je dois t"avouer que j'ai été très flatté et très heureux qu'ils pensent à moi... Quand la production m'a appelé, et comme je ne connaissais pas bien l'émission, je me suis un peu renseigné sur le concept. Puis, j'ai accepté. En plus, c'était agréable pour moi de retourner en Pologne. Et je pense que j'ai fait un bon choix.
As-tu pris du plaisir à t'exprimer artistiquement par la danse?
Ah oui! Enormément, même! Tu sais, je suis tombé avec une super danseuse, qui est d'ailleurs devenue une véritable amie aujourd'hui. Tout a été fait pour que je me sente bien, comme à la maison, en fait. Forcément, j'avais une trouille extraordinaire... parce que je ne te cache pas que les danses de salon, c'était quelque chose de lunaire pour moi! (rires) C'était une discipline à la fois étrangère et étrange pour moi! Mais j'ai pris beaucoup de plaisir et j'y ai appris pas mal de choses. Malheureusement, aujourd'hui, je pense que je ne pourrais pas reproduire le quart de ce que j'ai appris.
Ah bon?
Tu sais, tout se passait tellement vite et c'était tellement un travail "dans l'instant" que j'ai oublié pas mal de choses. Nous n'avions à chaque fois qu'une semaine pour présenter une ou deux danses. Donc, le programme était très intense. Malheureusement, nous sommes tous pareils. Quand tout se passe un peu trop vite pour notre cerveau, et bien, après coup, on ne retient pas grand chose.

En parlant de Pologne, dans tes deux albums, tu as mis des chansons en Polonais. Etait-ce important pour toi?
Oui, surtout pour les deux premiers albums. Parce qu'ils étaient en Français. Je voulais, d'une, me faire plaisir, de deux, faire plaisir aux Polonais qui vivent en France et de trois, faire plaisir aux gens qui ont acheté l'album en Pologne. C'était très important, bien évidemment. J'ai pensé aussi à ma famille : je voulais qu'ils puissent comprendre au moins une de mes chansons!
Et toi, tu te sens plus à l'aise dans quelle langue? Le Français, le Polonais... ou l'Anglais?
Figure-toi que le prochain album sera tout en anglais! ça va encore tout changer... les gens vont encore être désorientés, je pense! (rires)
Tu n'as peur de rien!
Tu sais, je pense que j'ai besoin de ça, de changer constamment... J'ai besoin de désorientation, de surprises, de changement. Je n'aime pas la routine. Donc, je chanterai en anglais sur mon prochain album. ce sera encore quelque chose de nouveau.
Mais pour en revenir à ta question... Chaque langue m'apporte quelque chose de différent. Je sais, par exemple, que je préfère écrire mes textes en anglais. Ensuite, pour chanter, chaque langue me donne un plaisir différent et des sensations différentes.
Avant de parler de tes projets actuels, j'ai encore une ou deux questions si tu veux bien... Peux-tu me parler de ta chanson "Ami-Amant" et ta collaboration avec Corinne Hermès?
Nous avions le même manager avec Corinne à une époque. Donc, forcément, nous nous sommes croisés quelques fois. Et un jour, nous étions chez Corinne, elle a pris sa guitare et moi, je me suis mis au piano. Elle m'a dit qu'elle avait une mélodie à me faire écouter. Elle m'a fait écouter "Ami-Amant", justement. C'était dans cette période de passage où est sorti "Mon Tout". Je ne savais pas trop où j'allais... Cette nouvelle collaboration m'a permis de m'orienter et de me retrouver une nouvelle fois. Je l'ai beaucoup chantée pendant ma tournée et mes scènes parisiennes. C'est une chanson que j'aime beaucoup. Finalement, elle n'a pas figuré sur le deuxième album, parce que je suis allé encore plus loin dans mon envie de rock, et je pense qu'elle aurait été un peu "perdue" dans l'album. Je pensais qu'il était mieux de ne pas la mettre sur l'album, mais j'ai un très très bon souvenir de cette chanson...
Aimerais-tu écrire pour d'autres artistes?
Oui, je pense que c'est une ambition qui est quelque part en moi. J'ai d'ailleurs commencé un petit peu pour des amis. Je leur compose des chansons, je les produis un peu dans mon petit home studio. Je commence donc petit à petit. Tu sais, je viens de monter ma propre boîte de production, donc j'envisage aussi l'éventualité d'être de l'autre côté.
Ce doit être un exercice complètement différent d'écrire pour les autres?
Oui, oui... J'ai remarqué aussi que je mettais beaucoup de moi dans ce que j'écrivais pour les autres. Je pense que ce doit être très difficile d'écrire des chansons à la demande. Je ne sais pas si je serai capable de le faire un jour. Pour l'instant, je reste centré sur ce que j'aime composer et ce que j'aime chanter. Donc, quelque part, j'écris des chansons pour les autres qui pourraient être aussi bien les miennes. Mais c'est un exercice auquel j'aimerais me plier un jour : quelqu'un vient me trouver en me disant "J'aime ta façon de composer. Mais je voudrais une chanson qui me ressemble, donc, je la voudrais comme ci, et comme ça..." Peut-être que je ne serais pas capable de la faire, mais j'aimerais tenter l'expérience.
Peux-tu me parler de ton projet actuel? Il va donc être en anglais...
Oui! C'est un projet à part qui est forcément une suite de ce que j'ai fait auparavant, mais en même temps, c'est à nouveau une cassure. Il ne sortira pas sous mon nom non plus... Tout est lié à la rupture de contrat avec la maison de disques chez qui j'étais pour les deux premiers albums. ça m'a fait réfléchir. Je sais que les choses n'arrivent pas pour rien dans la vie. Je me suis dit qu'il était peut-être temps de me mettre à mon compte. Donc, j'ai monté une boîte de production et je suis devenu mon propre patron. Du coup, je prends le temps et je mets tous les moyens à ma disposition pour faire ce que je veux.
Ce sera donc un album-concept en anglais, comme s'il s'agissait d'un groupe. Ce ne sera pas un troisième album de Michal, bien que je serai derrière tout ça... Je serai le chanteur, et j'ai écrit et composé les titres. J'avais envie de quelque chose de nouveau. Un chapitre s'est fermé pour moi, et un nouveau s'ouvre... J'avance aujourd'hui d'une autre façon.
Et il va sortir bientôt cet album?
L'album est terminé, mais étant producteur, je peux te dire que ça prend beaucoup de temps et que ça demande beaucoup d'argent pour mener le projet à bien. Donc, je ne sais pas très bien quand il va voir le jour... je n'en parle pas plus pour le moment, je suis superstitieux.
Juste une dernière question à propos de cet album. A l'heure actuelle, beaucoup d'albums ne sortent qu'en MP3, restes-tu attaché aux supports physiques?
Oui, beaucoup! C'est aussi pour ça que ce troisième album n'est pas encore sorti. Parce que j'aurais pu le sortir en digital, mais je tiens par dessus tout à le sortir en support physique. J'aimerais ressentir une fois encore cette excitation, ce bonheur de toucher pour la première fois un disque. Pas juste le voir sur mon écran d'ordinateur... Après, on connaît les temps dans lesquels on vit, et je ne sais pas si j'aurai encore ce bonheur de sortir un support physique. En plus, ce projet dont je te parle est basé sur l'image aussi, donc, un beau livret, un beau visuel, c'est important... On verra... J'ai l'impression que les disques vont cesser d'exister dans quelques années, ce sera triste, mais on ne pourra rien faire. J'ai un peu peur qu'on ne puisse pas y échapper...
J'écoute beaucoup de disques d'electro et de New Wave, que je suis obligé de télécharger parce qu'ils ne sortent pas en physique... C'est un peu dommage, donc si je peux y échapper, je le ferai.
Justement, en parlant de CD, quel est le dernier que tu as acheté?
C'était hier, j'ai acheté le dernier live de Pet Shop Boys. C'est un groupe que j'admire beaucoup beaucoup. Le disque a été enregistré à Londres, moi je les ai vus à Paris, à l'Olympia. J'ai adoré le spectacle. Et pour tout te dire, j'ai acheté le DVD aussi! (rires)
Et quel est les dernier concert qui t'a marqué?
Laisse moi réfléchir... ce doit être le concert de Little Boots, à New-York. C'est une artiste anglaise qui jouait à New-York quand j'y étais. Donc, ça tombait bien! C'était vraiment super... Pour en revenir à ce dont on parlait tout à l'heure, cette fille est assez connue en Angleterre, donc, ses disques sortent là-bas, mais pas ici en France. J'ai donc du acheter ses morceaux en MP3.

Si c'était à refaire... Y a-t-il des choix artistiques que tu ne referais plus aujourd'hui?
Non. Pas les choix artistiques. Tout ce qui touche à la musique pure, non, je pense que tous les choix que j'ai faits m'ont aidé, ou m'ont fait plaisir, ou m'ont permis d'être ce que je suis aujourd'hui. Après, peut-être que dans le domaine du marketing, oui, j'aurais peut-être du faire d'autres choix. Mais artistiquement, non.
Et a contrario, y a-t-il des choix artistiques que tu regrettes de ne pas avoir fait?
Oui, probablement plus... Justement pour le deuxième album, ce changement, cette cassure dont on parlait, je pense que j'aurais peut-être pu être un peu moins timide et plus insistant pour le faire plus tôt. Peut-être... Après, ça n'aurait peut-être rien changé...
Si je te posais la question stupide suivante : Quelle chanson emporterais-tu sur une île déserte? Que me répondrais-tu?
Oh la la... Elle n'est pas stupide ta question, elle est juste extrêmement compliquée! Je suis vraiment incapable de te répondre... Je pourrais te dire "Nothing compares 2 U" de Sinéad O'Connor, "Vogue" de Madonna, "Soldier of Love" de Sade... Il y en a beaucoup trop... Il faudrait beaucoup d'îles désertes! (rires)
Enfin, je vais te donner quelques mots, tu vas me dire ce qu'ils t'évoquent instinctivement.
Deauville : Je vais être très égocentrique... mon premier album
Gorzow : La famille
Piano : L'Ami
Or : toujours égocentrique, mon premier album... mais je ne peux pas te dire autre chose! (rires)
Duel : changement
Libre : Axelle Renoir
Poussière : de l'or
Ecorché : Trop souvent...
Propos recueillis par IdolesMag le 9 juin 2010.
-> plus d'infos sur Michal :
http://www.myspace.com/myspacemichal
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