Interview de Presquils

Propos recueillis par IdolesMag.com le 18/12/2017.
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Presquils, Nos histoires

Finaliste du Prix Andrée Chédid, le tandem Presquils vient de publier un nouveau single, « Nos histoires ». Séduits par l’univers que Niko et Gaët développent depuis une paire d’années, nous avons été à leur rencontre afin d’en savoir plus sur leurs influences et leurs aspirations.

Avant de parler de votre actu et de vos projets, j’aimerais, si vous le voulez bien que nous retournions dans le passé quelques instants. Venez-vous l’un et l’autre de familles dans lesquelles la musique revêtait d’une importance particulière ? Des familles de musiciens, peut-être ?

Niko : En ce qui me concerne, je suis fils de musicien, mon père était dans l’Affaire Louis Trio. Donc, j’ai grandi dans ce milieu. Toute la famille est dans la musique. À peine né, j’allais déjà dans les concerts, les coulisses, les couloirs et les répètes (rires). Je suis né complètement là-dedans.

Gaët : C’est un peu la même chose. Mon papa était musicien et comédien et ma mère peintre. C’était une famille d’artistes. Donc, moi aussi j’ai baigné dans ce milieu depuis tout petit.

Quelle musique vos parents écoutaient-ils et vous ont-ils donc fait écouter ? Et vers quelle musique vous êtes-vous dirigés quelques années plus tard ?

Niko : Mon père est jazzman à la base, donc, j’ai grandi avec tous les plus grands du jazz. Ma mère était plutôt Beatles et chanson pop française. J’ai été bercé par les disques de l’Affaire Louis Trio, forcément, mais également les Innocents, Voulzy, etc… Ce sont les couleurs jazz et pop avec lesquels j’ai grandi. Pas trop de rock, finalement… Mais je me suis rattrapé par la suite !

Gaët : J’ai vécu seul avec ma mère qui était fan d’Higelin. C’est ma base musicale. Elle adorait aussi tout ce qui était Woodstock et compagnie. Donc, Jimi Hendricks et compagnie traînaient dans le coin. Après, j’ai effectué un virage à 180° : à douze ans, j’étais complètement fan de Nirvana ! (sourire) C’est cette musique que j’ai écouté ado. Ce qui m’a mené après sur plein d’autres choses. Forcément, quand on se met à la guitare, ça nous pousse à aller écouter plein de styles différents. Et aujourd’hui, j’écoute vraiment de tout.

Presquils, DR

Et toi, Niko, vers quelle musique t’es-tu dirigé à l’adolescence ?

Niko : À l’adolescence, j’ai vraiment écouté de tout. Vu que je trainais avec des artistes de la chanson et que je bossais dans des groupes de rock, j’ai aussi écouté Nirvana et ce genre de choses. Je pense que tous les ados des années 90 sont passés par là ! Ce n’est que bien plus tard que je suis arrivé à un répertoire vraiment « chanson », à la fin de l’adolescence, au début de la vingtaine. Alex Beaupain, Benjamin Biolay, forcément puisqu’il était proche d’Hubert [le chanteur de l’Affaire Louis Trio, NDLR] que je connaissais très bien. C’est à cette époque que j’ai eu envie de me diriger plus vers l’écriture en français et plus précisément vers la pop française.

Quels sont vos parcours respectifs avant de monter ce projet commun, « Presquils » ?

Niko : Depuis tout petit, j’ai suivi le parcours classique… j’ai fait de l’éveil musical, ensuite, je suis rentré au Conservatoire. J’y ai suivi un cursus en batterie et percussions. J’ai fait du saxophone aussi. Après, j’ai eu des groupes, comme bon nombre d’ados. Des groupes de rock. Après tout ça, je suis rentré en département chanson dans une école de musique. C’est là que j’ai commencé à écrire et composer, toucher un peu à la guitare et au piano. Et j’ai surtout accompagné des groupes. Après, j’ai fait de la direction artistique et du management ! Voilà mon pédigrée ! (rires)

Gaët : Je suis un peu plus autodidacte en ce sens que j’ai eu une première guitare à onze ans et que j’ai appris en écoutant des disques. Je me suis lancé là-dedans à fond jusqu’au bac. J’ai eu aussi des groupes de rock dans la région lyonnaise. Après, je suis parti en tournée avec des artistes que j’accompagnais à la guitare. Ça a duré quelques années. J’ai monté en parallèle des projets seul sur scène également.

Dans quelles circonstances vous êtes-vous rencontrés ?

Niko : Dans la région lyonnaise, les musiciens se connaissent à peu près tous. Avec Gaët, nous nous sommes d’abord rencontrés en soirée, par des amis qu’on avait en commun. On est devenus potes. Après, on s’est retrouvés tous les deux à accompagner un artiste, lui à la guitare et aux chœurs, et moi aux percus. On s’est rapidement rendu à l’évidence : il se passait un truc humainement et musicalement. Nous avions la même façon de voir la musique. Et donc, il y a trois ans, on s’est retrouvés devant un café et on a pris la décision de faire un bout de chemin ensemble. Après un an, on s’est lancé dans l’aventure véritablement. Presquils a aujourd’hui deux ans.

Presquils, DR

Aviez-vous des idées précises de l’univers que vous vouliez développer à deux lorsque vous avez fondé Presquils ou vous êtes-vous cherchés un moment ?

Gaët : Très honnêtement, on a su assez vite où on voulait aller. On savait qu’on voulait un projet de pop en français. On l’a su presque dès le départ. On trouvait que c’était un exercice intéressant dans le sens où la pop est une musique plutôt basée sur les mélodies, et en français, c’est toujours un peu compliqué à faire sans tomber dans le kitch. Du coup, on a essayé d’écrire des chansons dans un univers très particulier. Quand les gens parlent de nous, ce qui revient le plus souvent, c’est que notre musique est un mélange entre celle des Innocents et celle de Coldplay. Et quand on y pense, c’est exactement ce qu’on a voulu faire.

Vous avez publié dans un premier temps quelques reprises, « Tombé du ciel » d’Higelin, « Loin » d’Hubert Mounier et « Macumba » de Jean-Pierre Mader notamment, mais j’imagine qu’à cette époque vous aviez déjà vos propres compos.

Niko : Bien sûr. Pour dire qu’on a que deux ans d’existence, on a tout de même un répertoire d’une vingtaine de titres. On a passé un an à bosser chez nous dans notre studio à écrire et composer, après il a fallu qu’on existe, qu’on aille chercher un label et une mise en avant du projet. On a accouché de « Nos histoires » il y a quelques mois. C’est un titre très populaire qui devrait pouvoir aller chercher le plus de personnes possibles. Du coup, pour le grand public, Presquils n’existe que depuis deux mois tout au plus. Le chemin a tout de même été long, c’est pour ça qu’on a notamment publié quelques reprises.

Comment bossez-vous tous les deux ? Qui amène quoi ?

Gaët : On a la chance de former une bonne équipe tous les deux et on fait tout à 50/50. Que ce soit pour la musique ou les textes, on travaille tout ensemble. Évidemment, chacun a des idées de son côté, mais l’essentiel du travail se fait à deux.

Plusieurs clips ont été publiés, que ce soit en support de « Tombé du ciel », « La vie de passage », « Nos histoires ». Au-delà du fait qu’aujourd’hui la musique est essentiellement consommée sous forme de vidéo, quelle place accordez-vous à l’image au sein de votre projet ? Il y a une vraie unité entre vos clips, assez surréalistes dans l’ensemble, vous y développez un univers très singulier, mis à part dans le dernier, « Nos histoires ».

Niko : L’image, comme tu le dis, c’est ce qui touche en premier le public. Les premiers clips que nous avons faits, c’était entièrement du homemade. Les clips ont été entièrement imaginés par nous deux et réalisés par des amis. On a toujours cherché à créer la surprise. Par exemple, quand nous nous mettons à danser sur « Macumba », ce n’est pas du tout notre métier à la base, donc, on a souhaité prendre ce risque. On a vraiment essayé sur chaque clip d’amener quelque chose de différent, tout en restant cohérents. Après, comme tu le soulignes, « Nos histoires », c’est un peu… une autre histoire. (sourire) Ce clip, nous l’avons pensé en accord avec Sony et un réalisateur. C’est lui qui a écrit le scenario, donc nous avions moins la main dessus. Sur « Nos histoires », ce sont de très belles images. On voulait quelque chose de très frais pour présenter le projet au public, des images qui pouvaient parler à tout le monde, pas quelque chose de foufou comme on a pu le faire de par le passé.

Pensez-vous image quand vous écrivez une chanson ?

Niko : Tout le temps. Quand j’écris ou que je compose, des images me viennent constamment en tête. J’irais même plus loin, c’est grâce à elle que j’arrive à écrire.

Gaët : Moi, c’est pareil. Mais je dirais que ces images se précisent une fois la chanson terminée. En tout cas, l’image est très importante à nos yeux.

Presquils, DR

Encore un petit mot à propos de « Nos histoires ». Avez-vous une petite anecdote à me raconter ? Je pense à quelque chose qu’on n’entend pas forcément, qui se serait passé quand vous l’avez écrite, composée ou enregistrée, mais qui pourrait permettre à l’auditeur de l’écouter différemment ?

Gaët : Quand on a clippé la chanson, elle était dans une formule un peu plus nue qu’aujourd’hui. Il lui manquait quelque chose. J’ai pris une guitare et j’ai sorti un son un peu de cowboy. On a juste fait une prise au pif, en totale improvisation. Et finalement, ce thème a donné du relief à la chanson.

Niko : C’est une des premières chansons qu’on a écrites. Elle a donc une symbolique énorme pour nous deux. On l’a écrite en une après-midi chez la maman de Gaët. C’était très clair pour nous, on voulait écrire une chanson sur les souvenirs de vacances. La musique et le texte sont arrivés très vite. On a pensé à ce que devenaient ces amourettes de vacances à la rentrée et la chanson s’est écrite presque d’elle-même. Du coup, ça donne des souvenirs. « N’oubliez pas ces frissons que vous avez connu pendant les vacances »

Des singles, c’est bien, mais j’imagine que vous pensez à la suite… Que va-t-il se passer ?

Niko : À court terme, on poursuit la promo de « Nos histoires ». C’est toujours assez délicat et difficile d’aller chercher le public quand on ne sort pas d’un télé crochet… (sourire) ça représente un travail énorme. Donc là, notre souhait le plus cher, c’est de rentrer en radio et que tout se mette en place.

Gaët : Et évidemment, on prépare la suite. Il y aura très probablement un nouveau single au printemps. On espère pouvoir publier un premier Ep ou, mieux, un album, dans la foulée.

Le concept-même d’album, d’une cohérence sur dix/douze titres, j’imagine que ça veut dire quelque chose pour vous, au vu de vos parcours ?

Niko : Je vais répondre pour les deux : oui, et encore oui ! Publier notre premier album, pouvoir tenir l’objet entre les mains, c’est un rêve ! Après, que ça marche ou pas, c’est encore autre chose. Mais pour ma part, publier un album, ça représente beaucoup.

Gaët : C’est une forme d’aboutissement.

C’était un choix de votre part de ne pas passer par la case « télé » ?

Gaët : Oui. Maintenant, si l’équipe qui nous entoure aujourd’hui nous disait que ce serait une bonne solution, on y réfléchirait. Après, on trouve chouette de ne pas sortir de telle ou telle autre émission, ça montre au public qu’il y a toute une scène musicale qui peut se développer en dehors du petit écran.

Niko : C’est évident qui si on peut ne pas passer par cette case « télé » dont tu parles… ce n’est pas plus mal ! (rires)

Gaët : Ce qui est essentiel à nos yeux, c’est d’essayer de développer un univers avec nos propres chansons. Si un télé crochet proposait aux artistes de chanter leurs propres chansons, nous l’envisagerions différemment, c’est sûr.

Niko : Être connus par des reprises, ça nous embêterait un peu…

Comment abordez-vous la scène ?

Gaët : La scène, c’est un peu l’aboutissement. C’est le plus important, c’est la rencontre avec le public. Confronter nos chansons aux autres. On a commencé à tourner véritablement en début d’été. On a été programmés dans des festivals. Forcément, comme on débute, on était programmés en début de journée, les gens arrivaient petit à petit pour voir les têtes d’affiche qui passaient dans la soirée, donc on a eu fort à faire pour les conquérir. Par contre, tout s’est très bien passé. On a fait des dates avec Sinsemillia, Soprano et Véronique Sanson, on en garde de très bons souvenirs. À chaque fois, les gens ont bien accroché avec nous.

Niko : La scène, c’est notre petit terrain de jeu. On vient tous les deux de la scène, donc on connait l’histoire. Mais là, avec notre propre projet, avec nos propres mots, nos propres musiques, nos propres arrangements, le partage est très différent. On a reçu plein de sourires et de regards, c’était magnifique.

De nouvelles dates sont prévues ?

Niko : On vient de terminer à Toulouse la tournée avec les Fatals Picards, donc là, on fait une petite pause. On reprendra en février, le 18 pour être précis, toujours avec les Fatals, au Canal 93 à Bobigny.

Ça se passe comment avec les Fatals ? Parce que vous avez des univers pour le moins assez éloignés les uns des autres…

Niko : (sourire) On peut même dire complètement opposés ! L’exercice est d’autant plus difficile et intéressant. Pour le moment, ça marche bien. Le public venu écouter du Punk comique semble bien aimer aussi la pop française plus fraîche ! (rires) On est amis avec le batteur des Fatals Picards et c’est comme ça que nous sommes partis en tournée avec eux.

Vous écrivez également pour les autres, vous avez notamment signé deux titres pour Lou. C’est un exercice qui vous plait ?

Niko : Effectivement. On n’écrit pas sous le nom Presquils, mais en nos noms propres. Mais on espère que ça reviendra un jour à Presquils. Quand on écrit pour la petite Lou, l’exercice est amusant. Se mettre dans la peau d’une gamine de treize ans, c’est éclatant. C’est un exercice de style

Gaët : Pareil, ça m’éclate également. Et puis, ça nous force à aller vers d’autres univers aussi, ça nous force à aller voir ailleurs. Et ça, c’est très intéressant aussi.

Niko : Quand on écrit pour Lou, par exemple, on a un cahier des charges très précis. Et ça, ça nous pousse en dehors de notre propre cadre.

Vous venez de signer avec Sony, « Nos histoires » commence à bien fonctionner, vous préparez un premier album, bref, il y a pas mal de choses qui bougent dans le bon sens en ce moment. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Niko : Presquils existe depuis deux ans et avant il y a eu un an de recherche musicale. Et oui, ça commence à bouger. Et dans le bon sens, comme tu dis. On a envie que les gens écoutent nos chansons. En tout cas, on est très excités.

Gaët : Oui, c’est l’excitation qui prédomine en ce moment. Bosser avec Sony nous apporte énormément. L’équipe qui nous accompagne nous laisse vraiment beaucoup de liberté, et en parallèle, ils nous conseillent sur beaucoup de points.

Niko : Par contre, ce qui est aussi certain, c’est que comme tout artiste qui n’a pas encore véritablement touché le public, on reste dans le questionnement. On a deux ans, mais dans la tête du public, on a deux mois. Est-ce que notre musique va plaire ? Comment va-t-elle être perçue ?

Propos recueillis par Luc Dehon le 18 décembre 2017.
Photos : DR

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