Interview de Lorenzo Caminotti

Propos recueillis par IdolesMag.com le 06/09/2017.
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Lorenzo Caminotti © Jean-Marc Deltombe

Alors qu’il a publié un tout nouveau clip peu avant l’été, « Je veux vous aimer », tourné notamment au mythique Caffè Florian à Venise et qui cumule aujourd’hui plus de 75 000 vues, Lorenzo Caminotti continue de tracer son chemin en publiant une adaptation très personnelle – et plutôt très réussie – de « L’Italiano » de Toto Cutugno, un tout nouveau titre aux accents « Romantico Club », annonciateur du chemin que l’artiste souhaite aujourd’hui emprunter avec son troisième album. Ce style d’un genre nouveau casse les codes de la chanson romantique et les marie habilement avec ceux des rythmes d’aujourd’hui. Un style qui donne des allures de version 2.0 à la chanson romantique, mais qui ne trahit en aucun cas l’univers qui est celui de Lorenzo Caminotti depuis ses débuts. C’est pour évoquer ce clip, et également cette nouvelle direction musicale qu’il souhaite emprunter pour son troisième album, que nous avons été une nouvelle fois avec beaucoup de plaisir à la rencontre de Lorenzo.

Quelles ont été tes premières envies lorsqu’il a été question de réaliser un clip en support de « Je veux vous aimer » ?

L’envie est venue du réalisateur, James Planchon. On a écouté l’album « Vous, mesdames » ensemble et il m’a dit qu’il pensait qu’il fallait faire quelque chose de particulier avec cette chanson « Je veux vous aimer ». On a cherché différents endroits susceptibles d’évoquer le romantisme et nous nous sommes arrêtés sur la ville de Venise.

Venise est un peu la ville romantique par excellence…

Effectivement ! Mais on n’a par contre jamais eu envie de faire un clip « cliché » en filmant les endroits les plus connus des touristes. On est partis à Venise avec dans l’idée de faire quelque chose d’original. Un photographe international, Jean-Marc Deltombe, nous a accompagnés. Il connaissait bien l’endroit et nous a fait découvrir les endroits susceptibles d’être intéressants pour le tournage. Nous avons donc tourné dans différents endroits pendant quatre jours. Et le dernier jour, Jean-Marc nous propose d’aller boire un verre au Florian. Après quelques instants, il est allé voir la responsable avec James en lui expliquant que nous finissions le tournage d’un clip et que nous repartions le lendemain. Il lui a demandé s’il serait éventuellement possible de tourner quelques images dans l’établissement. À notre plus grande surprise, elle a été en parler au directeur, qui a accepté et nous a ouvert les portes d’un salon particulier duquel nous avons pu jouir pendant quelques heures pour mettre en boîte quelques images.

Vous avez eu en quelques minutes les autorisations que certaines productions attendent pendant des semaines voire des mois…

(sourire) Effectivement. Ça a pris cinq minutes tout au plus. Le temps que la responsable aille en parler au directeur et qu’il donne son accord. Tout s’est fait tout naturellement. Ça a été une surprise magnifique pour nous. Jamais nous ne nous serions attendus à une telle opportunité. Par contre, nous savions très bien que le Florian nous avait donné le droit de filmer, mais gardait un droit de regard sur les images avant leur exploitation. Ce qui est tout à fait normal, je te l’accorde. Mais disons qu’en quittant le Florian, nous savions pertinemment que les images pourraient peut-être ne pas être validées et ne pas figurer dans le clip. En rentrant en France, James a monté les images pendant quelques semaines, et nous les avons envoyées au Florian. Ils ont mis une semaine pour nous répondre, pour finalement nous donner leur accord, en nous demandant de faire figurer leur logo dans le générique. Apparemment, ils ont adoré le clip.

Vous avez eu de la chance sur ce coup-là.

Je le pense aussi. Peut-être est-ce la naïveté et la simplicité de notre démarche qui les a touchés ? Je les remercie en tout cas encore une fois au passage au travers de cette interview…

Lorenzo Caminotti © Jean-Marc Deltombe

Venise, tu la connaissais auparavant ?

J’y été déjà allé une fois, il y a une quinzaine d’années. Mais je n’avais plus de souvenirs précis de cette ville. D’ailleurs quand j’y ai remis les pieds, ça a été comme une redécouverte totale pour moi. J’ai été embarqué par cette ville merveilleuse, par son architecture si spécifique et son âme. J’ai trouvé cet endroit plus que magnifique. Nous nous sommes laissé porter par cette ville qui, au final, nous a beaucoup inspirés. Venise nous a porté chance également… Quand nous l’avons quittée, jamais nous n’aurions pu penser que le clip aurait la destinée qu’il connait aujourd’hui. Il a été vu dans plus de deux cent pays, il cumule plus de 75 000 vues… C’est formidable. Venise nous a surpris.

Venise occupe une place importante dans ce clip, mais pas que… certaines images donnent également le vertige ! Raconte-moi un peu cet épisode, qui a connu quelques rebondissements là aussi…

(sourire) C’est vrai ! Nous avons commencé le tournage en novembre 2016. Nous devions tourner dans un avion. Le pilote nous a avertis qu’il avait un problème de moteur, donc que nous ne pourrions pas voler, qu’il nous proposait tout de même de tourner les plans statiques, ce que nous avons fait. Ce sont les plans qui ont servi pour les teasers. Nous avons donc reporté le tournage au mois de février. Deux jours avant le tournage, nous apprenons que le pilote venait de se crasher, mais qu’heureusement – et miraculeusement – il s’en était sorti indemne. L’avion, par contre, était hors service. Ça nous a porté un coup. C’est un ami qui a failli mourir dans un avion… moi aussi je me posais des questions parce qu’à quelques jours près, j’aurais pu être dans l’avion également… Bref, nous n’étions pas trop bien dans nos baskets, il faut l’avouer. Du coup, on ne savait plus du tout ce qu’on allait faire avec ce clip. Il nous a proposé de trouver un autre pilote et un autre avion, et de fil en aiguille, nous avons pris contact avec un pilote de l’aérodrome de Namur.

Lorenzo Caminotti © Jean-Marc Deltombe

Et là, tu as enfin fait de la voltige.

Oui ! Je m’en souviendrai toute ma vie… il a fallu que j’apprivoise la voltige, que je chante et que je joue avec la caméra. Ce qui fait pas mal de choses à gérer en même temps. Pour une première fois, c’était costaud, tout de même ! (rires) Le pilote a d’ailleurs été surpris que j’aie tenu le coup aussi bien… Il y a eu pas mal de paramètres à jauger. Avec le recul, c’était une expérience magnifique, mais pas simple du tout. Je conseille d’ailleurs à tout un chacun de faire de la voltige au moins une fois dans sa vie. C’est vertigineux !

À ce moment-là, vous vous retrouvez avec des images de voltige et des images de Venise…

L’idée de Venise était la ville romantique. L’idée de l’avion était plutôt une métaphore de la recherche du bonheur, du chemin vers l’amour. Sur ce, sont venues se greffer l’envie de faire un clin d’œil à Top Gun et un autre au fait que j’étais en train de passer ma licence PPL [Licence de Pilote Privé, NDLR]. Nous avons donc décidé d’associer les images d’avion et celles de Venise, tout en se disant que si ça ne fonctionnait pas, on ferait deux clips différents. La magie du montage et le talent de James ont fait que les deux séries d’images ont pu cohabiter au sein d’un même clip crédible et cohérent.

Comme tu l’as souligné tout à l’heure, le clip cumule plus de 75 000 vues aujourd’hui. C’est un joli succès, ça…

Ça me touche énormément. On ne savait pas où on allait avec ce clip bien qu’on y avait mis tout notre amour et toute notre passion. Avec Didier Baliany aussi, nous avions mis tout notre cœur lorsque nous avions écrit ce titre. Dominique Fievez également s’était investi à 100 % dans sa réalisation. Au final, on s’est dit qu’on n’avait pas fait ça pour rien. Tous ces sentiments et ces émotions qu’on a voulu transmettre ont été ressentis par le public. Ce clip, c’est de l’authentique comme dirait Jean de Florette. 100% authentique. On est surpris du succès que le clip remporte même en dehors des frontières européennes, au Mexique ou en Corée du Sud. Donc, quelque part, le sentiment que cette chanson dégage dépasse les barrières de la langue, des cultures et les frontières. Elle touche, et c’est ce qui me fait plaisir. Les images du clip montrent parfaitement l’émotion du titre, même si on n’en comprend pas les paroles.

Lorenzo Caminotti © Jean-Marc Deltombe

J’imagine que ce clip met un peu un terme à l’exploitation de « Vous, mesdames ».

C’est effectivement la fin de l’exploitation du disque, qui est paru il y a un peu plus de deux ans maintenant, et c’est bien évidemment la transition avec le troisième album.

Tu travailles depuis un moment sur ce troisième album, et je crois savoir que tu réserves des surprises…

Effectivement. Ce troisième album, j’ai envie qu’il bouge. J’ai envie que les gens s’éclatent et dansent en l’écoutant. Il y aura certainement deux ou trois titres plus calmes, dans la lignée de ceux que j’ai faits précédemment, mais la ligne directrice de ce troisième album, c’est qu’il doit bouger et faire bouger. Je veux que les gens s’éclatent. J’ai envie d’un disque moderne et novateur. Dans un style « romantico-club ». On veut que les gens soient surpris, sans être décontenancés. C’est en tout cas dans cette direction que nous travaillons en ce moment avec Didier Baliany.

Tu t’étais déjà un peu aventuré sur ce terrain avec « Vous, mesdames », où on trouvait déjà des titres plus dansants, comme un tango, une valse, des rythmes latinos…

Oui, c’étaient des titres plus dansants, mais qui partaient un peu dans tous les sens. Là, je voudrais un album plus homogène. Le déclic, je l’ai eu en regardant le live de Stromae. C’est le chanteur romantique du XXIème siècle par excellence. J’ai eu envie d’associer, en toute modestie, son style avec le nôtre, d’où le terme de « Romantico Club ». Et c’est marrant parce qu’il y a plein de coïncidences et de hasards entre le parcours de Stromae et celui de ce disque, des dates, des petits détails et ce genre de choses…

Lorenzo Caminotti © Jean-Marc Deltombe

Le premier single, que tu viens tout juste de dévoiler, est une reprise de « L’Italiano » de Toto Cutugno. Pourquoi avoir choisi une reprise pour ton retour, et pourquoi ce titre-ci en particulier ?

J’ai envie de revenir à mes origines avec ce troisième album, revenir à la source. Et donc, fatalement, il sera en grande partie dirigé vers l’Italie. Le clip de « Je veux vous aimer », qui marque la transition entre le deuxième et le troisième album, a été tourné en grande majorité en Italie. Donc, pour moi, la logique veut que la suite, et Lorenzo Caminotti, L'Italianodonc le nouvel album, prenne une direction italienne. Et quoi de mieux pour débuter que de reprendre « L’Italiano » ? (rires) Bien entendu, la suite sera faite, peut-être de l’une ou l’autre reprise encore, mais également de chansons originales, toujours avec une connotation italienne. En prenant cette chanson en particulier, qui est un tube n’ayons pas peur des mots, nous souhaitons également toucher l’international, je ne te le cache pas. Et puis, nous souhaitions revenir avec une chanson que les gens connaissaient déjà, afin de ne pas trop les déboussoler avec ce nouveau style que nous empruntons aujourd’hui. En revenant avec une chanson inconnue, le risque était plus important qu’ils ne comprennent pas ma démarche. Je le pense en tout cas.

Ça ne t’a pas fait peur de t’attaquer à un « monument » pareil ?

(sourire) Si, forcément. C’était un quitte ou double, on le savait pertinemment. Soit on réussissait notre coup et ça passait, soit on se loupait lamentablement. Il n’y avait pas d’entre-deux possible. Donc, oui, on s’est posé beaucoup de questions. Le travail sur les arrangements a été crucial sur ce coup. Et je remercie d’ailleurs Dominique Fievez qui a fait à nouveau un travail formidable sur ce titre. Nous avons essayé différentes choses, qui nous plaisaient plus ou moins, jusqu’à tomber sur cette version-ci. Je pense que, finalement, nous avons fait le bon choix. En plus, cette chanson se prêtait parfaitement au style Romantico Club que nous souhaitons développer.

Ce nouveau style allie bien modernité et tradition, finalement.

Effectivement, les guitares trash côtoient aussi bien les sonorités dance club que les mandolines traditionnelles. Et le tout sans heurts. Tout fonctionne ensemble. C’est la magie de la musique ! (sourire)… et le talent de l’arrangeur, Dominique !

Un clip est-il prévu ?

Oui. Un premier teaser est déjà en boîte. On va faire quelque chose de frais et d’ambiance… Mais je préfère garder la surprise pour le moment.

Sur « Vous, mesdames », tu avais notamment collaboré avec Didier Barbelivien et Claude Barzotti. De nouvelles collaborations sont-elles envisagées pour ce troisième album ? Ou est-ce encore un peu tôt pour en parler ?

C’est effectivement encore un peu tôt pour donner des noms précis, mais des contacts ont été pris et des idées ont été lancées. Tout ça prend du temps, et j’espère qu’on aura de belles collaborations.

Lorenzo Caminotti © Jean-Marc Deltombe

Sur le premier album, tu avais co-signé deux textes, sur le deuxième, plus de la moitié, qu’en sera-t-il sur le troisième ?

On continue sur la même voie. On écrit toujours en tandem avec Didier Baliany. On ne change pas notre manière de travailler, c’est presque toujours au téléphone ! (sourire) Par contre, il y aura certainement une ou deux reprises sur ce disque.

As-tu déjà une idée, même vague, de date de sortie ?

Honnêtement, non.

Sera-t-il signé chez Sony comme les deux premiers ?

En toute logique, oui. L’équipe de Sony est toujours très présente à nos côtés.

Tu es donc signé en major, mais, à l’instar d’un Frank Mikael, tu n’es pas, ou très peu, présent dans les grands médias. Et pourtant, tu existes en tant qu’artiste. Tu as un public, tu vends plutôt honorablement du disque, tu remplis les salles… Est-ce que ça peut te froisser de temps à autre ?

Oui et non. J’avoue que pour le troisième album, on va faire le maximum pour toucher les gros médias, et notamment les radios nationales. J’espère que ce nouveau style nous ouvrira des portes. On fait tout pour, en tout cas. Maintenant, de là à être frustré de ne pas être présent dans de gros médias, non. On ne se leurre pas, on sait que c’est difficile et que les portes ne s’ouvrent pas aussi facilement que ça. Il faut travailler d’arrache-pied et ne jamais lâcher l’affaire. Ça fait plus de quinze ans qu’on s’accroche, et on mène plutôt correctement la barque. On trace notre chemin, sans copier ce que les autres ont déjà fait. Parfois, ce peut être un peu frustrant et on se demande ce qui bloque… On se pose des questions, sans trouver de réponses. Mais depuis « Je veux vous aimer », on sent que les choses bougent.

Lorenzo Caminotti © Jean-Marc Deltombe

Le troisième album est dans les tuyaux, un nouveau titre vient d’être dévoilé, as-tu une autre actu, si ce n’est celle de créer et d’avancer sur ton disque ?

Il va y avoir un showcase lors des Journées Italiennes de Wittenheim le 23 septembre pour Radio Dreyeckland. Mais pas grand-chose d’autre en ce moment… Comme nous changeons un peu de direction, nous changeons de facto également le live. On travaille dessus en parallèle. J’aimerais donner un concert au théâtre de Denain, qui est un magnifique théâtre à l’italienne. Un en Belgique également, et pourquoi pas, un sur Paris ? Mais très honnêtement, c’est trop tôt pour en parler. Il va falloir revoir le live intégralement, et notamment les arrangements des anciens morceaux. Ajouter, peut-être, des danseuses, deux ou trois musiciens ? En tout cas, on va essayer là aussi, sur le live, de surprendre. Les chansons vont exploser, le live doit faire de même. Cette nouvelle aventure qui s’ouvre à nous, c’est vraiment comme un renouveau, j’ai presque envie de parler de renaissance. Ça représente beaucoup de choses.

Propos recueillis par Luc Dehon le 6 septembre 2017.
Photos : © Jean-Marc Deltombe

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