Interview de Gérard Palaprat

Propos recueillis par IdolesMag.com le 11/06/2010. © Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag et/ou Dehmar SARL.



© Gérard Palaprat

Nous avons rencontré Gérard Palaprat en Lorraine, à Nancy. Dans cette entrevue, Gérard Palaprat reviendra bien entendu sur sa carrière, sur la naissance de "Pour la Fin du Monde" et "Fais-moi un signe", mais aussi sur l'aventure de la comédie musicale "Hair", qui n'est pas sans lui rappeller la "Nouvelle Star". Gérard évoquera aussi son parcours et son passage au Petit Conservatoire de Mireille, ainsi que la création de son dernier CD, "I Shin den Shin". Celui qui chantait la fin du monde en 1971, nous chante aujourd'hui l'âme...

IdolesMag : Nous aimerions retracer un peu votre parcours artistique avant de parler de votre actualité si vous le voulez bien...
Quand est né votre amour pour la musique?

Gérard Palaprat : Ouh la... Mon amour pour la musique est né quand je devais avoir 6 ou 7 ans. J'ai commencé à étudier le violon au conservatoire pendant 7 ans, à cette époque aussi. Puis, j'ai commencé à chanter. A 12 ans, je suis entré au petit conservatoire de la chanson de Mireille. Je suis rentré à l'école du spectacle... Puis, j'ai suivi des cours de théâtre avec Claude Viriot, des cours de danse avec Barbara Pearce. Ensuite, j'ai commencé à tourner des films... Je chantais le soir à la Contrescarpe, un restaurant à Paris. Et puis, je suis rentré dans "Hair" et je suis devenu une star. (rires)

Quand vous étiez adolescent, aviez-vous des idoles?

Oh oui... J'ai été fan de plein d'idoles qui sont devenues des amis maintenant. J'étais fan d'Hervé Vilard, de Sheila...

Et plus généralement, quelles sont vos influences musicales?

Surtout les Beatles et le classique aussi.

Quels souvenirs gardez-vous du petit conservatoire de Mireille?

Mireille en elle-même était un personnage. Elle nous disait "Viens ici petit..." avec sa petite voix. On était tous très impressionnés. C'est donc au petit conservatoire de Mireille que j'ai rencontré Alice Dona, qui est devenue une amie aujourd'hui. J'y ai rencontré aussi Françoise Hardy, Charles Level...

Avant de jouer dans "Hair", vous aviez déjà joué dans une autre comédie musicale...

Oui, ma première comédie musicale, c'était "les Fantasticks" avec Jacques Seyres au théâtre La Bruyère.

Ensuite, vous intégrez la troupe de « Hair », quels sont vos souvenirs de cette époque?

C'était très précurseur, comme comédie musicale, j'en garde un très bon souvenir.

© Gérard Palaprat

Vous qui avez intégré une comédie musicale "historique". Quel regard jetez-vous sur les comédies musicales actuelles?

Je viens d'en écrire une, pour tout vous dire... En fait, on pourrait dire que c'est plutôt un opéra rock. j'ai encore besoin de quelques euros pour la monter, mais ça ne saurait tarder...
Mais pour répondre à votre question, ce que je reproche aux comédies musicales actuelles, c'est d'être un peu trop sophistiquées dans les décors, dans les costumes, les textes... même les musiques et les orchestrations sont un peu "prout-prout". Le côté sauvage qu'il y avait dans "Hair", ça manque. ça manque un peu de liberté aussi. Les gens ont besoin de s'éclater. Là, on est en train de jouer un peu aux puritains et aux hypocrites.

En 1971, vous sortez "Fais moi un signe" qui devient un tube. L'aviez-vous anticipé?

Non, vous savez, dans ce métier, on ne peut rien anticiper... Si on avait la recette pour écrire un tube, on en écrirait un tous les matins au petit déjeuner! (rires) C'est ce qui est merveilleux dans notre métier, c'est que nous partons toujours à l'aventure...

Vous en enregistrez d'ailleurs une version anglaise... Est-ce un exercice que vous aimez de chanter en anglais?

J'ai bien aimé le faire en anglais, mais je préfère de loin la langue française... Et je la défends.

Toujours en 1971, vous sortez « Pour la fin du monde ». Nouveau raz-de-marée. Comment est née cette chanson?

C'est une longue histoire... On s'était "enfermés" avec deux amis à l'époque, si je puis dire, en Lozère. On a mis trois mois à écrire cette chanson. Maintenant, ce ne sont plus vraiment mes amis, mais ça, c'est une autre histoire...

Comment expliquez-vous le succès qu'a remporté cette chanson, alors qu'elle est tout de même un peu apocalyptique?!...

Elle correspondait certainement à un besoin ou plutôt une envie ou une attente du public. Il n'y a pas de fumée sans feu, vous savez... Elle était dans l'air du temps, cette chanson.

© Gérard Palaprat

Ensuite, en plein succès, vous partez en Inde... Pourquoi ce choix?

Je suis parti dans un premier temps pour apprendre le Sitar avec un Maître, Ram Sandra. Et puis après, j'ai continué à voyager. Je suis revenu en France, et puis je suis reparti...

Vous aviez besoin de prendre un peu de recul avec le showbiz à cette époque?

Oui, on peut dire ça comme ça! Il faut savoir qu'il y a des gens très désagréables dans ce métier...

En 1971, vous gagnez la rose d'or avec "Fais-moi un signe"... face à David-Alexandre Winter que vous retrouvez aujourd'hui sur la tournée "Age Tendre"... Etiez-vous restés en contact pendant toutes ces années?

Non, vous savez, David-Alexandre est parti de son côté aux Etats-Unis. Mais, je suis très heureux de le retrouver aujourd'hui.

Comment avez-vous intégré la tournée "Age tendre"?

On me l'a proposé il y a quelques années. J'ai hésité un peu au départ, et puis je l'ai fait. On joue dans des salles de 6 à 8000 personnes deux fois par jour, c'est énorme. Une proposition comme celle là ne se refuse pas... En plus, nous avons une technique extraordinaire et des musiciens horspair!

Par contre, vous qui avez toujours fait beaucoup de scène... Ce n'est pas un peu frustrant de ne chanter que deux chansons?

Un peu. Mais il faut prendre le spectacle "Age Tendre et Têtes de Bois" comme une comédie musicale dans laquelle chacun fait sa petite apparition.

Je pense que vous faites beaucoup de méditation. Vous donnez l'impression d'être quelqu'un de calme...

Vous savez, quand on fait de la méditation, on arrête tout, on s'en va... La méditation c'est autre chose...

Je pense que vous donnez des stages cet été. Pouvez-vous m'en parler un peu?

Ce sont des stages de Pranayama. Le Pranayama, c'est le yoga du souffle. C'est un des degrés du Raja Yoga, le Yoga Royal. Le Yoga en sanscrit signifie "être en union avec soi-même"... Mais c'est très difficile de parler de ceci avec un occidental... A chaque fois qu'on parle de yoga, on ne pense qu'à un mec qui est en train de se mettre dans de drôles de postures. Malheureusement, les Européens ne comprennent pas le yoga...

© Gérard Palaprat

Pouvez-vous nous parler un peu plus longuement de votre CD « I SHIN den SHIN »? Quand est-il né dans votre esprit?

"Shin", ça veut dire "âme". J'ai voulu écrire cette chanson, "de mon âme à ton âme", "De mi Alma a tu Alma", "From my Soul to your Soul". C'était mes 50 ans, j'étais sur le 45ème parallèle, à Lacanau, chez moi. J'avais une ligne de T-Shirts... j'ai eu envie d'arrêter ça et de fermer mes magasins de fringues et de repartir en Inde. J'avais besoin de ça. J'avais aussi très envie de participer à la fête organisée en Inde pour la pleine lune. Il faut savoir que la pleine lune est très importante en Inde. Je voulais donc participer à la dernière fête de la pleine lune du deuxième millénaire. Et puis, ça n'a pas pu se faire... Il y avait trop de monde. Nous allions être plus de 900 000 à cette fête, et Richard Gere était attendu. Beaucoup de personnalités étaient attendues, et donc, avec les caméras présentes, ça posait pas mal de problèmes de droits à l'image, etc... Donc, tout ce qu'il y avait autour de cette fête m'a un peu gonflé, et je n'y suis pas allé. Je me suis donc dit que j'allais écrire un album. Il a fallu que je remonte un studio d'enregistrement avec Eric Vogel (j'en avais déjà monté 6 ou 7 auparavant). Nous nous sommes enfermés tous les deux pendant deux ans pour réaliser ce disque. Nous avons tout fait nous même, les orchestrations, les instruments, la prise de son, etc... Nous travaillions jour et nuit.

Il est sorti en édition digitale. Une édition physique est-elle prévue?...

Oui, maintenant, il est disponible en physique. Les gens peuvent se le procurer.
Vous savez, aujourd'hui, le disque ne se vend plus. Les braves gens apprennent même parfois à leurs enfants comment pirater un disque... Alors, les grandes manifestations syndicales qui ont lieu dans le pays, ça me fait parfois doucement rire... Mais d'un autre côté, j'avais envie de sortir ce disque, pour montrer que j'existais encore et que je n'avais besoin de personne pour faire un disque.

Quel regard portez-vous sur le monde musical aujourd'hui?

Les gens se conduisent très mal. Vous savez, c'est un peu comme si je m'approchais d'un mec qui sortait de sa voiture, et que je lui disais "Ta bagnole ma plaît, file-moi les clés..." et que je partais avec sa voiture...
Aujourd'hui, ce serait bien de créer une société d'"Artistes Associés", mais il y a tellement de problèmes d'ego que ce serait, je pense, très difficile à réaliser.

Quels artistes aimez-vous dans la jeune génération?

J'aime beaucoup "la Tortue", comme on dit... Christophe Willem est fantastique.

Christophe Willem sort de la "Nouvelle Star", quel regard portez-vous sur ce genre d'émission?

ça peut être bien... C'est même pas mal! Vous savez, quand on a monté "Hair", c'était, non pas une télé-réalité, mais plutôt un "Théâtre-Réalité". Il y avait un peu de ça. Nous passions des auditions, comme les épreuves de la Nouvelle Star. Nous avons commencé à 6000, une semaine après, nous étions 3000, puis 1500, puis 750... Et on espérait chaque jour pouvoir rester dans l'aventure. Et le dernier jour, nous étions 120, et il ne fallait en garder que 60 (30 titulaires et 30 doublures). Ce casting a duré des mois et je peux vous dire que ce dernier jour, nous n'en menions pas large! (rires)
Et pour en revenir à votre question, je trouve que des émissions comme la Nouvelle Star, c'est vraiment très bien pour les jeunes qui débutent. La seule chose que je leur dirais, c'est qu'il ne faut pas qu'ils se laissent formater. Mais justement, dans la Nouvelle Star, ils amènent leur univers. C'est bien.
Et quand on regarde du côté de la Star Academy, j'ai beaucoup aimé le petit Grégory Lemarchal. Il avait lui aussi beaucoup de talent...

© Gérard Palaprat

Enfin, je vais vous donner quelques mots et vous allez me dire ce qu'ils vous évoquent instinctivement?

Opéra vert :
C'est un opéra que j'ai monté avec Eric Charden et Didier Barbelivien. Il n'a jamais vu le jour... Peut-être disions nous un peu trop de vérités?... Et que nous dérangions certains hommes politiques?...

Moïse
Une autre comédie musicale dans laquelle j'ai joué, avec Grégory Ken de "Chagrin d'Amour" (Paix à son âme). Il jouait Moïse, et moi, au hasard... Dieu! (rires)

Luxembourg
Les jardins du Luxembourg. C'est là que j'ai été élevé et que j'ai appris à marcher. C'est aussi une chanson qui est sur mon dernier disque "I Shin Den Shin"

Carcassonne
J'ai mes studios d'enregistrement juste au dessus de Carcassonne, aux grottes de Limousis. J'adore la Cité de Carcassonne.

Voyage
Ça fait partie de mon univers. J'ai toujours voyagé, j'ai passé ma vie à voyager.

Atlantique
Une partie de ma vie sur les bateaux... Je l'ai traversé deux fois.

Inde
C'est très vaste. C'est affreux ce que je vais vous dire, mais c'est un pays qui se réveille et l'Inde véritable va bientôt disparaître. C'est un peu pour cela que je n'y vais plus...

La fin du monde
Ce sont les temps présents. C'est Internet. C'est la Tour de Babel revue et corrigée par Internet.

Propos recueillis par IdolesMag le 11 juin 2010.

-> Plus d'infos sur Gérard Palaprat : http://www.gerardpalaprat.com






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