Interview de Carré Court

Propos recueillis par IdolesMag.com le 01/03/2017.
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Carre Court © Martial Schmeltz

Le groupe limougeaud Carré-Court réédite le 14 avril prochain son premier EP, le bien nommé « N°1 », un EP au parfum de sixties, du label Stax et d’Amy Winehouse. Séduits par l’univers old school de Carré-Court, nous avons été à la rencontre de Julie et Emilien afin d’en savoir un peu plus sur leurs projets…

Pouvez-vous me raconter dans les grandes lignes vos parcours respectifs avant de fonder Carré Court…

Julie : Contrairement à Émilien, je n’ai pas vraiment de parcours musical… (sourire) On a eu un groupe de reggae en commun quand nous avions quinze ans, quelque chose comme ça. C’était la première fois qu’il m’a fait chanter. Et j’ai attendu qu’il vienne me rechercher ! (rires)

Émilien : J’ai donc eu ce groupe de reggae avec Julie. Ensuite, nous nous sommes perdus du vue. De mon côté, j’ai continué dans la musique en montant plusieurs groupes, dont un groupe de garage dans lequel je jouais de la basse. Ensuite, j’ai joué avec les Éjectés, un groupe de la région, avec lequel j’ai beaucoup tourné. Il existe depuis plus de vingt-cinq ans maintenant. J’étais batteur au sein des Éjectés. Ça m’a permis de me frotter à différents instruments et par la suite de commencer à composer des morceaux tout seul chez moi.

Carre Court, EP #1Et Carré Court, ça commence quand et comment ?

Émilien : À peu près à ce moment-là. J’ai revu Julie à l’époque un peu par hasard. J’étais en studio dans la rue de sa maman, on s’est recroisés un peu par hasard. Du coup, je lui ai proposé de refaire un peu de musique ensemble, sans véritablement avoir l’idée de remonter un groupe. J’avais juste envie de refaire un peu de musique avec elle comme avant… (sourire) Carré Court est parti comme ça. Je lui ai fait écouter les morceaux que j’avais écris, je lui ai demandé si elle voulait chanter dessus, elle était partante…

Julie : J’ai posé ma voix sur ses chansons et tout est parti de là. Après, on a publié des sons sur internet. On a vu que ça plaisait à quelques personnes, ça nous a encouragés.

Émilien : Après, on a reçu quelques propositions de labels et une invitation à jouer à Limoges en 2014 pour la fête de la musique.

L’identité sonore un peu vintage, sixties, Stax, Amy Winehouse n’était pas encore clairement définie quand vous avez débuté, alors ?

Émilien : Ça s’est fait au fil du temps. Au début, quand on s’est revus, on s’est fait écouter mutuellement tout simplement des choses qu’on aimait bien. Sans s’être concertés auparavant, nous nous sommes rendus compte très vite que nous avions beaucoup de points communs et que nous aimions les mêmes choses. Les Ronettes, les Supremes,…  On aimait beaucoup la réverbe et les échos des titres de cette époque. Du coup, on a décidé de partir dans cette idée-là. On n’avait  pas forcément à faire de la musique sixties à  tout prix, c’est venu assez naturellement.

Julie : Et même pour ce qui est de l’identité visuelle, on aime s’habiller comme sur les photos qu’on a publiées. Rien n’a été calculé, finalement, ce sont simplement des choses, musicalement et visuellement parlant, qu’on adore.

Qui amène quoi dans le tandem ?

Émilien : C’est Julie qui écrit les textes. Moi, je m’occupe de toute la partie composition. En règle générale, je compose le morceau en premier, je pars souvent d’une guitare puis j’ajoute batterie et basse. J’enregistre le tout chez moi et quand j’ai un truc entre guillemets « bien », je le fais écouter à Julie pour voir ce qu’elle en pense.

Julie : Après, on décide ensemble si on va amener le morceau un peu plus loin.

Vous rééditez votre premier EP, le bien nommé « N°1 », le 14 avril prochain. Pourquoi avoir fait le choix de rééditer ce premier EP et pas en publier un deuxième ? N’avait-il pas eu une assez bonne exposition selon vous ?

Émilien : C’est exactement ça, tu as mis le doigt dessus. « N°1 » est sorti une première fois le 14 octobre dernier. La boîte qui s’occupait de la promo n’a pas du tout développé le disque, donc, nous nous sommes trouvés fort dépourvus. Sur notre région, à Limoges, on a tout de même pu faire une release party, un peu de promo, on est un peu passé en radio, etc…

Julie : Mais tout est resté au niveau local. Et d’ailleurs pas mal de gens nous demandaient quand cet EP allait sortir alors qu’il était sorti… (sourire)

Émilien : C’est pour cette raison que le même EP, ou presque, ressort en avril prochain. On a envie de l’amener le plus loin possible. On a envie de parler de ce disque, de le faire entendre. Parce qu’on aurait trouvé dommage de le laisser comme ça un peu mort-né, d’une certaine manière, sachant qu’on a tout de même passé pas mal de temps dessus et qu’au bout du compte, on en est fiers. C’est le premier, on y tient beaucoup ! Et il va être agrémenté d’un bonus track surprise, une chanson inédite !

cCarre Court © Alexandre Guidoux

On parlera de ce bonus track après. Dites m’en d’abord un peu plus sur les quatre titres qu’on trouve sur cet EP.

Julie : Les deux derniers titres, « Baby you don’t mind » et « I said » ont été écrits aux tout débuts du groupe. En 2015, quelque chose comme ça. Et les deux premiers, « When somebody says » et « I don’t care » ont été écrit un peu plus tard.

Émilien : C’était un réel choix de faire figurer ces quatre titres assez différents les uns des autres sur ce premier EP. On voulait varier un peu les styles.

Julie : Nous, on aime écouter des choses variées, donc, on s’est dit que c’était pareil pour les autres ! (sourire) On s’est dit que sur un premier EP, c’était bien d’amener des choses différentes. « I said », c’est un slow, « Baby » est un peu plus old school, « I don’t care » est un peu plus sombre et « Somebody » est un peu plus soul…

Un mot sur le bonus track que vous avez enregistré aux mythiques studios Ferber. Déjà… qu’est-ce que ça vous a fait de pousser la porte de ce « temple », ai-je envie de dire ?

Émilien : (sourire) On n’avait même jamais osé penser pouvoir aller enregistrer un jour là-bas ! Quand on voit tous les artistes qui y sont passés, c’est vertigineux !

Julie : En plus, on a été super bien accueillis par l’équipe technique. Au final, tout s’est passé très simplement. On a pu enregistrer dans de super conditions…

Émilien : Des conditions dont nous n’avons pas l’habitude ! On s’est retrouvés dans une pièce immense… C’était d’enfer, en tout cas. C’était une super expérience.

Peut-on en savoir un peu plus sur ce titre surprise ?

Émilien : C’est un ancien titre, mais on n’en dira pas plus… (sourire)

J’imagine que vous avez pas mal de compos dans les tiroirs. Quelle suite envisagez-vous de donner à « N°1 ». Restez-vous dans l’optique d’un deuxième format court, ou plutôt un format long, un album ?

Émilien : On va partir sur un album, je pense. C’est en tout cas notre souhait le plus cher. On ne va pas partir sur un album de vingt chansons non plus, ce n’est pas le but, mais un album d’une dizaine de titres, oui. Une dizaine de titres dont nous serons fiers et dont chacun trouvera sa place dans le disque. On ne veut pas placer tel ou tel titre juste pour combler un trou. Ce sera réfléchi.

Donc le format album veut encore dire quelque chose pour vous.

Julie : Complètement ! Nous avons d’ailleurs tous les deux la culture de l’album… On est un peu old school, peut-être, mais c’est comme ça ! (rires)

Émilien : C’est super important un album. Quand tu prends au hasard « Nevermind » de Nirvana, il n’y a rien à jeter dedans. Chaque morceau est à sa place. C’est l’idée vers laquelle on veut tendre…

Un mot sur le visuel qui accompagne le projet, je pense aux photos, au clip, à la pochette… J’ai l’impression que c’est important pour vous.

Émilien : Oui, c’est une dimension importante, surtout à l’heure actuelle. On a fait une série de photos en noir et blanc, ainsi qu’une photo, un joyeux bordel j’ai envie de dire, sur laquelle on a mis un peu toutes les affaires qui nous tenaient à cœur qui était la pochette initiale. Il y avait des vinyles et tout un tas d’objets qui nous tiennent à cœur.

Julie : Après, il y a aussi toutes les photos qu’on publie sur Facebook qui ne sont pas forcément calculées. Ce sont des photos prises en live ou dans la vie, tout simplement.

Sur cette photo où vous avez mis tous vos objets fétiches, on trouve, entre autres, un disque de Françoise Hardy et un autre de Gainsbourg. Sont-ce des artistes qui ont compté pour vous ?

Julie : Énormément.

Émilien : Gainsbourg, c’est un mec qu’on a beaucoup écouté l’un et l’autre.

Julie : Françoise Hardy aussi. Ce sont des artistes qu’on a beaucoup écoutés et qu’on écoutera certainement encore longtemps ! Françoise Hardy a eu des chansons incroyables, avec une telle sensibilité…

Carre Court DR

En parlant de live, comment abordez-vous la scène ?

Émilien : On bosse pas mal de live. Déjà, nous ne sommes que nous deux, nous n’avons pas de musicien additionnel qui nous accompagne. C’est un peu à l’image de la pochette… c’est un joyeux bordel ! (rires) Par contre, on est assez perfectionnistes sur le son, même si on amène nos abat-jour, des fleurs et une guirlande lumineuse… C’est important tout ce décor pour le public qui vient nous voir, mais pour nous aussi. Pour ce qui est de la dimension sonore, on fait au mieux tous les deux. C’est sûr qu’on ne peut pas retrouver le son qu’on entend sur le disque, les cuivres, la batterie, etc… Mais c’est un exercice somme toute assez intéressant parce qu’on essaye de faire sonner les morceaux le mieux possible. On travaille beaucoup le live pour ne pas tourner en rond. Quand on bute un peu sur un morceau, on le retravaille pour essayer de trouver la version qui sonnera le mieux sur scène.

Julie : On bosse beaucoup sur le live, c’est ce qu’on aime le plus tous les deux…

« N°1 » ressort donc le 14 avril, vous planchez actuellement sur votre premier album… C’est un planning déjà pas mal chargé, mais y a-t-il des scènes prévues prochainement ? Le tournage d’un nouveau clip ?

Émilien : Il faut savoir qu’à Ferber, on a clippé le morceau surprise… Donc quelque chose va sortir prochainement ! Niveau scène, il va y avoir une release party à Paris. On est en train d’en parler. Et au niveau album, on est en train de réfléchir à un réalisateur.

Julie : Tout est en train de se mettre en place gentiment, mais sûrement, comme on dit. Je pense aussi qu’il y aura quelques autres dates dans la foulée.

Dans quel état d’esprit êtes-vous l’un et l’autre en ce moment, avec cet Ep qui est sorti une première fois, mais pas véritablement, et qui ressort dans quelques semaines, la préparation de l’album, etc… ça fait pas mal de choses, finalement.

Émilien : On est contents qu’il ressorte. Mais ce qui nous motive le plus tous les deux, tu me dis Julie si tu n’es pas d’accord avec moi, c’est d’aller le défendre sur scène, le faire découvrir sur scène. Ce qui serait super, ce serait de tourner un peu partout en France pour aller le présenter au public. C’est ce qu’on n’a pas pu faire avant. Entre 2015 et 2016, on a enchaîné une cinquantaine de concerts, mais nous n’avions pas de disque. Du coup, les gens nous ont découverts uniquement par le live. On aurait bien aimé avoir un disque à l’époque. Maintenant qu’on l’a… ce serait bien qu’on aille le jouer sur scène ! (sourire)

Julie : Et puis, là, comme il va ressortir dans de bonnes conditions, on va essayer de faire les choses bien pour la suite. On a hâte aussi de voir les retombées…

Émilien : on va essayer en tout cas de faire quelque chose de bien posé et bien réfléchi. Et sinon, personnellement, ça va… (rires)

Propos recueillis par Luc Dehon le 1er mars 2017.
Photos : Martial Schmeltz, Alexandre Guidoux, DR

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Twitter : @Carre_court |
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