Interview de Sidoine

Propos recueillis par IdolesMag.com le 17/10/2016.
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Sidoine, La Chaleur

Sidoine, que nous avions rencontré il y a trois ans à l’occasion de la sortie de son tout premier EP s’apprête aujourd’hui à publier son premier album. De l’eau a coulé sous les ponts en trois ans, l’artiste a mûri, son propos s’est affiné, ses envies se sont affirmées. C’est avec beaucoup de plaisir que nous avons été à sa rencontre afin d’en savoir un peu plus…

De l’eau a coulé sous les ponts depuis notre dernière rencontre puisque tu t’apprêtes à publier ton premier album. Raconte-moi un peu dans les grandes lignes ce qui s’est passé sur ces trois années…

Il y a eu plusieurs étapes. Après la première que tu connais, c’est-à-dire l’enregistrement de ce premier EP, j’ai eu la chance de travailler avec des personnes avec qui je rêvais de bosser depuis longtemps. La première, c’est David Slima, qui avait bossé notamment avec Julien Doré sur « Les Limites ». On a essayé beaucoup de choses ensemble. Dans le même temps à peu près, j’ai eu l’opportunité de rencontrer Manu da Silva et Fred Fortuni, dont j’apprécie énormément le travail également. Là aussi, on a fait pas mal de chemin ensemble, on a écrit des chansons et exploré encore d’autres terrains. Puis nous sommes partis à ICP à Bruxelles où nous avons enregistré l’album. J’ai fait la moitié avec David Slima et l’autre avec Manu et Fred. Et ce sont eux qui l’ont réalisé du coup… Nous avons publié l’année dernière « La nuit », qui a notamment bien été diffusé sur Virgin Radio, et là, nous passons à un deuxième single, « La chaleur ».

Avec « La chaleur » tu retrouves ton équipe originelle si je puis dire, Yohann Mallory et Tristan Salvati, les artisans de « On ne vit qu’une fois ».

Effectivement, je l’ai co-écrit avec Yohann Mallory et co-composé avec Tristan Salvati. Pour la petite histoire, nous étions en studio pour enregistrer quelques titres et j’en suis sorti pour aller chercher quelque chose à manger. J’ai pris le métro, et là, « j’ai cherché la chaleur » m’est venu en tête. Je trouvais que c’était un début de chanson. Ensuite, j’ai écrit deux ou trois phrases sur mon téléphone, toujours dans le métro, puis je suis retourné près de Yohann et Tristan et nous avons déroulé la bobine. Le titre est né ce jour-là, tout simplement.

Un clip très intéressant et esthétique a été tourné en support de « La Chaleur ». Parle m’en un peu.

Il y a deux ans, je suis allé m’installer en Belgique. J’aime beaucoup travailler avec les Belges, j’ai comme l’impression que tout est plus simple ! (sourire) Ce sont des gens généralement assez ouverts. Bref, ça matche bien entre eux et moi. J’ai rencontré Harry Fayt, un peu par hasard d’ailleurs, lors d’une expo. C’est ce que j’aime dans ce métier, c’est qu’il est fait de rencontres et ce sont ces rencontres qui permettent à l’artiste d’avancer. Harry est un spécialiste de photographies prises sous l’eau. Ses photos m’ont beaucoup touché. On a échangé quelques mots et rapidement, l’idée d’un clip m’est venue à l’esprit. Je lui ai donc demandé s’il était partant pour en réaliser un. On a mis nos idées en commun, et le clip est né comme ça.

C’est le troisième clip que tu tournes. L’image est omniprésente de nos jours. Quel est ton rapport à l’image ? Quelle place lui accordes-tu ?

La musique est aussi, comme tu le soulignes, un métier d’image. Comme beaucoup de métiers artistiques d’ailleurs. Donc, oui, j’y prête une attention toute particulière. J’appréhende mieux avec le temps tout ce travail du visuel. L’image permet à une chanson de vivre. Dans le cas d’un clip, elle permet d’offrir un autre angle à l’interprétation d’un texte. Et ça, je trouve que c’est super important.

Tu viens de poster des photos prises dans une piscine vide sur ton Facebook. Peux-tu m’en dire un peu plus ?

Absolument ! En fait, on y a tourné une version acoustique de « La Chaleur », histoire, une nouvelle fois, de proposer un angle différent sur le titre. Là, j’ai souhaité prendre le contrepied de ce que nous avions fait jusqu’ici. C’était d’une certaine manière une façon de salir un peu l’image et le propos de cette chanson. Je trouvais intéressant de tourner cette session acoustique dans une piscine vide puisque le clip, beaucoup plus produit, l’avait été dans une piscine pleine. Je prends donc le contre-pied de l’image du clip, mais également de la chanson en elle-même puisqu’elle sera ici un peu ralentie. J’aime bien apporter un propos et un éclairage différents.

Tu as une nouvelle fois travaillé avec Harry Fayt ?

Oui. Je trouve que c’est important d’inscrire une collaboration dans la longueur. J’aime aussi l’idée de boucler la boucle. C’est la même chose quand j’écris des chansons. J’aime raconter des histoires qui soient cohérentes du début à la fin. Après, c’est au public de faire son œuvre sur les titres, parce que lui aussi les fait vivre à sa manière.

Tu as donc mixé ton album cet été, on peut dire qu’il est dans la boîte. Quelle couleur aura-t-il ?

Souvent je me revendique en tant que fervent défenseur de la « French Touch ». C’est-à-dire que je n’ai pas envie de forcément faire quelque chose de différent de la musique française telle qu’on la connait. Mais tout en lui apportant ma touche personnelle, ce qui parait une évidence. Je ne souhaite pas être dans la redite. Ma démarche est donc de parler, de raconter des choses. J’essaye humblement d’apporter un peu de modernité dans ma musique, donc, on retrouvera pas mal de claviers et ce genre de choses. Mais le son restera tout de même très « chanson française » parce que j’ai des choses à raconter et à dire, et c’est à mon sens le meilleur moyen de servir un propos.

Dans les grandes lignes, de quoi vont parler les chansons ?

J’aime bien parler des choses sans me poser en victime. Même quand j’évoque des sujets tristes, j’essaye toujours de prendre un peu de recul. Donc, je vais parler d’amour, c’est inévitable, c’est le cœur de nos existences. Mais je vais aborder aussi d’autres thèmes comme le côté éphémère de notre société. J’essaye en tout cas toujours dans mes textes de me poser en tant que conquérant. Je vais même aller un peu plus loin, en me posant en tant que « sale type », entre guillemets. Je pense notamment à une chanson qui s’appelle « Un mec bien » dans laquelle je dis que j’ai envie d’avoir l’air d’un mec bien, ce qui veut tout dire… (sourire) J’essaye toujours d’amener un contrepied dans mes textes, et surtout, ne jamais me placer en victime. Jamais.

J’imagine qu’on va retrouver sur l’album « La nuit » que tu as écrite avec Manu da Silva, mais qu’en est-il d’ « On ne vit qu’une fois » ?

 « On ne vit qu’une fois » n’a plus de cohérence à mes yeux avec le projet que j’ai monté et l’histoire que j’ai envie de raconter aujourd’hui. C’était un bon titre, mais qui ne s’inscrit pas avec les nouveaux.

En parlant de cohérence, l’exercice de l’album est très différent de celui de l’EP, et a fortiori de celui du single. Est-ce que ça t’a fait peur de t’attaquer à un format long ? C’est une montagne à gravir la création d’un album. C’est du sérieux…

Effectivement. Oui, c’est difficile, mais ça ne m’a pas fait véritablement peur dans ce sens où tout s’est passé assez naturellement. On va retrouver dix/douze titres sur cet album, mais tu te doutes bien que j’en ai écrit beaucoup plus, que j’ai dû en abandonner pas mal en chemin. Alors, oui, il y a des choses que j’ai essayées et qui n’ont pas fonctionné comme je l’espérais. J’ai tâtonné. Mais au bout du compte, ce sont ces essais-erreurs qui m’ont permis d’avancer, de trouver une directive claire, nette et précise, et de trouver la cohérence de l’album. Il s’est fait un peu de lui-même ai-je envie de dire.

Concrètement, pour quand est-il prévu ton album ?

Concrètement, il n’y a pas de date butoir. Tout dépend de comment « La chaleur » va être reçue.

De la scène est-elle prévue prochainement ?

Non, pas pour le moment. J’ai eu la chance de faire en début d’année quelques premières parties pour Fréro Delavega, mais là, non, il n’y a plus rien de prévu prochainement. J’attends d’avoir un peu plus de matière et d’actualité qu’un single. Mais j’ai hâte de remonter sur scène ! Comme je te le disais, j’ai envie de raconter une histoire au travers de mes chansons, et cette histoire ne peut s’écrire que sur scène, avec le public. 

Avec Fréro Delavega, tu t’es notamment produit sur les scènes de l’Olympia à Paris et de l’Ancienne Belgique à Bruxelles. Deux salles particulièrement mythiques. As-tu une petite anecdote à me raconter sur l’une de ces dates ?

J’en ai une sur la date de l’Olympia. Ce soir-là, c’était l’anniversaire de ma maman. Je lui ai donc souhaité un joyeux anniversaire sur scène et je ne m’attendais absolument pas à ce que le public reprenne avec moi cette chanson et lui souhaite, à sa manière, un joyeux anniversaire. Ça l’a beaucoup touchée, et moi aussi par la même occasion.

Tu as joué également dans de très grandes salles, comme le Galaxie à Amnéville. Ça change la donne ?

Oui, et non. Pas dans le sens où on le pense en tout cas. Paradoxalement, moins il y a de monde, plus je vois les gens et plus je flippe. Le Galaxie est tellement grand que ça en dégage quelque chose d’irréel, c’est moins personnel. On ne voit pas les gens, on voit tout le monde et personne à la fois. Tout juste voit-on le premier rang. Et encore. Du coup, c’est moins flippant. Quand j’ai joué à l’Olympia, à l’Ancienne Belgique ou au Forum à Liège, ça m’a plus impressionné. Et surtout à l’Ancienne Belgique où c’était la première de mes premières parties… (sourire)

Tu es sorti de la Star Ac il y a quatre ans maintenant. Le temps t’a-t-il paru long jusqu’à la concrétisation de ce premier album ?

Oui et non. Oui, le temps est long parce qu’on a envie de chanter, et c’est normal. Mais en même temps, il est nécessaire à la construction d’un projet cohérent. On ne fait pas les choses correctement quand on les fait à la va-vite. Il faut du temps. Tous les artistes n’ont pas besoin du même temps non plus. En ce qui me concerne, je sais que j’avais besoin de faire mes armes et de légitimer mon propos puisque, comme tu le soulignais, je sortais de la Star Academy. Sur un titre comme « On ne vit qu’une fois », j’étais uniquement interprète. Je n’avais pas eu l’occasion de proposer ma vision des choses. Donc, je trouvais important de construire un chemin, et de me reconstruire aussi d’une certaine façon. Ce qui est le plus difficile pour un artiste, et en même temps le plus important, c’est savoir prendre du recul et se réinventer. Regarder la route qu’on a parcourue et choisir celle qu’on a envie de prendre. Tout ça demande du temps. Donc, oui, le temps a été long, mais il a été indispensable.

Tu viens tout juste de fêter tes 29 ans. Tu n’es pas bien vieux, mais tu approches de la trentaine, les années d’insouciance sont derrière maintenant. Ton état d’esprit a-t-il changé ?

Non. Je suis le même qu’à mes vingt-cinq ans, je pense. La musique c’est un choix de vie, c’est un parcours. Il y a les bons moments et aussi les moins bons. Heureusement d’ailleurs qu’ils sont là les mauvais moments parce que sans eux, les bons n’existeraient pas. Du coup, je suis toujours aussi amoureux de mon travail depuis quatre ans. Et là, j’avance. Tout simplement. Peut-être qu’à trente ans je te tiendrai un autre discours. Il ne faut présager de rien. Mais là, non, je garde le même état d’esprit qu’avant. J’essaye en tout cas de faire les choses correctement en posant chaque jour une nouvelle pierre à l’édifice.

Propos recueillis par Luc Dehon le 17 octobre 2016.
Photos : DR

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