Interview de Nicolas Ferru, Irish Celtic Generations

Propos recueillis par IdolesMag.com le 14/10/2016.
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Irish Celtic Generations

Irish Celtic Generations est actuellement en tournée dans toute la France. Nous avons été à la rencontre de son producteur, Nicolas Ferru pour Indigo productions, afin qu’il nous en dise un peu plus sur ce deuxième épisode d’Irish Celtic, ce spectacle qui fait un carton depuis quelques années.

Racontez-moi un peu dans quelles circonstances est née cette tournée Irish Celtic. C’était il y a près de cinq ans, maintenant…

En 2011, on a voulu créer un spectacle qui était différent de ceux qu’avaient faits nos prédécesseurs. En règle générale, tous les spectacles irlandais sont des spectacles où on écoute de la musique live, ou pas live d’ailleurs, et où on voit des danses et des claquettes irlandaises. On passe de la musique aux claquettes et ainsi de suite. Je pensais, et je le pense encore aujourd’hui, que ça pouvait ennuyer le public à un moment donné. L’amoureux de la culture irlandaise viendra toujours voir des spectacles de claquettes irlandaises, mais pas forcément le public non-initié, si je puis dire. Donc, on a fait quelque chose de différent. On a voulu raconter une histoire qui se passe dans un pub irlandais où le patron, Paddy Flynn, a pour mission de léguer les clés de son pub à son fils. C’était l’histoire du premier spectacle. Au travers de ce premier spectacle, on comprend aisément que le fils n’est pas très doué pour gérer ce pub, qu’il a besoin d’apprendre les histoires et les légendes de l’Irlande pour mieux s’approprier ce lieu. Il avait d’ailleurs cette particularité de danser de vieilles danses avec les ballets. Le public a rapidement pris en affection ce fils un peu idiot mais profondément gentil. Et au fil du temps qui passe, nous alternions musique, claquettes et narration. Mais il n’y avait pas de côté théâtral. On ne voulait en tout cas pas combler des trous dans le spectacle avec du texte qui n’intéresse personne. Non, c’est vraiment mesuré et ça donne un rythme au spectacle, finalement. Nous tournons donc avec ce spectacle depuis 2011.

Vous revenez aujourd’hui avec « Irish Celtic Generations » avec plus ou moins ce même concept qui avait très bien fonctionné sur le premier spectacle.

Exactement. Nous avons souhaité raconter une histoire une nouvelle fois. Mais que les gens se rassurent, si on n’a pas vu le premier spectacle, on ne sera pas perdu, même si on retrouve Paddy Flynn, qui a aujourd’hui donné les clés du pub à son fils. Aujourd’hui, les personnages sont confrontés à un contexte de société compliqué. Ils ont des problèmes financiers qui seront un prétexte pour emmener pendant un tableau le spectacle aux États-Unis. Au début du siècle, le peuple irlandais a d’ailleurs beaucoup migré aux États-Unis. C’est le fils qui traverse donc l’Atlantique pour tenter d’y trouver une solution et sauver le pub Irish Celtic. Sur le plan culturel, ça nous permet d’aller faire une petite visite aux États-Unis et faire découvrir au public des claquettes qui sont bien différentes  de celles de l’Irlande traditionnelle. Ça reste de la claquette irlandaise, mais mélangée à du Hip Hop, notamment. On verra aussi un tableau qui associera les claquettes et des percussions, avec en toile de fond l’Empire State Building ou le pont de Brooklyn. Ce seront quinze ou vingt minutes qui amèneront l’histoire aux États-Unis et qui enrichiront le spectacle. Évidemment, ce voyage sera suivi d’un retour heureux en Irlande. Cette histoire va vivre pendant près de deux heures, avec émotion, humour et l’alternance de musiques et de danses riches et différentes.

Vous apportez de l’image et notamment de la vidéo, également.

Effectivement. Tous les grands spectacles utilisent aujourd’hui de la vidéo. Ce qui est nouveau à mon sens aujourd’hui, c’est que, dans « Irish Celtic Generations » la vidéo ne comble pas des moments où, par exemple, les danseurs doivent se changer. La vidéo est véritablement intégrée à l’histoire du spectacle. Ça permet de faire un voyage un peu initiatique entre l’Irlande, les États-Unis et ce doux mélange entre le côté théâtral et narratif, de l’humour, de l’émotion, de la musique, des claquettes et des instruments qui jouent en live. Ce n’est pas parce que j’en suis le producteur, mais ce spectacle est vraiment réussi. Le premier spectacle était très bon, le public nous a d’ailleurs confortés dans cette idée en le plébiscitant, mais celui-ci est un cran au-dessus. On est encore un peu plus riche dans le domaine de la culture irlandaise. Et en plus, quand on sort du spectacle, on a appris des choses. Bien sûr, ça reste du divertissement, mais un divertissement intelligent. On apprend notamment que ce sont les Irlandais qui ont construit les plus grands immeubles de New-York, et ce genre de petites choses…

Au niveau musique, vous avez eu l’autorisation d’adapter en anglais « Et l’on n’y peut rien » de Jean-Jacques Goldman.

Effectivement.

A-t-il accepté facilement que vous adaptiez son texte en anglais ? On le sait généralement très pointilleux sur les textes…

Il est effectivement très attaché aux mots et il a bien lu notre adaptation. Il n’y a rien de politique dedans, aucun signe ostentatoire de quoique ce soit. C’est un texte qui raconte le peuple irlandais, ses fêtes et sa joie de vivre. À partir du moment où on ne transmet pas de message politique ou religieux, nous étions confiants. Mais tout de même, on ne pouvait pas présager de sa réponse. Mais tout a été très vite. Tout s’est fait par avocats interposés, ça a duré très peu de temps.

Quels autres titres retrouve-t-on dans le spectacle ?

Notamment « Galway Girl » que l’on trouvait dans le film « PS I Love You ». Et on démarre le spectacle sur les bords des lacs du Connemara avec ce thème de « Légendes d’Automne », qui a été réorchestré avec les instruments que l’on retrouve sur scène, guitare, violon, accordéon. Ce titre est un mini-film à lui tout seul. Ce sont des points d’ancrage importants.

Vous m’avez parlé de la technique avec la vidéo, la 3D, un mot sur l’artistique maintenant. Et notamment des danseurs, des musiciens et des chanteurs qu’on retrouve sur scène…

Les musiciens jouent en live, c’est important de le préciser parce que ce n’est pas toujours le cas. Les chanteurs chantent eux aussi en live et les claquettes sont en live, évidemment. Tout est en live. Si on raconte une histoire avec humour et émotion et qu’on veut garder l’authenticité du pub irlandais, il faut que tout soit en direct.

Ce n’est pas anodin d’avoir choisi un pub irlandais pour planter l’histoire. C’est toute une symbolique, finalement, le pub irlandais.

Effectivement. Le pub irlandais, c’est le lieu qui crée des liens sociaux par excellence. Le pub irlandais est le seule endroit au monde où vous pouvez retrouver, à la sortie du boulot, différentes couches sociales qui vont boire un verre ensemble et lier une amitié. Qu’elle soit passagère ou de plus long terme. C’est un endroit où un ouvrier peut discuter avec un cadre supérieur. C’est culturel. On n’a pas ça chez nous. Nous n’avons rien inventé à ce niveau-là.

Quels instruments trouve-t-on sur scène ?

Nous avons cinq musiciens, dont certains sont multi instrumentistes. On trouve de la flûte, du pipe, de la guitare, du violon et du clavier qui nous permet d’avoir des nappes pour passer d’un tableau à un autre.

Propos recueillis par Luc Dehon le 14 octobre 2016.
Photos : DR









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