Interview de Christian Delagrange

Propos recueillis par IdolesMag.com le 11/10/2016.
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Christian Delagrange DR

Christian Delagrange revient avec un nouveau coffret 4CDs reprenant ses succès inoubliables, quelques grands standards de la variété italienne, quelques grands classiques du répertoire français et une poignée de chansons inédites. Le thème ? Ce lien indéfectible et unique qui lie l’artiste à son public. Ce coffret s’intitule « Entre vous et moi ». C’est une nouvelle fois avec beaucoup de plaisir que nous avons été à la rencontre de Christian afin de parler de la sortie de ce coffret, l’occasion également d’évoquer quelques rencontres avec des anonymes, ou non, qui ont marqué son parcours, la tournée « Âge Tendre » qui débute dans quelques jours et son investissement dans l’humanitaire, au travers de son association AHI.

Ça fait presque deux ans que nous ne nous sommes plus rencontrés professionnellement parlant. Raconte-moi un peu dans les grandes lignes ce qui s’est passé…

Il y a eu cet album l’année dernière, « Ballades en France », qui a bien fonctionné. Et puis, j’ai donné beaucoup de spectacles. Toujours un petit peu plus… ça ne s’arrête jamais. Donc, je suis très souvent sur les routes et ça…, ça demande beaucoup de temps, déjà. Mais j’en suis le plus heureux ! C’est une très bonne chose.

Christian Delagrange, Entre vous et moiÊtre aussi souvent en contact avec les fans t’a certainement guidé vers ce nouveau projet qui vient de paraître : « Entre vous et moi ».

(sourire) Effectivement. J’ai voulu appeler ce coffret « Entre vous et moi » parce que je me suis rendu compte au fil des années que cette relation que nous avions nouée avec le public était une relation privilégiée. Pendant toutes ces années, j’ai rencontré tout un tas de gens. Des rencontres souvent très riches. Et puis, il y a des gens qui ont la gentillesse de me suivre partout, aussi bien dans le Sud que dans le Nord, en Belgique, dans les croisières, etc. Ce sont souvent les mêmes têtes qui reviennent finalement. Quelle fidélité ! C’est inouï. Et ça m’émeut beaucoup. J’ignore si les autres chanteurs ont réussi à nouer ces liens-là avec leur public, mais en ce qui me concerne, ça me remplit de joie et d’émotion. Je me rends compte que j’ai beaucoup de chance. C’est assez merveilleux quand on y pense. Le public, c’est un peu ma famille, ce sont des amis aussi. Je vais même aller plus loin, si j’ai besoin de me confier à quelqu’un, c’est vers le public que je vais me tourner. Certaines personnes sont d’ailleurs devenues extrêmement proches de moi. Et c’est réciproque. Je suis devenu pour beaucoup leur confident. Face à un décès, une maladie ou, fort heureusement, des mariages ou des naissances aussi (sourire), je suis souvent le premier, ou en tout cas l’un des premiers, à qui ils en parlent. Pourquoi me demanderas-tu ? Peut-être parce que je suis un peu plus à l’écoute et parce que j’ai aussi certainement le privilège de l’âge ! (sourire) J’ai une certaine expérience, peut-être même une sagesse de vie (sourire), et mes conseils leurs semblent, je l’imagine, rassurants et réconfortants. La voilà cette relation qui se tisse avec le public depuis les années 70. Donc, quand on m’a demandé comment on allait appeler l’album, ça m’a paru comme une évidence, « Entre vous et moi ». C’est une phrase que j’avais mise sur Facebook depuis une bonne année, et qui me paraissait évidente.

Comment s’est opéré le choix des quatre-vingts chansons ? Mises à part les incontournables « Cathy », « Rosetta », « Sans toi je suis seul », etc. ?

Eh bien, nous avons souhaité mettre sur ce disque quelques chansons inédites, bien entendu. Et j’avais envie aussi de ressortir de vieilles chansons que les gens n’avaient plus entendues depuis très très longtemps. C’est comme ça qu’on retrouve sur ce coffret des chansons un peu oubliées qui me rappellent des gens que j’ai eu l’occasion de croiser tout au long de mon parcours. Je pense notamment à la chanson « Fille de joie, Fille de cœur ». C’est une chanson que j’avais enregistrée dans les années 70 qui est née de ma rencontre avec une femme qui s’appelait Nathalie, je m’en souviens très bien. Elle était péripatéticienne et travaillait sur le trottoir de la Rue de Provence à Paris. À l’époque, j’étais en pleines répétitions pour « La Révolution Française », donc, tous les jours je garais ma voiture dans cette rue, je mettais trois ou quatre pièces dans le parcmètre. Mais trois ou quatre pièces, ça passe vite… Donc, il y avait toujours cette gentille dame qui me remettait des pièces quand je ne pouvais pas venir. Elle m’a même proposé de sortir mon chien pour qu’il ne s’ennuie pas trop. Et au fil des jours, une espèce d’amitié s’est installée entre nous, sans pour autant être jamais monté dans une chambre avec elle ! (rires) C’était de l’amitié, simple et sincère, une écoute mutuelle. Cette dame s’est confiée à moi et ça a donné cette chanson. Voilà, pour l’anecdote. Peut-être la réentendra t’elle… Chaque chanson de ce coffret est associée à un souvenir précis, une rencontre précise, une relation humaine. Même les plus connues.

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Tu m’avais d’ailleurs raconté un jour cette anecdote à propos de « Rosetta », avec Patricia Carli et Léo Missir. Raconte-la moi une nouvelle fois, je suis certain que certaines personnes ne la connaissent pas encore et qu’elle les amusera !

(sourire) « Rosetta » était donc mon premier titre. Je sortais de groupes de rock et j’étais plus branché riffs de guitares que chansons d’amour ! Et je me suis retrouvé à devoir enregistrer cette première chanson que Patricia Carli m’avait écrite. Il faut savoir que Patricia Carli était la femme de mon producteur Léo Missir. Elle m’a donc fait écouter ce titre… « Depuis que je suis amoureux de toi, Rosetta », etc… j’ai tiré une tête pas possible ! Ce n’était pas vraiment ce que j’attendais ! (rires). J’ai commencé à verdir et Patricia m’a demandé si c’était le prénom qui me dérangeait, qu’on pouvait mettre « Patricia » à la place, je m’en suis défendu, de peur d’avouer la vérité : « J’ai envie de te faire l’amour, Te voir sans peur désobéir à ta pudeur … », je n’aurais pas été à l’aise vis-à-vis de Léo... Vint ensuite le jour de l’enregistrement. Je me retrouve, en compagnie de Patricia, face à face avec Jean Bouchety, l’arrangeur et tous les musiciens. En homme galant, il vient la saluer en lui disant « Bonjour ma chère Rosetta ! ». Et là, je me suis mis à m’étouffer !… (sourire) D’un air malicieux, Patricia s’est retournée vers moi et m’a dit avec son accent délicieux « Eh oui, mon vrai prénom, c’est Rosetta ». (éclats de rires)

Après « Ti amo » sur « D’origines italiennes », tu reprends « Questione di feeling » de Cocciante avec ta compagne Angela Amico. Pourquoi avez-vous choisi cette chanson-là précisément ?

Cette chanson intervient dans une comédie musicale qu’Angela a écrite et qu’elle interprète, « Voyage en Italie ». On a joué tout le mois de juillet en Avignon d’ailleurs. Comme elle est très à cheval sur l’accent, et que je n’ai pas toujours un très bon accent italien, elle m’a dit qu’on allait faire un duo ensemble où elle chanterait sa partie en italien et moi, la mienne, en français. Cette comédie musicale retrace le parcours d’Angela, du départ de ses parents de la Sicile pour la France et la promesse d’une nouvelle vie. La terre promise est toujours la même finalement, elle n’a de nom que promise. Il faut se battre, comme toujours. Il y a des déconvenues, il faut accepter la pauvreté, les revers de la vie. C’est un sujet qui me parle et qui me touche beaucoup. Cette comédie musicale est racontée avec beaucoup d’émotion, le parcours d’Angela n’ayant pas toujours été facile. Et en même temps, il y a beaucoup d’humour dans ce spectacle, on s’amuse, on rigole beaucoup aussi. On croise une galerie de personnages très drôles !

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Tu m’avais parlé d’un deuxième volet de « D’origines italiennes ». Où en est ce projet ?

Pour le moment, le projet est en standby. Comme il y a eu ce projet d’Angela en parallèle, ça aurait fait un peu doublon, je pense.

Tu as également réenregistré « Ciné Cinéma » qui date de 78 si je ne m’abuse…

Elle a aussi une histoire cette chanson ! Sur Pure FM en Belgique, il y a une émission qui s’appelle « 5 heures cinéma ». Et le générique de cette émission, c’est « Ciné Cinéma ». C’est une dame que j’ai rencontrée un jour qui m’a dit que ma chanson servait de générique à cette émission. J’ai donc écouté l’émission en question, et effectivement, j’ai reconnu « Ciné Cinéma ». Dans le même temps, j’ai rencontré les animateurs et comme ils fêtaient les vingt ans de l’émission, ils m’ont proposé de venir chanter la chanson pendant l’émission. Je n’avais plus aucune bande orchestre, plus rien du tout. À vrai dire, je l’avais un peu oubliée cette chanson… (sourire) Donc, je suis retourné en studio pour la réenregistrer. Et puis, je suis allé la chanter dans le studio de la RTBF. Il n’y avait que des jeunes gens dans le public, près de cinq cents personnes, quelque chose comme ça. J’ai eu peur de me ramasser comme un débutant. Quand les premières notes sont sorties, tout le monde s’est mis à chanter avec moi et je me suis mis à chialer comme un môme d’émotion. Ça m’a vraiment fait plaisir. Comme quoi, une chanson peut avoir un destin assez étonnant…

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Depuis les années 70, tu as enregistré des centaines de titres en studio. Là, tu viens d’en réenregistrer quelques-uns. Même si l’expérience joue, qu’aujourd’hui tu es sûr de ta voix, etc., est-ce que le fait de mettre le casque et poser ta voix dans le micro t’impressionne toujours autant ?

Ce n’est pas banal. Jamais. Effectivement, il y a certaines appréhensions que je n’ai plus, et notamment vocalement parlant. Ça, c’est un fait. Mais par contre, j’arrive toujours  en studio en tant qu’apprenti. Je suis toujours à l’écoute des conseils qu’on peut me donner, même si ce ne sont pas ceux que j’aurais souhaité. J’essaye toujours ce qu’on me propose, je n’arrive jamais avec des idées préconçues. Après tous ces détails techniques, tu rentres dans l’interprétation du texte. Et là, tu te déshabilles. Tu ouvres ton âme. C’est toujours un peu compliqué parce que même si tu connais par cœur les gens qui sont de l’autre côté de la glace, tu te sens toujours un peu gêné vis-à-vis d’eux. La pudeur rentre en ligne de compte. Ce n’est pas toujours facile. Tu le sais, je suis quelqu’un d’assez ouvert, je n’ai pas beaucoup de retenue, je ne suis pas quelqu’un qui cache ses sentiments, quand j’ai quelque chose à dire, je le dis. Mais voilà, quand tu te mets à poils devant d’autres personnes et que tu ouvres ton âme, ce n’est pas toujours évident… ça me rappelle le jour où j’ai enregistré « Les Roses Blanches ». Quand l’infirmière dit au petit gamin qu’il n’a plus de maman, les sanglots me sont montés dans la gorge, j’avais la gorge tellement nouée que je n’ai plus pu sortir aucun son. Et les larmes sont venues. Je ne m’y attendais pas. Quand on ne prête pas attention au texte de cette chanson, on passe à côté de ces émotions. J’étais dans l’interprétation et je me suis laissé submerger. Là, tu es complètement gêné, mais c’est merveilleux aussi quand on y pense. Ce moment que tu as vécu en studio reste par la suite. Quand tu rechantes cette chanson sur scène quelques temps après, l’émotion est restée intacte. Et tu peux la partager avec le public, ce qui est encore plus merveilleux. Finalement, sur scène, tu te mets à poils de la même façon. Et cette harmonie avec le public fait un spectacle ou ne le fait pas, au bout du compte. C’est le public qui conditionne la qualité de ton spectacle et te permet de te surpasser.

En parlant du public, on trouve une nouvelle chanson un peu plus légère sur ce disque, c’est « Chanteur d’amour ». Connaissant un peu tes fans, elle devrait bien plaire en spectacle.

C’est Gérard Tempesti qui m’a écrit ce titre. Je lui avais dit que ce serait bien d’avoir une chanson pour la sortie de scène, et il m’a écrit ce titre. Effectivement, son propos est un peu plus léger, mais elle sonne bien, et je pense que sur scène, elle plaira. D’ailleurs les premiers retours que j’ai eus sont plutôt positifs.

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Nous avons évoqué tout à l’heure ce lien indéfectible qui te lie au public depuis les années 70. C’est lui qui t’a permis d’intégrer la saison 10 de la tournée « Age Tendre ». Qu’est-ce que ça t’a fait ?

Ça m’a beaucoup ému et touché. Surtout que j’ai appris que chaque personne ne pouvait voter qu’une seule fois. Donc, il n’y a pas eu de « triche » possible. J’ai été très surpris, je ne te le cache pas. Je ne connaissais pas encore bien Facebook à cette époque. Je n’étais pas dedans, je regardais ça de loin. Des amis m’ont dit que ce serait bien que je me penche sur ces réseaux sociaux… et donc, depuis cette époque, je me suis mis à communiquer avec les gens par ce biais supplémentaire. Je me suis beaucoup investi dedans depuis un an. Et ça me plait beaucoup. Comme quoi, quoi qu’en disent certains, il y a beaucoup de positif dans ces réseaux sociaux. Ça me bouffe mon temps… presque deux heures par jour ! Mais ça me plait énormément d’être en contact presque direct comme ça avec les gens. D’ailleurs la page s’appelle « Entre vous et moi ». Ça ne s’invente pas.

Tu as donc été faire hier tes premières répétitions à Paris. Avant, il y avait eu la conférence de presse qui réunissait tous les artistes présents lors de cette dixième saison. Comment ça s’annonce ? La production a changé, mais retrouve-t-on cet esprit bon enfant de l’ancienne tournée « Âge Tendre » ?

Ce serait présomptueux de te répondre parce que la tournée ne débute que le 4 novembre prochain. C’est vrai que la production a changé, que ça n’a plus rien à voir avec l’ancienne équipe. Mais je ressens de bonnes ondes autour de cette nouvelle aventure. Les premiers contacts se sont bien passés. Et comme je suis un « vieux routard », je sens les choses …et sais que ça va bien se passer. Nous avons donc fait cette conférence de presse où nous nous sommes retrouvés tous les artistes ensemble. Tout le monde était content de voir (ou revoir) les autres. Personne n’a snobé personne. J’ai été content de revoir Les Rubettes que je n’avais plus croisés depuis les années 70 ou « Au bonheur des dames » que je connaissais assez mal. Mais les autres, Linda de Suza, Sheila, Marcel Amont, Isabelle Aubret, etc… Je les connais très très bien. Une bonne moitié d’entre eux sont d’ailleurs venus à plusieurs reprises donner des galas pour AHI. Il y a Pascal Danel que je connais très bien. Finalement, celui que je connais peut-être le moins bien, c’est Gérard Lenorman, mais nous allons mieux apprendre à nous connaître durant ces quelques mois. Donc, oui, je sens que ça va se passer très bien, je suis très optimiste. Et puis tu sais, j’ai appris à relativiser tous les problèmes qu’on peut rencontrer... Je m’ouvre aux gens, ils prennent ou pas, on continue l’aventure ou pas, peu importe, rien n’est jamais très grave.

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Et les répétitions, alors, ça s’est passé comment ?

Super bien ! Les musiciens sont au top. On va s’éclater. Je chanterai « Rosetta » et « Sans toi je suis seul ». Ce sera court, mais intense ! J’ai hâte, en tout cas !

On trouve une très jolie nouvelle chanson dans ce coffret, que tu co-signes d’ailleurs, « Les enfants du monde ». Quand on connait un peu l’artiste, son parcours, et l’homme que tu es aujourd’hui, on peut dire que cette chanson te colle à la peau.

Ça me touche beaucoup ce que tu dis là. Cette chanson évoque l’aventure AHI, avec une approche plus poétique. Pour comprendre cette chanson, il faut bien sûr écouter le texte. N’en écouter que la musique serait dommage. Disons que ceux qui prendront le temps d’écouter ses paroles me connaîtront certainement un peu mieux…

On ne peut pas se quitter sans évoquer les projets d’Assistance Humanitaire Internationale (AHI), ton ONG qui te tient très très à cœur.

On a fait beaucoup de choses ces dernières années, et beaucoup d’autres sont en chemin. Nous avons terminé notre collège au Bénin, il accueille  trois classes de soixante élèves. On a attaqué un gros chantier eu Bénin aussi, un immeuble de trois étages de plus de 600 m² qui pourra recevoir 150 orphelins dès janvier 2017 et peut-être même avant. Nous avons presque tout fini. J’attends des photos d’un jour à l’autre de cette réalisation pratiquement terminée. En janvier, pendant la pause de la tournée, je retournerai au Bénin pour son inauguration. On a construit aussi une école en Birmanie. Nous avons assaini tout un orphelinat en Indonésie, qui subissait de grosses infiltrations d’eau : il était construit à même les rochers. Les enfants avaient de gros problèmes pulmonaires en raison de l’humidité et des moisissures qu’il y avait sur les murs. Là, nous sommes en train d’attaquer un autre orphelinat, au Cameroun cette fois-ci. On a compris qu’il était important d’associer un apprentissage professionnel à ce projet. Il est important de protéger ces enfants, mais également, arrivant à l’âge adulte il devenait nécessaire de les laisser partir avec un métier maitrisé. Il y aura une partie orphelinat à l’étage et une partie apprentissage des métiers agricoles au rez-de-chaussée. De ce fait et en toute logique, ils pourront plus tard contribuer à nourrir toute la population. Tu sais, pour éviter que les gens n’arrivent dans nos fameux Eldorados européens, qui n’en ont que le nom malheureusement, et qu’ils évitent de tomber dans les pièges de la mer, il faut les aider chez eux. Ils ne viennent pas chez nous par plaisir, mais parce qu’ils sont aux abois : ils ne savent plus où aller ni quoi faire. C’est une question de survie pour eux. Ils le savent très bien que la traversée est extrêmement risquée, mais comme ils n’ont aucun avenir en Afrique, ils tentent le coup. Donc, il faut leur offrir cet accès aux soins et à la culture. C’est chez eux qu’il faut les aider pour rester au sein de leurs familles, de la terre de leurs ancêtres, pas chez nous. Ça ne sert à rien de trouver des solutions à Calais. Y en a-t-il une seulement ? Calais est un constat de notre échec, rien de plus. C’est en amont qu’il faut conjuguer nos efforts et leur apporter cet espoir de vie meilleure. Nous avons également dans nos projets à court terme la construction d’un hôpital au Bénin, à la frontière nigérienne. Les femmes accouchaient et les gens y étaient soignés dans des conditions d’hygiène souvent si loin de nos normes européennes, malgré tous les efforts des médecins en place, faute de moyens. Nous allons construire dans cette région lointaine mais très  belle, un vrai hôpital de 700m², avec un principe d’hygiène essentiel : pour simplifier, disons une partie chirurgicale avec son circuit propre et aseptisé et son circuit sale où sont évacués tous les déchets résultant de ces interventions. Voilà en gros les chantiers en cours, il y en a encore plein d’autres. Le mieux serait que les gens intéressés aillent jeter un œil sur le site internet d’AHI pour mieux comprendre nos actions. Heureusement que beaucoup de mes amis artistes viennent me prêter leurs voix et leur talent pour les galas au profit d’AHI, ça nous permet de récolter de si précieux et indispensables fonds. Et je tiens une nouvelle fois à le préciser, un euro récolté, c’est un euro qui va strictement à l’aide humanitaire des défavorisés. Il n’y a pas de frais de fonctionnement ou de frais remboursés de toute sorte (repas, avions, séjours lors des missions) : c’est la un gros effort financier qui est demandé à chacun des intervenants de l’ONG. Tout est extrêmement transparent. C’est important de le préciser.

Propos recueillis par Luc Dehon le 11 octobre 2016.
Photos : DR

Liens utiles :
Site officiel :
http://www.christiandelagrange.com
Facebook officiel :
https://www.facebook.com/pages/Christian-Delagrange-Officiel/461281390614108?fref=ts
Site AHI :
http://www.assistancehumanitaire.org
Facebook AHI :
https://www.facebook.com/pages/AHI/708431049188065?fref=ts

 









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