Interview de Hélène

Propos recueillis par IdolesMag.com le 26/05/2016.
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Helene © Angelique Le Goupil AWcreation

Hélène revient avec un tout nouvel album au doux parfum de nostalgie heureuse. C’est avec beaucoup de plaisir que nous avons, une nouvelle fois, été à la rencontre de l’artiste afin de parler de ce nouveau projet musical sur lequel notamment elle signe un titre paroles et musique. L’occasion sera belle également pour évoquer ses récents concerts en Russie et en Chine, la perspective d’une prochaine tournée l’année prochaine, et la vie tout simplement. Rencontre avec une artiste sensible, qui chante de bien belle manière le passé et s’ancre pourtant profondément dans l’instant présent. Une femme qui croit en la magie de la vie.

Qui est à l’initiative de ce nouvel album, le producteur Jean-Luc Azoulay, ou vous ?

C’est la série, tout simplement. La fiction et la chanson ont toujours été liées. Dans la série, comme Hélène déprime un peu suite à la disparition de Peter Watson, elle se remet à chanter avec les garçons. Les chansons sont nées dans la série, et elles se retrouvent aujourd’hui sur ce disque.

Helene, nouvel album 2016En parlant de la série, vous reprenez « Pour l’amour d’un garçon » qui fut le générique d’« Hélène et les garçons ». Pourquoi ce titre précisément et pas « Je m’appelle Hélène » ou un autre titre emblématique de votre répertoire ?

Parce que justement, comme vous le dites, cette chanson était le générique d’« Hélène et les garçons » et qu’elle faisait partie intégrante de cette histoire. Et puis, c’est un album assez nostalgique dans son ensemble, on se souvient du garage et de « Nos tendres années ». J’ai envie de dire que cette chanson s’est un peu imposée d’elle-même.

Ça vous a fait quoi de réenregistrer ce titre presque vingt-cinq ans après l’original ?

J’ai trouvé ça sympa. J’ai toujours beaucoup de tendresse pour ces titres que j’ai enregistrés à l’époque et qui ont rencontré le public.

Auriez-vous pu simplement penser que plus de vingt ans plus tard vous camperiez encore le rôle d’Hélène Girard à la télévision ?

Ah non, pas du tout… Personne n’aurait pu le dire, et surtout pas moi. Je ne suis pas médium ! (rires) On ne peut jamais savoir ce que la vie nous réserve et c’est en ça qu’elle est magique. La vie est pleine de surprises.

L’espériez-vous tout du moins ?

Je n’espérais rien, moi. Je faisais juste mon travail du mieux que je pouvais. De fil en aiguille, ça s’est fait comme ça. Vous savez, je n’ai jamais eu de plan de carrière ni fait de plans sur la comète, comme on dit. J’ai juste bossé. Du mieux que j’ai pu. Et l’histoire s’est construite au fil du temps. Je n’avais en tout cas pas de projets particuliers.

Comme vous me l’avez dit en début d’interview, c’est la série « Les Mystères de l’Amour » qui a dicté d’une certaine manière la sortie de ce disque. On le sait, le producteur Jean-Luc Azoulay, s’inspire de la vie de ses acteurs, mais ça reste tout de même de la fiction. Quelles sont vos similitudes et vos points de divergence avec le personnage d’Hélène Girard ?

Exactement, je ne pourrais pas vous dire… On a beaucoup de similitudes, c’est sûr puisque le rôle d’Hélène a été écrit en calquant sur moi. Maintenant, je ne suis pas non plus la copie conforme d’Hélène Girard ! (sourire)

Le fait que le public ait pu ou puisse faire un amalgame entre Hélène Girard et vous, vous pose-t-il un problème ?

Non, pas du tout. Je n’ai aucun souci avec ça.

Un mot sur « Nos tendres années ». C’est une des premières fois que vous chantez avec la bande. Comment tout cela s’est-il passé ?

C’était mon idée, en fait ! J’ai demandé à Jean-Luc de faire venir tout le monde en studio pour qu’on enregistre cette version collégiale. Nous nous sommes tous retrouvés pour chanter. Après, on s’est fait un bon dîner, à notre habitude. On s’est bien amusé et on a bien rigolé ! On a passé un vrai bon moment. C’était vraiment chouette.

Dans cette chanson, vous évoquez les années fac et les années garage d’Hélène Girard.

Et la cafèt !... (sourire)

… mais vous, aviez-vous une bande d’amis ? Des musiciens ?

J’ai eu des amis, bien sûr. Mais ils n’ont jamais été vraiment nombreux. D’ailleurs ces amis dont je vous parle, je les ai toujours aujourd’hui. Et j’en suis fière. Et non, pour répondre à votre question, ils n’étaient pas du tout musiciens. Du tout…

Vous signez, paroles et musique, un très joli titre sur ce disque, « Di Dou Dam ».

Et oui… un seul… j’ai été un peu débordée ces derniers temps, donc, je n’ai pas eu le temps d’en proposer d’autres. Quelques-uns sont en chantier, mais comme ils n’étaient pas terminés… je n’en ai mis qu’un. C’est déjà bien.

Helene © Patrick Rouchon

Vous m’aviez confié lorsque nous nous étions rencontrés à la sortie de votre précédent disque que vous écriviez et composiez finalement assez peu. Est-ce que ça a changé ?

Non. J’écris toujours avec parcimonie. Mais vous savez, je n’écris que quand j’en ressens le besoin.

Vous rappelez-vous des circonstances dans lesquelles vous avez écrit ce titre précisément ?

Oui, très précisément. Si vous voulez tout savoir, j’étais dans mon lit ! (rires) C’était une nuit, dans mon lit avec ma guitare. Après, vous dire comme elle est venue, je ne saurais pas vous répondre plus précisément. C’est étonnant les chansons, on ne sait jamais trop d’où elles viennent. Mais à un moment, on a envie de prendre sa guitare, un crayon et un bout de papier… et on ne sait pas pourquoi.

Vous faites dans ce titre un clin d’œil à Paul Éluard en disant qu’on ne se rencontre pas par hasard, qu’il n’y a que des rendez-vous. Le pensez-vous ?

Oui, je pense sincèrement qu’il n’y a pas de hasard. Les choses n’arrivent pas par hasard. Même dans la rue, quand on croise les gens, qu’on se bouscule, je ne pense pas que ce soit le hasard non plus. Je pense qu’il y a quelque chose. Mais vous dire, quoi ? Je n’en sais rien. Je crois beaucoup en la magie de la vie, en fait.

« Je pense à toi » a retenu également mon attention. C’est une chanson d’amour, certes, mais elle évoque également la désertification des campagnes. On sait que vous êtes attachée à notre terre, à la ruralité et plus largement à notre planète. Est-ce vous qui avez soufflé ce thème à Jean-Luc Azoulay ?

Non. Mais vous savez, il me connait très bien depuis le temps ! Et il savait parfaitement que ce thème allait me parler. (rires) On se connaît par cœur, maintenant.

Je me suis dit que c’était une chanson que vous auriez pu écrire…

Peut-être bien ? J’habite à la campagne, dans la forêt pour être précise… (sourire)

Dans « Je n’ai pas fait exprès », vous vous prêtez au jeu du jazz manouche. Cette idée vient-elle de vous ou de Jean-Luc Azoulay ?

De ni l’un ni l’autre, en fait ! (rires) C’est une idée de mon guitariste avec qui j’ai fait cette tournée en Chine. Habituellement, il joue du jazz manouche, c’est tout son univers, donc j’ai trouvé sympa d’ajouter ces couleurs-là à l’album.

Vous avez touché à beaucoup de styles tout au long de votre parcours. Il y a des chansons très variété, d’autres plus pop, de grandes ballades romantiques… maintenant du jazz manouche !... Mais très peu, voire pas du tout, de rock ou de musiques plus pêchues. Qu’écoutez-vous, vous, aujourd’hui ?

Le rock, ce n’est pas mon truc ! Ce que j’aime beaucoup, c’est le reggae, le rap, les musiques latines, le Zouk, j’ai d’ailleurs un peu habité aux Antilles. J’aime beaucoup les musiques du soleil, en fait.

Helene © Patrick Rouchon

Aimeriez-vous intégrer ces rythmes du soleil un jour sur un album ?

Pourquoi pas ? Mais je ne crois pas que les gens m’attendent sur ce terrain. Je ne pense pas que ça leur plairait. En ce qui me concerne, oui, c’est certain, je pense que je prendrais du plaisir à le faire. Mais après, je ne veux pas non plus que ce soit pris pour une farce ou une blague. Les gens ne s’attendent pas à me retrouver dans ces répertoires-là. Je pense que ce serait trop déroutant. Sincèrement, je ne pense pas que ça plairait au public.

« Effacer le passé » est une chanson phare de l’album. Son propos colle parfaitement à l’histoire qu’Hélène vit avec Nicolas dans la série.

Mais pas que… elle peut parler à beaucoup de gens aussi, cette chanson !... (sourire)

… mais vous, si vous pouviez effacer le passer, le feriez-vous ?

Mon passé professionnel, non. Après, certaines choses de ma vie privée, évidemment que oui. Comme dans toutes les vies, il y a des moments ou des évènements tristes qu’on aimerait effacer. Donc, oui, ceux-là, je les effacerais, mais dans l’ensemble, non, je ne voudrais pas effacer le passé.

Les thématiques du passé et de la nostalgie heureuse reviennent souvent dans ce disque. Êtes-vous quelqu’un de nostalgique ?

Non, je ne suis pas nostalgique. Je suis dans l’instant présent. Et c’est déjà pas mal. Je pense un peu à l’avenir, comme tout le monde, mais très peu finalement. Je suis vraiment ancrée dans le présent. Là, pour le coup, cette touche de nostalgie vient de Jean-Luc qui doit être très nostalgique en ce moment ! Je n’en sais rien à vrai dire... (sourire)

En parlant de la touche de Jean-Luc, il y a une véritable empreinte sixties sur ce disque, comme sur les précédents, d’ailleurs.

C’est sa passion les années 60 !

Est-ce que ça vous parle cette période des sixties ? Les Sylvie, les Françoise, les Sheila ?

Ça ne me parle pas trop, parce que je ne les ai pas vécues. Par contre, ce qui me plait beaucoup, c’est la légèreté de l’époque. Ce qui m’aurait plu, je pense, dans ces années-là, c’est la joie de vivre, les couleurs, l’insouciance… Tout ça nous manque cruellement aujourd’hui.

Vous avez ouvert un Facebook…

On a ouvert un Facebook pour moi, nuance ! (rires) Je n’ai pas de Facebook personnellement. C’est juste une page professionnelle. Je n’interviens pas là-dedans.

Justement, j’allais vous poser la question parce qu’on vous sait très discrète sur votre vie privée, or les réseaux sociaux, c’est tout sauf la discrétion…

C’est pour cette raison que je n’y suis pas et que je ne les consulte pas. Je n’aime pas trop ça. En vrai, je ne suis jamais allée voir cette page Facebook… (sourire) C’est Jean-Luc qui l’a créée parce qu’aujourd’hui c’est devenu incontournable pour un artiste, mais c’est quelqu’un qui s’en occupe et qui l’alimente, mais ce n’est pas moi.

Un sondage a été fait sur le web pour le visuel de l’album… Les chansons, étant dévoilées au compte-goutte dans la série, sont largement commentées sur les forums… Allez-vous voir tous ces commentaires ?

Non. Mais ce n’est pas nouveau. Déjà à l’époque, à mes débuts, on ne parlait pas encore d’internet et encore moins de réseaux sociaux, je ne lisais pas la presse. Jamais. De toute façon, une fois que quelque chose est dit, c’est dit. On ne peut rien y changer. Donc, je ne sais pas ce qui se dit à mon propos, je n’ai jamais su ce qui se disait… et je n’ai jamais eu envie de la savoir ! (éclats de rire) Je fais les choses du mieux que je peux, avec mon cœur, pour faire plaisir aux gens. Maintenant, si ça plait ou non, je n’en sais rien… En tout cas, quand je croise des gens dans la rue, tout le monde est toujours gentil et bienveillant. Il y a toujours beaucoup de sourires. C’est ce contact-là qui m’intéresse, le réel, pas le virtuel.

De la scène est-elle prévue ?

Je l’espère grandement en tout cas. Normalement, oui, il devrait y avoir quelque chose l’année prochaine. Tout va dépendre du succès de l’album, s’il y a une demande de la part du public.

Helene © Angelique Le Goupil AWcreation

Aller retrouver le public en tournée, vous en avez envie.

Ah oui ! J’adore ça, la scène. Ce sont des instants magiques. On est ensemble avec le public, c’est formidable. J’adore, j’adore…

Vous êtes allée chanter en Russie et en Chine, deux pays pas forcément très démocratiques…

… non…

Comment ça s’est passé là-bas ? Quel accueil le public vous a-t-il réservé ?

Un super accueil, très chaleureux, comme à chaque fois. Finalement, que l’on soit au bout du monde ou en France, l’accueil est le même. Il y a juste la barrière de la langue, mais tout se passe dans le regard. Je vois dans leurs yeux la même joie que celle que je peux voir ici en France. Tout passe par les yeux quand on ne parle pas la même langue. Et les yeux de quelqu’un qui est heureux, qu’il soit noir blanc, jaune ou vert, il n’y a rien de plus expressif et de plus beau. Tout passe par le regard. Tout.

Une édition collector sera disponible dans les magasins Carrefour. Les fans sont friands de ces éditions. Mais vous, y êtes-vous attachée ?

Pas du tout. Je ne suis pas attachée aux objets, uniquement aux gens.

« Les Mystères de l’Amour » vont prendre quelques semaines de vacances, la saison 13 redémarrera à la rentrée. Que va-t-il arriver à Hélène ?

Disons que ça suit son cours… comme dans la vie, tout simplement. Il n’y aura pas de grosses grosses surprises, mais il y aura tout de même quelques rebondissements, je peux vous l’assurer ! Et c’est le moins qu’on puisse dire ! Mais je ne vous en dirai pas plus ! (rires)

Vous êtes actuellement en pleine promo pour l’album. Comment vivez-vous ces instants ?

Tant que c’est pour parler de mon travail, ça va. Par contre, je ne vais jamais sur le terrain de la vie privée. J’ai besoin de la garder pour moi. C’est ce qui fait mon équilibre depuis toutes ces années. C’est ce qui fait également que je garde les pieds sur terre. Mais sinon, non, parler de mon travail, ça va… Ce n’est pas ce que je préfère dans mon métier, c’est un peu le passage obligé, mais d’un autre côté, on fait parfois de belles rencontres, des gens sympas… donc ça va… Dans l’ensemble, je n’ai pas à me plaindre ! (sourire) Même si ce n’est pas mon exercice préféré, ce n’est pas non plus le bagne, il ne faut pas exagérer !

Vous allez fêter vos cinquante ans en fin d’année. Le temps qui passe vous fait-il peur ?

Non, pas du tout. De toute façon, on n’y peut rien, c’est inéluctable. Je m’estime déjà très heureuse d’être arrivée à cet âge-là, beaucoup n’y arrivent pas. Je suis chanceuse. Et j’espère encore vivre un demi-siècle de plus… (rires)

L’album sort donc dans quelques jours maintenant. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Je n’ai pas un état d’esprit particulier. Je n’y pense même pas pour vous dire la vérité. L’album va sortir, on va voir l’accueil qu’il va recevoir… j’attends de voir, en fait. Je ne m’angoisse pas à l’avance. Ça ne sert à rien de toute façon. J’ai déjà eu pas mal de retours positifs de la part de gens qui avaient écouté le disque, donc on verra… Je n’anticipe pas cette sortie. Je reste tranquille.

Et vous, qu’en pensez-vous de ces nouvelles chansons ?

Vous savez, du moment que ça parle d’amour et de tendresse, ça me plait. Ça reflète bien mon univers. Je trouve ces nouvelles chansons bien sympathiques. Et puis, il y a un peu de tout, c’est pas mal.

Vous est-il déjà arrivé de refuser l’une ou l’autre chanson ?

Oh oui !… ça m’arrive même très souvent ! (éclats de rire) Jean-Luc, contrairement à moi, est très prolifique. Donc, il a tout un tas de chansons. Si une chanson ne me touche pas ou ne me plait pas tout simplement, je le lui dis franchement et tout naturellement. Et on discute. On se connait depuis tellement longtemps maintenant…

Propos recueillis par Luc Dehon le 26 mai 2016.
Photos : Patrick Rouchon, Angélique Le Goupil/AWcreation

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