Interview de Ishtar

Propos recueillis par IdolesMag.com le 25/05/2016.
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Ishtar - DR

Ishtar, la voix d’Alabina, revient avec un nouveau single, « À Paris », véritable hymne à la fête et hommage à la capitale, et un nouvel album, « Baïla », attendu cet été, sur lequel elle a notamment travaillé avec Matthieu Mendès, Scalp, Indila et Quentin Bachelet. C’est avec beaucoup de plaisir que nous avons été à la rencontre d’Ishtar pour évoquer ce nouveau projet. Rencontre avec une artiste solaire et généreuse.

« À Paris », votre nouveau single est un formidable hommage à la capitale. Était-ce important, pour vous de célébrer et fêter Paris après les évènements tragiques qui l’ont endeuillée récemment ?

Ishtar, a ParisOui, mais cette chanson a existé avant les attentats. On l’a enregistrée deux semaines avant. En tant que citoyenne du monde, j’ai trouvé que cette chanson tombait parfaitement. Je trouvais très important de laisser place à la joie et à la fête après ces évènements. Il fallait que la fête prenne le relais, tout simplement.

Le 13 novembre, quelle a été votre première réaction en tant qu’artiste ?  Avez-vous eu envie de chanter ? De monter sur scène ? Vous étiez à l’affiche du Casino de Paris quelques semaines plus tard…

Effectivement, le 7 décembre, j’avais un concert au Casino de Paris. On s’est posé beaucoup de questions avec mon entourage. À savoir si on annulait ou pas. On savait que les gens étaient traumatisés, allaient-ils venir ? Auraient-ils envie de venir faire la fête avec nous sur scène ? Au final, j’ai dit qu’on maintenait la date et qu’on jouerait ce soir-là sur scène. Nous, artistes, nous sommes là pour ça, pour remonter le moral, pour faire la fête avec le public. Et justement dans de tels moments, on a besoin de se retrouver et de faire la fête ensemble. Bien entendu, certains ne sont pas venus au spectacle, ils avaient peur de sortir et de se retrouver dans une salle de spectacle, et je comprends fort bien leur démarche à eux aussi. Mais moi, j’ai décidé de chanter comme si de rien n’était. La chanson « À Paris » était déjà enregistrée, du moins elle existait déjà à l’état de maquette et c’est là que j’ai compris qu’elle allait être un appui très important pour ce nouvel album que je préparais déjà.

Parlez m’en un peu de cet album, « Baïla ».

Cet album sera un album de mélanges et de contrastes. « Baïla » sera un album de fête, un album rassembleur, un album de tolérance. J’ai souhaité faire également quelques reprises, et notamment « Petite Marie » de Francis Cabrel, « La foule » d’Edith Piaf et « Foule Sentimentale » d’Alain Souchon. Je voulais marquer le fait que la fête, c’est bien plus qu’un mot ou qu’une ambiance. La fête, c’est un pont qui relie les cultures et les différences. Je le vois bien, dans mes concerts, mais également dans la vie, dans n’importe quel pays et n’importe quelle culture, la fête prend toujours le relais. Et puis, il y a évidemment ce titre hommage à Paris qui m’a adoptée depuis vingt-cinq ans.

Quels sont vos premiers souvenirs de Paris, justement ?

(rires) Pendant les sept premières années, j’ai vécu à l’envers ! Je dormais de neuf heures de matin jusqu’à dix-neuf heures. Ma vie commençait le soir. Je commençais par des concerts, et puis, je prolongeais avec des jams avec d’autres musiciens et amis. On mangeait un bout à deux heures du matin… Donc, la fête à Paris, je la connais très très bien. C’est ce qui m’a plu à Paris. Aujourd’hui, je lui rends hommage à travers ce titre, et je rends hommage à sa joie de vivre. Je voulais mettre Paris en valeur, parce qu’elle le mérite tellement…

Ishtar - DR

Qu’est-ce qui vous a incitée un jour à poser vos valises à Paris ?

J’ai beaucoup voyagé à travers le monde. J’ai vécu un an en Australie, j’ai vécu à Hong-Kong, à Singapour, à Londres, en Italie, etc… Quand je suis arrivée à Paris, c’était une sorte de naissance. Et le hasard du calendrier a fait que pendant neuf mois, j’ai voyagé et je ne me suis posée nulle part. Neuf mois comme une grossesse. Je suis arrivée à Paris un peu par hasard, dû à un changement de ticket trois jours auparavant. Quand je me suis retrouvée dans Paris, j’ai regardé ces grands immeubles, j’ai observé les gens… Je suis une grande observatrice. J’aime m’enrichir à travers l’autre, au travers de ses différences que je ne connais pas. J’ai passé des heures sur les bancs de Paris à observer cette vie qui fourmillait de partout. J’ai trouvé que Paris était une ville généreuse. C’est la générosité de Paris qui a fait que j’y suis restée et que j’ai souhaité y poser mes valises. Paris est une ville multiculturelle. En tant qu’artiste, j’ai beaucoup chanté dans des salles, mais également des bars, etc… J’y ai rencontré des gens qui venaient de partout dans le monde, ça m’a beaucoup impressionnée. J’ai l’habitude de ce mélange, puisque mes parents sont de cultures mélangées eux-aussi et que depuis mon enfance, j’ai écouté toutes sortes de musiques. Mais là, je vivais la tolérance en vrai, ce n’était plus simplement de l’écoute. Et le fait de me balader en toute sécurité dans les rues d’une ville aussi grande que Paris, sans crainte aucune, m’a aussi beaucoup sensibilisée à Paris.

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Ce titre « À Paris » a donc été réalisé par Matthieu Mendès. Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler avec lui ? Vous avez travaillé avec d’autres personnes il me semble.

Effectivement. Matthieu m’a écrit une chanson totalement inédite et il a travaillé sur quelques autres  titres de l’album. Matthieu est quelqu’un de très généreux et très calme. Il sait parfaitement où il va et comment il y va. Il est vraiment efficace dans son travail ! (sourire) En fait, sur ce nouveau disque, il y a eu trois équipes qui ont travaillé chacune de leur côté. Chacun a donné sa touche personnelle et sa propre générosité à ce disque. J’ai été vraiment gâtée d’être aussi bien entourée sur ce projet. J’ai été entourée de gens qui avaient la même vision que moi et qui étaient dans le même état d’esprit. Personne n’a travaillé sur commande ou que sais-je ? Non, tout le monde a travaillé avec passion. Tout le monde s’est engagé personnellement. Scalp et Indila sont un tandem au talent infini. Et avec Quentin Bachelet, ça a été aussi un réel plaisir de travailler. J’ai été vraiment gâtée, j’ai nagé dans le bonheur.

Un clip a été tourné en partie sur l’esplanade du Palais de Tokyo, au pied de la Tour Eiffel, et en partie sur une péniche, non loin de Notre-Dame-de-Paris. Pourquoi avez-vous choisi ces deux lieux hautement symboliques et emblématiques ?

Très honnêtement, ce n’est pas de mon fait, mais de celui du réalisateur. Il n’y a pas eu de volonté précise de tourner près de ces deux lieux-là, on aurait tout aussi bien pu aller tourner à Montmartre, par exemple. Ce sont plutôt des contraintes techniques, d’autorisations et de timing qui ont fait que nous avons tourné là-bas. Nous voulions en tout cas montrer la beauté de Paris.

Vous m’avez déjà touché un mot sur votre prochain album, « Baïla », attendu cet été. Quelle couleur va-t-il avoir ?

La générosité sera le maître-mot. Au niveau des sons, on va aller dans un registre pop oriental. Certaines chansons seront chantées en espagnol. Certains titres auront des touches gipsy. Mais au final 80% du disque sera chanté en français. Il n’aura pas une couleur, mais des milliers de couleurs. Cet album respirera la tolérance et la fête. C’est pour cette raison que j’ai souhaité lui inclure quelques « monuments » français, pour jouer des contrastes. Je voulais par exemple amener une chanson estampillée variété vers la world, ou l’inverse. Je voulais gommer les styles pour mieux les mélanger et les harmoniser. On peut faire le pont entre toutes les différences qui nous enrichissent. Et puis, il y aura ce côté festif parce que je suis convaincue qu’il faut laisser plus de place dans notre cœur à la joie. C’est important pour surmonter les épreuves de la vie. La joie, c’est ce qu’il nous reste. C’est ce qu’il y a de plus vrai. Quand on a la joie, il n’y a plus de différence de langue, d’âge, de culture ou de religion. Quand on fait la fête, tout le monde comprend tout le monde. On est tous sur le même nuage…

Ishtar - DR

Pouvez-vous déjà me parler d’une ou l’autre chanson phare sur ce disque ?

Il y une chanson coécrite par Matthieu Mendès et Davide Esposito, « Tourne-moi la tête » et une autre, « Baïla », de Scalp. Ce sont deux chansons importantes dans ce disque, deux chansons qui font appel à la fête. En tout cas, ce que je peux vous dire c’est que chaque chanson présentera une face de la fête. Dans les chansons importantes, il y aura aussi cette reprise de « Foule Sentimentale » de Souchon, avec des sonorités égyptiennes et du désert. Ce ne sera pas la folie qu’on peut retrouver sur un titre comme « Baïla », mais j’ai tellement adoré ce texte… Les paroles parlent d’elles-mêmes. En tout cas, cet album sera fun. C’est le côté funny de la musique qui me plait. Après vient l’engagement, qui est très important aussi. C’est pour cette raison qu’aux côtés de titres foncièrement festifs, on trouve des titres comme « Foule Sentimentale », peut-être un peu plus profonds.

Qui dit fête dit scène. Des dates sont-elles prévues ?

Aujourd’hui, nous donnons, mon entourage et moi-même, le meilleur de nous-mêmes pour faire le plus beau disque qui soit. Après, c’est le public qui décidera du succès de ce disque, et donc de la mise en place éventuelle d’une tournée. Vous savez, mon but ultime en faisant de la musique, c’est d’aller chanter sur scène. J’aime ce partage et cet échange avec le public. Mais nous n’avons pas de baguette magique, tout dépendra de l’accueil que recevra ce disque. En tout cas, faire une tournée serait le plus beau des cadeaux…

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Je ne peux pas vous quitter sans évoquer un instant les années « Alabina ». Quels souvenirs en gardez-vous ?

Waouw ! Le mot qui me vient en tête immédiatement, c’est la découverte. La découverte du monde, la découverte du public et la découverte du succès aussi. Le public, c’est mon unique raison de chanter. Je le dis à chaque fois, mais c’est sincère, c’est pour partager avec le public que je fais ce métier. Les concerts m’ont permis de découvrir aussi la tolérance et la générosité. Quand je disais que j’avais découvert le monde avec « Alabina », j’ai découvert des endroits magnifiques et d’autres beaucoup moins, des endroits marqués par la pauvreté. C’est difficile de comprendre que de tels endroits existent encore de nos jours, nous qui sommes des privilégiés. Les années « Alabina » m’ont enrichie, elles m’ont amenée à la découverte du monde, tout simplement. Je suis très reconnaissante pour ça.

Vous venez donc de publier votre nouveau single, vous travaillez actuellement sur votre nouvel album qui est attendu pour cet été, vous êtes devenue maman il y a quelques années maintenant, j’imagine que votre vie est un peu bousculée en ce moment…

(éclats de rire) Vous pouvez le dire ! Pour vous dire la vérité, je ne dors même plus chez moi ! J’ai donc des jumeaux, deux petits garçons qui ont neuf ans. La journée, je suis en studio et je fais de la promo. C’est un peu difficile à gérer pour eux, comme pour moi (sourire). Pendant quatre ans, je me suis retirée de la scène pour être une maman à part entière. Petit à petit, j’ai repris mes activités artistiques. Là, à neuf ans, ils ont bien entendu encore besoin de moi, mais disons qu’ils sont plus dans un âge où ils peuvent comprendre que les prochains mois vont être un peu difficiles et stressants. Du coup, je ne dors plus chez moi, je suis comme dans un focus atomique. J’essaye en tout cas de donner le meilleur de moi-même sur cet album, et le meilleur de moi-même à mes enfants aussi. Disons que le rythme est soutenu… mais que je suis déterminée !

Propos recueillis par Luc Dehon le 25 mai 2016.
Photos : DR

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Site officiel :
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