Interview de Sandra Kim

Propos recueillis par IdolesMag.com le 19/05/2016.
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Sandra Kim - Soirée anniversaire 70 ans d’Adamo. © Archives personnelles

Sandra Kim publie « Si j’avais su… » aux Éditions La Boîte à Pandore, un récit autobiographique au titre évocateur écrit avec la complicité de Claude Rappé. C’est avec beaucoup de plaisir, et probablement un brin de nostalgie, que nous avons été à la rencontre de Sandra afin de savoir ce qui l’avait incitée à se livrer autant dans un livre aujourd’hui. L’occasion d’évoquer, certes, sa victoire à l’Eurovision en 1986, mais également son dernier – et excellent – album « Make Up », ses différents projets (elle se produira notamment à l’Antwerp Pride en août prochain aux cotés de Dana International et planche actuellement sur un nouvel album), et la vie, tout simplement. La vie d’une artiste qui aurait sans aucun doute aimé être moins sous les feux de la rampe, ou en tout cas pas aussi brutalement, alors qu’elle avait à peine treize ans et demi. Rencontre sans langue de bois avec une artiste sincère, cash, sensible et touchante qui aime profondément la vie.

Sandra Kim - Si j'avais su...La publication de votre livre « Si j’avais su… » coïncide avec la célébration des trente ans de votre victoire à l’Eurovision (1986 à Bergen en Norvège). Qu’est-ce qui vous a incitée à le sortir aujourd’hui et pas pour les vingt ou vingt-cinq ans ?

Ce sont les trente ans, justement. C’est cette idée qui m’a plu. Je sentais que c’était le moment d’écrire un livre. Je ne voyais pas l’utilité de le faire avant. C’était trop tôt et j’étais encore jeune. Je trouvais d’ailleurs assez prétentieux de sortir un livre sur mon parcours après quinze ou vingt ans. Trente ans, je trouvais que c’était le bon timing. Là, je pense que la boucle est bouclée et qu’une page se tourne. Je vais pouvoir prendre un peu de recul avec l’Eurovision. J’ai fait le tour de la question. Je pense avoir tout dit, tout raconté. On a vu les images partout. J’ai fait de mon mieux, même si ça n’a pas toujours été évident pour moi. En tout cas, je l’ai toujours fait avec beaucoup de plaisir. Trente ans, c’est une tranche de vie.

Êtes-vous seule à l’origine de ce projet ou est-ce une rencontre avec Claude Rappé ou les Éditions La Boîte à Pandore ? Comment ce projet est-il né ?

Initialement, c’est mon idée et également celle de mon entourage très proche, mon mari, mes parents et quelques amis. Tous me disaient que j’avais tout de même un parcours très spécial et que ce serait peut-être bien de coucher tout ça sur le papier. À chaque fois, je répondais la même chose : que c’était une excellente idée, que j’en prenais bonne note et que je le ferais peut-être un jour. En parallèle, Claude Rappé avait entendu parler de ce vague projet et il m’a contactée. Je ne le connaissais pas véritablement personnellement. Nous nous étions croisés, mais sans plus. J’avais en tout cas beaucoup apprécié la biographie qu’il avait écrite avec Lou Deprijck, et notamment sa manière d’écrire. Quand nous nous sommes rencontrés, je n’ai pas été chercher plus loin. Ni une, ni deux, je me suis dit : « Fonce ! »

Tout a été dit sur votre passage à l’Eurovision, et les images ont été multi diffusées et rediffusées… Regardez-vous encore le concours aujourd’hui ?

De temps en temps, quand j’en ai l’occasion, oui. J’ai toujours regardé l’Eurovision quand j’étais petite. Je ne suis tout de même pas toujours friande des chansons qui concourent, mais vous vous en doutez bien… comme on me pose la question chaque année, je suis presque obligée de regarder ! (rires) On me demande toujours mon avis sur les candidats belges, comme si j’étais une experte… (sourire) Donc, oui, fatalement, je dois regarder le concours pour pouvoir répondre aux journalistes. Il faut tout de même reconnaître que ce concours est toujours très bien organisé. Et surtout cette année, j’ai trouvé que c’était un très chouette spectacle. On aime ou on n’aime pas, chacun a ses propres goûts, mais le spectacle cette année était vraiment top. Donc oui, je regarde l’Eurovision, mais si j’ai un gala ou que je suis en vacances, et que je ne peux pas la regarder, je n’en ferai pas une maladie ! (sourire)

Sandra Kim - Victoire en compagnie du groupe Bobbysocks, gagnantes de l’édition 1985. © Archives personnelles

Un mot sur Dana International, une autre grande gagnante de l’Eurovision. Vous allez vous retrouver le 14 août prochain sur la scène de l’Antwerp Pride. La connaissez-vous personnellement ?

Oui. On s’est déjà rencontrées à plusieurs reprises. Et notamment une première fois aux cinquante ans de l’Eurovision au Danemark il y a onze ans. Nous nous sommes rencontrées à plusieurs autres reprises par la suite lors de galas à l’étranger, notamment. Je me réjouis de la revoir cet été à Anvers. C’est une fille vraiment très sympa.

Comme vous le dites dans votre livre, le public gay vous a toujours été fidèle. Est-ce que c’est important pour vous d’être présente à des évènements comme celui-ci, l’Antwerp Pride d’Anvers ?

Très. Tous mes amis sont gays, et notamment mon meilleur ami. Mon entourage est très « gai » au sens large du terme !! (rires) Je ne me sens pas obligée d’aller me produire lors de Gay Pride, c’est naturel pour moi, tout simplement. Ça a toujours été comme ça, depuis le début. Beaucoup de gays travaillent dans le show-business, et a fortiori avec l’Eurovision, il y en a encore plus (sourire) ! J’aime leur complicité et leur joie de vivre. Ils ne jugent pas. Autant j’ai toujours aimé la compagnie des homosexuels, autant, j’ai toujours détesté la compagnie des femmes. Je l’ai toujours dit. Je n’aime pas la compagnie des femmes. Je l’assume parfaitement. Je suis à la limite misogyne ! (rires) La plupart sont tellement peu sincères, elles ne sont pas toujours très agréables… J’ai une meilleure amie, ma maman, ma grand-mère et ma sœur. Et ça s’arrête là. Par contre, j’apprécie la compagnie des hommes. Gays ou pas d’ailleurs, peu importe. J’aime me retrouver avec la gente masculine. Ils vont dans le même sens que moi. C’est tout. J’aime le caractère des hommes et leur façon d’être. Les soirées filles, ce n’est vraiment pas mon truc !... Mais pas du tout ! (rires) Et pour en revenir à votre question, oui, effectivement, beaucoup de mes fans sont gays et c’est tout naturellement que je participe à ce genre d’évènement lorsqu’on me le propose. Heureusement qu’il existe d’ailleurs les Gay Pride pour défendre les droits des personnes LGBT. Quand je pense que certains grincent encore des dents lorsqu’on parle d’adoption par les couples homosexuels, ça me met hors de moi. Il y a tellement d’enfants malheureux avec des parents hétéros que je me dis qu’ils seraient tellement mieux aimés par un couple d’hommes ou de femmes.

Sandra Kim - Entourée de la petite Vanessa Paradis et de deux membres du groupe « Les Forbans » au Concours « Ambrogino D’Oro » à Milan (1985) © Marino

La visibilité est importante, finalement. Chez nous, on ne s’en rend pas toujours compte, mais quand on va un peu plus à l’est…

Je suis totalement d’accord avec vous. Mais n’allons pas si loin… Regardez ce qui s’est passé en France il y a quelques années lorsqu’ils ont fait passer la loi du Mariage pour tous. Je n’y ai pas cru. C’était hallucinant et aberrant. Finalement, la France est un pays très conservateur. Une partie des Français, en tout cas.

Revenons au bouquin, si vous le voulez bien. À sa lecture, il en ressort un peu d’amertume et de regrets, même si les mots sont un peu forts. Vous dites d’ailleurs à un moment donné qu’enfant vous vouliez chanter, mais que vous ne rêviez ni de strass ni de paillettes, que la célébrité a été pesante à un moment donné. Êtes-vous aujourd’hui en paix avec ça ?

Maintenant, oui. Mais c’est vrai que pendant longtemps, je me suis dit que j’étais passée à côté de quelque chose. Je ne sais pas si on peut appeler ça des regrets… Mais je rêvais d’un autre destin et d’une autre vie. Je n’aime pas du tout la célébrité. Je n’étais pas faite pour ça. Je suis quelqu’un de simple et de discret… même si, je vous l’accorde, je fais beaucoup de bruit à moi toute seule ! (éclats de rires) Ma personnalité est comme ça, mais je n’aime pas me mettre en évidence, j’aime me fondre dans la masse. Quand on me reconnait, je me braque facilement. J’ai toujours eu des problèmes avec ça. Quand je me promène en rue, je mets toujours quelque chose sur ma tête, par exemple, parce que je sais qu’avec ma blondeur, je suis reconnaissable. C’est pour cette raison que je me sens mieux quand je suis à l’étranger. Quand je dis que quand j’étais petite je voulais être hôtesse de l’air, c’était parce que je voulais voyager et voir d’autres horizons. Et puis, voilà, l’Eurovision est arrivée, je l’ai gagnée et j’ai continué dans cette voie… mais il ne faut pas être hypocrite, j’aime énormément chanter ! Il faut dire ce qui est vrai aussi. La musique, j’adore. Je ne pourrais pas vivre sans. Être une chanteuse de l’ombre, à une autre échelle, m’aurait tout autant plu.

Remporter l’Eurovision à treize ans et demi, c’était peut-être tout simplement un peu trop et trop tôt.

Voilà. Pour une entrée en matière, je ne pouvais pas taper plus haut ! (rires)

Sandra Kim - Photo officielle de « 10 qu'on aime » avec Alain Simons © Guido Marcon/RTL

En parlant de célébrité, beaucoup de jeunes aujourd’hui rêvent de célébrité, avant même de penser à l’artistique. Quel regard jetez-vous sur ce phénomène, ces télé-crochets et émissions de télé-réalité qui pullulent à la télévision aujourd’hui, vous qui avez débuté votre carrière par un concours de chant, qui avez intégré le jury d’un télé-crochet [« Pour la Gloire » sur la RTBF, NDLR] et qui avez animé une émission de télévision [« 10 qu’on aime » sur RTL-TVI, NDLR] ?

C’est une réalité aujourd’hui, les jeunes ne rêvent plus d’une carrière sur du long terme, ils rêvent juste d’un moment de gloire. Mis à part les concours de chant, quand je vois toutes les émissions de télé-réalité, avec les Ch’tis, les Marseillais ou des anges qui vont aux Etats-Unis ou que sais-je, je me demande déjà comment c’est possible de produire une telle émission ! (sourire) Et aussi comment c’est possible de mettre autant de poudre aux yeux à ces gens qui vont se ridiculiser à la télé… Ils n’ont encore rien fait dans leur vie, mais ils passent à la télé, et deviennent célèbres. C’est triste… Pour ce qui est des concours de chants, j’ai un avis plus nuancé, parce que c’est tout de même un fameux tremplin et ça peut permettre, dans certains cas, d’éviter quelques années de galère. Mais après, il y a le revers de la médaille… l’année suivante, on passe à de nouveaux talents. Il n’y a pas des Kendji Girac ou des Frero Delavega qui réussissent chaque année !… Il faut dire aussi que les maisons de disques qui sont derrière tous ces concours de chant ont les moyens de mettre de l’argent sur ces artistes. On ne peut pas dire que c’est du travail à proprement parler, si je puis me permettre. Mais vous savez… je peux paraître un peu dure en tenant ce genre de discours, mais je me mets dans le même sac, parce que je n’ai pas galéré non plus à mes débuts. Après, ça a été une autre paire de manches ! (sourire) Dès l’âge de huit ans, j’ai participé à quelques petits concours ou chanté dans des bals. Mais l’Eurovision m’a permis de me faire connaître d’un seul coup. J’ai connu la célébrité immédiate également.

Vous regardez les concours de chants actuels ?

J’aime beaucoup le concept de « The Voice ». J’aimais bien aussi la « Star Academy », au début. Après, ça s’est dégradé. Mais ce sont de bons concours, bien fichus et bien ficelés. De bonnes émissions de télévision.

Sandra Kim - Avec Caroline Fontenoy et Patrick Bruel à RTL-TVI pour « Café Brazil » (2014) © Archives personnelles

Vous revenez dans le livre sur certains évènements plus douloureux et plus intimes de votre vie, je pense notamment à votre désir contrarié de devenir maman ou cette nuit ou vous avez songé au pire. Était-ce important pour vous de poser des mots sur ces épisodes noirs de votre vie et de les partager avec le public ? Est-ce que ça vous a permis, sans employer de grands mots et parler de thérapie, d’être apaisée d’une certaine manière ?

C’est certain… Mais vous savez, je suis une fille très ouverte et spontanée. Quand on est un personnage public, il faut prendre conscience qu’une partie de votre vie sera rendue publique. D’ailleurs, je n’ai jamais caché le fait que je n’ai jamais pu avoir d’enfant. À un moment donné, on est bien obligé de raconter pourquoi il y a ce manque… Vous faites également allusion à ce soir où j’étais vraiment mal dans ma peau où j’ai voulu mettre fin à mes jours… oui, ça m’est arrivé. Comme à beaucoup de monde d’ailleurs. Tout le monde a vécu des moments pas cools dans sa vie. Il y a des moments où tout bascule, où on se sent seule et abandonnée. Comme je suis d’une nature optimiste, j’ai flanché une soirée, et le lendemain matin, c’était reparti… mais oui, ce sont des épisodes qui font partie de ma vie. Je me devais de dire aux gens pourquoi pendant quelques temps ils ne m’ont plus entendue ni vue. C’était une façon de remettre les pendules à l’heure. Et puis, il y a aussi la famille. C’est parfois plus difficile de parler de ces choses-là à sa famille qu’à ses amis. Ni mes parents ni ma sœur ne connaissaient cet épisode de ma vie. Ils l’ont découvert en lisant le bouquin. Ça a été un choc pour eux. Mais je préférais qu’ils l’apprennent en lisant le livre que par la presse…

Je ne peux pas ne pas évoquer « Make Up », votre album paru il y a cinq ans maintenant, et qui reste pour moi le meilleur de votre discographie. Déjà, êtes-vous d’accord avec moi sur ce point ?

Tout à fait.

Comment ce projet est-il arrivé sur la table ?

J’ai rencontré Eddy Duhoux, et c’est cette rencontre qui a été déterminante. Il travaillait dans le milieu du show-business, et notamment sur RTL-TVI. Il était fan au départ, et nous nous croisions régulièrement sur des galas. Un jour, il m’a fait comprendre qu’il avait envie de travailler avec moi. il m’avait dit que je devrais me diriger vers la nouvelle scène belge qui est en ébullition. Il voulait que je m’écarte un peu du répertoire variété qui a été le mien pendant des années, tout en restant dans une veine populaire. Il voulait que j’aille vers des sonorités un peu différentes et des textes peut-être un peu plus consistants. C’est donc lui qui est venu avec ce projet. En parallèle, il faut savoir que je suis très attentive à tout ce qui peut se faire en musique. Donc, nous avons mis nos idées en commun. Nous avons donc contacté notamment Anthony Sinatra de « Piano Club », qui n’est pas énormément connu mais qui a beaucoup de talent. Il fait beaucoup de studio et ses sonorités électro me plaisaient vraiment beaucoup. Jacques Duvall, que je connaissais un peu, m’a proposé un texte. Dani Klein [Vaya con Dios, NDLR], également, je la connaissais un peu mais je n’aurais jamais osé lui demander quoique ce soit. Elle m’a écrit un titre avec son fils. Il y a aussi David Bartholomé du groupe Sharko, qui a signé deux textes. Adamo m’avait proposé une chanson mais elle ne s’intégrait pas du tout aux couleurs de l’album, donc, j’ai préféré faire une reprise d’un de ses titres. Ozark Henry pareil, il m’a proposé une chanson. Au final, quand on a eu tout rassemblé on s’est dit qu’il y avait tout de même pas mal de beau monde sur ce disque. Avec ce disque, je voulais aussi me prouver à moi-même que finalement tous ces gens qui ne sont pas spécialement fans de moi et qui évoluaient aux antipodes de ce que je faisais, pouvaient être réunis sur un de mes disques. Ce qui m’a le plus étonnée, c’est que tous m’ont tout de suite répondu par l’affirmative. Je n’ai pas eu besoin de les relancer des dizaines de fois come c’est parfois le cas. Donc pour moi, ça a été une satisfaction totale. J’aimais beaucoup cet album, plus intimiste. Ça m’a permis de chanter d’une autre façon, de montrer une autre facette de ma personnalité artistique. C’était le plus chouette album que je sortais depuis très longtemps… (rires) Malheureusement, il n’a pas remporté le succès escompté, mais j’ai eu de bons textes, et c’est ce que je voulais.

Sandra Kim - Bal National avec la famille royale. © D.R.

Si vous aviez publié cet album quelques années plus tôt, je pense que votre carrière aurait pris un autre tournant.

Probablement. Je le pense également en tout cas. D’ailleurs, pour ne rien vous cacher, je songe en ce moment à lui donner une suite. Je suis une chanteuse de variété, je le revendique et j’en suis fière, mais j’ai envie de m’en éloigner un peu. Mais pas trop. Je ne dénigre pas du tout la variété. Mais aujourd’hui, j’aurais plutôt tendance à me diriger vers ce répertoire. Une chanson populaire, mais peut-être un peu moins estampillée variété pure et dure.

Le grand public vous a connue alors que vous aviez tout juste treize ans et demi. Certains vous ont adulée, d’autres vous ont moquée voire même détestée. Pensez-vous que les gens aient une image juste de vous ou que celle-ci est un peu brouillée ?

Je n’en sais rien… Aujourd’hui encore je me pose cette question. Je ne saurais pas quoi vous répondre. J’ai comme un complexe, pas de moi-même, mais… disons qu’en regardant ce que j’ai pu faire à certaines époques, je peux comprendre les moqueries. Ce qui a souvent été dit c’est que j’étais sympa, que je chantais bien, mais que ce n’était pas toujours top ce que je faisais… Je peux très bien comprendre cette réaction parce que je n’ai moi-même jamais vraiment aimé ce que j’ai chanté auparavant. Les gens qui m’apprécient aujourd’hui sont ceux qui ont apprécié ce virage pris avec « Make Up ». Et puis, je pense que les gens se rendent compte que je suis à l’image de la fille qu’ils voient à la télé. Je suis une fille cash, je dis toujours ce que je pense, quitte à ce que ça dérange ou déplaise. Beaucoup de gens préfèrent cette facette de ma personnalité que celle que j’ai montrée pendant des années, plus introvertie. Je pouvais être perçue comme une personne hautaine ou antipathique, une jeune chanteuse qui se la pétait… D’ailleurs, c’était souvent ça qui revenait. Donc oui, je peux très bien comprendre certaines critiques qui ont été faites à mon égard. Et je vais même vous dire que j’aime beaucoup lire les critiques négatives, si elles sont fondées et justifiées. Certains artistes en font abstraction, moi, pas du tout. Je lis tout ce qui est dit sur moi, la presse, les forums sur internet, etc… la critique fait partie de la vie. Il faut savoir l’accepter, qu’elle soit positive ou négative. Et comme je suis d’une nature curieuse… (sourire)

Sandra Kim - Avec Toots Thielemans (pour la préface) © Archives personnelles

Un mot sur Toots Thielemans, qui préface votre livre. Vous l’avez donc rencontré une première fois en studio, puis vous êtes devenus amis. Que vous a-t-il transmis de plus précieux, artistiquement ou humainement parlant ?

Avec Toots, nous nous sommes tellement croisés à l’époque de l’Eurovision, en 86/87, que nous avons eu l’idée de faire une musique ensemble. On a toujours entretenu des liens professionnels, mais humains également. Ce qui m’a plu chez Toots, c’est sa simplicité. C’est un artiste qui est connu dans le monde entier et il est d’une simplicité exemplaire. Il ne se prend jamais la tête pour un rien. Et il a un humour !... Aujourd’hui, il a 94 ans, c’est un vieux monsieur, il n’est plus aussi spitant [vif, NDLR] qu’avant, mais il a gardé son esprit. Il a toujours été disponible. Et en plus, il est d’un professionnalisme rare. Il a d’ailleurs travaillé jusqu’à il n’y a pas très longtemps. Je suis devenue également très amie avec sa femme. Nous ne nous voyons pas tous les jours, mais nous nous parlons souvent. C’est une amie.

Un mot sur vos projets, maintenant. Nous avons parlé de l’Antwerp Pride tout à l’heure, vous avez également pas mal de galas prévus dans les prochaines semaines et les prochains mois, et ce nouvel album auquel vous réfléchissez…

Effectivement. J’ai reçu pas mal de propositions et je dois trier ! Je n’ai pas envie de faire tout et n’importe quoi. Je reçois des propositions de différents compositeurs, connus ou moins connus d’ailleurs, mais je dois faire attention tout de même parce que j’ai un pied en Flandre et un pied en Wallonie. Et je ne peux pas faire la même chose des deux côtés. Le public et les médias flamands sont très différents des wallons, donc je dois bien réfléchir à ce que je peux faire. J’avais le projet de faire un album en italien parce que ce sont mes racines, et que ça me touche vraiment. On a évoqué l’idée de faire un album de covers. Ça me plairait, et probablement également à la communauté italienne de Belgique, mais est-ce que ça va toucher un autre public ? Je suis en plein questionnement à ce propos en ce moment. Disons que là, je suis en plein dans la promo du livre, et ça me prend déjà pas mal de temps.

On va terminer cette interview en reparlant de votre livre, et notamment de son titre, « Si j’avais su… ». Que diriez-vous si vous deviez combler ces trois petits points de suspension lourds de sens ?

Je l’ai toujours dit… Si j’avais su, j’aurais construit mon parcours différemment. Je n’aurais pas fait toutes ces choses-là, en tout cas pas dans le même timing. L’Eurovision ? Oui, mais peut-être plus tard. Je n’aurais peut-être pas rencontré mon manager de l’époque. Chanter, oui, je voulais chanter, mais probablement l’aurais-je fait plus égoïstement juste pour moi ? J’aurais probablement moins fait plaisir aux gens. J’ai toujours essayé de faire plaisir aux gens. Toujours. D’ailleurs, dans ma vie de tous les jours, c’est la même chose. J’ai toujours plus pensé aux autres qu’à moi-même. Et là, depuis quelques années, je me suis dit « Flute ! Sandra, maintenant essaye de penser d’abord à ta petite personne ! » Penser toujours aux autres et faire tout pour les autres, voilà où ça m’a menée. Donc, les trois petits points de suspension sont certes lourds de sens, mais ils peuvent être pris au sens positif aussi. Si j’avais su… j’aurais peut-être pu concourir à l’Eurovision quelques années plus tard. En tout cas, cette phrase, elle revenait tout le temps au cours de nos entretiens avec Claude. Je parle beaucoup, je suis une grosse pipelette (sourire). Et à chaque fois, je ponctuais mes histoires avec « ouais… si j’avais su… » Claude a trouvé que c’était un bon titre de livre, puisque cette petite phrase revenait tout le temps lorsque nous nous voyions.

Les points de suspension laissent une porte ouverte, finalement.

Exactement. Et d’ailleurs, je les utilise beaucoup, et même quand j’envoie un SMS ! Je les termine souvent avec ces fameux trois petits points… (sourire)

Propos recueillis par Luc Dehon le 19 mai 2016.
Photos : Archives personnelles Sandra Kim, Marino, Guido Marcon/RTL, DR

Liens utiles :
Site officiel :
http://www.sandrakim.be
Facebook :
https://www.facebook.com/SandraKimOfficial/?fref=ts

Prochains galas :
02 juillet – Zaventem (BE)
08 juillet – Riemst (BE) – Gala avec Koninklijke Harmonie Sint-Martinus
14 août – Anvers (BE) – Antwerp Pride avec Dana International
24 septembre – Hasselt (BE) – 20 ans Lisa Del Bo
08 octobre – Ruisbroek (BE)









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