Interview de Sébastien Chato

Propos recueillis par IdolesMag.com le 11/05/2016.
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Sebastien Chato - DR

Sébastien Chato revient avec un nouvel album, « Au nom de l’amour », mêlant titres aux accents latins et grandes ballades. C’est avec beaucoup de plaisir que nous avons une nouvelle fois été à la rencontre de l’artiste afin d’en savoir plus sur ce projet qui verra le jour à l’international très bientôt et sur lequel il partage des titres avec David Bisbal, Damien Sargue et Joy Esther. Sébastien Chato sera également en tournée dans toute la France dès le mois d’octobre.

Nous nous étions rencontrés il y a un peu plus de cinq ans, à la sortie de « Gipsy Rumbas ». Racontez-moi un peu ce qui s’est passé depuis cette sortie… et ce qui a nourri finalement ce nouvel album qui vient de sortir, « Au nom de l’amour ».

Je suis parti assez rapidement en tournée avec « Roméo & Juliette ». On a fait la Chine, le Japon, Taipei, la Corée du Sud, la Russie… Disons que je ne me suis pas embêté ! Et puis, il y a également eu beaucoup de galas et de spectacles à droite et à gauche.

Sebastien Chato, Au nom de l'amourQuand avez-vous commencé à réunir des chansons en vue de sortir cet album ?

Il y a deux ans, quelque chose comme ça. Je sentais que je devais préparer quelque chose, mais je ne savais pas quoi… (sourire)

Quelles étaient vos envies justement à cette époque ?

J’aime la musique latine et la musique gitane… Je suis tout de même le précurseur de la popularisation de cette musique ici en France. J’avais sorti « Que bonita eres » en 1978… Donc, je me suis demandé ce que j’allais bien pouvoir faire cette fois-ci… J’ai demandé à mon frère Sandro, avec qui je partage beaucoup de choses dans ma vie et à mon autre frère Jacques, qui est mon manager, dans quelle direction nous allions aller cette fois-ci. L’idée d’un album franco-espagnol est rapidement arrivée sur la table. Je voulais de la musique latine avant tout. J’ai déjà fait beaucoup de musique gipsy. Je ne dis pas que je n’en referai plus, puisque j’en fais toujours sur scène, mais en ce moment, je préfère les ballades latines ou les rythmes latino. Je suis aussi plus porté sur les rythmes sud-américains. La couleur de cet album est donc partie de cette réflexion.

Quand on regarde votre discographie depuis près de quarante ans, bien que vous soyez le précurseur de la musique gitane, vous avez tout de même pas mal exploré d’autres terrains. Était-ce une envie de votre part pour peut-être ne pas vous enfermer dans un style, ou l’envie de ne pas lasser le public ?

Quand je suis arrivé dans La Classe en 1987, mon producteur était Guy Lux. Il m’a beaucoup aidé à l’époque. Pendant dix ans, je n’avais fait que du gipsy, et il trouvait dommage de repartir sur du gipsy pour un nouvel album. Avec mes cheveux longs à l’époque, je lui faisais penser à Mike Brant… et c’est lui qui a soumis l’idée d’enregistrer un album de chansons d’amour. Il m’avait dit que ça plairait beaucoup à mon public féminin… et effectivement, je recevais quelque chose comme trente-trois mille lettres par semaines ! (sourire) Aller vers ce registre de chansons d’amour et de ballades romantiques était donc l’idée de Guy Lux à l’époque. De là est né l’album « Je l’aime ». À l’époque, je devais avoir vendu huit cent mille albums… ce qui était plutôt pas mal ! Aujourd’hui, ça fait même rêver !... (sourire) Après, j’ai surfé entre les styles… j’ai refait du gipsy, puis de la chanson française, des musiques latines… Quand j’y repense, je suis content du bout de chemin que j’ai fait. Je ne suis pas une grande star, mais une bonne petite vedette et fier de l’être ! (éclats de rires)

Sebastien Chato - DR

Vous êtes là depuis 78, presque quarante ans… Ce n’est pas rien. Aujourd’hui, une carrière se résume parfois à quelques mois tout au plus !

(sourire) J’ai connu, comme tout le monde, des hauts et des bas, mais j’ai toujours travaillé et j’ai toujours été fidèle à mon public. J’ai toujours essayé d’être sympa et de ne pas me prendre la tête. Vous imaginez-vous comme c’est beau ? Depuis quarante ans, je chante et c’est mon métier. C’est magnifique !... Faire ce qu’on aime dans la vie, il n’y a rien de plus beau.

Vous signez la plupart des chansons avec Alexandre Abaldonato, votre frère, mais également Jean-Frédéric Charter et Didier Hayat. Comment travaillez-vous tous ensemble ?

Jean-Fred Charter, c’est le Prince de Vérone sur « Roméo & Juliette ». Il a écrit beaucoup de textes chansons sur cet album. On a beaucoup écrit de chansons lorsque nous étions sur la route avec « Roméo & Juliette ». On a écrit beaucoup de chansons dans les hôtels. Souvent, je prenais ma guitare dans ma chambre et quand une idée me venait, je la lui faisais écouter. On enregistrait vite fait le truc sur un petit magnéto. Et on mettait tout ça de côté. Et un beau jour, sur une centaine de chansons, on a en choisi une quinzaine qui nous semblaient pas mal et on a construit de véritables chansons. Avec mon frère, c’est un peu différent, parce qu’il a un studio. C’est souvent lui qui démarre un titre et qui me demande mon avis après coup. Après, on se met au travail quand je sens que ça peut donner quelque chose de pas mal… On est toujours dans la bonne entente. On ne se froisse jamais. C’est d’ailleurs dans ces conditions qu’on fait les meilleures chansons.

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Un mot sur Carolin Petit qui nous a quittés il y a quelques semaines et qui a réalisé l’album. Qu’a-t-il apporté à votre musique ?

Cette classe et cette générosité qui n’appartenaient qu’à lui. C’était un arrangeur énorme, Carolin. En plus, il me connaissait par cœur. Et donc, il savait quoi écrire et comment arranger mes chansons. Il savait tout de suite quelles cordes, quel son, quel trait il fallait mettre. Nous nous entendions à merveille avec Carolin. Et il s’entendait aussi à merveille avec mon frère Sandro. Ils ont d’ailleurs fait pas mal de comédies musicales ensemble. C’est une grande peine pour moi d’avoir perdu un grand Monsieur de ce talent-là, mais aussi d’avoir perdu un ami…

Très arbitrairement, deux chansons m’ont particulièrement marqué sur ce disque, c’est « Je serai là » et « Au nom de l’amour ». Racontez-moi un peu dans quelles circonstances elles sont nées…

« Je serai là », c’est Sandro qui l’a faite. Moi, j’ai juste fait le pont ! (rires) Mon frère est arrivé un matin, il s’est mis au piano et il a joué ce titre. Avec trois accords, il a tout de suite trouvé la mélodie, puis rapidement quelques mots, « Continue ta route », et ce genre de choses… Je montais à Paris et je lui ai dit que ça me plaisait. Je l’ai faite écouter à Jean-Fred en lui disant que ça devait parler d’un enfant. C’est la vie de tous les gens finalement qui est exposée dans le texte de cette chanson. Et au final, Jean-Fred a écrit un texte merveilleux. « Au nom de l’amour », quant à elle, elle est née il y a une dizaine d’années. Je l’ai faite avec Jean-Fred et Didier. À l’époque, nous travaillions pour une boîte d’éditions qui s’appelait XIIIBis. À l’époque, Daniel Lévi planchait sur un album et il cherchait des titres. On s’est dit qu’on allait écrire une chanson pour lui, « Au nom de l’amour ». On la lui a présentée, mais nous sommes arrivés trop tard. La chanson lui plaisait, mais l’album était bouclé… Donc, on a gardé cette chanson de côté. Et dix ans après, en réécoutant la maquette, qui avait un tout autre arrangement, je me suis dit que je devrais la chanter aujourd’hui.

Il y a beaucoup de chansons ressorties des tiroirs dans ce disque ?

Quelques-unes. Il y a « Seul » aussi. On n’avait que le refrain, pas les couplets, mais c’était un début. Et j’ai retrouvé « À travers toi » aussi. Je me souviens d’ailleurs très bien à propos de cette chanson que Jean-Fred l’avait écrite lorsque nous étions en Belgique. Nous étions à l’hôtel et je jouais du piano dans le hall d’entrée juste à côté de la réception. Sa femme était enceinte de son deuxième enfant et il m’a dit qu’il allait la ramener à la gare… Elle allait presque accoucher la pauvre ! Quand il est rentré, il était blême. Il avait un peu de mal à laisser sa femme rentrer seule en train alors qu’elle allait accoucher quelques jours plus tard. Je lui ai dit de ne pas s’inquiéter et je lui ai fait écouter cette mélodie que j’étais en train de pianoter. Je lui ai alors demandé d’écrire un texte sur ce qu’il était en train de vivre avec sa femme… Il est monté dans sa chambre. Et deux heures après, il est redescendu avec « À travers toi ». Et c’est une très belle chanson…

Sebastien Chato - DR

Connaître ce genre d’anecdote permet d’écouter les titres d’une autre manière…

Bien sûr ! Ça fait partie des chansons. D’ailleurs, toutes les chansons ont une histoire. Vous savez, j’ai toujours dit que pour écrire une bonne chanson, il fallait vivre une situation ou une histoire. Il faut qu’il se passe quelque chose. On ne peut pas écrire une chanson comme ça. Il faut écrire sur des choses qu’on a vécues ou vues. Ça ne peut pas fonctionner autrement.

Vous avez invité quelques artistes à partager des chansons avec vous. Je pense notamment à David Bisbal. Comment est-il arrivé sur le projet ? Le connaissiez-vous ?

Très franchement je ne le connaissais pas, ça s’est passé entre maisons de disques. J’avais déjà enregistré le titre seul. J’avais eu beaucoup de plaisir d’aller à Budapest pour faire les cordes, etc… Quand je l’ai présentée à ma maison de disque, ils ont tout de suite pensé à contacter David Bisbal. Ils lui ont envoyé le titre, et un autre, « Clara como l’agua ». Les deux titres lui ont apparemment plu, mais surtout « Solo tu ». Il aurait craqué sur ma voix et a dit qu’il avait envie de faire un duo. J’ai l’impression que c’est parfois plus facile avec les artistes latins… Il ne me connaissait ni d’Eve ni d’Adam, mais ma chanson lui avait fait dresser les poils, donc il a accepté de la chanter avec moi. On a fait un super duo. Et en ce moment, le titre est en téléchargement dans le monde entier et ça marche plutôt pas mal du tout !

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Vous partagez également « Quiero bailar » avec Joy Esther.

Elle, c’est une autre histoire. Je l’ai rencontrée évidemment sur « Roméo & Juliette » où elle a joué le rôle de ma fille. On s’est retrouvés en 2011, quelque chose comme ça, quand nous avons tourné au japon, notamment. Mais je la connaissais depuis un bon moment déjà. Joy est andalouse, et on avait envie de se faire un petit quelque chose latino tous les deux. C’est comme ça qu’est né ce titre « Quiero Bailar ». J’adore cette petite, elle chante super bien !

Damien Sargue fait aussi partie de l’aventure.

Damien, ce n’est pas pareil… Je l’ai connu sur « Roméo & Juliette » alors qu’il avait à peine seize ans. Il m’a dit un jour « Papa, il faut qu’on se fasse un bon duo tous les deux ! » Eh oui, il m’appelle papa ! (rires) J’avais depuis un moment l’idée d’adapter « Et maintenant » de Bécaud en version jazzy espagnole. Je lui ai proposé et il a kiffé. Et ça a donné un troisième magnifique duo.

Bécaud, vous l’avez connu ?

Je l’ai connu à l’époque de La Classe. On avait bien discuté ensemble. J’avais trouvé cet homme magnifique. Il m’avait fait quelques gentils compliments, en me disant que je chantais bien et que j’avais du talent. Ça m’a fait vraiment plaisir venant de sa part. Mais j’ai toujours adoré Bécaud. Mon papa l’adorait, il l’a écouté toute sa vie ! « Je reviens te chercher », « Et maintenant », « Mes Mains », « Nathalie », etc… Que de souvenirs familiaux ! (sourire) Tous les titres de Bécaud passaient en boucle à la maison. Mais j’ai toujours eu un faible pour « Et maintenant », ne me demandez pas pourquoi, je ne saurais quoi vous répondre. C’est comme ça. Cette chanson me fait vibrer. Tout simplement. C’est pour cette raison que j’avais envie de l’ajouter à mon répertoire.

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On a parlé de quelques chansons que j’ai choisies… Vous, y en a-t-il une pour laquelle vous avez un peu plus de tendresse qu’une autre ?

Franchement. Je les aime toutes. De toute ma carrière, il y en a une que j’estime être ma meilleure chanson, c’est « On s’aimera encore ». Mais sur ce disque précisément, j’ai envie de vous répondre « Clara como l’agua », Claire comme de l’eau. Quand j’ai entendu cette chanson la première fois, j’ai trouvé que c’était un chef-d’œuvre. Beaucoup d’artistes ont essayé de la chanter, mais sans succès, parce que sa mélodie est un peu tordue. Je lui ai collé un texte en espagnol et en deux prises, l’affaire était faite ! Et d’ailleurs, cette chanson a un beau destin. Elle fonctionne pas mal en Espagne en ce moment. J’aime sa mélodie, j’aime sa façon de monter de demi-ton en demi-ton… Aujourd’hui je vous réponds ce titre, mais demain, je pourrais très bien vous répondre autrement… C’est changeant !

Vous avez récemment écrit « Baila Amigo » pour Kendji Girac. Comment s’est passée votre collaboration ?

Quand il a enregistré son premier album, on nous a fait une demande de titre. C’est aussi simple que ça. J’avais mis cette chanson de côté, ne sachant pas trop à qui elle pourrait correspondre. On lui a ajouté des guitares espagnoles et des chœurs. On l’a remise au goût du jour, tout simplement, et son management a craqué sur le titre. Voilà comment ça s’est passé. Il n’y a pas eu de rencontre véritablement à l’époque. Depuis, je l’ai rencontré deux ou trois fois.

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Vous avez récemment coaché Amir pour l’enregistrement la version espagnole de « J’ai cherché ». Comment s’est passé votre collaboration ?

Super bien. Amir est un garçon formidable. Je n’ai jamais vu un gamin aussi sympa et gentil. En plus, il chante superbement bien, il est performant. Quand il se met devant le micro, c’est un tueur ! (rires) Je l’ai juste coaché pour chanter en espagnol, mais il connait parfaitement son métier ! C’est un pro. Un vrai pro ! Nous sommes restés potes. C’est un mec simple comme moi. Pas de chichi, pas de tralala. Travailler avec des gens comme Amir, c’est le top. Et il n’y en a pas beaucoup ! En plus, il est gracieux, Amir. Il a un sourire magnifique… Vraiment, Amir, c’est un mec bien et un artiste au top.

L’album est sorti au mois de mars en France, il sort à l’international bientôt…

En fait, il est actuellement disponible en téléchargement dans le monde entier, mais nous venons de le signer en physique pour le marché espagnol. L’Espagne est la plaque tournante pour le marché sud-américain, si je puis m’exprimer ainsi. Eux s’occuperont après de toute l’Amérique Latine. Et je pars d’ailleurs très prochainement là-bas en promo avec Bisbal.

Une tournée se profile en France ?

Oui ! À partir du mois d’octobre. Ce sera une tournée de trente dates, nous jouerons dans des théâtres.

La scène, pour vous, c’est l’essentiel de votre métier ?

La scène, c’est ma vie ! Je ne peux pas dire mieux.

Propos recueillis par Luc Dehon le 11 mai 2016.
Photos : DR

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