Interview de Willy William

Propos recueillis par IdolesMag.com le 15/03/2016.
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Willy William © Koria

Après la tornade « Ego » qui a déferlé sur la France et dans toute l’Europe, Willy William débarque avec « Une seule vie », un album plutôt super bien fichu, qui, sous ses airs festifs de tropical house, porte un vrai propos et aborde des sujets parfois plus profonds. C’est avec beaucoup de plaisir que nous avons été à la rencontre de Willy William pour évoquer la genèse de ce premier opus et ses différentes collaborations avec Keen’V, Vitaa, Willy Denzey,…), son parcours (et notamment sa participation au Collectif Métissé, son métier de DJ et de remixeur), sa vision de la musique et du monde. Rencontre avec un artiste qui observe ses contemporains. Et de manière plutôt très habile…

Avant de parler de « Ego », « Une seule vie » et tout ce qui t’arrive en ce moment, j’aimerais, si tu le veux bien, que nous évoquions un peu ton parcours, parce que je reste persuadé qu’un artiste se nourrit de tout ce qu’il a pu écouter tout au long de sa vie. Quels sont tes tout premiers souvenirs de musique ?

On m’a fait écouter un peu de tout… J’ai une maman qui aimait beaucoup la chanson française. Je me souviens notamment d’avoir beaucoup écouté « Manureva » d’Alain Chamfort. Mon père, lui, était plutôt musique caribéenne, avec des groupes comme Tabou Combo.

Y avait-il des musiciens dans la famille ?

Willy William, Une autre vieNon, du tout… On avait plutôt le goût de la fête, puisque mes parents organisaient des fêtes tous les week-ends à la maison. La fête était l’occasion d’écouter de la musique et de danser. C’était le prétexte, en fait… Donc, oui, j’ai été élevé dans une ambiance musicale sans qu’il n’y ait véritablement de musiciens dans la famille. En fait, tous ces souvenirs que j’ai de quand j’étais gamin, ne sont que positifs. C’est ça qui me reste en tête.

Quand tu es devenu ado, que s’est-il passé dans ta vie musicalement parlant ?

Je ne m’étais pas du tout destiné à faire de la musique… En fait, depuis que je suis tout jeune, j’ai montré des prédispositions pour tout ce qui est bricolage. Depuis que je suis gosse, j’ai la manie de monter et démonter tous les objets que j’ai sous la main, pour essayer de comprendre comment ils sont faits. J’étais assez en avance sur les autres enfants de ce point de vue. Ma mère en a eu marre de me voir enfermé dans ma chambre comme un geek de l’époque et elle m’a offert ma première guitare. Et elle a eu raison… puisque je suis tombé amoureux de l’instrument. Et que ça m’a donné le réflexe d’écouter tout ce qui passait à la radio pour le rejouer. Après, j’ai eu un petit synthé Casio comme on en faisait à l’époque. J’ai délaissé peu à peu le bricolage pour m’intéresser de plus en plus à la musique. Et puis, j’ai rencontré mon voisin qui était batteur et accordéoniste et nous avons monté un groupe ensemble. Et nous sommes partis dans cette aventure musicale de groupe…

Est-ce à ce moment-là que tu as commencé à écrire et composer ?

Non. C’est venu vraiment plus tard. À l’époque, quand j’étais au collège et au lycée, mon truc c’était d’écrire des poèmes. J’avais un petit cahier dans lequel j’écrivais tous mes poèmes. Je tournais autour de questions existentielles. C’était un peu dark d’écrire des trucs comme ça étant aussi jeune, mais c’était mon truc. « Ego », d’ailleurs, est dans la veine de ce que j’écrivais à l’époque. J’aimais  écrire sur le comportement humain, sur les questionnements que je pouvais avoir, etc… Par contre, pour ce qui est de la compo, j’y suis rentré bien plus tard, vers 2003/2004, avec l’arrivée dans ma vie de la MAO [Musique Assistée par Ordinateur, NDLR], finalement. C’est à cette époque que j’ai commencé à produire mes propres sons. Et c’est en fin de compte à cette époque que j’ai abordé véritablement l’écriture de chansons. Je chantonnais sur mes projets, et forcément, j’ai eu la plume un peu plus facile…

Le cheminement vers un album date de cette époque ?

Disons que ça fait une dizaine d’année que je rêvais d’avoir un album… Maintenant, il faut être honnête, je n’ai pas posé les bases d’ « Une seule vie » à cette époque. Tout s’est dessiné au fur et à mesure du chemin que j’ai parcouru ces dix dernières années. L’album, c’est un peu le résultat de tout ce que j’ai pu acquérir au fil des années en termes d’expérience et de maturité. J’ai travaillé avec pas mal de gens… j’ai travaillé en tant que DJ, j’ai fait partie, comme tu le sais, du Collectif Métissé, j’ai parcouru le monde en faisant des dates à droite à gauche, j’ai produit pas mal de remixes… Et d’ailleurs, en parlant de remixes, certains m’ont permis d’aller faire des tournées au Canada. En fait, toute cette expérience fait qu’aujourd’hui, je me sens d’attaque pour sortir un album.

Willy William © Koria

Tu as été longtemps dans l’ombre, ou en tout cas en groupe. Le fait de te retrouver seul aujourd’hui à la tête de ton propre projet, c’était une envie qui trainait depuis un moment ?

Disons que l’aventure Collectif Métissé m’a donné le goût de me mettre plus en avant sur scène. Quand tu es dans une formation à plusieurs, c’est difficile d’exister, et ce n’est pas non plus le but. Tu sais, quand l’aventure a commencé en 2009, ça a cartonné assez vite… donc, forcément, on a envie d’exister au travers de ce groupe. On avait chacun une identité et une personnalité particulière, donc, j’ai ressenti le besoin d’exister. Ça m’a plus poussé à aller vers un parcours solo. Je me suis dit qu’en solo, je pourrais profiter de tout ce dont je profitais avec le Collectif Métissé, mais différemment. Donc, avoir un projet solo n’a pas été un but en soi tout au long de ces années, mais c’est une envie qui s’est dessinée au fil du temps.

Faisons un petit aparté, comme tu m’en parles. Le Collectif Métissé, c’est une aventure terminée pour toi ?

Concrètement, non, je ne reviendrai pas dans le Collectif parce que j’ai fait la part de choses. C’était une très belle aventure, et comme toutes les belles choses, elle a une fin. J’y suis resté le temps qu’il fallait, en ce qui me concerne. Maintenant le groupe continue sans moi, et il ne s’en porte pas plus mal ! Dans mon intérêt, j’ai préféré le quitter. Tu sais, je me promène un peu comme un oiseau dans la musique… si je ne me sens pas ou plus à l’aise quelque part, je bouge. Et là, je ne me sentais plus à mon aise au sein du Collectif. Ça ne me correspondait plus. J’avais plus hâte de produire mes propres projets. Et puis, il y a aussi une question de planning… C’est difficile de concilier la vie de groupe et continuer à avoir ses propres productions à côté et de les défendre. Il y a là aussi un problème de cohérence. Je me suis dit que ce qui serait le mieux pour moi, c’était de faire la part des choses une bonne fois pour toute. Y aller petit à petit et puis avancer… J’ai officiellement arrêté avec le Collectif l’année dernière, mais je suis toujours en très bon termes avec eux. Je continue à participer à  certains projets, je prête ma voix quand il le faut. Mais en termes d’image, je ne fais plus partie du groupe.

Willy William © Koria

Revenons sur « EGO ». Te souviens-tu des circonstances dans lesquelles tu as écrit cette chanson ?

Oui ! Très bien. J’ai écrit et composé cette chanson en une nuit. Je revenais de tournée, comme tous les week-ends. J’avais les « allez allez » en tête. Je sentais que je tenais un truc qu’il fallait que je matérialise. Sur le trajet du retour à la maison, dans ma voiture, j’avais déjà trouvé un truc sur l’Ego. Et quand je suis rentré à la maison, je me suis mis sur mes machines et j’ai commencé à bosser un peu tout ça. J’ai fini le lendemain au matin. J’ai donc passé une nuit blanche sur ce projet. Et la chanson qu’on entend aujourd’hui à la radio, eh bien, c’est quasiment celle qui est ressortie de cette nuit blanche. Je ne suis pas revenu sur le mix ni quoi que ce soit. Quand je me suis couché, le morceau était terminé et est resté en l’état. Je n’ai touché à rien du tout. C’est d’ailleurs une des rares fois que ça m’est arrivé, cette sorte de fulgurance. Je n’ai pas cherché à comprendre quoi que ce soit. J’ai écrit le texte presque d’une traite, ça coulait vraiment de source. J’ai écrit sans réfléchir trop à la rime ce qui me venait en tête naturellement.  Là aussi, ça ne m’arrive pas souvent. Et aujourd’hui, quand je réécoute le tout, tout me semble naturel. Rien n’est forcé. Tout est venu comme ça, sans que je ne sache vraiment pourquoi.

Comme la plupart des grands tubes… ils sont nés en quelques heures tout au plus…

C’est vrai, ce n’est pas quelque chose qui s’étudie ou qu’on doit retravailler des centaines de fois. Bon évidemment, on peut se permettre de travailler ainsi aussi parce qu’on a une certaine maîtrise du matériel et des instruments.  C’est évident. Avec l’expérience, on sait ce qu’il faut placer à tel ou tel autre endroit. La musique, c’est de la cuisine quelque part. Il y des recettes. Et quand on fait une bonne sauce, on sait que ça va bien prendre. Mais parfois… il y a des accidents culinaires. Et c’est de là que sont nées les meilleures recettes. Quand j’y pense, les plus grandes découvertes se sont elles aussi faites par accident. Quand tu penses à Newton et sa pomme… C’est juste parce qu’une pomme lui est tombé dessus que le mec a découvert le principe de la gravité. C’est juste énorme ! En peinture, c’est la même chose. Tout ce qui touche à l’Art ou aux grandes découvertes, ça vient souvent d’un accident. Les gens apprécient l’accident parce que ce n’est que de l’improbable qui devient réalité. À la base, « Ego » ne devait pas du tout être le single suivant après « Te quiero ». J’avais déjà un autre single dans les tiroirs, mais quand j’ai eu ce flash avec « Ego », j’ai envoyé le titre direct à la maison de disques. Je leur ai dit que je pensais tenir quelque chose, mais que je n’avais pas assez de recul dessus. Je trouvais que ça sonnait plutôt bien. En retour, toute l’équipe a été unanime et ils m’ont dit que ce serait le prochain single. Et effectivement, au fur et à mesure que les gens l’ont écouté, on me disait que je tenais quelque chose de bien !

C’était le titre qu’il te fallait.

Exactement. Mais la création de ce titre n’est due qu’à un concours de circonstances… et peut-être une petite étoile au-dessus de ma tête ! On appelle peut-être ça l’inspiration ? Je ne sais pas ! (sourire)

Par contre, un tube comme « Ego » n’est pas sans conséquence… Il faut gérer l’après-tube…

Tu me casses le moral, là ! (rires) Mais tu as raison, j’allais y venir… C’est traitre de faire un tube. Parce qu’il faut essayer de reproduire ou de livrer quelque chose de comparable, du moins qui soit à la hauteur, sur un album. Et là, c’est un challenge. Un gros challenge. Les gens m’ont vu débarquer comme ça avec un bon son qui leur a plu, mais c’est à moi maintenant de leur montrer que ce n’était pas qu’un coup comme on dit, que derrière, il y a un artiste avec un vrai univers qui lui est propre. Le reste de l’album, ce n’est pas de l’ « Ego », je veux montrer que je sais faire autre chose et que je sais me défendre sur autre chose. Il est là tout le challenge de l’album…

Après écoute de ton album, je me suis dit que derrière ses airs festifs, ou faussement festifs ai-je envie de dire, il y a un texte et un sous-texte assez intéressant. On ne peut pas parler à proprement de chanson engagée, mais il y a un vrai propos et du sens. Je pense à une chanson en particulier, « Tes mots ». Un mot, comme tu le dis, peut faire beaucoup plus de mal qu’un coup… Un mot peut endormir un peuple… Quelle est pour toi la puissance des mots ?

C’est marrant que tu me parles de cette chanson aujourd’hui parce que je travaille sur son clip… (sourire) J’écris en général mes scenarios de clip, je l’ai d’ailleurs fait sur « Ego ». Et là, sur « Tes mots », j’ai eu envie de langage des signes. Je suis d’ailleurs en train de l’apprendre en ce moment. Ce clip sera fait en langage des signes parce que je trouve que c’est ce qui traduira au mieux le texte de cette chanson. Il n’y a pas mieux que le langage des signes pour représenter les mots. Parce qu’au final, comme je le dis dans la chanson, le silence est peut-être le meilleur moyen pour véhiculer des mots. Et en apprenant le langage des signes, je me rends de plus en plus compte que c’est la vérité. Le langage des signes, ce ne sont que des images. Avec la signalétique, on image une phrase. Ce que nous disons avec plein de mots, ceux qui pratiquent le langage des signes le disent avec une seule image. Une seule image veut dire une seule chose. Il n’y a pas de prise de tête. Le message est franc et direct. Il n’y a pas d’ambiguïté. Et au final… il y a moins de risques. Le fait d’avoir une multitude de choix et de possibilité de mots fait qu’une connotation négative est très vite arrivée. Comme le positif, d’ailleurs. Et comme notre cerveau a une palette d’interprétation infinie, on peut facilement utiliser les mots à bon ou mauvais escient. Il suffit d’écouter parler quelques manipulateurs… CDFD. Et nous sommes aujourd’hui dans un environnement de manipulation, puisque nous sommes dans une société de consommation. Et c’est triste et un peu dur ce que je vais te dire… mais ceux qui sont obligés de communiquer par le langage des signes, aussi malheureux que ce soit pour eux, finalement, ce sont ceux qui ont peut-être le moins de soucis à se faire. La parole, c’est un luxe… ni plus ni moins. Un gamin qui a faim, il a faim. C’est tout. Si tu commences à lui proposer tout un tas de gâteaux, il va se créer des problèmes qui n’existaient pas à la base. Quelqu’un qui est dans la nécessité, tu lui donnes un bout de pain… eh bien, il le savoure et il le trouve délicieux. Pour nous les mots, c’est devenu ça. Un mot n’a plus un seul sens, il en a plein. On peut interpréter un mot différemment. C’est ce que j’ai voulu imager dans cette chanson. Et je suis content que tu m’en parles aujourd’hui parce qu’elle me tient beaucoup à cœur. Ceux qui me connaissent vocalement parlant ne me reconnaitront pas du tout sur ce morceau-là. Je chante, et ce n’est pas forcément mon habitude. Et puis, il y a un sens profond dans les paroles.

Willy William © Koria

C’est un peu le cas sur toutes les chansons, avec des thèmes plus légers que d’autres, mais il y a un vrai propos.

C’est en tout cas ce que je me suis efforcé de faire. Je voulais aborder certains sujets qui me tenaient à cœur. Là, en l’occurrence, « Tes mots », c’est un thème plus sérieux. D’autres chansons sont plus légères, et heureusement, c’est comme dans la vie, on ne peut pas faire que dans le sérieux… mais il faut toujours garder un sens. Chaque morceau et donc chaque thème représente un comportement humain.

Et donc, pour en revenir à « Tes mots », comme tu travailles sur le clip, ça va être un prochain single.

Effectivement. Ce sera un single après la sortie de l’album. Là, on vient de publier le duo avec Keen’V, « On s’endort », mais ce sera très certainement le prochain. Je pense que c’est bien de présenter une chanson comme celle-ci parce que je veux montrer au public et aux médias que je ne fais pas que des chansons à caractère festif ou dancefloor, que je peux aussi aborder des sujets plus sérieux. Ce n’est pas de l’engagement, mais dans cette chanson, comme dans les autres, je montre ma vision du monde. Je suis un garçon pacifique de nature, je voyage beaucoup et j’observe beaucoup. C’est dans ma nature. Et j’aime tirer des conclusions de ces observations, et je le fais en musique. J’ai la chance de pouvoir le faire, et de le faire avec les codes du moment.

Intégrer les codes du moment, c’est un passage obligé pour passer en radio.

Pour être diffusé, oui. La tropical house, c’est le son urbain du moment. C’est ce qui fonctionne. Mais rien n’empêche de poser des sujets plus sérieux sur ce genre musical. Les gens tendent l’oreille parce que le son leur paraît sympa, et derrière, quand ils font un peu plus gaffe aux paroles, ils découvrent que ce n’est pas juste un bon son.

Pas mal de potes te rejoignent sur ce disque. Je pense à Vitaa, Keen’V, Willy Denzey, JMI Sissoko, Makassy, etc… C’était important pour toi d’avoir toute cette famille autour de toi sur ce premier album ?

Oui. C’est important parce que je suis dans le partage. Je suis comme ça de nature. Malheureusement, tous les gens avec qui j’avais envie de travailler n’étaient pas forcément disponibles, mais ce n’est pas grave… ça se fera plus tard ! J’avais envie que ma sœur, avec qui j’ai déjà fait des trucs, soit de la partie, etc… Mais ce premier album, c’est un peu une vitrine. Je voulais montrer ce dont j’étais capable et m’enlever cette image que j’ai pu avoir avec le Collectif Métissé. Parce que dans la tête des gens, je suis un mec du Collectif Métissé. Point barre. Donc, mon challenge, c’est de m’ôter cette image festive et musique du soleil, que j’assume totalement, mais qui n’est pas ma nature profonde. J’ai envie que les gens comprennent que j’ai des choses plus sérieuses et plus profondes à donner. Sur ce premier album, j’avais vraiment cet objectif : montrer ce que j’étais capable de faire, sans forcément rentrer dans le détail… Pour en revenir à ta question, parce que là, je m’égare (sourire)… Avec Vitaa, on se connaissait un peu, on s’était déjà croisé sur des plateaux. Avec Makassy, on était déjà amis avant que ça n’explose pour lui. Tout comme Keen’V. Donc, c’était tout naturel que je les invite sur ce disque. Willy Denzey et JMI Sissoko sont eux aussi des amis de longue date. Ça fait plus de dix ans qu’on se connait, on a évolué ensemble. Je sais ce qu’ils valent artistiquement et humainement, donc, j’avais envie qu’ils fassent partie de cette aventure. Donc oui, j’avais envie que tous ces potes soient là avec moi, non pas pour combler, parce que j’aurais pu produire douze titres tout seul, mais pour montrer que la notion de partage fait partie de mes valeurs. Et puis, quand tu bosses avec d’autres personnes, ça t’ouvre des portes. C’est pour cette raison que j’ai fait appel à des musiciens également, et pas qu’à des machines exclusivement. Partager le goût de l’instrument, c’est important. Et puis, quand tu entends le rendu… mettre des guitares sur un morceaux où il n’y a pas de place pour des guitares à la base… purée, que c’est bon ! (rires)

Willy William © Koria

Il est comme tu le voyais, ce premier album ?

Oui. C’est un petit laboratoire. J’ai expérimenté tout un tas de trucs sur les morceaux… Franchement, je ne suis pas déçu ! (sourire) Comme tout premier album, il est perfectible. Il y a plein de petits trucs que je n’ai pas pu faire faute de temps, mais avec le recul, je me dis que ce n’est pas plus mal parce que c’est ce qui fait la magie des morceaux. À trop être perfectionniste, on peut passer à côté de l’essentiel…

Il faut lâcher à un moment donné.

Aujourd’hui, on ne peut plus être trop perfectionniste. Les modes de consommation ont changé. Il n’y a plus la place pour passer un temps fou sur un mix puisque de toute façon cette musique sera transmise sur un format qui ne pourra plus être apprécié par le grand public. Ce sont les nouveaux formats et les nouvelles technologies qui veulent ça. Et il faut en être conscient et le garder à l’esprit quand on bosse, tout en continuant à faire de la musique, et le mieux possible ! C’est juste qu’il faut prendre en compte les nouveaux paramètres. Les bases restent les mêmes, mais l’environnement change. Là, on fait beaucoup de reprises et de covers… pourquoi ? Parce que finalement, le passé, c’est ce qu’on a de mieux en termes de référence. Dans vingt ans, ce sera la même chose. Mais il faut faire avec. Ce sont juste les paramètres qui changent. C’est tout ! Il y a deux ans, il y a eu tout un mouvement funk, grâce notamment à Bruno Mars qui a remis ce style au goût du jour. Il avait le génie et le talent pour. C’est cyclique tout ça… On a eu ça avec les Daft Punk et Pharrell Williams aussi. C’est excitant aussi finalement pour quelqu’un comme moi qui a une casquette de producteur et d’artiste. C’est très intéressant d’observer les nouvelles tendances et tout ce qui se passe autour de soi…

Propos recueillis par Luc Dehon le 15 mars 2016.
Photos : Koria

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