Interview de Benoît Dorémus

Propos recueillis par IdolesMag.com le 09/02/2016.
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Benoit Doremus, DR

Benoît Dorémus a publié le 12 février dernier son nouvel album, « En Tachycardie ». Un album plein de vie à la fois tendre et drôle. Une poésie du quotidien qui nous a touchés. C’est avec beaucoup de plaisir que nous avons été à la rencontre de l’artiste afin d’en savoir plus sur ce projet qui a mis pas mal de temps avant de voir le jour (un peu plus de cinq ans). Mais le jeu en valait la chandelle. Le chemin aura été long et pénible parfois, avec de grands moments de doute, mais il aura été riche,  jalonné notamment de belles rencontres, avec, entre autres, Francis Cabrel, Maxime Le Forestier et  Alain Souchon, quelques années après ce coup de pouce providentiel de Renaud. Rencontre, en Tachycardie, avec un artiste pétillant et finalement extrêmement touchant.

« 2020 » est paru il y a un peu plus de cinq ans. J’imagine que le parcours de ce nouveau disque n’a pas été des plus simples…

Ces cinq ans m’ont paru une éternité ! (rires) Ça a été une attente que je n’ai finalement pas toujours bien vécue. Entre deux albums, on compte plutôt deux ou trois ans… alors quand ça met plus de temps, c’est que soit il y a un petit problème d’inspiration, soit un problème de production. Et dans mon cas, ça a été cette seconde option, un problème de production. L’inspiration était là et j’ai assez rapidement écrit les nouvelles chansons. Comme tu le sais, j’avais signé mes deux précédents albums dans une grosse maison de disque, EMI, pour ne pas la citer, qui a fermé ses portes entre temps. C’est devenu beaucoup plus compliqué pour des chanteurs comme moi, qui n’ont pas connu un succès fulgurant. Et même en allant au-delà de ça, c’est devenu compliqué pour la chanson française en général, elle est un peu passée de mode. On est donc tout un tas de chanteurs à s’être retrouvés un peu perdus…

Revenir à l’indépendance s’est donc imposé à toi, ce n’était pas un choix délibéré.

Non. Ça a même été une contrainte… Tu sais, je fonctionne un peu encore comme dans l’ancien système, avec un producteur, une maison de disque et une équipe qui travaille sur la sortie d’un disque. On s’habitue vite à tout ça finalement… (sourire) Et quand tout s’arrête, on est un peu perdu et on ne sait plus très bien comment s’y Benoit Doremus, en Tachycardieprendre. Dans un premier temps, j’ai cherché à trouver d’autres partenaires dans d’autres maisons de disques, mais j’ai compris assez vite que la chanson française les intéressait beaucoup moins qu’avant. C’est d’ailleurs le cas pour bon nombre de mes collègues… Donc, il a fallu trouver d’autres idées et d’autres alternatives. Ce qui m’a sauvé pendant toute cette période, c’est que je n’ai pas arrêté de faire de la scène. Donc, toutes ces nouvelles chansons que je continuais à écrire avaient la possibilité de vivre. Là, elles se retrouvent sur un album, et c’est une grande satisfaction, mais elles existaient déjà sur scène, et c’était très important à mes yeux. Mais c’est vrai que jusqu’à ce que je ne décide de lancer la production sur une plateforme de crowdfunding, j’étais un peu perdu… Tout a beaucoup changé ces cinq/six dernières années dans le monde de la musique… Ce qui m’a sauvé, c’est de me lancer dans un financement participatif. J’étais un peu réticent au début, mais dès que j’ai lancé l’affaire, j’ai compris que c’était la bonne idée. Mon public a répondu présent tout de suite. Ça a été très excitant à faire. Du coup, je me suis réapproprié mon projet dans le sens où j’en suis le producteur, comme un petit artisan. C’est moi qui tiens ma petite enseigne et j’en tire beaucoup de satisfaction.

L’objectif initial a été atteint en à peine 24 heures… J’imagine que quand on doute, ça fait un bien fou !

Tu peux le dire. C’était absolument dingue. Je demandais une somme assez importante, 10 000 balles sur un mois. Tout en sachant très bien qu’on avait besoin du triple, mais comme je ne savais pas du tout à quoi m’attendre… je préférais demander une somme déjà assez coquette, mais pas trop importante non plus. Et effectivement, après 24 heures, on était déjà à 12 000 euros. Je ne m’y attendais absolument pas. Quand j’ai lancé le truc, j’étais prêt à mettre 100 balles dessus pour faire croire aux gens que ça avançait… J’ai eu très peur. Mais très rapidement, ça s’est emballé. Ça a été une journée incroyable. Au final, on a dépassé de plus de trois fois l’objectif initial. On a récolté 36 000 euros, ce qui peut paraître une grosse somme, mais qui est somme toute un minimum pour faire un disque dans de bonnes conditions.

Finalement, ce crowdfunding, au-delà du fait que tu as eu de l’argent, ça a boosté le projet et toi aussi par la même occasion.

Effectivement. Au-delà de la somme d’argent, l’engouement des gens m’a fait un bien fou. J’étais en contact avec eux constamment. J’ai reçu des dizaines et des dizaines de mails de gens qui m’ont dit qu’ils n’attendaient que ça… J’ai compris en filigrane que les gens en avaient presque aussi marre que moi d’attendre que cet album sorte. J’étais dans une période de doute et paradoxalement, j’étais archi-prêt pour rentrer en studio. C’est aussi pour ça que j’ai lancé ce financement participatif. D’ailleurs, dès qu’il s’est terminé, le lendemain, j’étais en studio parce que les chansons étaient prêtes et archi-prêtes. Je les avais déjà chantées sur scène, depuis des années pour certaines, donc, il n’y avait « plus qu’à ». J’étais juste bloqué par un problème de moyens.

Est-ce que tu vas vite sur scène avec tes nouvelles chansons ?

Assez, oui. Il y a quelques chansons qu’on retrouve sur l’album que je n’ai jamais chantées sur scène, pour garder un effet de surprise. Mais quelques-unes ont pas mal été jouées sur scène. Certaines ont évolué grâce à la scène. J’en ai laissé tomber d’autres, parce qu’elles ne tenaient pas la barre. Si je ne prends pas trop de plaisir à les chanter ou si les gens ne m’en parlent pas trop après les spectacles, je les laisse tomber. Il y a donc une petite sélection naturelle qui se fait sur scène et que j’aime bien. En tout cas, dès que j’écris, j’ai envie de partager ça avec le public.

Benoit Doremus, DR

Même si le chemin a été laborieux… il a tout de même été parsemé de belles rencontres, qui ont été déterminantes et décisives pour certaines d’entre elles. Je pense à Francis Cabrel, Maxime Le Forestier ou encore Alain Souchon… Tout le monde ne réunit pas ces trois-là sur son disque !

(rires) Chronologiquement, ces rencontres ont été assez étalées. C’est vrai que quand on met ces noms à la queue-leu-leu, c’est assez prestigieux, mais ça ne s’est pas fait d’un coup de baguette magique ! Ce sont des rencontres assez dingues qui se sont faites sur dix ans, entre ma rencontre décisive avec Renaud, il y a plus de dix ans maintenant, et la dernière avec Cabrel, il y a deux ans. La première rencontre que j’ai faite sur ce projet, c’est avec Maxime Le Forestier qui était venu me voir en concert il y a cinq ans, quelque chose comme ça. Il m’a dit des choses très agréables sur mes chansons et m’a dit « dès que t’en as des nouvelles, viens les jouer à la maison ». Je l’ai pris au mot et j’ai débarqué chez lui avec ma guitare il y a quatre ans pour lui chanter mes nouvelles chansons, jusqu’à « Ton petit adultère », dont je n’étais pas très content de la musique que j’avais trouvée. Il a regardé le texte et l’a mis de côté en me disant qu’il allait voir ce qu’il pouvait faire… Et trois jours après, il m’appelait en me disant qu’il avait trouvé quelque chose. Ça a été la première rencontre décisive sur ce disque.

Après, il y a eu cette rencontre avec Cabrel.

L’année d’après, en 2013, j’ai participé aux Rencontres d’Astaffort, une sorte d’atelier d’écriture organisée par Francis Cabrel et son association depuis vingt ans. En participant à ce stage, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Ça dure une dizaine de jours et nous sommes une petite quinzaine d’auteurs/compositeurs/interprètes à travailler ensemble. Francis Cabrel m’a repéré à ce moment-là. Comme ça s’était très bien passé pour moi, ils m’ont fait revenir plusieurs fois dans l’année. Donc, il a eu l’occasion de me voir sur scène plusieurs fois dans l’année… Jusqu’à ce qu’un beau jour, il y a un an et demi, il ne décroche son téléphone pour appeler mon éditeur en lui disant qu’il aimerait que ça avance un peu plus pour moi et en demandant ce qu’il pouvait faire pour moi… Je ne m’y attendais absolument pas et ça a été le début d’une histoire en plusieurs chapitres. Le premier, c’est moi qui ai été passé une semaine chez lui. On a travaillé mes chansons pendant cette semaine dans son studio. Et ça, pour moi, c’était une semaine vraiment magique, hors du temps et carrément divine. Il y avait juste Francis, son ingénieur du son et moi toute la journée à travailler sur mes chansons. Choisir la bonne tonalité, la bonne guitare, retravailler un couplet parce qu’il était un peu long, faire et refaire des prises… Bref, c’était incroyable. C’est là que j’ai compris qu’on s’entendait bien. Je pense que je le faisais marrer. Lui a été d’une gentillesse et d’une bienveillance rare avec moi. Je lui ai dit de ne pas me ménager, de me bousculer. Je voulais apprendre à ses côtés. Comme il a un peu la même exigence que moi, c’est-à-dire de bosser les chansons encore et encore jusqu’à ce qu’elles soient telles qu’on les imaginait, on s’est bien trouvés. Le deuxième chapitre de cette belle rencontre s’est passé un mois et demi après. Francis m’a proposé de partir en tournée avec lui, pour assurer ses premières parties. Ça a été un élément déterminant pour moi. Avec ce cadeau incroyable qu’il me faisait, il n’était pas question que je parte avec lui sur les routes sans avoir d’album dans les mains… C’était inconcevable pour moi que si son public avait accroché sur mes chansons, il ne puisse pas repartir avec un album chez lui…

Benoit Doremus, DR

Et pour finir, il y a eu Souchon.

Ça, c’est incroyable cette histoire ! Il y a une phrase d’Alain Souchon qui me hante depuis des années, c’est « Tu la voyais grande et c’est une toute petite vie », dans « Le Bagad de Lann-Bihoué ». Dans mes longues périodes de doute et un peu d’errance ces dernières années, cette phrase revenait sans cesse me hanter. Je voulais l’inclure dans une de mes chansons, et plutôt que de la chanter moi-même ou de sampler le disque, j’ai demandé à Alain Souchon s’il accepterait de venir la chanter lui-même, par l’intermédiaire de son fils. Et il a accepté. Il est même carrément venu chez moi enregistrer cette phrase. Ça paraissait surréaliste. On s’était déjà rencontré deux ou trois fois, mais là, il est venu chez moi et nous avons véritablement passé une heure ensemble. Il a été lui aussi d’une gentillesse déconcertante.

C’est assez hallucinant toutes ces belles rencontres qui ont jalonné le parcours du disque…

Complètement ! Et c’est ce qui a fait que j’ai tenu bon, je pense. Déjà, cette rencontre avec Renaud il y a plus de dix ans, ça a été une énorme chance pour moi. Il a été mon parrain, c’est lui qui m’a mis le pied à l’étrier. Il reste la plus grosse rencontre de ma vie. Mais je n’aurais jamais pu penser qu’une rencontre aussi importante aurait pu un jour se représenter à moi. Cabrel, ça a été aussi une rencontre très importante pour moi… On va dire que j’ai une bonne étoile qui ne se fout pas de ma gueule ! (sourire)

Un mot sur le titre, « En Tachycardie », qui en dit long sur ce disque. Quand est-il arrivé ? En début ou en fin de course ?

Il est arrivé plutôt sur la fin. J’avais un autre titre en tête, et c’était plutôt définitif pour moi. Et puis, pendant la période du crowdfunding, ou juste après, j’ai refait un petit tour de mon cerveau pour voir s’il n’y avait pas un meilleur titre à trouver. J’ai relu toutes les paroles des chansons et je suis retombé sur cette phrase « avoir tant vécu en Tachycardie ». J’ai bien aimé l’idée de ce pays imaginaire… Il y a eu Tintin au Congo et il y aura Benoît Dorémus en Tachycardie (sourire). Comme c’est un album sur les sentiments qui nous dépassent et dans lesquels on se sent un peu enfermé, je me suis dit que la Tachycardie était un pays dans lequel ces chansons auraient pu être chantées. Et puis, après coup, je me rends compte que c’est un mot qui sonne bien aussi.

« 20 milligrammes », qui évoque la prise d’antidépresseurs, est à mon sens une chanson angulaire de ce disque. Est-ce que c’est important pour un jeune artiste comme toi, de mettre le doigt sur des sujets, peut-être pas tabous, mais qui grattent, ai-je envie de dire ?

Carrément, oui. C’est donc comme tu viens de le dire une chanson qui parle des antidépresseurs et des anxiolytiques. Et je trouve justement que ce n’est pas normal que ce soit un thème qui dérange. Je ne veux pas non plus que ce soit une chanson qui mette mal à l’aise. Je souhaiterais au contraire que ce soit une chanson qui soulage et qui puisse peut-être décomplexer certaines personnes à en prendre… Puisque nous sommes des millions de français à en prendre tous les jours ! Il y a une dichotomie entre la masse de gens qui en prennent et le problème que ça pose d’en parler. Ça, c’est pour le fond de la chanson. Après, dans la forme, je voulais que ce soit une forme d’exutoire, que ce soit sans pudeur. J’ai mis longtemps à l’écrire, cette chanson. Ça n’a pas été facile. Mais effectivement, je te rejoins quand tu me dis que c’est une chanson importante de ce disque, parce que c’est l’une de celles dont on me parle le plus. C’est une chanson qui touche les gens, finalement. Beaucoup me disent qu’ils ont l’impression que je l’ai écrite pour eux et que j’ai réussi à mettre des mots sur ce qu’ils peuvent ressentir. Et c’est pour moi à ça que sert un chanteur.

Benoit Doremus, DR

C’est un sujet particulièrement dans l’air du temps, et pourtant, les artistes sont souvent réticents à l’idée de l’évoquer dans une chanson. Liz Cherhal, vous êtes à peu près de la même génération,  l’avait fait précédemment dans son dernier disque.

Ce sont des sujets peut-être plus délicats. Quoique. Il faut en tout cas trouver un angle qui soit juste. Après, pour ce qui est de ma chanson, elle n’a pas été écrite en une demi-heure. Je l’ai trainée pendant quelques années. J’ai hésité. C’est d’ailleurs une des dernières que j’ai terminé d’écrire sur cet album. Ce n’est peut-être pas anodin non plus d’ailleurs. J’ai hésité jusqu’au bout. Mais au final, je suis content qu’elle figure sur ce disque parce qu’elle en dit beaucoup sur notre génération. Elle est symptomatique de notre époque, de l’angoisse dans laquelle nous nous sommes englués. Ce n’est pas une chanson qui prétend soigner les gens, mais si certains peuvent se sentir moins seuls en l’écoutant, ce sera déjà ça de gagné ! J’aime l’idée que les chansons accompagnent nos états d’âme. Qu’on aille bien ou pas, des chansons nous accompagnent toujours.

En parlant d’états d’âme… une autre chanson m’a tout de suite interpellé, c’est « Bêtes à chagrin ». Où te situes-tu, toi, dans ce monde un peu parallèle, et parfois fantasmé, des artistes ?

C’est une chanson sur l’envers du décor… Les artistes, on les entend à la radio, on les voit à la télé, au cinéma ou dans les journaux… on les aime. Ils sont beaux. On les envie et on les idolâtre. Mais les artistes ont aussi une vie, qui n’est pas toujours aussi simple que ça. J’ai essayé d’écrire une chanson dans laquelle je pouvais mettre toute la tendresse que j’éprouve pour les artistes qui accompagnent ma vie et qui sont pour certains devenus mes amis. Je voulais mettre un peu d’humour et de tendresse. Et à la fois, je voulais aussi dire que ce sont des gens qui peuvent faire du mal autour d’eux. Cette chanson est partie de cette idée de « Bêtes à chagrin », en comparant les artistes aux chiens et aux chats, dans ce sens où les animaux de compagnie vivent moins longtemps que nous et donc vont nous quitter en nous faisant un mal de chien… Ce sont des « Bêtes à chagrin ». Et un artiste, c’est un peu la même chose. On a une relation intime avec lui. On sait que ça va être compliqué, mais on les aime quand même. Ce sont donc des « Bêtes à chagrin », eux aussi.

Quand on lit tes textes, ils recèlent toujours une bonne dose d’humour. Et pourtant, comme tu me le disais tout à l’heure, l’écriture d’une chanson peut être laborieuse et s’étaler sur des années. L’écriture est-elle tout de même un exercice ludique pour toi ?

Oui, oui. Complètement. Le moment où j’ai mon idée et où je commence à tirer sur le fil est délicieux. Après, c’est du boulot et du temps. Mais c’est un boulot qu’on ne ressent même pas. Il n’y a pas d’effort ni de douleur. Écrire un mot peut être douloureux, mais une fois qu’il est écrit, c’est bon. Bien sûr, quand ça coince pendant un moment et qu’on ne trouve pas de solution, ça peut agacer, mais ça reste un jeu. C’est un plaisir d’écrire. Trouver la rime et le mot juste, c’est la base de mon métier. C’est peut-être d’ailleurs son sentiment le plus pur.

Benoit Doremus, DR

Pourrais-tu me raconter une petite anecdote à propos de la fabrication de ce disque ? Un truc qui ne saute pas aux oreilles directement, mais qui pourrait donner quelques clés.

J’adore ta question ! Ça me rappelle un bouquin que j’ai lu sur les Beatles, qui expliquait qu’à 3 : 22 sur tel titre on entendait la chaussure de McCartney qui grinçait et ce genre de choses. J’adore ce genre de détail. À la fin de la chanson « Lire aux chiottes », on entend des enfants qui chantent. C’est une idée de dernière minute sur l’album. Ce jour-là, j’enregistrais les voix sur ce titre, le réalisateur de l’album avait ses deux petites filles qui étaient venues l’accompagner en studio. C’était pendant les vacances d’été et il ne pouvait pas les faire garder ce jour-là. Puisqu’elles étaient là, on a eu l’idée de leur faire chanter un refrain. C’était rigolo parce que la plus petite devait avoir quatre ou cinq ans et elle ne connaissait pas le mot chiottes ! (rires) On lui a donc appris ce que c’était mais que c’était un mot qu’on pouvait dire uniquement dans le studio !! C’était mignon. On leur a mis un casque dix fois trop grand pour elles sur les  oreilles et elles ont enregistré leurs voix. On a gardé cette piste pour le dernier refrain. J’adore les enfants, ils me font mourir de rire et je suis le plus heureux d’avoir des voix d’enfants au moins à un endroit sur cet album.

Comme on vient d’en parler longuement, le parcours de ce disque n’a pas été de tout repos, et pourtant, il existe aujourd’hui. Dans quel état d’esprit es-tu ?

Je me sens un peu délivré ! Comme un soulagement. La journée de vendredi, celle de sa sortie, ça a été une journée magnifique qui m’a rappelé le jour du lancement du financement participatif où, pareil, le compteur s’affolait et j’étais bombardé de messages. Ça m’a un peu rappelé ça. Renaud a posté un petit message adorable sur Facebook. Francis a parlé de moi dans une interview… Ceux à qui je dois tant étaient là pour en parler. Je pensais que mon public, je l’avais un peu épuisé entre le financement participatif, la tournée de Francis Cabrel, etc… qu’il avait déjà pu se procurer l’album sur la tournée et ce genre de choses… Et puis, non, je me suis rendu compte que pas mal de gens l’attendaient, cet album. Plein de gens m’ont envoyé des photos d’eux en train de l’acheter. Ça fait du bien, finalement. Ce sont des petits plaisirs, ou plutôt des grands plaisirs, qui m’ont fait comprendre que je ne m’étais pas battu pour rien et que je n’avais pas galéré pour rien. Ça m’a donné envie de recommencer à écrire. Je ne me suis pas trompé de métier ! Donc, mon état d’esprit… je me sens bien. Ça a été un album long et dur à faire. Et j’ai l’impression, très sincèrement et honnêtement, que je n’aurais pas pu mieux faire. On peut toujours faire mieux, mais en tout cas, en ce qui me concerne, je me suis tellement donné à fond que je suis juste content qu’il ne m’appartienne plus et qu’il vive son destin.

Propos recueillis par Luc Dehon le 9 février 2016.
Photos : DR

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