Interview de Corentin Grevost

Propos recueillis par IdolesMag.com le 21/12/2015.
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Corentin Grevost - DR

Corentin Grevost, le gagnant de « Rising Star », vient de publier un premier EP, emmené par le single « Ne me dis pas non », en prémices à son premier album attendu dans les prochains mois. Nous avons donc été à la rencontre de Corentin afin d’en savoir un peu plus sur son parcours et sur la genèse de ce premier album sur lequel il a collaboré avec, entre autres, Kerredine Soltani, Gary Fico, Patxi Garat, Skalpovitch, Sorel ou encore Corson et Rodier.

Avant de parler plus précisément de ton EP qui vient de sortir et de ton premier album qui sera bientôt dans les bacs, j’aimerais, si tu le veux bien, que nous évoquions ton parcours dans les grandes lignes, jusqu’à ta participation au télé-crochet « Rising Star ». Viens-tu d’une famille de musiciens ou en tout cas dans laquelle la musique avait de l’importance ?

Corentin Grevost, premier EPOui, dans ma famille, on écoutait pas mal de musique. On regardait beaucoup la « Star Academy », notamment. Mon papa avait une sorte de piano/karaoké sur lequel il jouait souvent. Ma maman, elle, écoutait beaucoup de musique. Elle chantait beaucoup aussi.

Quelle musique a baigné ton enfance ?

J’ai le souvenir de ma maman qui écoutait beaucoup Patrick Bruel… (sourire) Moi, j’ai vraiment grandi avec la « Star Academy », avec tous les artistes qui venaient sur les primes.

Quel est ton parcours musical dans les grandes lignes ? As-tu pris des cours de chant ? Appris à jouer d’un instrument ?

D’entendre mon papa chanter sur son piano m’a donné envie de chanter… J’attendais qu’il parte et que je sois tout seul chez moi pour pouvoir m’emparer de son piano/karaoké et chanter à mon tour… (sourire) J’étais très timide à l’époque, donc, ce plaisir que je prenais à chanter était un plaisir purement solitaire. J’aimais beaucoup chanter. Et puis, au fil du temps, en voyant les élèves à la « Star Academy », j’ai eu envie d’être à leur place. Donc, ça a commencé doucement comme ça. Après, j’ai compris que la musique était plus importante à mes yeux que ça, que c’était une véritable passion. La musique me permettait de m’évader, de penser à autre chose, d’oublier tous mes soucis. Dès que je chantais, je me sentais bien. Ce n’est pas que je n’avais pas encore eu de déclic ou quoi que ce soit, mais à cette époque, je n’avais pas conscience que ça pouvait devenir un métier plus tard. C’était plus une passion… jusqu’au jour où j’ai appris à jouer de la guitare avec l’aide de mon beau-père. Je me suis senti comme protégé derrière cet instrument, donc, je me suis mis à chanter devant mes amis et ma famille. Ce sont eux qui après m’ont poussé dans cette voie. De fil en aiguille, j’ai publié des vidéos sur Youtube et j’ai vu que les gens semblaient apprécier. Ça m’a donné envie de continuer… jusqu’au jour où j’ai été repéré pour intégrer le casting de « Rising Star ».

À cette époque, te produis-tu déjà sur des petites scènes ou est-ce que ça reste dans le cercle familial et amical ?

Ça reste dans le cercle familial. Je chantais dans ma chambre ou devant famille et amis. Et encore, je chantais une ou deux chansons, mais pas plus, j’étais vraiment très timide à l’époque. Par contre, avant l’émission, j’ai rencontré un manager qui m’a permis de me produire dans plein de petits endroits. C’était ma première approche de la scène finalement. Et c’est ce qui m’a permis d’avoir un peu plus d’expérience.

Avant de participer à « Rising Star », t’es-tu présenté aux casings d’autres télé-crochets ou tout simplement à des concours de chant locaux ?

J’ai tenté une autre émission, qui n’a débouché sur rien. Il a fallu que j’apprenne un peu le métier avant de me frotter au télé-crochet. Il a fallu que j’acquière un peu d’expérience.

Corentin Grevost - DR

Qu’est-ce qui t’a poussé à tenter l’aventure « Rising Star » ?

J’aimais bien le challenge que ce soit la première émission, que ce soit un nouveau concept. C’était un programme qui n’avait jamais été vu en France auparavant. Et ça, j’aimais l’idée. Il y avait aussi le challenge technologique, parce que le fait de chanter devant un mur... c’est une expérience assez particulière, crois-moi ! (rires) Je suis en tout cas très fier d’avoir participé à cette émission.

On ne va pas refaire toute ton aventure dans « Rising Star », mais que se passe-t-il dans ta tête quand tu apprends que tu viens de remporter le concours ?

Le moment où le mur s’est levé… c’était magique ! Je n’avais qu’une idée en tête, c’était de chanter, et de terminer au mieux ma chanson. D’un coup, il y avait toute cette pression qu’on avait depuis quelques semaines qui se dissipait. Et ma toute première pensée a été pour ma famille. Je me suis tout de suite dit que mes parents et mes amis allaient être fiers de moi. C’est vraiment la toute première pensée que j’ai eue. Mais tout se mélange très vite, les émotions viennent toutes en même temps… Je n’ai pas eu le temps de comprendre ce qui m’arrivait. Et même aujourd’hui… après un an, je ne comprends et je ne réalise pas encore tout ce qui  m’est arrivé. Parfois je me pince en me disant, « est-ce que tu te rends compte que tu as gagné une émission de télévision de chant ? » Je ne m’en rends pas encore forcément compte… une pensée que j’ai eu très rapidement après celle de ma famille, c’est que j’allais pouvoir enregistrer un album. Ça devenait concret… Tu sais, je suis parti dans cette émission pour me mesurer un peu à moi-même, pour voir de quoi j’étais capable finalement. Ce serait faux de dire que si tu tentes ce genre d’expérience, ce n’est pas pour la gagner, il ne faut pas se leurrer. C’est sûr que dans ma tête, j’avais cette idée-là. Mais ma première motivation, c’était de partager des moments forts avec les gens et pour vivre une expérience unique. J’ai beaucoup appris grâce à cette émission. J’ai grandi aussi.

Corentin Grevost - DR

Que se passe-t-il dans les semaines qui ont suivi ta victoire ? As-tu rapidement noué des contacts ?

Très rapidement, j’ai eu quelques rendez-vous avec l’équipe de M6. On m’a fait écouter beaucoup de musiques différentes. J’ai écouté une liste de vingt ou trente chansons, je ne sais plus très bien, et là, j’ai dû faire des choix. Après avoir sélectionné quelques musiques, le nom d’un compositeur, en l’occurrence Gary Fico, est ressorti. On s’est dit qu’on allait aller dans cette direction. J’ai donc rencontré Gary Fico. On s’est tout de suite bien entendu et il a rapidement compris ce qui me correspondait et ce qui me correspondait moins. Il a aussi très vite compris ce que j’aimais et ce que je n’aimais pas.

Après, tu as réuni une équipe pour le moins costaude autour de toi, je pense à Patxi Garat, Sorel, Kerredine Soltani, Skalpovitch, François Welgryn, etc…

Effectivement, après cette rencontre avec Gary, j’ai rencontré quelques paroliers. Et notamment Patxi qui a posé pas mal de mots sur les compos de Gary. Comme il venait d’écrire le « Jour 1 » et quelques autres chansons pour Louane, j’étais vraiment très content qu’il accepte de travailler avec moi ! (rires) Après, il y a eu Kerredine, Skalpovitch, Rodier et Corson… je suis un peu tout nouveau dans ce métier, donc, toutes ces rencontres m’ont vraiment impressionné. J’étais en tout cas heureux de voir que M6 me mettait en relation avec des personnes de talent. C’était une vraie fierté pour moi.

Tu as écrit et composé des titres sur cet album ?

Sur ce premier album, non. On a mis un an pour le faire cet album, mais un an, ça file très très vite. Quand j’ai débuté dans ce métier, j’avais dans l’idée de laisser les autres écrire et composer pour moi. Je voulais avoir une bonne base. Je voulais apprendre mon métier, tout simplement.  Là, j’ai un peu plus d’expérience, donc, je griffonne quelques trucs. Donc, dans l’avenir, pourquoi pas signer un titre ou l’autre ?

Corentin Grevost - DR

Comment as-tu travaillé avec tes auteurs ? Leur as-tu donné des pistes ?

Je les ai rencontrés un par un et ça a été un peu une sorte de thérapie… (éclats de rires) Je leur ai raconté ma vie, ce qui m’était arrivé, pour qu’ils puissent mieux me connaître et me cerner. Je voulais vraiment que mes chansons me ressemblent. Après, je leur ai donné quelques pistes, je leur ai notamment soufflé quelques thèmes qui me tenaient particulièrement à cœur. Ensuite, je les ai laissé écrire.

Tu viens donc de publier un premier EP, composé de deux titres originaux et deux reprises. Comment as-tu choisi les deux titres originaux ? J’imagine que ça ne s’est pas fait au hasard…

« Des jours meilleurs », c’est une des premières chansons que j’ai entendues. Ce devait être le lendemain de ma victoire ou quelques jours après. Elle m’a tout de suite plu. On l’a d’ailleurs très vite testée et la première impression s’est concrétisée. Au fur et à mesure que je la chantais, je sentais qu’elle me collait vraiment à la peau. Alors, bien entendu, toutes les chansons qui figureront sur mon album, je les aime toutes, mais, forcément, il y en a toujours l’une ou l’autre que tu aimes un peu plus. C’est naturel. « Des jours meilleurs » fait partie de celles-ci. Après, Skalpovitch m’a envoyé « Ne me dis pas non ». Dès qu’on l’a testée, on a vu que ça accrochait vraiment bien et que ça pouvait faire un très bon premier single, et notamment avec le remix des Skydancers. Donc, voilà pourquoi on a choisi ces deux titres précisément. Un parce qu’il colle vraiment à l’air du temps et l’autre parce qu’il me colle vraiment à la peau.

« Ne me dis pas non » a bénéficié d’un clip tourné au Portugal. Comment s’est passé le tournage ? Comment as-tu appréhendé la caméra ? Là aussi, c’est un nouvel exercice. Très différent de la télé, finalement…

C’est vrai. C’était une première pour moi, ce clip. J’ai eu un réel bonheur de travailler avec l’équipe qui m’a entouré. On a donc tourné au Portugal, entre Lisbonne et Porto. Pour moi, ce tournage a été un émerveillement du début jusqu’à la fin. En plus, il y avait une très très bonne ambiance. Je suis d’ailleurs assez fier du résultat. Ça fonctionne plutôt bien. C’est en tout cas un très bon souvenir.

Sur le EP, tu as ajouté deux reprises. La première, c’est « Papaoutai » de Stromae, que tu avais chantée sur les primes de « Rising Star ». La seconde, c’est « Crazy in love » de Beyoncé. Pourquoi ces deux titres en particulier ?

Comme tu viens de le dire, « Papaoutai », je l’avais chantée sur le premier prime de « Rising Star ». C’est avec cette chanson que les gens m’ont découvert. En plus, c’est une chanson que j’adore, donc, c’était logique qu’elle figure sur l’album. Elle a, je pense, marqué l’esprit des gens. Et pour ce qui est de « Crazy in love », c’est une autre histoire. Après « Rising Star », j’ai fait partie du collectif CoverGarden. C’est un collectif d’artistes qui ont participé à des télé-crochets et qui publient régulièrement des covers. On avait fait une version « cinquante nuances de Grey » de « Crazy in love » avec Tiwayo. Cette reprise a plutôt pas mal plu puisqu’on a eu plus de 600 000 vues. Du coup, j’ai eu envie de reprendre ce titre en version solo sur mon album.

Corentin Grevost - DR

Concrètement, ce premier album, il en est où ?

Il est fini. En tout cas en ce qui me concerne, tout est terminé. Les voix sont posées, etc, etc… Après, il reste quelques remixes à faire. On va dire qu’il est terminé à 98%. Je suis vraiment fier de cet album et j’ai hâte de le faire découvrir au public.

Pour quand est-il prévu ? Le premier semestre 2016 ?

Voilà, on va dire ça. Je n’ai pas encore de date précise, mais il arrive très bientôt.

Musicalement, on va évoluer dans quel registre ? On va rester dans la veine assez pop de « Ne me dis pas non » ou tu vas aller tâtonner d’autres terrains ?

C’est un album que je qualifierais de « pop nuancée ». C’est de la pop, mais avec plein de petites touches. Il y aura notamment des nuances de reggae, de folk, évidemment, et un peu d’électro/dance qui viendra lier un peu tout ça.

De quoi vont parler les chansons ? Y a-t-il un fil rouge ?

Je vais parler beaucoup d’amour… et de désamour. Il y a à ce sujet notamment une chanson qui s’appelle « Rupture » et qui évoquera, comme son nom l’indique, une rupture entre deux personnes. Mais le point de vue sera un peu différent de ce qui a été souvent fait. Ici, ce sera le point de vue de celui qui quitte l’autre et pas de celui qui vient de se faire larguer. C’est une façon de parler de rupture d’une autre manière. On ne sait pas toujours dire à une personne qu’on a profondément aimé qu’on est finalement peut-être un peu trop différents pour aller plus loin ensemble… Parfois, c’est une libération de quitter l’autre. On peut être triste, mais heureux. Elle parle de ce sentiment partagé cette chanson. Dans chaque chanson, on retrouvera de toute façon une petite partie de moi, sans forcément que ce soit autobiographique. J’emploie toujours le « Je » dans mes chansons, mais ce n’est pas pour cette raison qu’elles parlent de ma vie. J’ai d’ailleurs insisté pour que toutes les chansons soient écrites à la première personne du singulier, je ne voulais pas de « il » ou de « elle », pour que les personnes puissent se les approprier complètement. Je voulais que je sois concerné, et l’auditeur aussi. Donc, il était important qu’il n’y ait pas de pronom personnel défini dedans.

Des duos ou des featurings sont-ils envisagés ?

A priori, non.

Corentin Grevost - DR

De la scène est-elle prévue autour de la sortie de l’album ?

Oui. Et notamment pas mal de premières parties. J’en suis très content.

En as-tu l’expérience ?

Il me reste encore beaucoup de boulot à accomplir pour parler d’expérience ! Je n’ai pas fait énormément de scène jusqu’à aujourd’hui, en tout cas pas assez.

Que représente la scène au sein de ton projet ? La cerise sur le gâteau ou une étape parmi les autres ?

La scène, c’est super important. Je suis quelqu’un de très réservé dans la vie de tous les jours, donc, j’ai encore un peu de mal à me dévoiler à 100% sur scène. C’est pour ça que je te disais qu’il me faudrait encore un peu de temps pour apprivoiser la scène. Il me faudra un peu de temps pour être 100 % moi-même. Je ne joue pas un double jeu, loin de là, mais je n’ai pas encore assez d’expérience pour me lâcher complètement et pour communier avec le public. Et la scène, c’est probablement le plus important pour moi, parce que c’est le partage avec le public. Quand on enregistre un album, le meilleur moment, c’est de partager ces morceaux avec le public. Le regard ému d’une personne qui écoute la chanson que tu chantes, c’est le plus beau. Donc, je pense que la scène sera un des plus beaux moments de ma carrière…

Ton premier EP vient donc de sortir il y a quelques jours et ton album est attendu dans les prochaines semaines, dans quel état d’esprit es-tu ?

Je suis assez serein, paradoxalement. Tout simplement parce que je fais ce que j’aime aujourd’hui. Je me considère comme un artiste et j’espère que le public en fera de même. Aujourd’hui, tout ce dont j’ai rêvé pendant des années se dessine devant moi. J’en suis le plus heureux. Ça commence doucement, mais ça commence. Donc, oui, je suis serein… mais en même temps, ce serait te mentir de te dire que je ne me pose pas de questions parce qu’on ne sait jamais comment le public va réagir à nos chansons. En tout cas, j’ai aimé ce que j’ai fait et j’aime ce que je fais en ce moment. Cet album, il me ressemble, donc je n’aurai aucun regret là-dessus, même si le succès n’était pas au rendez-vous. En tout cas, je profite toujours à 100% de chaque chose qui m’arrive dans la vie. C’est ma devise !

Propos recueillis par Luc Dehon le 21 décembre 2015.
Photos : DR

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