Interview de Fredrika Stahl

Propos recueillis par IdolesMag.com le 24/11/2015.
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Fredrika Stahl © Mathieu Zazzo

Fredrika Stahl publie le 27 novembre la bande originale du film de Mélanie Laurent et Cyril Dion « Demain », un film qui s’efforce d’apporter des solutions aux crises (écologiques, économiques…) que nous rencontrons en ce moment. C’est la première fois que l’artiste suédoise se prête au travail de la musique à l’image et le résultat est somptueux : des chansons et des thèmes pleins d’optimisme pour une artiste plutôt habituée à un répertoire mélancolique. C’est avec beaucoup de plaisir que nous avons été à la rencontre de cette artiste délicieuse, emblématique d’une nouvelle génération pop. Sa sensibilité nous a profondément touchés.

Racontez-moi un peu comment vous êtes arrivée sur ce projet ?

Je venais de terminer la tournée de mon quatrième album et je déjeunais avec mon éditeur. Je lui expliquais que ça faisait un moment que j’avais envie d’écrire à l’image et je lui ai demandé s’il n’avait pas de projet pour moi. Il m’a dit que « oui, peut-être », mais que c’était toujours un peu difficile quand c’est la première fois. La musique à Fredrika Stahl, bande originale du film Demainl’image, c’est finalement un petit monde. Par contre, il m’a dit tout de même que Mélanie Laurent et Cyril Dion cherchaient un compositeur pour la musique de leur film. Cette discussion dont je vous parle remonte à quelques mois maintenant, un peu plus d’un an en arrière, et donc à cette époque, des fonds avaient été levé sur Kisskissbankbank et je suis donc allée regarder de plus près de quoi il en retournait. J’ai été vachement touchée par l’idée-même de ce film. Du coup, en rentrant chez moi, j’ai écrit une chanson qui retranscrivait les émotions que j’avais ressenties sur ce sujet-là. Je l’ai envoyée à mon éditeur en lui demandant de la leur transmettre. En l’écoutant, il m’a dit que j’avais fait un contre-sens, que le film n’allait pas du tout dans cette optique-là, qu’il allait vers quelque chose de positif et que moi j’avais écrit une chanson assez dramatique finalement. Et c’est vrai, cette chanson parlait de la fin du monde… Ce n’est pas le plus réjouissant ! (sourire) Mais c’est ce qui m’était venu le plus naturellement du monde en tête quand j’avais pensé au climat et à l’avenir de notre monde. Même si j’étais dans le contre-sens, je lui ai demandé d’envoyer la maquette à Mélanie et Cyril tout de même. Ce qu’il a fait. Et là, il s’est passé un truc assez drôle. Mélanie et Cyril en étaient au tout début du montage du film, qui dresse un constat de l’état de notre planète. Et quand ils ont calé la chanson que j’avais écrite, qui allait à l’encontre de l’optique du film, sur les images, eh bien, elle collait parfaitement. Et d’ailleurs, ce montage n’a pas bougé depuis. Du coup, ils sont venus vers moi en me disant que c’était super ce que j’avais fait, qu’ils aimeraient vraiment qu’on travaille ensemble sur ce film, même s’il y avait quelques ajustements à faire, puisque c’était un film optimiste qui apporte des solutions, et pas un film qui était là pour plomber l’ambiance ! Je leur ai dit OK, même si je savais que j’avais à la base un répertoire assez mélancolique et que ça allait être difficile pour moi de travailler dans ce sens-là. Et finalement, tout est venu naturellement. Ils m’ont envoyé des séquences, ils m’ont fait venir en salle de montage pour regarder les images, etc… Et au fur et à mesure que je découvrais l’histoire, les personnages, les paysages… des idées plus positives sont venues naturellement. Tout s’est passé comme ça en fait. Je leur ai envoyé une maquette spontanément et ça a collé au fil du temps, tout s’est très très bien passé. Je leur ai même parfois envoyé aussi des sons sans avoir vu les images et ça collait. Mais le plus souvent, ils m’envoyaient des images et ils me donnaient quelques directives précises pour que je travaille. Pendant neuf mois, on a beaucoup échangé tous les trois.

Quand on écoute votre répertoire depuis quelques années, on peut dire que vous vous inscrivez dans une famille de chanteuses très mélancoliques, pas forcément très optimistes, même si vous laissez toujours une porte ouverte dans vos chansons. Ici, le film va un peu à l’opposé. Il tente d’apporter des solutions. C’est un film résolument positif. Est-ce que ça a été difficile pour vous de créer dans cette nouvelle optique ? Ça a du chambouler pas mal votre façon d’aborder textes et musique, non ?

Oui et non… (sourire) Comme je viens de vous l’expliquer, au début, je leur ai envoyé quelque chose de mélancolique. C’est ma nature profonde, finalement. C’est ce qui me vient naturellement, en tout cas. Et ce qui a été différent sur ce projet, et qui m’a fait beaucoup de bien, c’est de travailler avec eux, travailler avec quelqu’un d’autre. Habituellement, je travaille de manière très isolée. Je compose tout toute seule, j’écris tout toute seule. Personne ne pose un regard sur mon travail. Personne n’est là pour me dire que c’est bien ou pas bien, que je devrais aller dans telle ou telle autre direction, etc… Je suis très enfermée quand je compose. Je me prends beaucoup la tête aussi… (sourire) Tandis que là, même si j’ai eu beaucoup de liberté, ils me donnaient tout de même des directives. Il y avait aussi les images existantes et une réalisation sur lesquelles je devais greffer ma musique. On a été dans l’échange permanent. C’était donc une toute autre atmosphère de travail que celle dont j’avais l’habitude. Et cette expérience en elle-même a été quelque chose d’extrêmement positif, même en dehors du sujet du film et des images. J’étais dans une dynamique d’équipe et plus une dynamique solitaire. Tout a été très fluide, en tout cas. En plus, c’est un projet très beau, avec beaucoup de sens. Je pense que tout ça m’a beaucoup aidée à me prêter à cet exercice qui était tout nouveau pour moi. Avec le recul, je peux vous dire que ça m’a fait beaucoup de bien. Après, il est certain que si je me renferme demain dans ma chambre pour écrire une chanson… il y a beaucoup de chances pour que je reparte vers quelque chose de mélancolique ! (éclats de rires)

Finalement, le carcan imposé, les images, la réalisation, le rythme, le montage… tout ça n’a-t-il pas permis de décupler votre création ? Peut-être que ça vous a permis d’aller sur des terrains que vous n’auriez jamais eu l’idée d’explorer toute seule…

Je pense que oui. Et finalement, je pense que je n’ai jamais été aussi productive que cette fois-ci. Quand on vous dit que vous devez composer une musique sur telles images pour dans X jours, et que ça doit plaire à d’autres… on n’a pas le temps de trop réfléchir. Il faut réfléchir et se poser les bonnes questions, mais pas se poser trop de questions. Quand j’écris pour moi, que je suis toute seule, et que je n’ai vraiment aucune limite de temps, finalement, c’est mille fois plus compliqué. Je suis très chiante !! (éclats de rire) Je me mets des barrières, alors que là, avec ce carcan dont vous parliez, bizarrement, les barrières se sont envolées. Ce n’était en tout cas pas les mêmes. La liberté était différente. Avec le recul, j’ai eu beaucoup de liberté en fin de compte. Parfois même, Cyril se callait sur mes chanson pour faire son montage. Et cette démarche, je pense qu’elle est très rare. Je ne pense pas que beaucoup de réals prennent autant de considération envers leurs compositeurs. C’était en tout cas un super match entre nous. Un match très positif. Mais oui, d’avoir des directives, c’est finalement moins contraignant que de ne pas en avoir du tout. La feuille blanche, c’est tout de même assez angoissant. Quand on n’a rien sur sa feuille, que ça peut partir dans n’importe quel sens, c’est un moment très difficile pour un artiste.

Parlons un instant des paroles des chansons. Sont-elles en rapport direct avec les images ou bien là aussi avez-vous pris quelques libertés ?

Certaines sont plus littérales que d’autres. Et finalement celles que je trouve les plus réussies sont celles que j’ai écrites après avoir eu une discussion avec Cyril sur un sujet précis. Souvent, il m’appelait en me racontant le chapitre qu’il allait débuter. Il me parlait des personnages qui allaient intervenir à ce moment dans le film, des paysages, etc… Et moi, je composais à partir de cette discussion. Bien sûr, parfois aussi il m’envoyait des séquences. Mais après les avoir regardées, je les mettais vite de côté pour me concentrer sur les émotions que ces images ou ces discussions m’avaient procurées. Je me suis essentiellement basée sur les émotions, donc, automatiquement, les chansons ne sont pas trop littérales. Oui, bien sûr, ce sont des textes sur l’écologie, mais ils ne sont pas trop techniques non plus. Cette démarche était aussi très nouvelle pour moi. J’ai toujours écrit des textes sur des états d’âme, jamais, ou en tout cas rarement, en rapport avec quelque chose d’extrêmement précis.

C’est ce que j’allais dire, parce que vos textes sont généralement très intimes. Alors qu’ici, ils sont plus généraux.

C’est sûr… D’ailleurs la première chanson que j’ai envoyée à Mélanie et Cyril, c’est « The world to come ». Et c’est celle qui est la plus intime, finalement. Tout dépend de comment on lit le texte. Cette chanson, j’aurais très bien pu la chanter en dehors du film…

Fredrika Stahl © Cyril Dion

Le film est donc un road-movie. Au niveau du son à proprement parler, avez-vous cherché à trouver des ambiances qui collaient aux différents pays que les personnages traversaient et à faire des transitions ?

Pas vraiment. Il y a bien entendu des petites couleurs et des petits détails que j’ai parsemés sur les titres. Ça pouvait passer notamment par le choix de tel ou tel autre instrument. Mais pas trop, quand même… Il y a plusieurs thèmes dans le film, et donc, c’était très important pour moi de garder une cohérence entre les morceaux. Et finalement, c’est un son qui me ressemble beaucoup. À part une chanson qui a des synthés, l’ensemble reste assez organique. Ça collait mieux avec l’esthétique du film.

Il est beaucoup question de voyage et de rencontre dans ce film. Est-ce que le voyage et la rencontre ont nourri votre propre parcours artistique, en dehors de cette aventure précise ?

Oui, parce que chaque chanson, même si elle reste très intime, est nourrie par une rencontre, quelle qu’elle soit. Je trouve toujours assez incroyable de chanter mes chansons à l’autre bout du monde à des gens que je ne connais pas et qui se retrouvent dedans… Quand je chante certains morceaux, j’ai vraiment l’impression d’être connectée avec le public, déjà par le biais de la musique, mais également par les paroles. Parfois des gens viennent me voir après le concert et m’expliquent que telle ou telle chanson les a aidés à traverser un moment difficile dans leur vie, alors que le sujet de la chanson ne parle pas de ça. C’est plutôt un état d’âme dans lequel ils se reconnaissent. C’est incroyable, c’est là qu’on voit toute la force de la musique. Être autant connectée avec un inconnu, c’est l’émotion la plus forte que je peux ressentir par rapport à mon métier de chanteuse. Pouvoir partager des émotions aussi fortes avec des gens que tu ne connais pas, qui ont une autre culture et une autre histoire, franchement, je ne connais rien de plus fort. Mes chansons ont beau être très sensibles et très mélancoliques, quand je les écris, je vis des moments pas forcément très sympathiques ni très agréables. Par contre, quand arrive le moment du partage, tout ça prend un sens. Ces petites chansons servent au moins à quelque chose… Et là, on se dit que nous ne sommes pas seuls, que nous sommes tous pareils finalement, que nous ressentons tous des émotions semblables à différents moments de notre vie. Quand j’étais plus jeune, cette hypersensibilité a été comme un handicap. Je trouvais ça assez insupportable de prendre tout à cœur. Je prenais ça comme un défaut, finalement. Ça m’empêchait d’avancer. Et aujourd’hui, je suis beaucoup plus en paix avec ça aujourd’hui, puisque de cette hypersensibilité, j’en ai fait mon métier. Et ça me permet de me rapprocher des gens. Et si je me dis que mes chansons peuvent parfois aider des gens, eh bien, là, c’est gagné…

C’est là toute la force d’une petite chanson écrite avec ses états d’âme dans sa chambre, elle peut finalement parler à tout le monde.

Effectivement. Et c’est une très grande force ! Et pour en revenir à votre question initiale, à propos de la rencontre et du voyage, c’est vrai qu’ils ont nourri mes chansons au fil du temps. On ne peut pas tromper un public longtemps. Quand on écrit quelque chose de très personnel, c’est à ce moment-là que ça concerne les autres aussi.

Vous participez en ce moment à des projections du film en avant-première, quel accueil reçoit-il ?

Un super accueil, franchement ! Je n’ai pas assisté à toutes les avant-premières, mais à quelques-unes tout de même. On rencontre dans ce genre de soirées des gens qui sont assez engagés. Pour se déplacer pour un film comme celui-là, il faut être, peut-être pas un militant pur et dur, mais engagé tout de même. Et ça, je vais vous avouer que j’avais un peu peur de la réaction de ces militants. Je pensais qu’ils allaient dire que nous n’avions pas parlé de ça ni de telle autre chose. J’avais peur qu’ils disent aussi qu’on n’avait pas assez mis l’accent sur tel aspect. J’avais peur de leurs réactions, en fin de compte. Mais non. Le film reçoit un super accueil. Et finalement, que le film parle aussi bien au grand public qu’aux militants, c’est une réussite. Avant tout, le film est bien entendu fait pour le grand public. Les militants, eux, sont déjà impliqués. Ils connaissent les solutions qui existent. Il y a déjà eu pas mal de films qui parlent des crises que nous rencontrons, et notamment de la crise climatique, mais ce qui change dans ce film, c’est qu’il passe très vite sur les solutions. Ok, il y a des problèmes, mais que pouvons-nous faire ? Quelles solutions s’offrent à nous ? Cyril a travaillé dans différentes ONG, mais le reste de l’équipe sont des gens comme vous et moi, qui sommes concernés mais pas forcément militants. Et ça, c’est aussi une chance pour le film. C’est un film qui est porteur de beaucoup d’espoir finalement. J’ai souvent regardé des documentaires sur l’environnement qui m’ont complètement déprimée. De toute façon, c’est foutu… il n’y a rien à faire... et souvent, en plus, vous vous sentez mal à la fin parce que ce genre de documentaires se termine souvent par un petit discours moralisateur. Mais tout ça, on ne le retrouve pas dans le film. Et ça, c’est génial. Quand on sort de la projection, on n’a pas le moral en berne, on a juste envie d’aller de l’avant et de faire bouger les choses dans le bon sens. Et de mon point de vue, j’espère que la musique va accompagner ce message et le porter peut-être encore un peu plus loin. C’est une bande originale plutôt pop finalement, et j’espère qu’elle aidera le film à aller aussi vers le grand public. Parce ce que c’est du grand public dont nous avons besoin pour ce changement. Je vais d’ailleurs vous raconter une petite anecdote à propos d’une avant-première. Il y a quelques jours nous étions à Perpignan. À la fin du film, une femme s’est levée dans la salle et a proposé quelques terrains dont elle ne faisait rien pour voir ce qu’on pourrait en faire tous ensemble. C’était bizarre, mais c’était magique, finalement. Ce film n’est pas un simple film, il est fait pour déclencher quelque chose derrière. Il faut que ce film ait une suite. Que pouvons-nous faire au niveau local ? À notre petit niveau ? Parce que c’est là que nous pourrons amorcer un début de changement. C’est un documentaire, certes, mais c’est surtout un déclencheur.

Le film est là pour faire prendre conscience de certaines choses aux gens et leur donner l’impulsion pour prendre le relai.

Oui. En tout cas, c’est un film qui donne de l’espoir aux gens. C’est en tout cas ce qu’ils nous disent. Et je pense que nous en avons plus que jamais besoin. On peut faire des choses et aller vers un monde un peu meilleur… La semaine dernière, je suis allée à Stockholm pour la projection du film. C’était juste après les attentats. Eh bien, ça m’a fait vachement de bien de revoir ce film, même si je l’avais déjà vu. C’était agréable de voir qu’il y a autant de gens qui font de belles choses…

C’est un film qui n’est en rien moralisateur. Il est là pour faire du bien. Tout simplement.

C’est là toute la différence d’avec un documentaire classique. Ça ne sert à rien de culpabiliser les gens. Il faut juste leur faire prendre conscience qu’il y a des choses à changer.

Les chansons ont donc été écrites dans le cadre de ce film, mais allez-vous tout de même les chanter sur scène ?

Oui. Je ne sais pas comment va marcher le film, j’espère de tout cœur que tout va aller pour le mieux. S’il fonctionne bien, il y aura peut-être des concerts dans le cadre de ce film, mais je vais jouer certaines de ces nouvelles chansons lors de mes concerts, même si ce n’est pas une tournée qui accompagne le film. C’est sûr ! Parce que ces chansons sont très très personnelles, même si elles accompagnent les images. Je me reconnais très bien dedans.

Justement, cette bande originale, la considérez-vous comme faisant partie intégrante de votre discographie ou plutôt comme une petite parenthèse ?

Je ne sais pas… Je me pose souvent cette question, et je n’ai pas véritablement de réponse. Aujourd’hui, je vous dirais que oui, elle fait partie de ma discographie, en tout cas le EP avec les chansons. Les parties purement instrumentales peut-être un peu moins quoique… (sourire) Là, comme c’est encore tout frais et tout nouveau pour moi, aussi en termes de son puisque c’est la première fois que je réalise moi-même mes chansons, j’ai l’impression d’avoir une identité très personnelle. Après, au niveau des textes, ça reste plus spécifique, donc… tout se mélange un peu dans ma tête en ce moment. Aujourd’hui, oui, ces chansons font partie de mon répertoire. Dans un an, quand j’aurai pris un peu de recul, nous en reparlerons si vous le voulez bien. Je pense que j’aurai une réponse plus juste à vous donner. (sourire) En tout cas, ce qui est certain, c’est que d’avoir chamboulé tous mes repères de travail, affectera mes chansons à venir.

Fredrika Stahl © Mathieu Zazzo

Justement, vous avez réalisé ce disque vous-même. C’est la première fois que vous vous lancer dans cette aventure… Vos impressions ? Allez-vous retenter l’expérience ?

J’ai adoré faire ça ! J’ai surtout appris énormément de choses. Ça m’a permis de me positionner par rapport à moi, mais aussi par rapport aux autres. Et c’est drôle parce que suite à cette expérience en solo, je me sens plus prête que jamais à faire une rencontre avec un réalisateur. Peut-être parce que je suis plus sûre de moi et que j’ai moins peur de laisser de la place. Au début de ma carrière, j’avais très très peur de laisser de la place à quelqu’un. J’avais peur de me perdre d’une certaine façon, de me faire bouffer, de ne plus savoir où j’en étais. C’est un cycle qui est terminé aujourd’hui. D’avoir travaillé toute seule toutes ces années m’a donné envie de laisser de la place à quelqu’un. Une bonne surprise sera la bienvenue. Avant, je n’étais pas dans cet état d’esprit. Quand j’entrais en studio, j’étais très protectrice avec mes chansons. J’avais peur que quelqu’un d’autre y touche. Je voulais garder un contrôle absolu. Alors que maintenant, je veux bien lâcher prise parce que je sais que je saurai plus rapidement si telle proposition me convient ou non.

D’être seule vous a appris à mieux travailler avec les autres.

Oui. Maintenant, je sais ce que quelqu’un d’autre pourra m’apporter. Je me connais mieux moi-même finalement. Et parce que je me connais mieux moi-même, j’ai moins peur de travailler avec quelqu’un d’autre.

Propos recueillis par Luc Dehon le 24 novembre 2015.
Photos : Mathieu Zazzo, Cyril Dion, DR

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« Demain », le film, sortie le 2 décembre en France et le 6 janvier en Belgique.

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