Interview de Rémy Bricka

Propos recueillis par IdolesMag.com le 10/11/2015.
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Remy Bricka - DR

Tiens ! (re) Voilà le marchand de ballons ! Rémy Bricka revient avec un tout nouvel album, « Au pays magique des fêtes et des anniversaires ». C’est avec un énorme plaisir que nous avons contacté Rémy afin d’en savoir plus sur ce projet rempli de joie, de bonheur et de couleurs. Rencontre avec un artiste plein de vie, de rêves et d’espoir qui nous fait voir la vie en couleurs depuis de nombreuses années…

Quand avez-vous mis ce nouveau projet sur les rails ? Quel en a été le moteur ?

Je voulais faire quelque chose d’intemporel parce que souvent les disques sortent et repartent aussi vite. Donc, ce disque articulé autour des différentes fêtes me permettait d’être dans le cœur des gens un peu tout au long de l’année. Chaque année, les fêtes d’anniversaire reviennent, c’est la même chose pour la nouvelle année ou Halloween et la fête des amoureux. Toutes ces fêtes-là sont des marqueurs de temps. Elles reviennent tous les Remy Bricka, Au pays magique des fetes et des anniversairesans. Elles font partie de notre quotidien. Et ce que je souhaitais, c’était faire un disque qui soit une sorte de patchwork de notre vie à l’année. Pratiquement tous les mois, il se passe quelque chose, nous fêtons quelque chose. Ce disque, c’était donc un clin d’œil à toutes ces fêtes qui réunissent les gens et qui permettent la convivialité et le fait d’être réunis ensemble et heureux. Naturellement, je suis quelqu’un de très tolérant. Je suis pour l’amitié entre les peuples. Comme je le dis souvent, je suis un citoyen du monde et un Européen convaincu. Je ne suis pas du tout pour le repli sur soi-même. Je suis plutôt pour l’amitié entre les peuples.

Le parcours de ce disque a-t-il été difficile ?

D’une certaine manière, le chemin a été facile. Il suffisait de choisir les bonnes fêtes qui pourraient plaire à tout le monde. Ce que je ne voulais pas, c’était tomber dans le panneau des fêtes religieuses. Beaucoup de religions différentes sont présentes en France, et un peu partout dans le monde d’ailleurs, donc je ne voulais pas parler d’une religion plutôt que d’une autre. Prenons l’exemple de Noël, c’est une fête religieuse, certes, mais la chanson que je chante s’appelle « Madame Noël ». C’est un peu décalé, mais c’est volontaire. Je ne voulais pas non plus reprendre le « Petit Papa Noël » de Tino Rossi. J’ai souhaité aussi chanter Saint-Nicolas pour bien souligner le fait que Noël, c’est bien, mais qu’avant Noël, on fête Saint-Nicolas. Saint-Nicolas est toujours fêté dans l’est de la France, en Belgique et en Hollande. Même aux États-Unis où on l’appelle Santa Claus…

En Belgique, la fête de Saint-Nicolas est même plus importante que celle de Noël.

C’est vrai. Et comme j’ai une grande part de mon public en Belgique, dans le Nord et dans l’est de la France, je ne voulais pas faire l’impasse sur Saint-Nicolas. Ce sont des régions que je porte dans mon cœur et le public me le rend bien ! (sourire) Ce sont des gens qui ont le sens de la fête… En parlant du public belge, les Gilles de Binche me reviennent en tête, avec leurs grelots… Ce sont un peu les ancêtres de l’homme-orchestre, quelque part… L’homme-orchestre était au départ un métier de rue. C’était musical, bien entendu, mais c’était avant tout visuel. Et moi, j’ai réussi en tant qu’homme-orchestre grâce au fait que j’ai modernisé mes instruments et également grâce à la voix. Parce que le fait de chanter permet de se mettre à la page. On le sait très bien, les morceaux instrumentaux ne font pas tout un spectacle. La voix fait partie intégrante d’un spectacle, c’est un instrument très important.

Quand vous est venue cette envie de devenir un homme-orchestre, justement ?

J’ai toujours voulu être chanteur. Mon époque, c’était celle des yé-yés. On écoutait « Salut les copains ! » en cachette quand les parents n’étaient pas là puisque ce n’était pas le genre de musique qu’ils aimaient écouter… (sourire) En Alsace, d’où je viens, on écoutait aussi beaucoup de chansons allemandes. Mes idoles, je les placardais au mur comme beaucoup d’adolescents et je rêvais de leur ressembler. Alors, j’ai travaillé pendant les vacances pour m’acheter une guitare. Et par la suite, puisque j’avais appris à jouer de la flûte à bec à l’école, j’ai eu l’idée de jouer de la flûte au début de mes chansons. À ce moment-là, j’étais adolescent, j’écrivais essentiellement des protestsongs. C’était mon côté révolté ! (sourire) J’exprimais cette révolte au travers de mes chansons et de mes poèmes. Plus tard, quand je suis monté à Paris, j’ai voulu marier les deux instruments. Puis, je suis passé de la flûte à l’harmonica et je me suis rendu compte qu’il y avait un temps mort quand je passais de la flûte à la guitare. Donc, ce temps mort, j’ai voulu le combler… c’est pour cette raison que j’ai accroché des grelots et un tambourin sur mon bras gauche. Par la suite, je me suis rendu compte que ce tambourin pouvait me servir pour le rythme. Et c’est comme ça que petit à petit des instruments se sont greffés sur moi, comme l’harmonica. Il me manquait encore la grosse caisse, mais les gens venaient déjà me trouver en me disant « ça va, l’homme-orchestre ? » Finalement, je me suis rendu à l’évidence, j’étais devenu homme-orchestre malgré moi… (sourire) Mais le passage important, pour parfaire l’homme-orchestre, ça a été d’intégrer la grosse caisse. C’était le gros instrument qui me manquait. Pendant un ou deux ans, je suis resté sans grosse caisse, mais c’est elle qui a parachevé le personnage de l’homme-orchestre, c’est certain.

Vous devez avoir une vingtaine d’instruments sur vous…

Oui, mais il y a surtout deux instruments majeurs qui sont présents traditionnellement sur les hommes-orchestre. C’est soit l’accordéon, soit la guitare, l’instrument qu’on porte devant. On a vu quelques hommes-orchestre jouer de la cornemuse également, mais c’est très très rare. La tradition de l’homme-orchestre avec un accordéon vient plutôt du côté belge et l’homme-orchestre avec une guitare vient plutôt d’Angleterre. C’est leur côté pop, certainement ! Et moi, comme j’étais plus attiré par la guitare et le côté folk de la musique, j’ai choisi une guitare.

Qui vous a influencé, justement ?

Donovan, Bob Dylan, Joan Baez et aussi Hugues Aufray qui a repris beaucoup de titres anglo-saxons. C’est parce que le folk m’attirait que j’ai choisi de prendre une guitare. Ça vient de là…

Revenons-en « Au Pays Magique des Fêtes et des Anniversaires ». Nous vivons aujourd’hui dans une époque troublée. Pensez-vous que les gens ont perdu le sens de la fête ?

Parfois. Et je pense que la fête manque vraiment. Pourquoi ? Parce que la fête, par définition, c’est un moment où les gens peuvent se rassembler. Et de nos jours, tout est compartimenté, chacun vit un peu pour soi. Et le fait d’avoir des occasions de nous réunir nous permet de parler les uns avec les autres, de ne pas simplement se dire « bonjour, ça va ? » « Ça va, et toi ? »On n’attend même pas la réponse. Le « ça va ? » est devenu comme une ponctuation de phrase, c’est même moins éloquent que si on disait « je me peigne » ou « je me rase ». Ça devient une sorte d’automatisme. Alors que le fait de boire un verre ensemble, de discuter, de rigoler, de danser ou simplement de voir les enfants jouer ensemble, ça fait du bien… D’ailleurs ce disque, il est pour la famille. Pour les enfants comme pour les grands. Tout le monde peut s’y retrouver. C’est pour ça que je n’ai pas voulu faire de catégories de fêtes ou que sais-je ? Non. Tout le monde peut se retrouver dans les chansons.

Vous avez construit le disque comme une histoire, j’ai presque envie de dire comme une comédie musicale. Nous le savons, monter une comédie musicale est une entreprise délicate, mais est-ce un projet qui pourrait vous animer ?

Bien sûr ! Mais on verra de l’accueil que va recevoir le disque. Il faut déjà que les gens sachent qu’il est sorti, ensuite qu’ils l’écoutent et puis qu’ils l’aiment… De nos jours, énormément de disques, de livres et d’œuvres artistiques au sens large, sortent. Et donc, le disque est parachuté là-dedans… Il faut bien reconnaître aussi que je suis un personnage un peu singulier dans le show-business… je suis un homme un peu extraordinaire au sens propre du terme ! (rires) Alors, est-ce que les gens aimeront ces nouvelles chansons ? L’avenir nous le dira. Ce qui est important, déjà, c’est que les gens sachent que l’homme-orchestre continue à vivre. L’homme-orchestre est en lui-même un personnage un peu hors du temps et hors des modes. Après, on verra comment le disque en lui-même sera accueilli. Mais c’est vrai, il y a une histoire dans ce disque. Ça commence par « le Roi du kazou » qui permet de dire que chacun peut jouer d’un instrument de musique… le kazou, finalement, il suffit de chantonner dedans pour que l’instrument se mette à jouer. C’est comme une petite trompette, le kazou. Ce titre me permet aussi de me resituer par rapport aux gens et de leur signifier que l’homme-orchestre n’est pas mort, qu’il est toujours vivant et qu’il tente encore et toujours d’apporter du bonheur aux gens. C’est un message d’accueil que je voulais apporter. Après, tout se déroule comme vous le dites, comme une comédie musicale…

Remy Bricka - DR

Vous chantez déjà quelques chansons sur scène.

Oui, oui. Dimanche prochain, je serai en Vendée et je chanterai pas mal de chansons qui sont présentes sur ce disque. Alors, il est bien entendu difficile de chanter les chansons qui sont complètement hors-saison, comme « Joyeux Halloween »… (sourire) Par contre, d’autres sont plus intemporelles, comme « La fête des amoureux ». Parce que même si on la fête traditionnellement le 14 février, on peut la chanter un peu tout le temps. On peut tomber amoureux tout au long de l’année… C’est la même chose pour « La colline au Coralines », « Le roi du kazou », « À l’Europa Park » ou « La chanson du Pays magique ». Ce sont des chansons que je chante tout le temps. Par contre « Bonne année, meilleurs souhaits », je préfère la chanter à la fin de l’année… Mais elle approche à grands pas ! (rires)

Vous venez de me parler de « La colline aux Coralines » de Jean-Michel Caradec. Qu’est-ce qui vous a donné envie de reprendre cette chanson ?

C’est Dominique Gorse qui a écrit pas mal de chansons du disque qui a eu cette idée. C’est son idée à lui. Il trouvait que cette chanson m’irait très bien et correspondait parfaitement à l’univers de ce disque. Je la connaissais bien et comme j’aime beaucoup tout ce que Jean-Michel Caradec a pu écrire, je me suis dit que ce serait un bel hommage à lui rendre puisqu’il nous a quittés un peu trop vite… Quelque part, je crois que les chansons continuent à vivre même si leur auteur disparaît. Les chansons ont ce côté éternel qui est assez magique. Une chanson reste dans l’inconscient collectif. Et celle-ci en particulier. Qu’on puisse la remettre au goût du jour, eh bien tant mieux !

Et puis, elle s’intègre parfaitement aux autres. Elle trouve parfaitement sa place.

Oui. En tout cas, elle me parlait vraiment. Elle parle des enfants et d’une attitude que les enfants peuvent avoir en général face à la vie, aux rêves ou aux animaux. C’est une chanson intemporelle et je suis très content de l’avoir reprise.

Vous m’avez parlé tout à l’heure de la chanson « À l’Europa Park ». Il y a là-bas une place qui porte votre nom… Qu’est-ce que ça vous a fait ? Ce n’est pas banal…

Déjà, c’est une place où beaucoup de gens passent ! Et ça, c’est assez rare pour le souligner. On peut avoir une place ou un nom de rue de son vivant, mais si c’est dans un petit village perdu au fin fond de la France, ça ne sert pas à grand-chose… (sourire) Là, je suis très fier parce que c’est un parc qui a plus de cinq millions de visiteurs par an ! Je suis donc très honoré d’avoir mon nom sur cette place. Et je dois vous avouer que j’ai été le premier surpris quand on m’a annoncé la nouvelle. C’était il y a cinq ans. On m’a amené à l’endroit et ils ont tiré sur un drapeau bleu-blanc-rouge et là, j’ai découvert la « Place Rémy Bricka ». Je suis un des rares français à avoir le nom d’une place en Allemagne.

Effectivement, ce n’est pas banal…

Vous pouvez le dire ! C’est en tout cas un très bel hommage qu’ils m’ont rendu là. Ça fait très longtemps que je me produis dans ce parc et je l’ai vu grandir au fil des années. Actuellement, c’est le deuxième plus gros parc d’Europe, juste derrière Disney. Et ce qui est formidable, c’est que c’est un parc familial. Ce n’est pas une multinationale qui est derrière tout ça. Ce sont des forains au départ qui ont construit eux-mêmes leurs attractions. Et ce sont des gens qui apprécient ce que je fais. Donc, c’est le plus bel hommage qu’on pouvait me faire. Et de mon vivant, de surcroit ! C’est assez touchant. Je suis resté sans voix quand on m’a appris la nouvelle. Lorsque des gens extraordinaires se croisent, il ne peut en sortir que des choses bien. Nous avons lié une belle amitié avec la famille Mack. Ce sont des gens qui ont travaillé dur pour donner du rêve aux gens. Et c’est aussi ce que j’ai essayé modestement de faire en musique, faire un don de soi. C’est une famille tricentenaire. C’est une véritable dynastie. Ce sont des gens qui savent ce qu’est le travail. Comme le dit toujours Roland Mack qui est actuellement le PDG du parc, « D’abord beaucoup travailler, après beaucoup fêter » [Rémy le dit en prenant l’accent allemand] (rires). C’est la mentalité allemande… On fait d’abord du bon travail, et après on pense à une très grosse fête. Ce disque correspond vraiment à l’esprit de ce parc. C’est pour ça que j’ai écrit une chanson en français et en allemand. Il faut la voir comme une sorte de remerciement que je leur adresse. Je vous disais tout à l’heure que je me considérais comme un citoyen du monde et que j’étais un européen convaincu, eh bien, il n’y a pas de hasard… ce parc merveilleux s’appelle l’Europa Park. Ce sont des gens qui, il y a quarante ans, croyaient déjà en l’Europe…

Je vais vous épargner la question de savoir quelle est votre fête préférée parce finalement, elles sont toutes importantes à un moment ou à un autre, mais comme nous arrivons à la période des fêtes de fin d’années… Quel est votre plus beau souvenir de Noël ?

Tout simplement lorsque nous étions enfants et que nous découvrions nos cadeaux. C’étaient des cadeaux modestes, bien évidemment. On recevait toujours quelque chose de pratique, comme une paire de chaussettes, et des oranges, des mandarines et peut-être un petit bout de chocolat. On était heureux ! Ce n’est pas la valeur des cadeaux qui me faisait plaisir, mais la réjouissance de Noël. Écouter à la radio les chants de Noël le soir du réveillon avec mes parents et mes frères et sœurs, c’étaient ça mes plus beaux moments. C’était quand nous étions ensemble. Je suis tout de même l’aîné d’une famille de huit enfants… (sourire) Donc, Noël, c’était avant tout le plaisir d’être tous ensemble. Nos voisins allaient à la messe de Noël, nous, nous nous réunissions tous ensemble. Mon papa allait frapper au volet en disant que le Père Noël rodait autour de la maison. C’était magique et en même temps, il y avait aussi une certaine forme d’angoisse parce que comme tous les enfants, on avait un peu peur du grand bonhomme qu’est le Père Noël. C’était un mélange de joie immense et d’un soupçon d’inquiétude.

Et aujourd’hui, Noël reste, je l’imagine, une fête très importante pour vous.

Bien sûr ! Les gens se moquent souvent de moi quand je leur dis que je crois toujours au Père Noël. C’est tellement beau de croire au Père Noël. Croire au Père Noël, c’est croire à l’espoir et à un monde meilleur. Je suis plutôt optimiste comme garçon… et je crois en l’être humain. Très peu ne sont pas des gens biens. Et un être humain qui n’est pas bien… c’est qu’il n’est pas heureux. Les fêtes permettent aussi de faire oublier les soucis et d’apaiser tout ça. Quand on se réunit et qu’on se tend la main… qu’y a-t-il de plus beau ?

En parlant d’espoir et d’optimisme, vous avez chanté il y a une petite quarantaine d’années maintenant « La vie en couleurs »… Comment expliquez-vous que ce titre soit resté dans toutes les mémoires et dans le cœur du public ? Et que la simple évocation de votre nom fasse jaillir des étincelles dans les yeux ?

Il y a deux choses, je pense. C’est l’association d’une chanson et d’un artiste. J’ai véritablement incarné cette chanson. « La vie en couleurs », ça veut tout dire. Ce n’est pas une vie en noir et blanc. Les couleurs, c’est quoi ? C’est la vie, c’est la joie, c’est la gaieté, c’est le bonheur. Donc, quand on incarne la fête, puisque cette chanson parle d’une fête foraine, ça nous ramène aussi à l’enfance. Aujourd’hui, les enfants qui sont devenus grands et qui aiment encore cette chanson, c’est parce qu’elle leur rappelle leur jeunesse. La fête foraine, l’homme-orchestre qu’ils voyaient à la télé… C’est un mélange assez extraordinaire qui se passe dans la tête des gens. D’un côté, on a la chanson en elle-même qui est très joyeuse, avec des paroles très positives. Et d’un autre, il y a l’idole de jeunesse… Vous savez je rencontre parfois aujourd’hui de jeunes dames qui m’avouent que quand elles étaient petites, elles voulaient se marier avec moi. Ça me touche, bien évidemment… (sourire) C’est candide. Et quand les choses sont candides, elles sont belles. Nous avons besoin de notre innocence.

La pochette illustre cette notion de rêve et de candeur également.

C’est un rêve au sens de la fête. Ce rêve qu’on peut faire en regardant au travers d’un nuage. Une porte dans un nuage, et hop, on s’engouffre dedans et on est parti dans le pays des rêves. C’est un pays magique. Ça peut paraître un peu simple ce que je dis, mais retrouver son innocence, c’est important…

Les enfants devant lesquels vous chantez aujourd’hui sont-ils aussi émerveillés que nous l’étions à l’époque ?

Je pense que les enfants restent toujours émerveillés par les mêmes choses. Un enfant restera toujours un enfant. Ils ont une innocence qui n’appartient qu’à eux. Je parle bien entendu des enfants qui n’ont pas été maltraités et qui n’ont subi aucune violence physique ou morale. Mais un enfant heureux restera toujours un enfant heureux. Il aura toujours les yeux qui brillent et des étoiles dans les yeux… Il aura beau avoir Internet, les tablettes ou la télé, un enfant restera toujours un enfant. C’est quelque chose d’éternel. Même si les temps ont changé, un enfant reste un enfant. Mais les temps ont toujours changé, quelles que soient les époques. Dans les années soixante, Dylan chantait déjà « The time are changing ». Cinquante ans après, les temps ont continué à changer mais l’innocence et l’émerveillement restent éternels. Donc en ce qui me concerne, l’accueil des enfants est toujours le même. Quand je fais partir un feu d’artifice, la surprise est toujours aussi grande. Voir un feu d’artifice juste devant soi comme ça, c’est rare finalement ! On voit les feux d’artifices dans le ciel au 14 juillet ou à la nouvelle année, mais le ciel… c’est loin. Là, quand je lance un feu d’artifice, il y a une réelle proximité. C’est la même chose quand je leur présente une colombe de la paix. Ils sont surpris, ils ont envie de la caresser. La curiosité des enfants est éternelle.

Vous me disiez tout à l’heure que vous vous considériez comme un personnage singulier dans le show-biz. En parlant de personnage singulier, je pense à Julien Doré. Vous avez tourné dans son clip, « Les Limites »…

C’est son équipe qui m’a contacté. Et naturellement, ça a été un énorme plaisir pour moi de participer à ce clip. Julien est un artiste complet. Il ne sort pas de nulle part, il est tout de même diplômé des Beaux-Arts. C’est un grand chanteur, mais il est également un auteur et un compositeur de grand talent. C’est un artiste authentique. Je suis pour l’authenticité. Et donc, je ne pouvais que répondre présent. Pour moi, c’était un grand honneur qu’il me faisait en me demandant de participer à son clip. Nous avons parlé un peu tous les deux, et il m’a avoué qu’il était un peu gêné de me rencontrer parce qu’il m’admirait. Julien, avant d’être un grand artiste, est resté un grand enfant. J’étais émerveillé devant lui tout comme lui l’était devant moi. J’aime beaucoup les artistes qui n’ont pas trop grandi, ceux qui ont gardé leur âme d’enfant.

Justement, qui sont à vos yeux les jeunes artistes importants.

Ils sont nombreux… Quand un artiste porte un message, il est forcément important. J’aime beaucoup Julien Doré, évidemment. Mais j’apprécie énormément Shy’m aussi. J’aime les artistes qui sont modernes et qui collent à leur époque. Je suis un peu moins attiré par la génération de chanteurs à textes, je suis plus attiré par la génération qui amène du rythme et de la fête. J’aime beaucoup une artiste comme Zaz. Je suis très impressionné par son parcours. Elle a réussi à aller au-delà des frontières. C’est rare et c’est beau. Kendji Girac va lui aussi faire un beau parcours. Il est bien parti. La musique gitane, c’est une musique authentique. Elle parle au cœur directement. Et puis, Kendji, c’est un gars qui vient d’une communauté et qui apporte sur scène l’âme de sa communauté. C’est quelqu’un qui ne s’est pas installé dans les grands palaces. Il continue à vivre une vie authentique. J’aime les artistes qui restent eux-mêmes, ceux qui apportent quelque chose à la musique, que ce soit un rythme, un folklore ou une identité. Là, Kendji, il apporte tout le folklore et les valeurs de son peuple. J’aime beaucoup ça. Mais vous savez, je reste aussi fidèle à l’ancienne génération, comme Hugues Aufray. Jean-Louis Aubert ou Jean-Jacques Goldman. Ils sont toujours d’actualité.

Nous avons beaucoup parlé de musique, mais vous avez réussi un exploit assez extraordinaire il y a quelques années, c’est la traversée de l’Atlantique sur des skis flotteurs. Qu’est-ce que ça vous a appris ? C’est un dépassement de soi assez exceptionnel…

Déjà, j’ai appris à me connaître moi-même. J’ai appris qui j’étais. Souvent, on vit une vie et on ne se connaît pas assez. Le fait d’être confronté uniquement à soi-même pendant des mois et des mois tout seul au milieu de l’océan, ça vous en apprend beaucoup… Il y a le miroir de la mer qui nous projette votre image. On est confronté à soi-même, à ses propres peurs, à ses angoisses. Ça permet de trouver en soi une certaine sérénité. On fait la part des choses importantes et des choses futiles. « Don’t worry, be Happy ». Il ne faut pas s’en faire dans la vie. Soyons heureux, parce que de toute façon, notre vie passe trop vite. Lorsqu’on est séparé du monde et de la vie moderne et qu’on se retrouve seul, on se pose une question importante « qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? » Pourquoi s’inquiéter pour des choses futiles ? Cette traversée de l’Atlantique m’a permis de relativiser les choses.

Vous êtes-vous fixé encore d’autres challenges de cette envergure ?

Le fait de sortir un disque, c’est un véritable challenge en soi ! Ce n’est pas évident de sortir et de bien le produire en 2015. J’ai fait de la peinture pendant un temps, j’ai laissé cette discipline de côté parce qu’on ne peut pas suivre plusieurs lièvres à la fois comme on dit… (sourire) Mais jusqu’à ma mort physique, j’aurai des challenges. Ça fait partie de ma vie. Je ne conçois pas la vie sans rêves à réaliser. Chacun devrait avoir des rêves à réaliser. Et lorsqu’on en a réalisé un… un autre apparaît. J’en ai tellement de rêves ! Si j’écrivais tous les rêves qui m’animent, je n’aurais pas assez d’un cahier. Les années ne me suffiront pas de toute façon…

Propos recueillis par Luc Dehon le 10 novembre 2015.
Photos : DR

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Retrouvez Rémy Bricka en live :

En novembre :

  • Le 14 à Le Poiré sur Vie (85)
  • Le 28 à L'Hay les Roses (94)

En décembre :

  • Le 5 à Saint-Pol-sur-Ternoise (C.E) (62)
  • Le 6 à Givet (08)
  • Le 12 à Bondoufle (C.E) (91)
  • Le 13 à Pont à Vendin (62)
  • Le 16 à Calais (C.E) (62)
  • Le 18 à Châteauneuf-sur-Loire (45)
  • Le 19& 20 à Saint-Clément
  • Les 21 & 22 à Tours (37)
  • Le 23 à Amboise (37)
  • Le 27 à Trith-Saint-Léger (C.E) (59)
  • Les 28, 29 & 30 à l'Europa-Park (DE)








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