Interview de Glasgow

Propos recueillis par IdolesMag.com le 08/07/2015.
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Glasgow © E. Soudan

Un peu plus de deux ans après un excellent premier album, « Le Sexe des Anges », le tandem Glasgow revient avec un nouvel EP particulièrement enthousiasmant, « Anthropocène, Épisode 1 », où l’Homme, l’écologie et la science-fiction font plutôt super bon ménage. Glasgow a mûri, et très bien mûri. Nous avons été une nouvelle fois avec plaisir à la rencontre de Cris & Sofi afin d’en savoir un peu plus…

Commençons par une petite piqûre de rappel. Dans quelles circonstances « Glasgow » a-t-il vu le jour ?

Cris : J’ai monté un groupe il y a quelques années avec d’autres personnes qui ne sont plus là aujourd’hui. Je cherchais un guitariste et en l’occurrence, je suis tombé sur une guitariste.

Sofi : Le groupe s’appelait déjà Glasgow avant mon arrivée.

Glasgow, Anthropocene episode ICris : Effectivement. Bref, je cherchais un guitariste avec un peu le fantasme que ce soit une guitariste. Et mon vœu s’est exaucé… Ce qui est très drôle, c’est que Sofi revenait d’une année à Glasgow. C’est juste à ce moment, en revenant en France, qu’elle a vu l’annonce d’un groupe qui cherchait un guitariste et qu’elle a répondu à cette annonce… le hasard fait bien les choses ! (sourire) Ça, ce sont les débuts. Après, le groupe a pas mal évolué pour en arriver à son line-up actuel. La complicité artistique entre Sofi et moi étant très importante, le projet s’est, au fil des années, recentré de plus en plus autour du binôme.

En 2012, vous avez sorti un premier album « Le Sexe des Anges », quel bilan tirez-vous de son exploitation ?

Sofi : Avec cet album… nous sortions de nulle part ! Nous avions monté notre propre label pour produire un album dans des conditions pro avec un réalisateur renommé, en l’occurrence Djoum. Cet album a mis un peu de temps avant de sortir. Nous l’avions enregistré en 2010, et il n’est sorti que fin 2012. Mais il nous a permis de fidéliser des partenaires autour de notre projet, à savoir un éditeur, un tourneur, etc… « Le Sexe des Anges » a été une très bonne carte de visite et nous a permis de nous structurer au-delà de la production musicale pure.

Cris : C’était le point de départ finalement.

Sofi : Ce premier album nous a permis de faire pas mal de concerts également. Ensuite, on a commis pas mal d’erreurs, et notamment dans la manière de l’exploiter et de le diffuser, mais en tout cas, si on peut en faire un deuxième aujourd’hui… c’est que ça s’est plutôt bien passé ! (rires) On joue encore en live des titres de ce premier album, ça nous fait toujours plaisir. En tout cas, ce premier disque a été une très bonne expérience.

Glasgow / Sofi © E. Soudan

Les choses ont plutôt bougé dans le bon sens, finalement.

Cris : C’est clair. Mais très franchement, on a beaucoup réfléchi avant de nous relancer dans un nouveau projet d’album.

Le fait de publier plusieurs Ep faisait-il partie de cette réflexion ?

Cris : Complètement. On est parti sur une série de plusieurs EP, d’ailleurs celui qui sort maintenant  s’appelle « Anthropocène, Épisode 1 ». Cette réflexion a découlé de l’expérience du premier album. Sur un premier album, tu balances toutes tes cartouches d’un coup. Et après, tu mets un bon moment pour le développer. Alors que là, notre projet s’inscrit plus dans une continuité. Déjà parce qu’on va pouvoir faire des concerts entre les sorties des EP et que les chansons pourront vivre et se patiner sur scène. Si on voulait résumer, on pourrait dire que nous faisons la démarche inverse de celle que nous avons faite sur le premier album. Sur « Le Sexe des Anges », on avait écrit les chansons avant de les faire vivre sur scène, alors que là, les chansons ont d’abord vécu sur scène avant d’être enregistrées. Donc, c’est un peu la démarche inverse. Et c’est très enthousiasmant. Sur certaines chansons qui sont dans le EP, on a eu un retour du public avant de les choisir.

L’idée de publier plusieurs formats courts dans le temps plutôt qu’un seul format long était donc un postulat de départ.

Cris : Oui. Dès le début, on s’est dit qu’on voulait absolument faire un deuxième album, mais qu’il allait être splitté en plusieurs épisodes. Aussi parce que ça collait à l’idée de cet extraterrestre qui arrive sur terre et qui découvre la civilisation humaine. Ce personnage-là, on a voulu le faire vivre au moyen des différents épisodes. C’était un peu l’idée de base…

Glasgow / Cris © E. Soudan

Il y aura donc plusieurs épisodes, donc plusieurs EP. Mais au final, y aura-t-il un album ?

Cris : Oui, oui, l’épilogue sera un album, en l’occurrence. Maintenant, nous, dans l’idéal, nous sommes partis sur une trilogie. Après, on espère que ça sera comme ça, à savoir deux épisodes et un troisième, sous forme d’épilogue, qui sera un album, avec quelques titres inédits. Cet album sera une sorte de conclusion de cette aventure.

Quand vous êtes-vous remis à travailler véritablement sur « Anthropocène » après la sortie du « Sexe des Anges » ?

Sofi : On a toujours plus ou moins écrit des chansons, même si on ne les jouait pas sur scène, et même très vite après la sortie du premier album. Petit à petit, on a commencé à intégrer quelques nouveaux titres dans notre set « Sexe des Anges ». On a donc testé pas mal de titres en live. Tout s’est finalement accéléré l’année dernière. Là, nous avons un peu levé le pied sur tout ce qui était dates de concerts et nous nous sommes véritablement immergés dans l’écriture pour Cris et dans la compo, pour moi. Ensuite, on a finalisé les arrangements et on a fait un choix parmi tous les titres pour définir ceux qui allaient figurer sur ce deuxième EP. Donc, la création est montée en puissance au fil du temps, bien que nous ayons des morceaux en réserve depuis un moment. On ne s’arrête finalement jamais d’écrire, ce serait dommage et… c’est devenu un besoin aussi. (rires) En dehors des représentations, on est dans une dynamique d’écriture assez forte. Mais soyons honnêtes, il y a eu un gros coup de boost l’année dernière avant l’enregistrement.

Musicalement, comment qualifieriez-vous l’évolution du son de Glasgow entre « Le Sexe des Anges » et « Anthropocène » ?

Cris : Plus authentique, plus brut… et paradoxalement plus produit aussi. Les chansons ont été beaucoup travaillées en amont, puis au moment de l’enregistrement véritablement, on s’est essentiellement basés sur du live. On voulait quelque chose de plus instinctif.

Sofi : On a fait plusieurs one-shot d’ailleurs.

Cris : Je pense que c’est instinctif le mot que je retiendrais. Instinctif sur la chanson en elle-même, entendons-nous bien. Après, sur le son, il y a évidemment eu beaucoup de recherche et de travail. La différence entre les deux disques est essentiellement là. Et puis, cette fois-ci, nous avons travaillé avec un anglais. C’est une autre manière de voir le son, et de le travailler. Il est peut-être un peu plus « sale » entre guillemets, et moins léger. Mais par contre, du coup, il correspond beaucoup plus à une énergie live.

Glasgow © E. Soudan

Comme tu viens de l’évoquer, parlons un instant de votre collaboration avec Paul Reeve (Muse, Razorlight, Supergrass). Comment est-il arrivé sur le projet ? Comment s’est passée votre collaboration ? Et avec le recul, que vous a-t-il apporté ?

Cris : Il nous a apporté beaucoup de choses… (rires) Alors, reprenons les choses par le début… Nous sommes complètement indépendants, donc il faut qu’on trouve en permanence des moyens pour continuer à produire des choses de qualité, en ayant toujours le concours de quelqu’un d’expérimenté. Sur le premier album, nous avions travaillé avec Djoum. Là, idem, il fallait qu’on trouve un réalisateur. Nous ne pouvions pas réaliser ce disque nous-même pour de multiples raisons, et déjà tout simplement parce qu’en tant qu’artiste, je pense que ce serait fort prétentieux de dire qu’on a le recul nécessaire sur nos chansons pour les réaliser. On a toujours besoin d’un avis extérieur. Le fantasme de travailler avec un anglais était présent en nous depuis longtemps puisque nos influences à tous les deux sont essentiellement anglo-saxonnes. L’envie était présente et bien présente, même (sourire). On a démarché pas mal de monde, des plus petits aux plus grands, en essayant de se dire qu’il fallait que ce soit avant tout un coup de cœur artistique. Parce qu’évidemment, personne ne travaille gratuitement, mais il fallait que ce soit avant tout un coup de cœur artistique parce qu’on n’avait pas tout simplement les mêmes moyens qu’une major ou un gros label. Donc, parmi toutes les personnes que nous avons contactées, il y avait Paul. C’est quelqu’un qui est très engagé pour les groupes en développement et c’est un spécialiste de la voix. Mais c’est avant tout quelqu’un qui travaille sur le développement artistique, et ça, ça nous plaisait beaucoup. Rapidement, on s’est dit qu’il serait l’homme de la situation… et coup de chance, il a répondu favorablement à notre requête. Il semblait très intéressé et enthousiaste envers le groupe. Et puis, c’est quelqu’un qui parle artistique avant de parler d’argent, et ça, c’est devenu un peu rare… (sourire) C’était un point super important pour nous.

Il a mis ta voix vraiment bien en avant…

Cris : Effectivement. C’est un spécialiste de la voix… Il va chercher l’émotion à l’intérieur. Quand une prise de voix est bonne, il la garde en entier, quand elle est mauvaise, il la jette en entier, et on recommence jusqu’à ce que ce soit bon. Et si ce n’est pas bon un jour, ce sera bon le lendemain ou le surlendemain. Cette expérience-là n’avait pas été pareille sur « Le Sexe des Anges ». Là, c’était un travail sur un premier album, donc on avait nous aussi beaucoup moins de recul et moins d’expérience. Donc, les choses ont été plus scolaires. Là, il y avait un côté beaucoup plus profond. Et puis, Paul est anglais, donc, il ne comprend pas forcément très bien le français. Même s’il nous a demandé le sens des textes de chaque chanson, il ne s’est pas arrêté sur chaque mot. Il s’est plus attaché à la globalité de la chanson, sur son émotion globale. Ça, c’est une expérience artistiquement très enrichissante. Du fait de la barrière de la langue et de par son expérience, en un mot ou deux, il arrive à donner le bon ton et la bonne énergie. En tout cas, c’est le retour que je peux en faire… Après, je ne sais pas pour toi Sof’…

Sofi : Il faut tout de même savoir que nous avions vraiment pas mal abouti les maquettes en amont et que les échanges avec Paul avaient été assez constructifs. Il nous a fait essayer plusieurs versions et notamment dans les arrangements. Après, il y a eu la rencontre réelle. Et donc quand nous sommes rentrés en studio avec lui, nous avons vraiment profité du temps qui nous était imparti pour aller vers la performance chacun dans son domaine, comme vient de te l’expliquer Cris. Ça s’est passé de la même manière pour moi avec les guitares, les claviers et les pianos que j’ai pu faire. Souvent, ça a été du live et même parfois du one-shot. En tout cas, autant que possible. Jouer debout, dans les conditions du live, ça donne une super énergie. Il y avait en tout cas une très belle osmose entre nous. Sur les sons aussi, il m’a pas mal poussée. Il y avait pas mal de volume, un ampli par instrument sans effet additionnel. Ce qui donne quelque chose d’assez brut finalement mais qui correspond bien à l’esprit des morceaux. Du moins, c’est ce que je ressens.

Cris : Il y a une anecdote qui est assez sympa et intéressante par rapport à ce travail que nous avons fait avec Paul, c’est que le premier jour où nous nous sommes retrouvés en studio, nous nous connaissions déjà depuis au moins six mois puisque nous échangions depuis un bon moment, il nous a demandé de jouer nos morceaux en live sans additionnel, sans rien. Sur les six chansons, il a dit que telle et telle autre chanson marchaient bien, mais que telle et telle autre fonctionnaient moins bien. Donc, il a préféré les laisser de côté et attendre deux/trois jours avant de les bosser. C’étaient pourtant des chansons que nous avions travaillées avec lui à distance depuis six mois. Mais sur la base de ce live, il y a eu une mise de côté de deux morceaux qui, selon lui, n’étaient pas encore assez mûrs pour l’enregistrement, en tout cas de la manière dont il voulait le faire. Après, on est revenus dessus et là, effectivement, plein de choses se sont passées parce qu’en studio, il y a toujours une ambiance particulière. En tout cas, le premier jour, ces deux chansons n’avaient pas l’âme nécessaire pour poursuivre leur processus…

Sofi : Pour « Anthropocène », il a même essayé de nous projeter dans une ambiance un peu spéciale, il a projeté dans le studio des images de planètes et de cosmos dans le noir. On a rejoué la chanson dans cette ambiance-là et nous nous sommes remis en quête de nouveaux arrangements. Ça nous a donné d’autres pistes de réflexion. En tout cas, la version qu’on peut entendre sur l’EP n’est pas forcément celle avec laquelle nous étions arrivés en studio. Paul nous a vraiment immergés dans une ambiance très particulière. C’était nouveau pour nous cette façon de travailler, mais ça donne de super résultats.

Cris : Quand on te projette des images de galaxie sur un mur devant toi, tu ne te dis pas forcément que ça va apporter quelque chose au son de ta voix ou à la manière dont tu vas jouer des instruments… Et pourtant si ! (sourire) Grâce à Paul, on a découvert cette nouvelle façon de travailler. C’est là qu’on se rend compte de toute l’importance d’un réalisateur et d’un producteur. Lui ne s’est jamais positionné en disant c’est bien ou c’est pas bien. Il n’a jamais proposé de couper quoi que ce soit dans les titres. Il a par contre toujours laissé la priorité à l’instinct. Mais toujours en essayant de nous emmener vers des trucs qui venaient de nous-même. Il ne nous a jamais donné des directives précises, il nous a conduit naturellement vers d’autres pistes.

Glasgow / Ciaran © E. Soudan

Les anglo-saxons ont une approche beaucoup plus globale de la musique que nous.

Sofi : Exactement. Dans sa manière de travailler, Paul a tendance à mettre la voix au centre de la chanson et de l’englober des différents instruments. Alors que les français ont plutôt tendance à séparer la voix du reste de l’instru. Il y a presque toujours deux blocs : celui de la voix et celui de l’instru. Alors que là, il y avait plutôt une espèce d’osmose entre la voix et l’instru. C’est une approche plus intégrale de la chanson.

Cris : Et pour autant, il a très bien su respecter le côté français et la façon de faire française. La voix n’est pas perdue dans le mix, loin de là. On comprend aisément les paroles. On aurait pu se dire qu’un anglo-saxon allait se foutre du texte, eh bien non, il a eu un respect total pour le texte parce que justement, il faisait partie de la globalité de l’ambiance de la chanson.  Et puis, c’est un EP un peu écolo, il y a un personnage de science-fiction, etc… et nous nous sommes retrouvés avec Paul sur ce terrain-là également. Il y a eu une connivence musicale, certes, mais aussi des atomes crochus sur le visuel et sur tout l’univers qui entoure cet EP.

Un petit mot sur les textes… Dans la bio, Philippe Vecchi parle de « Rock Alien », pourtant quand on écoute attentivement les paroles, c’est plutôt l’Homme, et l’Humain au sens large, qui est au centre de cet EP…

Cris : C’est vrai… L’idée de cet EP, c’est que si un alien débarquait demain sur terre, que penserait-il de nous ? Alors après, Philippe Vecchi est un journaliste et il a le sens de la formule, je ne vais rien t’apprendre ! Mais bien sûr, cet EP, c’est une façon de porter un regard sur nous-mêmes. C’est un regard extérieur mais assumé. On sait comment on est et on l’assume. Je pense notamment à une chanson comme « Le con qui s’adore ». Cette vision de l’homme, on l’a extrapolée sur le regard d’un alien qui débarquerait demain sur notre belle planète… Après, comme tu le dis, les textes sont très centrés sur l’Humain et sur les rapports humains. C’était déjà le cas dans « Le Sexe des Anges », mais différemment. J’ai une fois de plus beaucoup travaillé sur les textes et j’ai l’impression que les choses sont venues plus simplement, que les textes sont peut-être moins alambiqués que ceux qu’on pouvait trouver sur le premier album. C’est aussi dans ce sens-là que le EP est plus instinctif, plus naturel, d’une certaine manière.

Justement, ce côté plus brut et plus frontal d’une certaine manière dans tes mots, est-ce quelque chose que tu as souhaité ou qui s’est plutôt fait naturellement ?

Cris : Je pense que la façon d’écrire mûrit au fil du temps. Et cette nouvelle façon d’aborder l’écriture me semble plus mûre, justement. Sur « Le Sexe des Anges », je réfléchissais beaucoup aux tournures de phrases. Alors que là, un texte comme « Anthropocène », il est venu d’un trait. Je me suis mis dans la peau de ce personnage qui reçoit la lettre d’un être humain. Je me suis demandé comment je recevrais une telle missive et le texte est venu tout seul, tout simplement. Je pense donc que les textes de cet EP sont plus simples et paradoxalement plus mûrs.

gGlasgow / Romain © E. Soudan

Avez-vous une petite anecdote à me raconter autour d’un titre ? Quelque chose que l’auditeur ne peut absolument pas savoir si vous ne le lui racontez pas, et qui pourrait lui permettre d’avoir une autre écoute de la chanson après.

Sofi : [Cris et Sofi éclatent de rire] Je vais te parler d’ « Anthropocène » parce que là pour le coup, il s’est passé un truc bizarre… Cette chanson parle donc d’un extraterrestre. Et quand on a commencé à travailler sur ce titre en maquettage dans notre petit home studio, on a commencé à ce recevoir des appels bizarres…

Cris : Je sais, c’est à peine croyable ! (rires)

Sofi : À chaque fois qu’on travaillait ce morceau, enfin, pour être précise, à trois reprises, on a reçu un appel d’une personne nous disant « ça fait longtemps que j’essaye de vous joindre »… C’était assez flippant quelque part. Et aujourd’hui, on ne sait toujours pas d’où venaient ces appels pour le moins étranges. Même quelqu’un de notre entourage n’aurait pas pu savoir que nous travaillions sur ce morceau précis à ce moment précis. Donc, ça reste et je pense que ça restera un mystère… Donc forcément, cette chanson a un petit côté ésotérique pour nous…

Cris : C’était vraiment flippant en tout cas ! (rires)

Un super travail a été fait sur le visuel de cet EP. Un mot sur votre collaboration avec Philippe Caza.

Sofi : On a fait appel à Philippe Caza parce qu’on aimait bien sa façon d’appréhender le dessin. On avait déjà l’idée de l’humain et de l’alien qui s’embrassaient et nous lui avons demandé de nous proposer une création. À partir de cette idée de base, il nous a envoyé ce super visuel. Ça s’est fait très naturellement et très simplement finalement. C’est une fois de plus un rencontre un peu magique qui a accompagné ce projet. En tout cas, on espère qu’il dessinera le prochain épisode d’ « Anthropocène ».

Cris : Quand on y pense, les choses se sont faites assez simplement et naturellement autour de cet EP. On a eu un sentiment de connivence avec tous les gens qui ont gravité autour de ce disque. Ça fait un peu baba-cool quand je dis ça (sourire), mais c’est comme ça que je le ressens. Travailler avec Philippe Caza, avec le recul, ça n’a pas été plus compliqué que ça. On lui a envoyé nos maquettes et nos idées et il nous a répondu qu’il était assez occupé mais « pourquoi pas ? ». Tout s’est fait assez simplement. On avait également pris contact avec Ryan Kelly, un dessinateur américain. Mais le feeling n’a pas été au rendez-vous…

Encore un mot sur le visuel. Un clip a été réalisé par Tony Chapuis en support de « Contre la montre ».

Cris : Tony, on ne le connaissait pas. Il travaillait essentiellement en tant que cadreur et chef opérateur dans la production de séries. Il a juste fait quelques réalisations à titre personnel. Il est arrivé sur le projet complètement par hasard. Il avait la même vision que nous, à savoir d’insérer l’alien dans le clip. Et une fois de plus, ça a coulé de source. Disons que tout ce qui a entouré ce projet a été évident mais pas simple. Ça fait tout de même plus d’un an qu’on est dessus…

Un petit mot sur la scène. Avec quelle formation évoluez-vous aujourd’hui ?

Sofi : Nous sommes quatre sur scène. Moi à la guitare, au clavier et aux chœurs, Cris au chant et à la guitare, et notre duo de choc basse/batterie, Romain et Ciaran, qui est d’origine écossaise… Comme tu le vois, la boucle est bouclée ! On revient toujours à l’Ecosse. On évolue donc toujours en formule à quatre, comme on a toujours aimé le faire, d’ailleurs. C’est assez brut sur scène, avec tout de même quelques séquences qui nous permettent de retrouver certains arrangements faits sur le disque. Mais les morceaux sonnent tout de même assez différemment en live. Nous sommes un duo, mais aussi un groupe de rock sur scène. On a un peu cette double casquette. On écrit et on compose à deux, on fonctionne donc un peu comme un duo, mais sur scène, on est un véritable groupe. On tient à garder ce côté groupe de rock en live, avec la côté basse/batterie.

Cris : Glasgow, c’est un groupe avec un noyau dur, Sofi et moi. Mais sur scène, on a besoin d’être quatre. On forme une petite famille tous les quatre. On est très soudés. Et avec l’arrivée de Ciaran le bassiste écossais, comme le disais Sofi, la boucle est bouclée…

Glasgow / Cris © E. Soudan

Retrouve-t-on la dimension visuelle de l’EP sur scène ?

Cris : Oui…

Sofi : Disons, pour être très franc, que c’est en cours de travail. On a déjà fait un travail sur les costumes avec une costumière de notre région. On ne va pas trop en raconter, mais ça avance. Nous allons porter des tenues de survivants. Et puis là, on travaille autour d’un décor qui rappelle tout cet univers.

Cris : En gros, sur scène, on est comme à l’intérieur d’un vaisseau qui nous aurait permis de voyager et dans lequel on aurait établi un campement de fortune. C’était ça l’idée de départ du décor de scène. On espère pouvoir installer ça dans le futur. On aura des pieds de micros un peu farfelus, une espèce de cockpit autour de la batterie, des habillages sur les amplis… Tout ça vient compléter et finaliser l’aspect visuel et graphique du disque. Mais l’alien, lui, ne sera pas sur scène…

Pour le public, c’est aussi une expérience plus complète d’avoir un travail sur le visuel sur scène. C’est comme une immersion…

Sofi : Oui. Et puis après avoir fait ce travail sur la pochette du EP et sur le clip… on ne se voyait pas arriver sur scène avec un simple t-shirt blanc. Ça aurait été pour le coup beaucoup trop brut. On a envie d’emmener le public dans un autre univers pendant une heure/une heure et demie. On va embarquer dans le même vaisseau… C’est très important d’aller au-delà de la musique et d’apporter un spectacle au sens complet du terme.

Cris : Et on espère qu’en fonction des dates et des disponibilités, le décor évoluera. Avec, peut-être, des projections sur un écran et ce genre de choses… Encore une fois, c’est en cours de production. « Anthropocène » est un projet qui est amené à évoluer, et notamment sur scène. C’est quelque chose dont on a pris conscience assez récemment, même si on a toujours beaucoup travaillé la scène. Mais là, on pense qu’il faut compléter les chansons par un univers graphique adapté à la scène. On y accorde en tout cas beaucoup d’importance. Et même nous, ce décor va nous mettre dans un trip encore différent. C’est certain. On travaille avec la personne qui est venue nous apporter la bulle qui est dans le clip. Encore une fois, c’est quelqu’un qui est arrivé sur le tournage comme ça, avec qui on a discuté et qui, au final, va collaborer avec nous. Quand je te disais que tout coulait de source autour de ce projet… Il n’y a jamais eu de forcing (sourire).

Glasgow / Sofi © E. Soudan

Vous reprenez « Le poinçonneur des Lilas » de Gainsbourg sur scène. Ce n’est pas un alien pour le coup !… Pourquoi ce titre-là en particulier ?

Sofi : C’est encore une anecdote un peu rigolote. On a joué il y a pas très longtemps dans un pub. C’était une soirée un peu spéciale puisqu’un tatoueur œuvrait à l’étage. Les courageux et les vaillants pouvaient donc aller se faire tatouer et piercer. On a trouvé la situation tellement rigolote qu’on a voulu lui faire un petit clin d’œil. On a donc fait une reprise du « Poinçonneur des Lilas » pour l’occasion.

Cris : Simplement pour le côté poinçonnage… même si par ailleurs, on affectionne beaucoup Gainsbourg. Le choix de la chanson était juste une vanne pour terminer la soirée et faire rire tout le monde.

Sofi : il s’avère qu’on a pris énormément de plaisir à reprendre cette chanson et qu’on a pris notre pied à en refaire les arrangements. Du coup, on l’a rejouée une deuxième fois pour une radio sur la région lyonnaise. Et puis hop, on a décidé d’aller au bout de notre démarche et on a intégré le titre à notre set. Depuis, quand c’est possible, on la joue. Souvent en rappel.

Même si tout a coulé de source comme vous me le disiez tout à l’heure, « Anthropocène » est un projet lourd et conséquent. Dans quel état d’esprit êtes-vous l’un et l’autre à quelques jours de sa sortie officielle ?

Cris : On est plus qu’enthousiastes.

Sofi : On est contents, enthousiastes… Une partie du public connait déjà quelques titres puisqu’on les a joués en live précédemment. Mais là, on va pouvoir montrer ce qu’on a pu faire à un instant T en studio avec Paul Reeve. Il y a déjà eu un petit échantillon avec le single « Contre la montre » qui a reçu un super accueil. Vivement la sortie de l’Ep complet. Donc, oui, on est super enthousiastes. Et puis, on est confiants aussi. On sait que ce n’est pas facile, mais on n’a pas envie de se mettre de pression supplémentaire. On a juste envie que les gens puissent l’écouter et nous dire ce qu’ils en pensent. On a peut-être un tout petit peu moins de pression que sur le premier album puisqu’on avait un peu joué toutes nos cartes d’un coup à cette époque, alors que là, non, on en a encore sous le coude…

Cris : Et puis, là, on a rendez-vous avec Paul Reeve en Cornouailles chez lui début août pour parler de la suite. Donc, ça, ça fait partie du fait qu’on puisse être enthousiastes. On a trouvé un collaborateur avec qui on va, si tout va bien, continuer le projet. Au niveau tournée, on est maintenant super bien entourés aussi. Donc, on se sent confiants. Mais tout va dépendre de l’accueil du public… Tu sais, on attend cet évènement depuis plus d’un an, donc, c’est forcément excitant ! Et surtout, ça nous donne envie de nous plonger dans l’épisode 2…

Propos recueillis par Luc Dehon le 8 juillet 2015.
Photos : E. Soudan, Illustrations EP : Philippe Caza

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