Interview de Davide Esposito

Propos recueillis par IdolesMag.com le 24/06/2015.
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Davide Esposito, Roma California

Davide Esposito a publié le 8 juin dernier son troisième album, « Roma California », pour  lequel il a adapté quelques-uns des grands standards californiens qui ont bercé son enfance et son adolescence en italien. Un album qui sent bon le soleil, la chaleur et les vacances. Nous avons été à la rencontre de Davide afin d’en savoir plus sur ce projet. L’occasion sera belle également pour évoquer sa carrière d’auteur/compositeur. En effet, si le grand public ne connait pas véritablement Davide Esposito en tant que chanteur, il connait sans aucun doute quelques-unes des chansons que l’artiste a écrites pour Céline Dion, Sylvie Vartan, Johnny Hallyday, Florent Pagny ou encore Grégory Lemarchal, pour ne citer qu’eux.

Racontez-moi un peu l’histoire et le parcours de ce nouvel album « Roma California ».

L’idée est venue il y a deux ans, quelque chose comme ça. J’avais en tête ce projet d’adapter en italien toutes ces musiques que j’écoutais quand j’étais adolescent. Je les chantais en italien à l’époque, vu que je ne parlais pas encore en anglais. J’ai donc commencé par écrire des textes en italien sur ces musiques qui avaient toutes bercé toute mon adolescence. J’ai commencé à maquetter certains de ces titres en guitare/voix. Après, pour avancer sur un projet d’adaptations comme celui-ci, il fallait que les textes que j’avais écrits en italien soient validés par les auteurs d’origine. Donc, j’ai envoyé par le biais de mon éditeur ces adaptations que j’avais écrites. Savoir que des gens comme America ou Christopher Cross ont écouté mes adaptations et les ont validées... c’est assez fabuleux et énorme ! (sourire) Donc, voilà comment le projet a débuté. Après, bien évidemment, ce sont des chansons qui sont remplies de souvenirs personnels qui me rappellent tous ces voyages en voiture que j’ai pu faire pendant les vacances. Cet album, c’est une invitation à voyager tout simplement…

Ces chansons que vous avez choisies sont donc d’une certaine manière la bande originale de vos vacances quand vous étiez ado ?

Tout à fait. C’était toute cette époque quand j’étais en Italie. Comme vous le savez, je suis né à Naples, donc on se baladait en voiture pendant les vacances avec mes parents. On allait visiter des villes. Nous passions souvent par Rome. Et nous écoutions ces chansons-là à la radio ou tout simplement sur des cassettes. On écoutait d’autres musiques aussi. Mais disons que ces chansons-ci m’ont particulièrement marqué. Et j’avais donc envie de les utiliser en vue de ce projet. Et puis, si on va un peu plus loin… à Naples et à Rome, il y fait très chaud, c’est un peu comme à Los Angeles. On a ce plaisir du soleil et ce plaisir de profiter de la vie. Donc, il y a pas mal de choses en commun entre Rome et Los Angeles. Et ça se retrouve également en musique. C’est ça aussi qui fait le lien entre l’Italie et la Californie.

L’idée d’adapter toutes ces chansons écrites en anglais à la base en italien, c’était donc vraiment une idée de départ. Vous ne vouliez pas faire un album de reprises.

Exactement. Je suis content que vous le souligniez parce que je le dis souvent, ce n’est pas un album de reprises, mais un album d’adaptations. J’ai fait un véritable travail d’auteur sur ces chansons-là. Parfois, je me suis attaché à raconter la même histoire que celle qui était écrite dans le texte original, parce que ça valait le coup ou que c’était presque intouchable. Et d’autres fois, comme sur par exemple l’adaptation de « Goergy Porgy » de Toto [« Oggi Pioggia »], j’ai écrit une histoire d’amour qui parle de rupture. Donc, forcément, dans ce cas-là, lorsque j’ai envoyé mon adaptation à Toto, j’ai joint une traduction de mon texte pour qu’ils puissent comprendre ce que j’avais fait de leur chanson. Ils ont trouvé que c’était une histoire touchante, malgré que ce ne soit pas la traduction du texte d’origine. Et ils ont validé cette adaptation.

Avez-vous essuyé certains refus ?

Eh bien, très sincèrement, non. J’ai eu beaucoup de chance, j’en suis bien conscient. J’avais enregistré trente titres et sur ces trente titres, j’en avais choisi quinze. Ce sont juste ces quinze textes-là que j’ai envoyés aux auteurs d’origine. Les quinze autres sont restés dans les tiroirs. Sur les quinze restants, je ne sais pas ce qui serait advenu, mais sur les quinze que nous avions sélectionnés, nous n’avons essuyé aucun refus. Je le reconnais… on a eu de la chance ! Beaucoup de chance, même ! (rires)

Après, vous avez fait appel à Régis Ceccarelli pour la réalisation.

Effectivement. Nous sommes rentrés en studio ensemble et nous avons commencé à réfléchir à la couleur que je souhaitais donner à cet album. Je voulais que ce soit le plus joyeux et le plus rythmé possible.

Comme vous me l’avez dit en début d’interview, ces chansons, vous les écoutiez sur la route des vacances quand vous étiez adolescent. Avez-vous l’un ou l’autre souvenir particulier ?

Je n’ai pas vraiment de souvenir précis à vous raconter de cette époque… mais j’ai envie de vous parler tout de même de « Sailing » de Christopher Cross. C’est une mélodie très large comme on peut en composer dans le sud de l’Italie, donc, cette chanson m’a beaucoup inspiré, elle m’a provoqué beaucoup d’émotions. Et il y a deux ans, j’ai rencontré Christopher Cross, j’ai joué en première partie de ses concerts. Dans les loges, nous avions un peu discuté ensemble et nous avions évoqué l’idée de faire quelque chose tous les deux. Ce n’est pas encore arrivé pour l’instant, mais je pense que l’idée de cet album est aussi partie un peu de là… « Sailing », [« Vele »], c’est une chanson qui me plait particulièrement dans ce projet et qui me plait beaucoup, tout simplement.

J’imagine que vous n’écoutiez tout de même pas que ces grands standards californiens dans la voiture de vos parents !

Oh non ! On écoutait plein de choses. Il y avait plein de titres pop/rock. On a écouté beaucoup de Sting, de Police, de U2, de Queen… Mais aussi des artistes italiens comme Lucio Battisti, Lucio Dalla ou Adriano Celentano. Ma mère achetait plein d’albums. Elle écoutait beaucoup de musique à la maison. Je me souviens aussi d’albums de Peter Gabriel. C’est tout cet ensemble de choses qui m’ont fait grandir musicalement.

Il y avait en tout cas une tradition musicale dans votre famille.

Oui, vraiment. Mais par contre, ce n’était pas une famille de musiciens. Disons que j’ai eu la chance d’écouter depuis ma plus tendre enfance beaucoup de musiques différentes.

Quelle est votre première approche de la musique ? Vous avez appris à jouer d’un instrument ?

Oui. Ça vient de ma grand-mère. Elle m’avait offert un orgue. C’était un petit jouet, mais c’est avec ce petit orgue que j’ai découvert la force d’une mélodie. Après, mes parents m’ont offert un véritable piano. J’ai appris le piano classique. Et puis après, en tant qu’autodidacte, j’ai appris la basse et la guitare. De fil en aiguille, j’ai commencé à faire quelques concerts avec les copains. On a monté quelques petits groupes de covers. Après, j’ai rencontré Mogol, qui a beaucoup travaillé avec Lucio Battisti. C’est un peu un Luc Plamondon italien, si vous voulez… (sourire) J’ai donc fait tout un travail qui m’a permis de rester toujours aussi passionné. C’est de là que je me suis dit que moi aussi je pourrais me lancer dans l’écriture, que je pourrais composer des mélodies de musique et de chansons.

C’est à quelque âge les premières chansons ?

Oh, ça remonte à loin… je devais avoir dix ans, quelque chose comme ça. Mais ce n’étaient pas de grandes chansons ! (rires) C’étaient des chansons d’un gamin de dix ans. Je m’en souviens très bien, je jouais sur mon piano, des mots sont sortis, et c’est là que j’ai écrit mes premières chansons.

J’ai envie de dire que le grand public ne vous connait pas véritablement en tant que chanteur, alors de « Roma California » est votre troisième album, mais qu’il connait sur le bout des lèvres quelques-unes des chansons que vous avez écrites pour les autres… Quand vous étiez plus jeune, votre ambition, c’était de devenir chanteur ou auteur/compositeur pour les autres ?

Je prends toujours l’exemple de « Io so che tu », qui est la première chanson que j’ai sortie en tant que chanteur en France. Cette chanson est bien évidemment devenue « Écris l’histoire » de Grégory Lemarchal. Quand on m’a dit que cette chanson pourrait correspondre à la sensibilité et à la voix de Grégory, j’ai écouté sa voix et j’ai été vraiment touché. Je me suis dit qu’il était trop fort ce gars… Mais cette chanson, je l’avais écrite pour moi à la base. Donc, l’histoire de cette chanson s’est écrite un peu malgré moi. Mais j’en suis le plus heureux parce que Grégory en fait quelque chose de magnifique. Et de là, ça m’a évidemment ouvert des portes. Mais c’est vrai qu’au début, l’idée était d’écrire des chansons pour moi. C’est un switch qui s’est opéré après. Mais ne pensez pas que je le regrette. C’est un job que j’adore ! Écouter de grands artistes qui chantent vos compos, c’est hyper touchant. Chacun le fait avec sa propre sensibilité, et c’est vraiment touchant.

Vous avez donc écrit pour Céline Dion, Sylvie Vartan, Johnny, Florent Pagny, Nolwenn Leroy, Grégory Lemarchal… Il me serait impossible de les citer tous. Lequel vous a le plus marqué ?

C’est une question piège que vous me posez là. Il me sera très difficile d’y répondre parce que chacun a son propre style et sa propre sensibilité. Mais très franchement, voir Céline Dion ou Johnny enregistrer une de vos chansons… ce n’est pas banal, je vous l’assure ! (rires) Pour Johnny, c’était une ballade guitare/voix, donc, plus intime. C’était un grand moment. Un beau moment. Florent Pagny a chanté des chansons avec des textes que j’avais écrits en italien. Sylvie a aussi chanté certaines de mes chansons… C’est drôle quand on y pense.

Et de toutes les chansons que vous avez écrites, y en a-t-il une pour laquelle vous avez un peu plus de tendresse qu’une autre ? Je ne pense pas forcément à celle qui a le mieux fonctionné, ce peut être une chanson d’album totalement inconnue…

Je pense très sincèrement que la meilleure chanson qu’on va écrire, c’est la prochaine. C’est comme ça que je fonctionne. Donc, pour répondre à votre question la chanson pour laquelle j’ai le plus de tendresse, c’est celle que je n’ai pas encore écrite. Par contre, il y en a une qui me plait particulièrement dans celles que j’ai déjà écrites, c’est « Viens jusqu’à moi », le duo d’Elodie Frégé et Michal. C’est une chanson dont j’aime particulièrement la compo et la mélodie. J’en suis assez fier. (sourire)

Revenons à « Roma California ». Au milieu des adaptations, on trouve tout de même deux titres inédits. Pouvez-vous m’en dire un peu plus ?

Les textes, je les ai travaillés avec un auteur italien qui s’appelle Pacifico. C’est un copain qui a écrit pour Eros Ramazzotti, Andrea Bocelli ou encore Gianna Nannini. Il est très connu en Italie. J’avais envie qu’il soit présent sur ce disque. On a vraiment travaillé avec une réelle liberté d’esprit. Ce sont des chansons qui sont dans les codes musicaux de l’époque des autres, et donc qui s’intégraient parfaitement dans ce disque. Elles correspondent en tout cas pleinement à ma sensibilité et à ma façon de composer. Je pense qu’elles sont cohérentes avec le reste de l’album. C’était mon souhait en tout cas.

J’imagine que pour vous, c’était important aussi de glisser quelques chansons originales…

Oui, oui, absolument. (sourire) Je voulais aussi aller au-delà de mon plaisir personnel à reprendre ces chansons qui ont marqué mon enfance. C’est un univers qui m’a tellement touché que j’avais envie de le reproduire aujourd’hui avec des chansons inédites.

On ne peut donc pas dire que « Roma California » soit un album de reprises, mais quel regard jetez-vous, vous, en tant qu’auteur/compositeur/interprète sur le fait que l’époque soit autant aux reprises et pas aux chansons originales ?

Je dis qu’on a toujours besoin – et qu’on aura toujours besoin – de chansons originales. Et c’est d’ailleurs pour cette raison que je continue mon travail de compositeur. Je suis convaincu qu’il reste encore de la place pour des chansons originales. Et heureusement. Là, je travaille sur quelques projets dont je ne peux pas encore parler. Je bosse notamment avec des artistes assez connus. Au-delà du fait d’être soi-même compositeur, il y a des artistes qui ont envie de raconter des choses personnelles. Et donc, ça se fait par le biais de chansons originales…

Vous venez de me dire que vous travailliez en ce moment pour quelques artistes très connus, mais pour vous, avez-vous quelques chansons originales sur le feu pour un prochain album ?

Ah oui ! Bien sûr ! J’en ai plein, même ! (rires) La suite, c’est sûr que j’ai envie que ce soit des chansons originales. Tous les jours dans ma vie quotidienne, je vis des choses, et je les transcris en chansons. Donc, un album de chansons originales, oui, bien sûr, c’est un de mes projets.

Un mot sur le single « A Cavallo del Vento », une adaptation de « Horse with no name » d’America. Pourquoi avez-vous choisi ce titre pour accompagner la sortie de l’album ?

Au-delà des ballades qu’il y avait dans l’album, on avait envie de sortir un truc estival et entraînant. On voulait un titre qui donne envie de voyager et de s’évader. Et dans ce titre, on trouvait tout ça, avec les guitares et les mandolines. J’ai envie de dire qu’on retrouve toute l’Italie dans ce titre ! (éclats de rire) Et puis, ce titre évoque le voyage, c’est ce qu’on a voulu montrer dans le clip notamment. Ce titre à lui tout seul résume un peu l’esprit de l’album.

Un mot sur le tournage du clip ?

Ce sont des souvenirs incroyables avec une équipe formidable. J’ai ramené des cinq jours de tournage en Californie plein de photos superbes. C’est formidable quand on peut faire un beau voyage et en même temps travailler, non ? (sourire)

Des scènes sont-elles prévues ?

Oui, oui. On va faire la tournée des plages avec TF1, le Tour de France et quelques dates en Corse cet été. Et à la rentrée, on va essayer de monter un truc pour faire des concerts sur Paris et en France. On est en train de travailler sur le live et préparer tout ça en ce moment. J’ai fait pas mal de premières parties sur les albums d’avant. Donc là, j’ai vraiment envie de monter un projet à moi.

Que représente la scène pour vous ?

La scène, c’est fondamental. Au-delà de l’enregistrement qui est un réel moment de plaisir, le vrai bonheur, c’est d’aller jouer devant un public qui vient pour écouter votre musique. C’est un échange d’énergie, la scène. Ce sont des moments privilégiés que j’aime beaucoup.

Votre album est donc très estival… Pour vous, les vacances, c’est synonyme de quoi ?

C’est le repos, d’abord… Et puis, vous savez, j’ai la chance de vivre au bord de la mer, mais de juin à septembre… il y a beaucoup de monde ! (rires) Donc, pendant ce temps, je préfère partir à la montagne, dans les Alpes. Ça fait du bien de respirer l’air de la montagne… il est très différent de celui de la mer ! (rires) là aussi, pendant les vacances, je trouve des moments d’inspiration…

Allez-vous trouver le temps de vous évader quelques jours cet été ?

J’espère très sincèrement pouvoir le faire. Je crois qu’on en a tous besoin. On a tous besoin de recharger ses batteries. Donc, oui, très certainement, je vais trouver quelques jours pour m’évader… (sourire)

Propos recueillis par Luc Dehon le 24 juin 2015.
Photos : DR

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