Interview de Julie Pietri

Propos recueillis par IdolesMag.com le 02/06/2015.
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Julie Pietri - DR

Julie Pietri vient de publier un triple coffret CD + DVD, « L’essentiel, de Julie à Julie Pietri ». Nous l’avons contactée afin d’en savoir plus sur cette anthologie qui reprend la plupart de ses grands succès, quelques chansons probablement moins connues du grand public mais chères au cœur de l’artiste, quelques titres inédits en CD, de nombreuses exclusivités, un DVD de son spectacle jazzy « Autour de minuit » et deux nouveaux titres originaux, « L’Amour est en vie » et « Regarder le monde », annonciateurs d’un nouvel album. L’occasion sera belle également pour aborder quelques autres sujets, comme la fiction, les réseaux sociaux ou l’évolution de son métier. Rencontre avec une femme et une artiste libre.

Vous revenez de Maurice et de La Réunion. Comment ça s’est passé ?

C’était merveilleux ! L’année passée j’y étais déjà allée. Il y a donc eu deux concerts, un à l’Île Maurice et l’autre sur l’Île de La Réunion. C’était du délire. C’était magnifique. Là-bas, c’est toujours la fête. Et la fête, quand il fait très beau et qu’on peut danser après… eh bien, c’est extraordinaire !

Finalement, la scène, c’est véritablement votre élément.

J’adore ça. Et tout simplement pour le contact avec le public. C’est sur scène que l’on trouve la vérité vraie. C’est sur scène que vous chantez pour de vrai, devant un vrai public. Si vous vous plantez, ça ne peut pas marcher. Et si vous êtes bon, ça marche formidablement. Le retour d’amour du public est l’essentiel de ma vie d’artiste. Sans public, un artiste n’existe pas. Quand on me dit que je suis une artiste populaire, je réponds invariablement « Oui. Et ô combien ! » parce que j’adore ce terme. Être populaire, ça veut dire qu’on est aimé par le public et c’est merveilleux.

Vous qui aimez le contact avec le public… Il y a quelques jours vous vous êtes produite sur la scène du Stade de France avec la Stars 80. Là, pour le coup, le contact avec le public est un peu particulier…

(sourire) C’est affreux ! Le Stade de France, ça a été affreux pour pas mal d’entre nous. On m’a fait monter sur le proscenium au milieu du public, 50 000 personnes. En plus, le spectacle était retransmis en direct sur TF1. J’étais seule au milieu de ce stade, les choristes et les musiciens étaient très loin de moi sur la scène. Pour être très honnête avec vous, j’ai eu l’impression que mon sang s’était figé à l’intérieur de mon corps ! Mais j’ai assumé !

C’est une arène, ni plus ni moins.

Effectivement. C’est une expérience comme une autre. Mais je préfère de loin un petit concert très sympa dans une salle à taille humaine ou dans un petit théâtre. Mais comme ça devant 50 000 personnes et en direct sur TF1, je ne pense pas que ça restera mon meilleur souvenir, bien que je n’ai rien montré. Mais je peux vous le redire encore une fois, mon sang s’est figé dans mes veines (éclat de rires).

Julie Pietri - DR

Venons-en à votre actualité. Vous venez donc de publier un coffret contenant deux CD et un DVD, intitulé « L’Essentiel, De Julie à Julie Pietri », et comprenant deux inédits, dont « L’Amour est en vie ». Dans quelles circonstances ce projet a-t-il vu le jour ?

J’avais dans l’idée de rappeler au public l’essentiel de ce qu’avait été ma carrière pendant plus de trente ans, avec sept albums studios. Donc, je voulais proposer quelques morceaux choisis sur une anthologie. Ce n’est bien évidemment pas une œuvre complète. Comme j’ai de nombreux projets, et notamment l’envie de publier un nouvel album, j’avais envie de proposer au public aussi de nouvelles chansons, un peu pour qu’il puisse prendre, si je puis m’exprimer ainsi, la température des nouveautés que j’avais envie de produire. Donc, j’ai retrouvé mon équipe gagnante, c’est-à-dire celle de « Eve lève-toi », et notamment le compositeur Vincent-Marie Bouvot. Je cosigne le texte de « L’Amour est en Vie » avec un nouveau venu, Xavier Hernault. Nous avons donc décidé de donner un avant-goût de ce qu’on sait faire et de ce qu’on a envie de faire pour le prochain album, qui pourrait sortir fin 2016 / début 2017. Ce qui nous importait également, c’était de ne pas être dans la redite de ce qu’on avait pu faire auparavant. On a vraiment voulu apporter du sang neuf. On s’est mis au boulot… et « L’Amour est en vie » est née comme ça. C’est toujours très long la création d’une chanson. C’est pour cette raison que je ne m’avance pas sur une date pour la sortie de l’album, parce que quand je vois le temps que ça nous a pris pour finaliser deux morceaux… (rires) Et puis, vous savez, j’ai l’angoisse de la feuille blanche. Donc, je sais très bien que la création, ça va être quelque chose ! On a encore beaucoup de boulot. Et donc, pour en revenir à votre question, on avait dans l’idée de donner cet avant-goût des nouvelles chansons aux gens pour ne pas faire que rappeler ce que j’avais pu faire tout au long de ma carrière. Nous avons également mis sur cet album des titres qui n’étaient jamais parus sur CD, des exclusivités ou ce genre de choses. Donc, je pense que le public aura de belles surprises. On retrouve également sur ce coffret, comme vous le souligniez, une capture du spectacle un peu jazz que j’avais fait au Bataclan il y a quelques années. J’aime bien les choses un peu jazzy, un peu larges et un peu sympa… j’aime bien me réinventer un peu tout le temps.

L'essentiel, de Julie à Julie PietriVous me disiez tout à l’heure que vous aviez l’angoisse de la feuille blanche. Les gens oublient un peu trop souvent que vous êtes auteure, et pas uniquement interprète. L’écriture est-elle un exercice quotidien ?

Non, pas du tout. J’écris uniquement par fulgurance. Je me mets au boulot dans mes derniers retranchements et mes derniers moments. En fait, j’ai toujours des idées qui traînent dans ma tête, et j’ai des cahiers avec des milliards de phrases un peu partout chez moi. J’écris des trucs un peu partout, dans des cahiers mais aussi sur des bouts de magazines… ça peut me prendre dans le métro ou dans je ne sais quel endroit. J’ai toujours fait ça. Alors, parfois, je perds ces bouts de phrases, et là, c’est horrible. Mais le plus souvent, j’ai des petits cahiers spécifiques que j’essaye de ne pas perdre… (sourire) Quand j’ai un début de musique, ça provoque en moi des idées et je pars à la recherche de bouts de phrases dans mes petits cahiers et j’essaye d’écrire un texte. Et donc, forcément, mes textes sont toujours un peu pris dans ma vie quotidienne, dans tout ce que je vis. Ils partent toujours d’une émotion personnelle. Mais l’écriture à proprement parler, c’est toujours très long ! On recommence une fois, puis deux, puis trois… Puis quand on cale le texte sur la musique, on se rend bien compte que tel mot n’est pas très joli. Et là, c’est tout le travail à trois qui commence, avec Vincent-Marie et Xavier. On remet mille deux cents fois le couvert pour trouver les mots exacts. Les gens ne se rendent pas toujours très bien compte que l’écriture, c’est un processus très long. C’est une petite œuvre, certes, ce n’est pas un bouquin entier qu’on écrit. Il faut être efficace sur trois/quatre minutes. Donc, c’est vachement dur. Il faut que les gens aient l’oreille attirée très vite par quelques mots, quelques phrases ou quelques intonations. La chanson, c’est un exercice particulier. C’est magique. Ou pas. Et on ne sait jamais à l’avance ce que ça va donner, sinon, ce serait trop facile… Nous on livre ce qu’on pense être le meilleur. Je sais par exemple que certains mots iront mieux avec ma voix que d’autres. Idem pour certaines phrases ou certaines notes. Après, c’est le public qui est le seul juge. Et là, on est très contents en ce moment parce qu’il y a eu récemment un sondage sur les meilleurs ventes de productions indépendantes en France, et nous sommes sixième avec « L’Amour est en vie ».

Julie Pietri, L'amour est en vieVous avez écrit pas mal de chansons tout au long de votre carrière. Des formats courts, donc. Vous avez publié un ouvrage plus long et autobiographique il y a quelques années (« Fille du Silence » aux Éditions Michel Lafon). Seriez-vous tentée d’aller vers une fiction, un roman ou une nouvelle, par exemple ?

Oui. Et c’est d’ailleurs très amusant que vous me posiez cette question aujourd’hui, parce que je suis en train d’y penser sérieusement. J’ai des idées, mais je ne peux pas encore vous en parler concrètement parce que c’est beaucoup trop tôt.

C’est en tout cas quelque chose qui vous intéresse.

Oui. Vous savez, j’aime beaucoup l’écriture et la fiction. J’aime m’essayer à beaucoup de choses différentes, ça fait partie de mon caractère et de ma personnalité. J’aime beaucoup créer des mondes différents, que ce soit en musique, en écriture ou même en jouant la comédie. En m’amusant, quoi ! (rires) C’est une forme de jeu pour moi, vivre sa vie à 120%.

En parlant de fiction, on vous a vue l’année dernière dans la série « Dreams » sur NRJ12 et quelques temps avant dans « Pas de secret entre nous » sur M6. Pourquoi vous a-t-on vue si peu incarner des rôles dans des fictions ? Est-ce que ça ne s’est tout simplement pas fait ou est-ce une envie qui n’était pas la vôtre ?

Vous savez, tout dépend de l’envie, ou non d’ailleurs, des producteurs. Je n’ai pas eu de démarche particulière vis-à-vis de ça en tout cas. On vient me chercher ou pas.

Vous n’avez jamais essayé de provoquer le destin à ce niveau.

Non. Jamais. Mais j’adore jouer des rôles. Quand on me le propose, je suis la plus heureuse.

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Encore un petit mot sur « Dreams ». Elsa Esnoult, qui jouait votre fille dans la série, me disait récemment que vous aviez eu une jolie complicité toutes les deux et que vous l’aviez beaucoup encouragée. Qu’avez-vous pensé de sa reprise d’ « Eve lève-toi » et de son premier album ?

Elsa est une fille absolument adorable. Elle est fraîche. J’adore cette jeune fille et cette jeune femme en devenir. Elle a beaucoup de talent. C’est une superbe actrice. Elle a eu raison de vous dire que nous étions très complices parce que nous nous sommes vraiment beaucoup amusées sur ce tournage. On se poussait mutuellement à rentrer dans nos rôles des deux méchantes. C’était drôle ! Créer un personnage de fiction, qui de plus est méchant, c’est vraiment très amusant !! (éclats de rires) Ça nous a beaucoup amusées et ça nous a portées toutes les deux. Je sais qu’Elsa est une jeune femme qui va faire beaucoup de choses dans sa vie. Elle a une carrière d’actrice qui s’ouvre à elle. Elle est en plein boum en ce moment, elle joue d’ailleurs dans une série à succès [« Les Mystères de l’Amour » sur TMC]. Et pour en revenir à son disque, il est très frais. Je l’aime beaucoup. Comme je vous le disais, j’aime beaucoup la fraîcheur d’Elsa. Sa version d’« Eve lève-toi » est très différente de la mienne. Moi, je suis une chanteuse aguerrie, ça n’a rien à voir. Elle, elle est dans la fraîcheur de ses débuts en musique. Je lui souhaite, et lui prédis, un très bel avenir en tout cas.

Après toutes ces digressions, revenons à « L’Amour est en vie ». Un clip est en préparation, je pense.

Oui, absolument. On cherche en ce moment des crédits. Comme nous aimons être libres, nous évoluons en production indépendante. Et donc, nous cherchons des crédits en ce moment. Nous ne sommes pas Crésus, et un clip, ça coûte cher. Il y a toute l’équipe technique, le montage, etc… Tout ça représente beaucoup d’argent. Et comme nous ne voulons pas faire les choses à moitié, ça prend un peu de temps. Là, il faut qu’on trouve tous les moyens possibles et imaginables de financement auprès de banques.

Vous avez été signée en major. Là, vous évoluez en totale indépendance. Est-ce que ça vous plait ce statut d’artiste indépendant ?

Oh oui ! Ma liberté de femme et ma liberté d’artiste passent par le fait d’être indépendante de toute contrainte. On trouve toujours évidemment un circuit de distribution grâce aux grandes maisons de disques, mais tout ce qui est fait en amont est fait en totale indépendance. Vous savez, quand on y regarde de près, on se rend compte que les grandes maisons de disques, celles qui ont pignon sur rue comme on dit, elles suivent très peu les artistes et elles les abandonnent facilement en cours de route… Quand je regarde le monde de la musique aujourd’hui : Combien de carrières avortées ? Combien de titres kleenex ? Je trouve ça nul. Très franchement. Je suis mieux dans ma peau en devant mettre la main dans le cambouis que d’être abandonnée lâchement en cours de route par ma maison de disques. Je suis triste pour tous ces jeunes qui se font prendre à ce jeu-là. Pour un Stromae, combien de gamins abandonnés à leur sort ? Les maisons de disques ne suivent plus les artistes. Elles le faisaient pourtant encore il y a quelques années. C’est triste pour les jeunes qui débutent. Beaucoup plus que pour moi, finalement, qui me suis donné les moyens d’agir seule.

Vous avez aussi une expérience certaine…

Effectivement. J’évolue à ma manière et dans mon monde. Avec ma liberté. Je me suis donné les moyens d’y arriver et de me faire aider aussi. Parce qu’être indépendant ne veut pas dire être seul. Alors, certes, je ne peux peut-être pas aller jusqu’au bout du bout, mais enfin… continuer, moi je peux le faire. Comme je vous le disais, quand je vois tous ces jeunes artistes qu’on abandonne au bord du chemin parce qu’un single n’a pas fonctionné, je trouve ça très malheureux. Il n’y a plus aucune continuité. On presse le citron jusqu’au bout et quand le citron n’est plus à la mode, on passe à autre chose. C’est triste. Mais c’est l’économie d’aujourd’hui. Les gens qui traversent les décennies comme moi, ça devient rare…

Et ce le sera de plus en plus.

Hélas…

Revenons à « L’Essentiel ». On trouve un deuxième inédit, « Regarder le monde ». Qu’est-ce qui vous a donné envie d’adapter ce titre de Jimmy Cliff, « Many rivers to cross » ?

C’est un titre que je fais sur scène avec mes deux choristes depuis très longtemps. Je l’avais fait aussi avec un gospel à l’Alhambra à Paris et ça avait été une révélation. J’ai toujours aimé Jimmy Cliff. Il fait partie de mes bases musicales, au même titre que Barbara ou Véronique Sanson. Mais c’est vrai que j’ai beaucoup écouté Jimmy Cliff, Otis Redding, James Brown ou encore Aretha Franklin. J’ai toujours écouté un peu de tout. Et j’ai essayé de reproduire vocalement tout ce que j’écoutais. Tous ces artistes que je viens de vous citer font partie de mes amours de jeunesse. J’ai voulu rendre hommage à Jimmy Cliff dont j’ai toujours adoré les chansons. Et notamment celle-ci, « Many rivers to cross ». Pour l’occasion, nous avons créé un duo avec William St Val qui est un copain black que j’aime beaucoup et qui a une voix sublime. Il chante en anglais et moi en français, comme ça la boucle est bouclée et on rejoint tout le monde.

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Il y a un titre que l’on retrouve en trois versions, sur les deux CD et sur le DVD « Autour de minuit », c’est bien évidemment « Eve lève-toi ». Certains résument parfois un peu vite votre carrière à ce titre, aussi emblématique soit-il. Est-ce que ça a pu vous agacer ? Est-ce que ça vous agace peut-être encore aujourd’hui ? Ou en avez-vous pris l’habitude ?

C’est comme ça… En fait, je m’en fous. C’est comme ça. C’est un titre qui a été une espèce de raz-de-marée et qui continue d’ailleurs de l’être puisqu’on me dit souvent que j’ai écrit là un hymne incontournable. Je le prends comme ça vient. Et puis écoutez, je ne suis pas non plus Mozart ! (éclats de rire) Ce n’est pas bien grave si on résume ma carrière à ce titre. Il faut savoir raison garder. Et puis, voyons le bon côté des choses, même si on ne retient qu’un seul tube… c’est déjà pas mal ! (rires) Après, bien évidemment, quand les gens viennent me voir en spectacle, il se rendent compte qu’il y a eu d’autres tubes. Donc, tout va bien. Je chante tous mes succès lors de mes spectacles. Là, je pars pour une série d’une vingtaine de dates, hors « Stars 80 ». En tout cas je suis ravie que les gens me disent qu’ils ont adoré telle ou telle autre chanson. Un jour, une personne est venue me trouver à la fin d’un spectacle ne me disant « Ecoutez Julie, j’ai rencontré l’amour sur « Maria Magdalena » à l’époque où on jouait encore des slows en boîte de nuit. J’ai épousé ma femme sur « Amoureux Fous ». Et notre première fille s’est appelée Eve… » J’ai trouvé ça génial. Finalement, certaines personnes se souviennent que j’ai fait pas mal de tubes… Donc, ce n’est pas restrictif. Avoir écrit le texte d’ « Eve lève-toi » qui est tristement tellement encore d’actualité, c’est déjà bien. Mais vous savez, on résume souvent les artistes à une chanson. On dit souvent que Julien Clerc a fait « Femmes, je vous aime », alors que lui en a écrit juste trente, de tubes…

« Eve lève-toi » est une sublime chanson, il n’y a aucun problème avec ça. C’est juste qu’elle a un peu éclipsé certaines autres…

« Eve lève-toi », c’est ce qu’on appelle un épiphénomène. Ça a été un raz-de-marée musical. Aujourd’hui, ça vend toujours énormément, je touche encore des droits d’auteure dessus. Et encore une fois, je la revendique à 120 %. Quand j’ai écrit ce texte qui parle de l’intégrisme dans la religion et du fait que les femmes doivent rester debout, les combats existaient déjà et ne dataient pas d’hier. Et ils sont encore d’actualité aujourd’hui… Finalement, la femme doit toujours être en marche vers son avenir et son mieux être. Donc, je suis plutôt contente que cette chanson reste dans l’inconscient collectif. C’est un peu aussi pour cette raison que j’ai appelé ce résumé de ma carrière « L’Essentiel, de Julie à Julie Pietri », parce que les gens ne font pas toujours le rapport entre Julie Pietri, avec « Eve lève-toi », « Nouvelle vie », « Immortelle », etc… et la période d’avant où je m’appelais Julie tout court. Sans mon nom de famille, j’avais fait « Maria Magdalena », « Je veux croire », « Et c’est comme si », « Amoureux fous », etc… ça va permettre de faire le lien, cet « Essentiel ».

Nous avons donc évoqué les deux titres inédits qui figurent sur le coffret, « L’Amour est en vie » et « regarder le monde », ainsi qu’ « Eve lève-toi ». Nous n’allons pas pouvoir parler de chaque chanson qui figure sur ce coffret en particulier, mais vous, y en a-t-il une pour la laquelle vous avez un peu plus de tendresse qu’une autre ? Et pourquoi ?

Il y a une chanson pour laquelle effectivement j’ai un peu plus de tendresse… C’est une chanson de l’époque où je m’appelais Julie tout court. J’avais écrit une adaptation de la chanson « I should have known better » de Jim Diamond qui était devenue « À force de toi ». C’était la Face B d’une chanson que je détestais et qui m’avait été imposée. Je sais que certaines personnes l’aiment bien cette chanson, « Tora Tora Tora », mais je n’ai pas souhaité la faire figurer sur « L’Essentiel » parce que ce n’est pas un bon souvenir pour moi. Je la trouvais niaise, autant au niveau des paroles que musicalement. (rires) Et donc, cette Face B dont j’avais écrit le texte avec mon ami Jean-Michel Bériat, je l’aimais beaucoup. Tellement que j’aurais souhaité qu’elle soit la Face A. À un moment donné, les gens ont tellement aimé cette chanson qu’ils ont retourné le disque. Et ma maison de disques a dit « OK, on va represser le disque et on va remettre « À force de toi » en Face A ». Je vous parle bien entendu de 45 tours… je vous parle d’un temps… (éclats de rires) On a donc retourné le disque et cette version a aussi bien marché que le fameux « Tora Tora » que je n’aimais pas. C’est un souvenir délicieux parce que j’avais écrit le texte de « À force de toi » et qu’il voulait dire beaucoup pour moi. Les deux versions ont vendu dans les 180 000 exemplaires, donc finalement ce disque a marché des deux côtés. C’est un souvenir assez drôle. Après cet épisode, j’ai abandonné la maison de disques en question pour pouvoir justement partir sur des voies nouvelles qui correspondaient plus à ce que j’étais en tant qu’artiste. Et là, j’ai trouvé Vincent-Marie Bouvot, on a réuni une équipe d’enfer pour composer et écrire l’album « Le premier jour », et je suis devenue Julie Pietri. C’était donc un renouveau pour moi. Et c’est pour ça que j’ai une tendresse toute particulière pour « À force de toi », qui est un clin d’œil à mon destin…

Vous avez donc un nouvel album en préparation, pour lequel vous allez collaborer une nouvelle fois avec Vincent-Marie Bouvot. Pouvez-vous déjà m’en dire un peu plus ? Avez-vous déjà de la matière ? Où en êtes-vous concrètement ?

Je vais être très franche avec vous… ça n’avance pas du tout ! (éclats de rires) D’ailleurs, nous nous voyons demain avec toute l’équipe pour nous tirer les oreilles les uns les autres. Vous savez, avec le Stade de France, la tournée Stars 80, ma propre tournée, les télés, etc… je n’avance pas. Et Vincent-Marie, si je ne lui donne pas l’impulsion, il n’avance pas non plus. Donc dès demain, on va se bouger, c’est promis ! (rires)

Quelles sont vos envies sur ce nouvel album ? De quoi avez-vous envie de parler ?

J’ai lu certaines réactions à propos de « L’Amour est en vie », et on dit parfois que c’est un OVNI musical. Donc, on va avancer à notre rythme et faire les choses le mieux possible. Vous savez, je ne suis pas du tout fixée dans le temps et je ne suis pas passéiste. On avance avec Vincent-Marie, donc, ce qu’on ne veut absolument pas, c’est être dans la redite d’ « Eve lève-toi ». Dans « L’Amour est en vie », je fais un clin d’œil à Eve, mais la nouvelle Eve, ce n’est pas celle d’hier, c’est celle de demain. Ce que je veux en tout cas, c’est un album qui soit dans la modernité. Je souhaite aussi un album épuré. Au niveau des thèmes, je vais parler au nom des femmes. Mon monde est celui de la femme, forcément, je ne suis pas un homme. (rires) Donc, je vais parler de ce que je vis et de ce que vivent les femmes autour de moi. Ce sera un album dans l’air du temps, empreint d’une certaine poésie. C’est mon souhait en tout cas.

Vous avez débuté votre carrière alors qu’internet n’existait pas. Et les réseaux sociaux encore moins. En allant me promener sur votre Facebook, j’ai vu que vous y étiez assez active finalement. Également sur Twitter. Quel regard jetez-vous sur ces nouveaux moyens de communication ?

Je trouve que c’est extrêmement dangereux. Comme j’aime beaucoup mon public et que je suis très proche de lui, c’est pratique, parce que je peux leur répondre en MP. Mais je m’en sers essentiellement pour communiquer, sinon, je pense que c’est la porte ouverte à des choses peu intéressantes. Quand vous avez 10 000 amis, pensez-vous véritablement que ce sont vos amis ? Non. Alors, je suis présente sur Facebook parce que je respecte les gens qui y sont et qui aiment ce moyen de communication. Mais mis à part ça, ça peut être un ramassis de gens qui veulent exister juste en faisant un bon mot… On voit des injures assez invraisemblables parfois. Ce n’est pas mon monde. Pas du tout. Donc, je reste dans la générosité. C’est d’ailleurs la seule chose que j’ai à offrir sur les réseaux sociaux…

Quel regard jetez-vous sur votre parcours ? Presque quarante ans de carrière quand on y pense, c’est vertigineux. Et vous êtes toujours là. Et bien là.

Je suis assez amusée et assez satisfaite parce que j’ai souvent agi en femme libre. Même si ça a dû  provoquer des cassures dans ma carrière, ce n’est pas grave. Je suis une femme libre, et je le revendique. C’est le principal pour la vie…

Nous avons parlé de la sortie de votre coffret anthologie « L’essentiel de Julie à Julie Pietri », la préparation de votre nouvel album, l’écriture d’un roman ou en tout cas d’une fiction… Y a-t-il d’autres projets que nous n’aurions pas évoqués ?

Oui, et notamment un qui me tient particulièrement à cœur ! (sourire) Je voudrais partir huit jours sans chanter, sans rien faire, en bullant au bord d’une piscine au soleil avec ma fille Manon que j’adore. J’ai envie de rigoler avec un mojito à la main !!... (éclats de rires)

Propos recueillis par Luc Dehon le 2 juin 2015.
Photos : DR

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