Interview de Les Whities, Xavier Da Conceicao

Propos recueillis par IdolesMag.com le 15/05/2015.
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The Whities, 2.1

Les Whities viennent de publier un excellent premier album, « 2.1 », un opus résolument pop, haut en couleurs mais jamais dénué de sens, emmené par les singles « J’aime quand t’as bu » et « Mademoiselle aux talons noirs ». Le ton est donné. Séduits par ce projet, nous avons été à la rencontre de son leader, Xavier, afin d’en savoir plus sur ce projet décalé et déjanté qui a vu le jour du côté de Lille. L’occasion également de faire le point sur l’aventure « Rising Star » à laquelle le groupe a participé.

 

Avant de parler des Whities, le groupe que tu as pensé et imaginé, j’aimerais si tu le veux bien qu’on parle un peu de ton parcours à toi. Viens-tu d’une famille de musiciens ou en tout cas dans laquelle on écoutait beaucoup de musique ?

De musiciens, absolument pas ! (rires) Par contre, oui, on écoutait beaucoup de musique à la maison. J’ai notamment été bercé par du Sardou par ma mère.

Et toi, vers quelle musique t’es-tu dirigé ?

Comme je te le disais, j’ai vraiment été baigné dans une ambiance très variété française. Et donc, comme je suis de la génération Star Academy, j’ai été – et je suis toujours d’ailleurs (sourire) – un très grand fan de Jenifer ! C’est sa musique et ce genre de musique que j’ai écouté. Donc, des choses très pop et très variété française. Je pense d’ailleurs, et j’en suis certain, que c’est pour cette raison que ce premier album est écrit exclusivement en français.

Quelle est ta première approche de la musique ? Le chant ? Un instrument ?

J’ai été autodidacte jusqu’à l’âge de onze/douze ans. Ensuite, ma mère m’a inscrit à des cours de batterie. J’ai commencé par la batterie et pas par le chant… Enfin si, quelque part, je chante depuis que je suis tout petit (sourire), mais l’apprentissage sérieux, ça a d’abord été la batterie. J’ai donc fait quelques années de batterie, avant de me décider à me plonger corps et âme dans le chant. J’avais alors quatorze/quinze ans. Je sais ce que tu vas me dire… je n’ai pas choisi l’instrument rêvé pour aller avec le chant, mais bon… c’est comme ça ! Mais comme c’était le chant qui me transportait le plus, je suis allé à fond dedans. Ensuite, j’ai intégré une école de musique à Tourcoing qui s’appelle l’EF2M. J’y ai suivi pendant un an des cours d’harmonie et de plein d’autres choses. C’est vraiment là que j’ai fait mon apprentissage de la musique.

Dedicace de Xavier des Whities pour IdolesMag

À cette époque-là, tu écris et tu composes déjà ?

J’ai toujours écrit. Précoce le gars ! (éclats de rires) Trêve de plaisanterie, j’ai commencé à écrire très tôt, vers quatorze ans. La composition est venue un peu plus tard, vu que je n’y connaissais rien en musique écrite. Donc, au départ, j’ai plus créé quelques petites mélodies. La première chanson que j’ai écrite et composée entièrement, je devais avoir dix-huit/dix-neuf ans.

À cette époque, les Whities existent-ils déjà ? Évolues-tu dans d’autres formations ? En solo ?

Je suis donc originaire de Colmar en Alsace et je suis arrivé dans le Nord il y a cinq ans, pour la musique justement. Parce que la situation géographique de Lille fait qu’on y est proche de Bruxelles, Londres et Paris. Avant, j’avais un duo acoustique avec une amie guitariste en Alsace. Elle m’a suivi pendant un an dans le Nord. On a tourné pas mal. Mais rapidement, j’ai eu envie de changement. J’avais envie d’évolution et de fonder un groupe. Je voulais avoir des musiciens « à moi », entre guillemets. C’est à cette époque que j’ai créé les Whities. Donc, oui, en Alsace, j’ai intégré plusieurs groupes, que ce soit en tant que chanteur ou en tant que batteur.

Dans quelles circonstances les Whities ont-ils vu le jour, alors ?

C’est tout simple. Comme je viens de te le dire, j’avais envie de changement. J’avais envie de tourner. J’avais envie de faire de la scène parce que c’est clairement ce que j’aime par-dessus tout. Mais je me suis très vite rendu compte qu’il fallait plus qu’un simple univers. Il fallait développer quelque chose sur scène. J’ai donc cherché des musiciens. En gros, la configuration actuelle, je l’ai trouvée essentiellement grâce à mon école. J’ai envie de te dire que les Whities, c’est une aventure humaine avant d’être une aventure musicale. Quand le groupe a été créé, on a donc commencé par chanter des reprises, plein de titres des années 60 à nos jours. Ensuite, on s’est vraiment dirigés vers des compos originales. J’ai voulu développer mon univers et mes idées, tout ce qui se chamboule dans ma tête constamment ! (rires) Ce sont des idées un peu folles parce qu’on a un univers un peu spécial, un peu décalé… (sourire) Donc voilà, j’ai voulu mettre tout ça dans mes chansons et sur scène, aussi bien musicalement que visuellement.

The Whities © Dreamlike

Les reprises que le groupe a faites à ses débuts, c’était quoi ? De la chanson française exclusivement ou un peu de chanson anglo-saxonne ?

Il y avait un peu des deux, mais quasiment que du français quand même… Ne me demande pas pourquoi, mais je pense que je transmets beaucoup plus de choses aux gens en français qu’en anglais. Je pense que ça vient de mon background de variété française. Mais oui, il y avait tout de même quelques reprises des Jackson Five. Mais sinon, non, c’était du Polnareff et ce genre de choses.

Le line-up des Whities a-t-il beaucoup bougé au fil des années ?

Comme tous les groupes, c’est évident qu’il a bougé. Je ne pense qu’il n’y a aucun groupe qui ait trouvé son line-up du premier coup. Mais là, ça fait tout de même à peu près un an et demi qu’on tourne dans la même configuration. Il a fallu le temps de trouver l’identité musicale et visuelle du groupe. Tout ça a pris du temps. Et puis, j’ai grandi aussi. En cinq ans, c’est énorme comme on peut évoluer. Quand je vois les premières maquettes des Whities et ce qu’on fait maintenant, ça n’a vraiment plus rien à voir.

Tu me parles de l’identité des Whities. Tu es aujourd’hui Lillois, et nous avons dans le Nord une vraie culture du Carnaval. Si je te dis que les Whities ont un côté carnavalesque, tu me réponds quoi ?

(éclats de rires) C’est la première fois qu’on me sort ça ! Mais carrément, tu as raison. Il y a une dimension fête dans les Whities. C’est déjanté, c’est coloré. Tu sais, je suis quelqu’un qui ne se prend pas la tête facilement. J’aime bien rigoler, j’aime bien être bien et j’ai envie de transmettre ça dans ma musique. Donc, il était évident que l’image des Whities devait coller à ma peau. C’est clairement moi, les Whities, mais en groupe ! (rires) Donc, oui, on peut comparer le groupe avec un grand Carnaval !

Qu’est-ce qui t’a poussé à aller vers des chansons originales ?

J’ai fondé les Whities au départ tout seul dans mon coin. Ce n’est qu’après que j’ai cherché des musiciens. Et j’ai la chance à l’heure actuelle qu’ils me donnent carte blanche et qu’ils me fassent entièrement confiance, que ce soit au niveau musical ou au niveau visuel et scénique. Donc, voilà, j’avais envie de transmettre des choses, j’avais besoin de parler de moi tout simplement. J’avais besoin de raconter des histoires en chansons. Et puis, j’avais besoin d’emmener les gens dans mon monde, et pas celui d’un autre.

Quand est-ce que l’idée de publier un album est devenue concrète ?

J’ai une façon de travailler un peu poussée voire « maladive », entre guillemets. J’ai constamment besoin d’apporter de nouvelles idées. Donc pour moi, l’album c’était juste une suite naturelle. Et ça devait arriver maintenant, je pense. Nous avons fait une grande tournée l’année dernière, complètement autoproduite, avant d’avoir participé à Rising Star. On s’est rendu compte que la sauce prenait plutôt bien avec les gens, mais il manquait ce petit supplément d’âme qu’est un album. Donc, j’ai commencé à travailler pleinement sur « 2.1 » en janvier de l’année dernière. J’ai choisi les textes qui me plaisaient le mieux. J’ai dû faire un choix. Je me suis demandé ce que j’avais envie de raconter à ce moment-là dans ma vie. J’ai donc amené tout ça aux musiciens, et notamment mes textes et mes mélodies de chant. On compose avec Manu essentiellement à partir de mes mélodies de chant. On n’a pas d’instru de base sur lequel on travaille le chant, on part tout le temps des mélodies de chant. Et c’est ce qui fait, je le crois en tout cas, que ça reste en tête. À cette époque, Rising Star se préparait puisqu’on a fait tout de même six mois de casting. Il était donc normal qu’on se mette au travail d’un album. On adore faire des reprises, on fait d’ailleurs sur scène un clin d’œil à Mika, un autre à Cœur de Pirate, mais c’est tout de même mieux de chanter nos propres chansons. On ne voudrait pas qu’on nous colle une étiquette en disant qu’on reprend tel ou tel artiste. Notre univers n’est pas forcément très normal (rires), mais c’est le nôtre et pas celui de quelqu’un d’autre. Je pense d’ailleurs qu’il nous faudra du temps pour nous imposer. Mais bref, on avait envie d’emmener les gens dans notre univers bien à nous. Et donc, il fallait penser à un album.

The Whities © Dreamlike

Finalement, les reprises que vous faites actuellement sur scène, c’est tout de même un exercice qui te plait, ce n’est pas un passage obligé.

Oui, ça me plait. Les titres qu’on reprend, ce sont clairement des titres que j’aime. Mais évidemment, je préfère de loin chanter nos propres titres. Quand on voit les yeux des gens qui pétillent quand on chante une de nos propres chansons, c’est quand même un truc de malades ! (sourire) Après, je prends encore et toujours autant de plaisir à reprendre « Grace Kelly » de Mika, parce que c’est grâce à ce titre que nous nous sommes faits connaître à Rising Star. La reprise de Cœur de Pirate, pareil, c’est un titre et une artiste que j’adore. Mais effectivement, comme tu le disais, l’époque est aux reprises, donc, sur l’album, je n’en voulais pas ! Je voulais que ce soient uniquement des titres à nous. On espère, du moins on le croit, apporter quelque chose de nouveau. Ce n’est pas forcément évident parce que les gens sont souvent habitués à un certain style. Arriver entre un Mika qui vend des millions de disques et une Louane qui débarque comme un boulet de canon, ce n’est pas évident !... (rires) On débarque au milieu de tout ça avec nos paillettes, donc ce n’est pas évident. Mais c’est d’autant plus plaisant quand des gens viennent nous voir en nous disant qu’ils se retrouvent dans nos textes et nos chansons…

Justement, le fait d’avoir un projet décalé et déjanté, en marge de tout ce qui se fait en France actuellement, est-ce que ça te fait peur ?

Inconsciemment oui. Je suis quelqu’un de très stressé à la base. Je suis à 300% H24. Au fur et à mesure, j’apprends à prendre du recul parce qu’autrement, je ne vivrais plus. Donc, oui, ça me fait peur. On aurait pu choisir de faire des chansons un peu comme tout le monde en fait à l’heure actuelle, avec des mélodies et des textes un peu tristes. Ça aurait été le choix de la facilité. Mais non, on a pris une autre option. Donc, oui, ça fait carrément flipper parce qu’on le sait, il nous faudra beaucoup plus de temps pour nous installer. Il faut que les gens s’habituent à un autre style… (sourire) C’est un travail sur la longueur qui nous attend. On le sait.

Le choix du premier single, « J’aime quand t’as bu » était déjà assez osé !

On est d’accord. Ce n’était pas anodin, d’ailleurs. J’avais envie de parler de moi. C’est d’ailleurs ce que je fais clairement dedans, mais je ne voulais pas dire simplement « coucou, je suis là ! ». Donc si on a choisi ce titre complètement décalé, ce n’est pas un hasard. Je ne suis pas dupe, ce n’était pas un très bon choix de single, mais j’ai tenu tout de même à ce que ce soit le premier single, pour montrer l’identité du groupe. Je voulais dire « voilà, ça, c’est les Whities ». Là, on a un deuxième titre, « Mademoiselle aux talons noirs », qui est un peu plus pop, moins électro et moins décalé. C’est un texte que j’ai écrit il y a deux ans et que je revendique complètement. Mais il est un peu plus… « normal » entre guillemets ! (sourire) Je n’aime pas trop dire que le titre est plus formaté, mais d’une certaine manière, il l’est un peu plus. Disons que ce titre pourrait passer en radio, alors que « J’aime quand t’as bu » n’avait aucune chance. Mais je le savais, et j’assume ce choix. Donc, oui, c’est parfois un peu difficile, et je le sais, le chemin sera difficile. Donc, je suis stressé continuellement. Surtout que je ne vois pas ma vie ailleurs que dans la musique. Donc, oui, j’ai envie que la sauce prenne, mais qu’elle prenne avec ce que j’ai envie de transmettre.

The Whities © Dreamlike

Quand vous débarquez sur le plateau de Rising Star, l’album, il en est où, concrètement ?

Concrètement, il est prêt. Tout simplement parce que si l’histoire avait cartonné et que nous avions pu aller un peu plus loin dans l’aventure, on voulait que l’album soit prêt au cas où. On savait que ce serait une vitrine, donc si une maison de disques était venue nous trouver, on voulait avoir de la matière à présenter. On voulait être prêts. Tu sais, quand j’y repense, je pense que nous sommes allés à Rising Star avec une démarche toute autre que les 90% des autres candidats. Il y a beaucoup de gens qui font ce genre d’émission pour devenir une star du jour au lendemain, et qu’on fasse tout pour eux. Nous, ce n’était pas notre démarche. Pour nous, Rising Star était une vitrine. Après, c’est devenu une vraie aventure humaine. Parce que c’était clairement un truc de malades ! (sourire) Disons qu’on savait très bien ce que ça pouvait faire dans le positif comme dans le négatif. On en avait parlé beaucoup ensemble en amont. On avait pris beaucoup de recul par rapport à ça. On s’était préparés à ce que le mur ne se lève pas… et heureusement d’ailleurs parce qu’il ne s’est pas levé ! (éclats de rires) On a été clairvoyants sur ce coup-là !! Mais le fait que le mur ne se lève pas, ça m’a ouvert les yeux sur d’autres choses. On avait plusieurs chansons à présenter et la production a souhaité nous faire chanter Mika ce soir-là. Du coup, on nous a collé l’étiquette « clone de Mika ». Surtout qu’on a un univers qui se rapproche du sien. Je pense qu’on serait arrivés avec un titre de Cœur de Pirate acoustique un peu mélancolique, je mets ma main à couper que le mur se serait levé. Mais bon, on ne le saura jamais ! On a débarqué à la télé du jour au lendemain avec un truc très décalé dans une émission qui avait du mal à s’installer, donc ça a été un peu difficile… Mais pour en revenir à ta question initiale… je m’emballe souvent quand je parle ! (rires)… l’album était prêt, mais pas enregistré.

Vous aviez levé des fonds sur Ulule pour la production de cet album.

Effectivement. Et c’est d’ailleurs sans aucun doute grâce à l’émission qu’on a réussi à atteindre notre objectif. Et donc, comme on avait l’argent, nous sommes rentrés en studio pour enregistrer l’album. Et on a publié le premier single « J’aime quand t’as bu ». Et là, paf, une maison de disques nous démarche. J’étais sur le c** comme on dit vulgairement parce que je ne pensais sincèrement pas qu’un label penserait encore à nous, surtout en sortant d’une émission qui n’avait pas forcément très bien marché, et encore moins avec un titre comme « J’aime quand t’as bu ». Je n’ai donc pas très bien compris pourquoi ils voulaient travailler avec nous. Après avoir discuté avec eux, j’ai mieux compris leur démarche, et je n’ai pas hésité à signer avec eux.

Pourquoi ?

C’est la maison de disques qui a signé Disco Beach il y a quelques années. C’était là aussi un univers très décalé. Et au final, ils ont vendu un million de disques. Donc, j’ai mieux compris le discours du label.

Eviter de se laisser formater, c’est une voie plus difficile, mais qui s’avère bien souvent payante…

Je le pense aussi. Et à l’heure actuelle, c’est un peu difficile d’imposer un projet décalé comme le nôtre. Nous serions arrivés il y a quinze ans en arrière, je pense que ça aurait été peut-être plus simple. Aujourd’hui, avec la télé-réalité, tout le monde cherche à être connu, mais pour rien, avant même d’avoir un projet. Donc du coup, c’est très compliqué pour des groupes comme le nôtre. Finalement, nous sortons de Rising Star et ça s’est plutôt super bien passé pour nous puisque nous venons de signer en maison de disques. Mais même avec une maison de disques derrière nous et en sortant d’un télé-crochet, je peux te dire que c’est un peu la croix et la bannière. Il y a plein d’endroits où l’album n’est pas distribué, tout simplement parce que celui ou celle qui s’occupe des précommandes ne connaissait pas le groupe et a préféré ne pas prendre quelques exemplaires. Il faut s’accrocher ! Mais en même temps, c’est motivant. C’est d’ailleurs ce que j’aime dans ce métier, c’est que du jour au lendemain, tout change. On peut être au summum le lundi et au plus bas le mardi, pour que ça reparte le mercredi ! Mais c’est rigolo, à force ! (rires)

En même temps, vendre 50 000 singles en quelques jours et être oublié dans les deux mois parce que le deuxième single n’a pas fonctionné, ou vendre très peu et s’installer sur la durée, ce sont deux optiques du métier différentes.

Nous sommes d’accord. On ne peut pas dire si ça va marcher ou pas. Ce qui est certain par contre, c’est qu’on se donne les moyens pour y arriver. Je suis très lucide, nous ne vendrons pas 50 000 albums la première semaine. Le groupe est encore totalement inconnu quasiment partout. Mais on fait notre petit bonhomme de chemin, comme on peut.

Un petit mot sur le titre caché « Éclaire-moi ». Ce n’est jamais innocent de mettre un ghost track sur un album. Ça me fait penser à cette phrase que Gainsbourg avait écrite pour Adjani, « mettre des verres fumés pour montrer tout ce que je veux cacher »…

(sourire) « Éclaire-moi », c’est un des plus anciens titres que j’ai écrits. Je vais essayer de ne pas rentrer dans le mélodrame, mais c’était une période assez difficile que je vivais à cette époque. Ça parle d’une personne à laquelle je tiens énormément et avec qui je suis toujours à l’heure actuelle. Et je tenais absolument à ce que cette chanson soit dans l’album. Et en même temps, je ne la voyais pas s’intégrer parmi les autres onze titres. C’est pour cette raison que je l’ai mise en version cachée. C’est une chanson très lyrique, on pourrait même parler de chanson d’église… (sourire) Je n’ai pas trop d’autres choses à dire à propos de cette chanson, mais pour le coup, elle est très autobiographique. Elle apporte, je pense, un petit supplément d’âme à l’album.

Le sont-elles toutes, autobiographiques ?

Non, pas toutes, forcément. Par exemple, « Lalala vie en rose », c’est purement un délire. Tout est complètement inventé, c’est du cartoon. En fait, si on se penche un peu sur les textes, ils ne sont pas tous forcément très gais. Si on écoute « Je ne suis rien pour toi », «Éclaire-moi » ou « Où tu voudras », ce ne sont pas des textes très gais, mais sur lesquels j’ai posé une mélodie de chant enjouée. C’est là aussi qu’on trouve le côté décalé des Whities.

Justement, pourquoi vous appelez-vous « Whities » ?

Parce qu’on a un univers complètement coloré, justement ! J’aime jouer sur les opposés et les paradoxes.

The Whities © Dreamlike

De toutes les chansons qui composent cet album, y en a-t-il une pour laquelle tu as un peu plus de tendresse qu’une autre ? Quand je parle de tendresse, je pense à quelque chose qui se serait passé autour de la chanson, pas forcément la chanson en elle-même.

Je pense que je vais te reparler d’ « Éclaire-moi ». Chaque titre a son histoire, finalement. Mais « Éclaire-moi », elle vient de loin. C’est un des premiers titres qu’on a enregistrés. Mais pas du tout dans cette version-là. À la base, je voulais des chœurs d’enfants dessus. Je chantais uniquement les couplets et les refrains étaient chantés par des enfants. Un petit garçon et une petite fille sont venus enregistrer en studio. Et au final, ça ne le faisait pas comme on l’aurait voulu, donc, on a laissé tomber l’idée. Là, j’ai commencé à murmurer cette petite voix qu’on entend au début de la chanson. On a enregistré cette petite voix et on a décidé d’enregistrer le titre en guitare/voix. On a collé ce petit truc un peu bizarroïde au début de la chanson et un peu dedans. Là, on a eu un truc complètement perché et on s’est dit qu’on allait le mettre comme ça sur l’album. Ce titre, je tenais vraiment à ce qu’il figure sur le disque, et c’est 24 heures avant que le disque ne parte en pressage que j’ai demandé à la maison de disques de ne pas envoyer les bandes, parce que le titre était inclus dans l’album à cette époque. C’est là qu’on a décidé de la mettre en version cachée. Ils ont accepté. On a tout changé en quelques heures, on a recontacté le mec du mastering en vitesse. Il devait être minuit, quelque chose comme ça. Il a accepté de refaire le boulot dans la nuit et le lendemain, on avait la version définitive, avec le bonus track. C’était un peu le bordel, mais l’histoire d’« Éclaire-moi », c’était ça ! (rires)

Ça se passe comment sur scène, les Whities ?

On a mis en place une scénographie très particulière. On vient de faire une avant-première pour tester les titres, mais j’attache une attention toute particulière à la création des décors. Malgré qu’on n’ait pas une grosse production, je tiens à ce que les gens qui viennent nous découvrir sur scène repartent avec des étoiles plein les yeux. Du coup, je prends un plaisir tout particulier à créer ce décor. Ce sera du 100% homemade. Au niveau scénique, chaque musicien a son rôle. C’est très travaillé, même si on laisse beaucoup de place à la spontanéité, parce que finalement, c’est aussi l’identité des Whities. Il y a donc un fil conducteur, mais toujours avec un côté décalé. Il y a toujours beaucoup de relief sur scène, et on va notamment retrouver les tâches d’encre. Whities, c’est 50% musique et 50% visuel. L’un ne va pas sans l’autre. Dans le cadre d’une tournée d’été, par exemple, quand on monte la scène avec les décors, je pense que ça donne envie aux gens de venir découvrir le son le soir. J’ai d’ailleurs une anecdote à te raconter à ce propos, cette technique a marché avec un certain Pascal Obispo l’année dernière ! On jouait à Lège-Cap Ferret, on venait d’installer la scène. tout était en place. Et là, je me retourne et je vois un mec chauve en train de regarder la scène… Et là, mon technicien me dit qu’il pense que c’est Pascal Obispo. Il avait été attiré par le visuel de la scène. Je ne te raconte pas ma tête quand j’ai vu sa tête dans le public le soir… C’était assez cool ! (sourire)

Avant de te quitter, je ne peux pas m’empêcher de te demander ce qu’il se passe dans ta tête en ce moment, avec la sortie de l’album et la tournée qui se prépare.

Honnêtement ? Beaucoup trop de choses !! (éclats de rires) C’est une remise en question continuelle. L’album est sorti, donc, je devrais être plutôt serein, mais non, on est en pleine préparation de la tournée, il y a la promo. Donc, tout se met en place petit à petit, et il se passe plein de choses en ce moment. Et là, je suis hyper stressé. Mais c’est un état un peu habituel chez moi… (sourire)

Propos recueillis par Luc Dehon le 15 mai 2015.
Photos : Dreamlike ; Logo & Design : Charly Da Conceicao

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