Interview de Lisa Angell

Propos recueillis par IdolesMag.com le 05/05/2015.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.com.








Lisa Angell © Nathalie Guyon

Lisa Angell portera haut les couleurs du drapeau français le 23 mai prochain sur la scène du 60ème concours Eurovision de la chanson organisé à Vienne. Elle y chantera « N’oubliez pas », un titre fédérateur écrit par Robert Goldman. Dans le même temps, l’artiste publiera son quatrième album, avec quelques signatures prestigieuses comme celles de Serge Lama, Patrick Fiori ou encore Jacques Veneruso. Nous avons été une nouvelle fois à la rencontre de Lisa afin d’en savoir plus sur ses nombreux projets. Rencontre avec une artiste authentique qui trace son chemin avec beaucoup de sincérité et de talent.

Lisa Angell, quatrième album éponymeNous nous étions rencontrés en octobre dernier, juste avant votre spectacle à La Madeleine, et je vous avais demandé si vous seriez partante pour aller représenter la France à l’Eurovision… Vous m’aviez alors répondu que ce serait un grand honneur pour vous ! Et aujourd’hui, c’est un fait, vous vous envolerez très prochainement pour Vienne ! (lire notre précédente interview de Lisa Angell du 27 octobre 2014). Racontez-moi un peu tout ce qui s’est passé depuis…

Je m’en souviens très bien d’ailleurs ! (sourire) Je vais donc vous raconter tout ce qui s’est passé. Alors, à cette époque, j’étais en studio d’enregistrement et je préparais donc mon nouvel album. J’avais choisi cette sublime chanson de Robert Goldman, « N’oubliez pas », elle allait figurer sur l’album. C’était déjà prévu à l’époque. Du coup, je me suis dit que j’allais l’insérer dans mon tour de chant et que j’allais ainsi offrir à mes fans un extrait de mon nouvel album. Suite à ça, Robert Goldman est allé voir Nathalie André en lui parlant de la chanson. Visiblement, elle aussi a eu un coup de cœur pour cette chanson. Et trois mois après, j’ai appris que j’allais représenter mon pays à l’Eurovision !

Qu’est-ce qui se passe dans votre tête à ce moment précis, quand on vous annonce que vous allez représenter la France à l’Eurovision ?

Ah la la… à ce moment-là, il se passe mille et une choses ! C’est d’abord un énorme feu d’artifice dans ma tête parce que c’était un rêve d’enfant, tout simplement. Un rêve d’enfant qui se réalise,  c’est toujours un moment magique. Même quand on est adulte, on a cette étincelle, je vous l’assure ! Finalement, c’est bien mieux que si on m’avait annoncé que j’avais gagné à l’Euromillion ! (rires)

Quelle est la première chose que vous avez faite ?

J’ai tout de suite pris mon téléphone et j’ai appelé mes parents. Depuis que je suis toute petite, je rêve de représenter la France à l’Eurovision. Je leur ai dit que cette année, ils auraient peut-être encore un peu plus de plaisir à regarder l’émission parce que leur fille y participerait ! (sourire) C’est fantastique ce qui m’arrive.

Finalement, l’Eurovision, c’est un concours, c’est donc un challenge personnel, mais il y a une autre dimension, on représente son pays…

Complètement. Pour le moment, je travaille dur pour faire une belle prestation. Et surtout, je tiens à être à la hauteur de mon pays. C’est une chance et un honneur de représenter son pays. C’est sûr que quand on me l’a annoncé, après avoir fait le tour de la famille, je me suis assise et je me suis rendue compte de l’enjeu et du challenge que ça représentait. C’est une responsabilité de bien représenter son pays ! Et le faire avec une belle chanson, je ne pouvais pas espérer mieux.

C’est ce que j’allais dire, c’est une très belle chanson, qui s’inscrit dans la tradition de la chanson française.

Effectivement, c’est un beau texte et une belle mélodie. Et je fais du mieux que je peux avec ma voix. Je pense très sincèrement qu’on a nos chances…

« N’oubliez pas » parle donc précisément de la Grande Guerre, ce qui peut parler à bon nombre d’Européens. Mais finalement, elle est aussi assez universelle et évoque les conflits quels qu’ils soient.

Tout à fait. Je pense que tout le monde peut s’identifier à cette chanson. Tous les pays qui ont vécu une guerre peuvent se l’approprier. On ne va pas refaire l’histoire… mais beaucoup en ont connu. Beaucoup de gens peuvent aussi s’approprier ces mots à un niveau plus personnel. En fait, c’est l’histoire d’une femme forte. Et c’est vraiment ce qu’a voulu mettre à l’honneur Robert Goldman en écrivant ce texte. On parle souvent des hommes qui partent à la guerre et qui en reviennent. Ou pas, malheureusement. Mais on parle très peu des femmes. C’est vrai qu’on les voit souvent à travers des images dans des documentaires, mais on en parle assez peu. Je pense que cette chanson est partie de là, Robert a voulu mettre toutes ces femmes à l’honneur. Vous savez, cette chanson, si on va plus loin, elle peut parler d’une maman qui a perdu son enfant, ça peut parler d’inondations que peuvent vivre des gens. Et surtout, ce qu’on veut faire passer comme message, c’est que la France a toujours été un pays aidant envers les autres pays en difficulté. Et c’est pour cette raison qu’on a décidé de la chanter en français et pas en anglais. De toute façon, si on avait chanté en anglais, on nous aurait traités d’opportunistes. Et ce n’est pas du tout notre optique. Donc, je pense que c’est bien de diffuser ce message à travers l’Europe. Enfin… j’ai une grosse responsabilité et j’en suis fière et consciente ! Et j’estime que je peux porter cette responsabilité.

Lisa Angell © Nathalie Guyon

Vous serez très peu à chanter dans la langue officielle de votre pays. Il y aura donc vous, le Portugal, le Monténégro, la Finlande, l’Espagne, le Portugal… et les Anglais ! (sourire) Quel regard jetez-vous sur le fait que tout le monde choisisse de chanter en anglais ? N’est-ce pas un peu bouder ses racines d’une certaine manière ?

Je n’en sais rien. Peut-être les gens ont-ils peur aujourd’hui de ne pas bien se faire comprendre ? C’est vrai que l’anglais est universel. Quand on chante en anglais, tout le monde comprend facilement le sens de la chanson. En même temps, à l’Eurovision la scénographie est très importante. Les images qui accompagnent une prestation peuvent faire comprendre le message d’une chanson. Je pense que ce sont des choix internes, le fait de chanter en anglais. Les artistes le décident-ils vraiment ? Je ne le pense pas. En même temps, tout le monde y va pour gagner aussi, donc, chanter en anglais, c’est peut-être s’octroyer plus de chances ? Je n’en sais rien. Moi, je n’ai pas voulu le faire. On a été très critiqués avec ce titre, donc je ne voudrais en plus qu’on nous traite d’opportunistes. Et puis, tout simplement, vous savez j’aime ma langue. La langue française est magnifique. Et j’aime chanter en français. Chanter dans sa langue, c’est aussi d’une certaine manière la richesse de l’Eurovision.

Et nous avons, comme vous l’avez souligné, une très belle langue, d’une richesse et d’une subtilité infinies. Ce serait dommage de ne pas en profiter.

Exactement. Vous savez, il y a quelques semaines, je suis allée à Amsterdam pour participer à un grand rassemblement Eurovision. Il y avait vingt-quatre délégations. J’y ai chanté « N’oubliez pas » comme si j’étais à l’Eurovision et je peux vous dire que les 1500 personnes qui étaient présentes ont repris le titre avec moi. Il devait y avoir à tout casser quelques dizaines de francophones… Tout le monde a chanté le titre. Et pour dire très sincèrement les choses, la standing ovation, il n’y a que la France qui l’a eue…  Donc je pense que les gens comprennent très bien le sens de la chanson. Oui, ils se sentent touchés. Et je pense que ça peut faire la différence.

Vous avez donc rencontré pas mal d’autres délégations à Amsterdam. Avez-vous déjà noué quelques contacts ?

Bien sûr ! Nous sommes tous dans le même état d’esprit. On a tous envie de gagner. J’ai pris un peu de recul sur tout ça, et je peux vous dire que cette année, ça va être un très beau spectacle. J’ai sympathisé avec Ann Sophie, la candidate allemande. Elle ne chante pas en allemand, mais sa chanson est vraiment très belle. Et l’artiste est vraiment super aussi. Elle est très jeune, elle a donc une rage de gagner. C’est super mignon. Et franchement, je trouve qu’il y a cette année des chansons qui ont de grandes chances aussi…

Vous devez bien évidemment garder l’effet de surprise sur la prestation que vous allez faire à Vienne. Mais peut-on en savoir un tout petit peu plus ?

Je ne peux rien dire… Si je vous disais quoi que ce soit, je me ferai taper sur les doigts ! Vous ne le souhaitez pas, n’est-ce pas ? (éclats de rire) Ce que je peux vous dire, c’est que nous préparons une belle scénographie qui sera en adéquation avec la chanson. Je pense que ça pourra faire la différence ! Bien sûr, on s’applique à faire une prestation inoubliable. Ce sera beau et touchant, du moins, je l’espère. La chanson s’intitule « N’oubliez pas » tout de même… (sourire)

Lisa Angell © Nathalie Guyon

Vous m’aviez dit l’année dernière que « l’Oiseau et l’enfant » de Marie Myriam était une des premières chansons que vous aviez apprises et que vous l’aviez chantée lors de vos premiers concours de chant. Mise à part cette chanson, avez-vous un souvenir ou une anecdote à me raconter autour d’une chanson de l’Eurovision ?

L’année où Céline Dion a gagné avec « Ne partez pas sans moi », je devais avoir quinze ou seize ans. J’avais mis une robe et un petit peu de rouge à lèvres de ma maman. Je m’étais mise devant l’écran de télévision en disant à mes parents que je voudrais tellement aller moi aussi représenter mon pays à l’Eurovision. Je chantais déjà beaucoup à cette époque. Céline était toute jeune, et pourtant, elle avait gagné. Je voulais faire comme elle. Alors, j’ai enregistré une petite cassette et j’ai demandé à mes parents de l’envoyer à FR2 ou FR3 à l’époque, je ne me souviens plus très bien ! (sourire) L’ont-ils fait ? Je n’en sais rien. Il faudra d’ailleurs que je le leur demande ! (rires) Je pense qu’ils ne l’ont pas fait, mais peu importe, ce n’est pas bien grave…

Votre vœu aura été exaucé quelques années plus tard !

Voilà ! C’est Robert Goldman qui l’aura fait pour moi. À l’époque, c’était déjà difficile de se faire entendre quand on n’était pas à Paris. J’ai grandi à Nice, donc, envoyer une cassette à Paris et la faire écouter, ça me paraissait insurmontable. Le métier de chanteur a toujours été très difficile.

Je vais vous citer, au hasard, ou presque (sourire), le nom de quelques gagnantes emblématiques de l’Eurovision : France Gall, Gigliola Cinquetti, Marie Myriam, Céline Dion, Dana International ou Conchita Wurst. De laquelle vous sentez-vous la plus proche et laquelle vous a marquée le plus ?

Comme je ne vis pas dans le passé, je vais vous dire Conchita. Parce que je trouve que c’est super étonnant la manière dont elle s’est présentée sur scène l’année dernière. Il fallait être forte de caractère ! Et puis, le message de tolérance qu’elle a véhiculé me parle beaucoup à moi aussi. C’est une grande artiste. Elle est extraordinaire.

Le slogan de l’Eurovision cette année, c’est « Building Bridges » (Bâtir des ponts). Qu’est-ce que ça vous évoque ?

Je trouve que c’est un lien fantastique avec notre chanson. Une chanson, c’est un pont. Si tout le monde le traverse, on peut se rejoindre. C’est un peu le message que véhicule ma chanson : il faut être fort, ne pas baisser les bras et penser qu’il y a des gens autour de nous pour nous aider en cas de problème. Plus largement, je trouve que c’est un beau message d’échange, d’espoir et de paix. L’image du pont est fantastique. Et je peux vous dire que les Viennois organisent cette grande soirée avec beaucoup d’amour. C’est une organisation sans faille.

Lisa Angell © Nathalie Guyon

En parallèle de cette grande aventure qu’est l’Eurovision, vous publiez le 11 mai votre nouvel album. Quand avez-vous commencé à réunir les chansons qui le composent ? Quelles étaient vos envies à cette époque ? Comment le vouliez-vous, ce quatrième album ?

Dans cet album, je voulais avoir carte blanche sur le choix de mes chansons. C’était très important pour moi. J’avais rencontré un an et demi avant Patrick Fiori dans une émission de télévision, « Hier Encore ». Nous nous étions pas mal parlé et il m’avait dit que si je faisais un jour un album d’inédits, il aimerait que je l’appelle. Il m’a dit qu’il connaissait plein de gens qui avaient envie d’écrire pour moi et que ce serait pas mal de travailler ensemble. Je lui ai répondu que ce serait avec grand plaisir. Et là, il m’a demandé avec qui j’aurais envie de travailler. J’ai cité Jacques Veneruso, Serge lama, etc… Mais très franchement, je ne savais pas si ces gens avaient, de leur côté, envie de travailler pour moi. (sourire) J’avais envie de textes qui aient un sens et qui me parlaient directement. En même temps, je voulais des textes simples. Ce qui m’importait, c’était le message véhiculé. J’ai un âge certain, et je ne peux donc plus chanter l’amour comme quand on a seize ans. Donc, j’avais envie de sens, de mots forts et, bien entendu, de belles mélodies. Je voulais aller dans le partage avec cet album. Et c’est exactement ce qui s’est passé parce que lorsque j’ai eu la nouvelle, j’ai changé d’équipe. Je ne suis plus avec Patrick Sébastien, j’ai quitté Polydor et j’ai signé chez Smart/Sony. On a eu un premier rendez-vous où je leur ai expliqué ma vision de la musique. Pour moi, la musique, c’est de la variété. C’est ce que j’aime et ce que je sais faire. De leur côté, ils avaient très envie de m’avoir dans leur maison de disques et du coup, ils m’ont donné carte blanche pour le choix de mes chansons. Ils m’ont clairement dit que les chansons que je choisirais seraient celles qui se retrouveraient sur le disque. Vous vous rendez donc bien compte que du coup, j’ai travaillé en totale sérénité. Et après coup, j’ai eu la chance de pouvoir travailler avec Jacques Veneruso, Serge Lama, Patrick Fiori et Robert Goldman, bien sûr. Cet album, avec le recul, je peux dire qu’il s’est fait très simplement. Tout le monde était autant en amour que moi de la musique. Vous le savez, j’ai voué ma vie au chant et à la musique. Et tous ces gens ont eu envie de travailler avec moi parce quand j’arrive en studio, très sincèrement, je suis volontaire. Je suis à chaque fois très heureuse quand on me donne une magnifique chanson. Finalement, nous nous sommes motivés les uns les autres et on a partagé des moments simples et artistiques, sans jamais parler d’autre chose que de musique et d’amour de notre métier. Franchement, la création de cet album, ça n’a été que des jolis moments.

Comment ça s’est passé avec Serge Lama ? Parce que ce n’est pas rien de chanter ses mots…

Serge Lama, je l’ai idéalisé pendant des années. Mais aujourd’hui, c’est différent. J’ai son numéro de téléphone, j’ose l’appeler de temps en temps. Les choses se sont faites très simplement entre nous. C’est un Monsieur que j’adore et qui m’adore aussi, je pense. Nous avons beaucoup de respect l’un pour l’autre. Après avoir échangé un peu, il m’a apporté un texte sur l’absence. Magnifique. Sur ce texte, on a greffé une musique très rock. La chanson est devenue « Si tu savais ». Quand j’ai entendu cette musique, je l’ai envoyée à Serge en lui disant que j’espérais ne pas le choquer avec cette musique. Je trouvais que ses paroles et cette musique se mariaient très bien. Lui au départ pensait à une belle ballade. Donc, c’était très différent. Quand il a reçu mon mail, il m’a appelé trois minutes après en me disant qu’il était KO, que c’était sublime, qu’on avait fait de ce texte une grande chanson. Donc, travailler avec un homme de renom comme lui et partager le même amour des mots et de la musique, c’était magique. En plus, il est d’une simplicité et d’une humilité rares. Il est très gentil. Il a beaucoup de qualités, Serge. Beaucoup de qualités…

Parlons un instant de « Jamais non jamais ». Dans quelles circonstances cette chanson a-t-elle vu le jour ?

Ah la la, cette chanson… Elle a failli ne pas être sur l’album ! Et je suis vraiment contente que vous m’en parliez parce que je l’aime tellement que je voulais absolument la faire figurer sur le disque. Comme à l’habitude, on a enregistré plus de chansons que ce qu’on a mis sur le disque, donc on a dû faire des choix. Nous nous sommes donc réunis avec Robert pour en discuter très sincèrement. « Jamais non jamais » est donc une de ses chansons et il m’a dit que ce n’était peut-être pas la peine de la mettre sur le disque. Je lui ai dit que je l’aimais trop et que je voulais absolument qu’elle y soit. Et elle y est et j’en suis super fière ! (rires) Vous savez, quand on a conçu ce disque et que j’étais en studio, j’ai pensé scène. Je ne voulais pas avoir que des slows et que les gens ressortent des concerts attristés en ayant envie de se suicider (éclats de rire) ! Ce n’était pas le but. J’avais envie de leur donner de l’énergie, donc, j’ai fait un album qui me ressemble. Je peux être quelqu’un de romantique et de très sensible à ce que je vois et en même temps avoir une énergie débordante et être quelqu’un de positif. C’est aussi pour cette raison que l’album n’a pas de nom, parce qu’il est moi. On aurait pu l’appeler « Partage » ou « Sincérité », mais on a préféré rester sur l’idée d’un album éponyme.

Lisa Angell © Nathalie Guyon

C’est très délicat le choix du nom d’un album finalement.

Oui. Et puis si on va plus loin… Après l’Eurovision, si on a la chance d’aller à l’international, les gens auront peut-être et même probablement oublié « N’oubliez pas », mais peut-être pas Lisa Angell… (sourire)

Dans « Jamais non jamais », vous dites « Jamais non jamais je n’ai regretté mes choix ». Vous est-il tout de même arrivé un jour dans votre parcours de regretter un de vos choix ?

Non, jamais… J’ai cru que j’allais regretter un de mes choix, mais non, je ne l’ai pas regretté. Quand je suis passé du classique, puisque j’étais chanteuse classique d’Opéra, à la variété… ça n’a pas été facile. J’étais Soprano Colorature et à seize ans, j’ai eu des propositions au Metroplitan Opera de New-York et à la Scala de Milan… Mais quand j’ai essayé de percer dans ce métier de chanteuse de variété et que les portes ne s’ouvraient pas, je me suis dit que j’aurais peut-être dû rester dans le classique, que ça devait être ma voie… J’ai vraiment pensé à un moment donné que j’avais raté le coche. Mais en même temps, ce n’était pas très grave non plus parce que je me suis toujours fait plaisir à chanter ce que j’ai chanté. Même dans les pianos bars. Donc, on va dire que c’était un demi-regret… (rires)

Un mot sur « Ma place », une chanson très touchante.

C’est Patrick Fiori qui me l’a faite, celle-ci. Patrick a écrit pas mal sur mon enfance parce que bien entendu avec les gens qui m’ont écrit des chansons, j’ai passé beaucoup de moments autres qu’à faire de la musique. Nous avons déjeuné ensemble, nous avons pris des cafés, nous avons beaucoup discuté. C’est aussi ce qui fait l’intégrité et la sincérité de cet album. Toutes les chansons, même « Les larmes de mon cœur », sont des moments de vie. Comme toutes les jeunes filles et les femmes, j’ai pleuré. Toutes les chansons sont du vécu. Elles ont été vécues par moi ou par mon entourage très très proche. Donc, elles me touchent toutes tout particulièrement. 

Lisa Angell © Nathalie Guyon

« Quelques notes » est un magnifique hommage au métier de saltimbanque. C’est aussi un clin d’œil à votre mari…

(sourire) Vous savez, ce métier de saltimbanque, c’est le plus beau métier du monde. Après, c’est vrai que c’est difficile de se faire une place dans ce métier. Mais dans tous les secteurs, c’est difficile de se faire une place. Il faut travailler. Chanter, c’est un exutoire, ça fait du bien… donc je suis très heureuse que ce soit mon métier. Je suis heureuse de chanter, j’ai vraiment choisi le métier que j’aime. Et puis, comme vous le disiez, ce titre est un clin d’œil à mon mari qui est pianiste. Robert m’avait appelée un jour pour me demander comment avait démarré notre histoire d’amour et je lui avais expliqué qu’il était au piano et que j’étais tombée amoureuse de lui… Du coup, il nous a envoyé ce texte quelques semaines après…

Vous me disiez tout à l’heure que vous aviez pensé à la scène en enregistrant cet album, et que vous vouliez donc des titres pêchus, pas que des ballades. Une tournée se met-elle en place ?

Il y a des choses qui sont en train de se mettre en place. Je n’ai pas encore de dates précises, mais je sais que Jean-Claude Camus est en train de travailler là-dessus. En ce moment, je ne vous cache pas que je suis très sollicitée avec l’Eurovision qui approche à grands pas, mais c’est en route.

Vous avez donc changé d’équipe et de maison de disques pour ce quatrième album. C’est déstabilisant, mais finalement n’est pas un mal pour un bien ? C’est une remise en question et une mise à plat quelque part…

Bien entendu. Surtout, ça m’a permis d’être moi-même et de pouvoir m’affirmer dans mes choix de chansons. Ça m’a permis d’assumer la chanteuse que je suis sans être guidée par ce qui pourrait peut-être plus plaire aux gens. Je voulais vraiment que ce quatrième album me ressemble. Je ne voulais pas tricher. Ces chansons, je les ai toutes choisies précisément. Et je pense que les gens qui m’apprécient aimeront cet album parce qu’il est vrai. Donc, finalement, avoir ouvert d’autres portes et avoir travaillé avec d’autres gens m’a apporté beaucoup. Ça m’a permis de m’affirmer plus dans mes choix de chanson.

Avec l’Eurovision, vous avez été beaucoup plus médiatisée. Comment vivez-vous ce tourbillon ?

Comme depuis le début. Je profite de tout. Comme je l’ai toujours dit, pour moi, tout ce qui m’arrive depuis quelques années, ce n’est que du bonus. Je ne m’attendais pas du tout à ce que ça m’arrive un jour dans ma vie. Donc, je profite de chaque chose que je fais. Je fais tout très sérieusement parce que c’est dans mon caractère, mais après je profite de tout. Je reste très simple et très humble. Je ne changerai pas.

Pour terminer cet entretien, j’aimerais reprendre quelques mots de l’une de vos nouvelles chansons. Si vous étiez un instant, lequel seriez-vous ?

[Lisa réfléchit un moment] Si j’étais un instant, je chanterais. Je ne parlerais pas. Je ne ferais que chanter. [Lisa entonne alors les premières notes de « Si j’étais », qui mettent ainsi une belle note finale à notre entretien]

Propos recueillis par Luc Dehon le 5 mai 2015.
Photos : Nathalie Guyon

Liens utiles :
Facebook officiel :
https://www.facebook.com/lisaangellofficiel
Twitter :
https://twitter.com/lisaangell









+ d'interviews
Vidéos




Retrouvez-nous sur Facebook
Retrouvez-nous sur Twitter
Concours
 
Retour en haut