Interview de Marc Collin, Bristol

Propos recueillis par IdolesMag.com le 24/03/2015.
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Bristol, le nouveau projet de Marc Collin

Marc Collin (Nouvelle Vague, Ollano, Doriand…) revient avec un nouveau projet dédié au mouvement Trip Hop qui a vu le jour à l’aube des années 90 du côté de « Bristol ». Séduits par ce projet intéressant à plus d’un titre et particulièrement audacieux, nous avons été à la rencontre de l’artiste afin d’en savoir un peu plus. L’occasion sera belle également pour évoquer l’aventure « Nouvelle Vague » et ses projets futurs, dont les nouveaux albums de Jay Jay Johanson et de Nicolas Comment.

Quand ce projet « Bristol » a-t-il commencé à germer dans votre esprit ?

Il n’y a pas si longtemps, en fait. Ce devait être en décembre 2013, quelque chose comme ça. Donc, il y a un an et demi à peu près.

C’est très récent, finalement.

Oui, très récent. Je cherchais en fait ce que j’allais faire après le projet « Nouvelle Vague ». Je ne savais pas trop ce que j’allais faire. Et ne me demandez pas pourquoi, mais d’un coup, ça m’est apparu comme une évidence que la suite que j’allais donner à « Nouvelle Vague » allait être un projet autour du Trip Hop. Je me suis donc concentré sur cette scène-là et cette ville de Bristol d’où tout est parti. Après, ça a été assez vite parce j’ai tout de même un certain savoir-faire dans ce domaine. J’ai été très vite en studio et après, il a fallu trouver de jeunes chanteurs et chanteuses.

En quoi vous a-t-elle marqué, toute cette scène Trip hop, au début des années 90 ? Quels souvenirs en gardez-vous ?

Je crois que c’est le dernier mouvement musical qui m’a vraiment marqué. C’est la dernière fois que j’ai eu cette impression de suivre un mouvement. C’est un peu compliqué d’expliquer ce phénomène à un jeune qui écoute de la musique aujourd’hui, parce que les mentalités ont changé. Mais à  l’époque, quand on écoutait de la New Wave, on suivait la scène New Wave. À partir du moment où un groupe appartenait à une scène, ou était signé sur le même label qu’un autre qu’on aimait, on allait acheter son disque. Peu importe ce qu’il faisait en réalité, on avait envie de le découvrir. C’était vraiment une scène. On adhérait à un son et à une façon de faire de la musique. Le Trip hop, c’est pareil que la New Wave. Quand Massive Attack a créé son propre label, Melankolik, et qu’ils ont sorti Alpha, je me suis précipité pour acheter le disque parce que je savais que ça allait être bien, je savais que leur son allait me plaire. Et ça, c’est la dernière fois que ça m’est arrivé. Depuis, il n’y a pas un mouvement qui m’ait donné l’envie de suivre tout ce que les artistes de cette scène précise faisaient. Aujourd’hui, on suit des groupes ou des artistes, on ne suit plus un mouvement.

Bristol © Sarah Bastin

Pourquoi avoir fait le choix de réarranger tous ces titres à la manière des musiques de films des sixties ? Vous les avez rendus très pop, finalement ! Quel a été le cheminement ?

C’est de se dire en fait que ces groupes-là, finalement, étaient très influencés par les années 60. Ça s’entend dans les samples qu’ils ont utilisés. Ils ont mélangé des bouts de musiques de film des années 60/70 avec du Hip Hop, des samples de dub, et un mix de plein d’autres choses différentes. Prenez l’exemple de Portishead, l’influence sixties est vraiment là, il y a des cordes, la basse, des guitares. Donc, je me suis dit que ces gens-là, qui n’avaient aucun moyen et qui n’étaient même pas musiciens puisqu’ils prenaient des disques pour créer leur musique, s’ils avaient eu un groupe et s’ils avaient eu 20 ans dans les années 60 et pas dans les années 90, peut-être que c’est cette musique des sixties qu’ils auraient faite. Je pense qu’ils auraient créé les mêmes chansons, mais différemment. Et c’est ce que j’ai essayé de retranscrire dans cet album. Et puis, j’aimais bien l’idée que quelqu’un qui écouterait ma version de « Roads » à la radio ait un doute qui s’installe, une interrogation. « Qu’est-ce que j’écoute ? Je pensais que « Roads », c’était la chanson de Portishead ?! Et là, apparemment, je suis en train d’écouter l’original… » C’est cette idée que j’aime bien. Jouer avec l’auditeur, qu’il ne sache plus vraiment ce qu’il est en train d’écouter. L’original ? Une reprise ? Une reprise d’aujourd’hui ou de l’époque ? C’est un petit jeu que j’aime bien… (sourire)

Comment avez-vous choisi les titres qui figurent sur ce disque ? Il y a des morceaux emblématiques de la scène Trip Hop, bien évidemment, mais j’imagine aussi des morceaux qui vous ont touché, vous, plus personnellement.

C’est tout à fait çà. C’est vraiment un mix de mes titres favoris. J’avais fait une première liste tout de suite avec « Roads » de Portishead ou « Nothing Else » d’Archive. Ce sont vraiment des titres qui sont venus comme ça, je les écoutais beaucoup à l’époque. Ensuite, j’ai essayé aussi de trouver des morceaux un peu oubliés ou moins connus comme le morceau de Perry Blake, « Widows by the Radio » qui a eu sa petite heure de gloire en France mais qui n’a pas du tout marché ailleurs. Et puis, il y a des morceaux plus underground, mais emblématiques du mouvement, comme « No Justice » de Smith & Mighty. J’ai pris aussi bien évidemment les pionniers, Massive Attacks, avec ce morceau par lequel je les ai découverts, « Safe from Harm ». Quand c’est arrivé, je ne savais pas du tout ce que c’était et j’ai trouvé ça incroyable. On ne s’en rend pas compte aujourd’hui, mais à l’époque, prendre des samples comme ça, c’était incroyable. On n’avait jamais entendu ça. Après, j’ai voulu aussi être un peu représentatif du mouvement, donc j’en ai réécouté les grands groupes représentatifs. J’avoue qu’il y a un groupe que je ne connaissais pas, c’est Hooverphonic, le groupe belge. Vous savez, Perry Blake, il est totalement inconnu en dehors de France. Hooverphonic, c’est un peu le même cas de figure, ils sont très connus aux États-Unis et en Allemagne, mais, et ne me demandez pas pourquoi, ça n’a pas du tout pris en France ! Je n’avais jamais entendu parler de ce groupe avant une dizaine d’années.

Les frontières terrestres existent finalement, et même pour la musique. Un groupe peut faire un carton en Belgique ou en Allemagne et être totalement inconnu en France, alors que nous sommes voisins.

Oui, c’est hallucinant. Parfois, il y a une magie qui se passe avec un pays, et parfois pas. Mais ce phénomène est parfois aussi dû aux maisons de disques. Il y en a parfois qui ne font rien pour faire exister leurs projets en dehors de leurs propres frontières… (sourire)

De toutes les chansons qui figurent sur l’album, y en a-t-il une pour laquelle vous avez un peu plus de tendresse qu’une autre ? Quand je parle de tendresse, je pense à quelque chose que vous auriez vécu avec cette chanson, à l’époque ou aujourd’hui, pas vraiment la chanson en elle-même.

Toutes les chansons m’ont marqué à un moment donné… Mais je me souviens d’avoir écouté le premier EP de Portishead, et c’est une musique dans laquelle je me suis retrouvé totalement. Et en fin de compte, je ne réponds pas à votre question puisque « Roads » qui figure sur l’album ne figurait pas sur cet EP ! (rires) Ces chansons, c’était tout ce que j’aimais. Ils l’avaient fait, et bien en plus. Donc, pour l’auditeur, c’est génial, on devient fan immédiatement. Et la musique pop, c’est quoi finalement ? C’est une musique personnelle qui tout d’un coup a un écho auprès de plein de gens. Après quand on est musicien et producteur, c’est un peu différent, parce que l’auditeur qui est en nous est fan et le musicien se dit que comme c’est bien fait, ce n’est plus à faire ! (rires) Mais ça peut rester une inspiration et une influence. Et c’est pour ça que j’ai une tendresse particulière pour tous ces morceaux qui figurent sur l’album, et notamment les premiers morceaux de Massive Attack, Portishead ou Tricky. Quand j’ai entendu « Overcome » pour la première fois, j’ai été soufflé. Je n’avais jamais entendu ça ! En plus, cette musique, à l’époque, on ne savait pas comment elle avait été faite. Et ça, c’était très intéressant pour nous musiciens. On a trouvé ça terriblement intéressant. On voulait savoir comment ils arrivaient à sortir ce son. Et ça, en tant qu’artiste, c’est phénoménal !

Pouvez-vous me présenter les différents artistes qui interviennent sur le disque ? Pourquoi et comment les avez-vous choisis ?

L’idée était de choisir de jeunes artistes dans la vingtaine. Je voulais aussi éviter de tomber dans une certaine routine et retravailler avec des gens que je connaissais et avec lesquels j’avais souvent travaillé. Je me suis donc lancé à la recherche de nouveaux talents, comme je l’avais fait au début pour « Nouvelle Vague ». Je suis tout de suite tombé sur Clara Luciani, que je connaissais un peu avant. Elle est membre de « La Femme » et du groupe « Hologram ». Elle poursuit aussi son propre projet. Elle a une voix incroyable. J’ai souhaité travailler avec Martin Rahin, qui chante ici sur les reprises de Archive et de Goldfrapp. Il a vraiment une voix de crooner un peu à l’ancienne. J’ai rencontré Dawn, elle m’avait invité sur scène, et je l’ai tout de suite vue incarner le projet « Bristol » sur scène. Au-delà-même des chansons qui figurent sur ce disque, elle incarnait ce que je voulais avoir sur scène avec « Bristol ». Elle chante trois ou quatre chansons. Et puis, il y a Jim Bauer. Lui, on ne se connaissait pas. Enfin si… on était amis sur Facebook, mais on ne se connaissait pas (sourire). J’ai donc demandé un peu autour de moi sur Paris qui était le nouveau chanteur incroyable… Et beaucoup m’ont dit qu’il fallait que j’aille découvrir Jim Bauer sur scène. J’y suis allé et tout de suite, j’ai été bluffé. Il a lui aussi une voix incroyable. Comme nous étions amis sur Facebook, je l’ai contacté très facilement ! (éclats de rire) Et tout s’est fait naturellement. En fait, ce sont souvent des gens avec lesquels je travaille sur d’autres projets. Tout se fait naturellement, finalement. Je travaillais sur des morceaux de Prudence Fontaine pour son propre projet, en tant que réalisateur. Un matin, j’avais travaillé sur un morceau et quand elle est arrivée, je lui ai demandé d’essayer la chanson. Elle est arrivée sur le projet comme ça. Il n’y a jamais eu vraiment de calcul, tout s’est fait sans pression.

Un petit mot sur la ville de Bristol. Vous y avez joué en décembre dernier. La connaissiez-vous ? Quel regard jetez-vous sur son évolution ?

Bristol, c’est comme toutes ces villes mythiques… Quand je suis allé à Manchester, pour moi, c’était quelque chose de très important. C’était la ville de Joy Division, de Factory Records, des Smith… Après, quand on voit Manchester aujourd’hui, ça n’a plus rien à voir. Cette ville a complètement changé. C’était une ville extrêmement pauvre qui est devenue assez riche, je pense. Quand je suis allé à Détroit, c’était pareil. Les racines de la techno, on ne les retrouve plus vraiment aujourd’hui. Donc, à Bristol, les racines du Trip hop, on ne les retrouve plus vraiment non plus. J’y suis allé jouer avec « Nouvelle Vague » deux ou trois fois. C’est difficile de sentir les choses… C’est comme quand je suis allé pour la première fois à Rio, je pensais entendre de la Bossa Nova partout autour de moi. Mais non… ce n’était pas vraiment le cas ! (rires) C’est un peu comme si un touriste débarquait à Paris et voulait retrouver les caves où chantaient Gainsbourg et Aznavour. Il y a un décalage entre ce qu’est une ville et l’image culturelle qu’on en a. Bristol est aujourd’hui une ville très moderne et assez riche également. On y a joué en décembre, et je ne suis pas certain que les habitants de Bristol connaissent aujourd’hui les groupes que nous reprenons… (sourire) Il n’y en a qu’une infime partie qui connait les racines musicales de la ville. Je ne suis pas sûr que les habitants actuels soient conscients de l’histoire culturelle de leur ville. En même temps, on trouve à Bristol beaucoup de disquaires… Je ne sais pas…

Bristol © Sarah Bastin

Il y a toujours un décalage entre l’image qu’on a d’une ville, avec son histoire et sa culture, et sa réalité d’aujourd’hui.

Vous savez, j’ai fait de la musique dans les années 80 à Versailles avec tous les gens qui ont fait ce qu’on appelle la « French Touch ». Et je peux vous dire qu’il ne se passait rien à Versailles !... Et qu’il s’en passe encore moins aujourd’hui ! (éclats de rire) Quelqu’un qui voudrait trouver des traces de Air ou de Phoenix aujourd’hui aurait beaucoup de mal dans ses recherches… (sourire) C’est difficile à trouver.

Un petit mot sur la scène. Vous avez déjà joué à Bristol et Berlin notamment et vous vous produirez entre autres le 29 avril prochain au Café de la Danse (Paris 11ème). Que va-t-il s’y passer ? Qui va-t-on retrouver sur scène ? Vous aurez un guest pour le moins prestigieux…

Et oui ! (rires) Sur scène, aujourd’hui, c’est assez simple, il y a Aurore, la lead singer, Martin Rahin qui va chanter les chansons qu’il chante sur l’album et qui joue de la basse, et Jim Bauer à la guitare, qui chante lui aussi ses chansons. Et puis moi, qui suis au clavier. On a un batteur aussi. C’est une formation qui nous permet de nous produire un peu partout. Et donc, comme vous l’avez souligné, au Café de la Danse, nous allons inviter Jay Jay Johanson. On l’a rencontré lors d’un festival à Lisbonne. Ça s’est extrêmement bien passé et il est venu chanter sa chanson avec nous. C’est magique. On lui a donc demandé de venir à Paris la refaire. On va peut-être lui demander de nous accompagner à Londres aussi parce que sa voix colle vraiment au projet. C’est très beau. Avec Nouvelle vague, on avait demandé à Martin Gore de venir chanter sur le disque. En tant qu’artiste, je vous le Bristol © Sarah Bastinconcède, j’ai eu de la chance, j’ai fait de belles rencontres… (sourire)

Jay Jay Johanson, qu’a-t-il pensé du projet ?

Il faudrait le lui demander, mais je pense qu’il a été très flatté qu’on reprenne un de ses titres. C’est en tout cas ce qu’il m’a dit. Quand on pense Trip Hop, tout de suite, on pense Portishead, Massive Attack et Tricky. Après, on peut penser à Morcheeba ou Archive. Et le fait d’avoir inséré Jay Jay Johanson dans cette famille d’artiste, lui a fait plaisir. Et je pense aussi qu’il a apprécié la chanson qu’on avait choisie. Ensuite, il m’a dit qu’il avait bien aimé l’album… Mais pour la petite histoire, j’ai signé son nouvel album sur mon label, donc, on travaille pas mal ensemble en ce moment. (sourire)

Bristol © Sarah Bastin

Dans l’argu que nous avons reçu, il est annoncé que l’album sera accompagné d’une expo et d’un documentaire. Pouvez-vous m’en dire un peu plus ?

Le problème des argus, c’est que parfois ils datent… et c’est le cas ! (éclats de rire) L’exposition, j’y travaille. Il y en a une actuellement, mais elle est à Bristol. Je pense que quand elle sera terminée là-bas, je vais essayer de la faire venir à Paris. Quant au documentaire, c’est beaucoup plus compliqué et plus long que ce que je ne pensais… j’ai fait un petit teaser, filmé à Bristol, et c’est en cours. Ce n’est pas facile à mettre en place, je ne suis pas réalisateur et producteur de documentaires, ce n’est pas ma spécialité, et je me suis très vite rendu compte que je m’attaquais à quelque chose de très long et de plus contraignant qu’un disque. (sourire) Je n’ai donc pas abandonné l’idée, mais j’ai préféré me consacrer d’abord à la musique, et donc au disque et à la scène. C’est un projet qui est en chemin, mais on ne peut pas mener de front plusieurs projets d’envergure. Donc, pour l’instant, je n’ai ni le temps ni les moyens de le réaliser. Ce n’est pas le truc le plus important aujourd’hui.

Un petit mot sur le visuel qui est un clin d’œil à Bansky, artiste emblématique de Bristol également.

Effectivement. Il a même créé quelques pochettes de disques. Il est vraiment lié à l’histoire de Bristol. On trouve certains de ses dessins dans la ville. C’était un peu une évidence qu’il fasse, entre guillemets, « partie du bprojet ». L’idéal aurait été d’avoir une véritable œuvre de Bansky, mais ce n’était juste pas possible. Donc, là, on lui a fait un petit clin d’œil. Et je vais même vous raconter une petite histoire à propos de cette pochette. Le bateau qu’on voit, c’est la péniche où jouaient tous les groupes au départ. C’était une péniche un peu comme le Batofar à Paris où beaucoup de ces groupes mythiques se sont produits. En fait, j’ai acheté un des rares bouquins qui a été écrit sur le Trip Hop, il a été édité en 96, en plein boum de ce mouvement. Il est très détaillé, et j’ai appris cette histoire de péniche…

« Nouvelle Vague » vous a occupé pendant une dizaine d’années. Où en est le projet ? Il est en pause ?

Je pense sincèrement qu’on a un peu tout dit par rapport au concept initial, qui était donc de faire des morceaux de New Wave en Bossa Nova. Aujourd’hui, le projet vit sa vie tout seul. Le dernier album est sorti en 2010, mais la fanbase continue de grandir. Donc, c’est compliqué de vraiment l’arrêter. On joue d’ailleurs encore de temps en temps. Ce que j’aimerais faire maintenant, c’est un album de remixes, où même faire quelques réarrangements ou quelques collaborations. Mais je ne pense pas réellement recréer un nouvel album. Je pense qu’on a fait le tour de la question, qu’on a tout dit en quatre albums. Aujourd’hui, ce que je veux, c’est faire vivre le catalogue. On essaye de retravailler ce qui existe déjà, trouver de nouveaux angles. C’est plus dans ce sens-là que je vois « Nouvelle Vague » évoluer aujourd’hui.

Bristol © Sarah Bastin

Avec « Nouvelle Vague », vous avez repris des titres de la New Wave. Vous avez aussi sorti un autre projet, « Hollywood mon amour », où des artistes reprenaient des chansons de bandes originales de film. Et plus généralement, depuis quelques années, les reprises ont le vent en poupe. À quoi l’attribuez-vous ?

Je ne sais pas, à vrai dire… C’est toujours plus facile d’avoir une chanson que les gens connaissent déjà, ne serait-ce que pour aller en radio. Après, sur « Nouvelle vague », je tiens quand même à signaler que c’est un projet un peu différent d’un projet de reprises pur et dur. En général, quand on fait des reprises, on prend les chansons les plus connues, or, avec « Nouvelle vague », on a certes repris quelques grands standards, mais on a essentiellement repris des chansons inconnues du grand public. Et je pense que c’est ce qui a plu dans le projet « Nouvelle Vague », c’étaient des chansons que beaucoup de gens ne connaissaient pas. C’est une autre approche de la reprise. Et c’est d’ailleurs le cas un peu avec « Bristol » aussi, ce sont des titres que tout le monde ne connait pas. Quand on regarde le mouvement Trip Hop, on se rend compte que c’est un mouvement hyper important qui a influencé de nombreux artistes, mais combien y a-t-il eu de tubes ? Peut-être deux ou trois. Maximum. Et encore… Ce n’était pas une musique de tubes, mais une musique d’album et d’artiste, essentiellement. Donc, pour en revenir à votre question sur les reprises, je ne sais pas trop quoi vous répondre. Est-ce que ça ouvre des portes ? Je ne sais pas. Finalement, en répondant à votre question, je m’interroge de mon côté également. En tout cas, en ce qui me concerne, je le vois plutôt comme un concept général autour d’une scène et d’un mouvement. La démarche est très différente que de reprendre les grands tubes des années 90 ou des années 60, où c’est très général. Ici, je reprends une scène très particulière. C’est un travail, peut-être pas d’historien (sourire), mais qui veut faire redécouvrir aux gens des morceaux qui ont soit été oubliés ou qui n’ont pas été connus à l’époque. C’est plus comme ça que je vois ce travail.

Comme vous le disiez tout à l’heure, vous aimez jouer avec l’auditeur…

(sourire) Vous savez, un jour en écoutant par hasard Radio Nova, je suis tombé sur la version originale de « Tainted Love ». J’avais toujours cru que c’était une chanson de Soft Cell. Je n’aurais jamais pu imaginer que c’était une reprise. J’ai vraiment eu un choc en apprenant que ç’en était une. Je me suis dit que c’était « une reprise à la manière de ». Du coup, j’étais perdu… Je ne savais pas si c’était un truc qui avait été fait là en 2003 avec un son très sixties ou si c’était effectivement la version originale de cette reprise de Soft Cell. J’ai donc découvert après que Soft Cell avait fait une reprise et que ce que j’avais écouté sur Nova était la version originale. C’est ça qui m’a inspiré le concept de « Nouvelle Vague », tout simplement.

Nous avons beaucoup parlé de « Bristol ». Vous m’en avez touché un mot tout à l’heure vous travaillez donc actuellement sur le nouvel album de Jay Jay Johanson. Avez-vous d’autres projets sur le feu ?

Là, il y a un film allemand qui va bientôt sortir. C’est un film sur les premiers pas du Hip Hop électro en Allemagne de l’est au début des années 80. J’en ai fait toute la musique. Il sort mi-avril en Allemagne, et j’espère ailleurs un peu plus tard. Sinon, je travaille également sur d’autres projets sur mon label, et notamment le nouvel album de Nicolas Comment et un projet pour Alice Lewis. Je suis pas mal occupé en tant que label en ce moment. Et puis, il y a pas mal d’autres projets, sur lesquels je travaille en tant que réalisateur ou producteur, qui sortiront l’année prochaine.

Propos recueillis par Luc Dehon le 24 mars 2015.
Photos : Sarah Bastin

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