Interview de Vigon et Jay

Propos recueillis par IdolesMag.com le 20/02/2015.
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Vigon Bamy Jay © Vincent Lignier

Le trio de Soul Men Vigon Bamy Jay revient le 30 mars prochain avec un deuxième album, hommage à Elvis Presley, « Love me tender : hommage ». Comme vous le savez, depuis l’enregistrement de l’album, Erick Bamy nous a malheureusement quittés. Nous avons donc été à la rencontre de Vigon et Jay afin d’évoquer la mémoire d’Erick et ce projet rempli d’amour et d’émotion.

Vigon Bamy Jay, Love me tender : hommageCe deuxième album, vous l’avez enregistré à trois, aujourd’hui vous êtes deux à le défendre, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Jay : On est encore plus motivés qu’avant, plus motivés que jamais. On a mis encore plus d’amour à travers cet album. Comme tout le monde le sait, Erick Bamy nous a quittés en fin d’année. Il vit encore à travers cet album. Donc, pour nous il est essentiel d’aller au bout de cette aventure. D’ailleurs, Erick l’aurait voulu… sachant qu’il a beaucoup souffert pendant l’enregistrement de cet album. Et malgré tout, il était là avec nous et il a toujours donné le meilleur de lui-même. Il a vécu, comme nous deux d’ailleurs, à travers les Soul Men une aventure exceptionnelle. Bien sûr, Erick a accompagné Johnny Hallyday pendant des années. Mais là, pour la première fois, avec les Soul Men, il se retrouvait dans la lumière. Donc, pour nous cet album est très important, comme il l’était pour lui. Erick vit à travers cet album. Donc, on ira jusqu’au bout. Il y a vraiment beaucoup d’amour dans cet album.

Quels souvenirs gardez-vous de lui ? C’était un grand professionnel. Un blagueur aussi. Avez-vous une petite anecdote à me raconter ?

Jay : Il y en a tellement…

Vigon : … et surtout avec moi, on se connait depuis tellement d’années ! Je l’ai connu en 1964, ça remonte… Et il y a tellement de choses à raconter sur Erick que je ne sais pas trop bien laquelle vous raconter.

Jay : C’était un blagueur, Erick, mais il était aussi un puit de connaissances. Il avait beaucoup d’humour. Et c’est vrai qu’on a eu beaucoup de fous rires pendant les enregistrements et sur scène. Mais, très sincèrement, le boute-en-train sur scène, c’est surtout Vigon !

Vigon : Ah bon ? (rires)

Jay : Donc, c’est vrai qu’on pourrait vous raconter plein d’anecdotes et comme le dit Vigon, en choisir une, c’est assez difficile. En plus, avec Erick, tout se passait dans le regard. On pouvait partir dans un fou rire sur un simple regard qu’il nous lançait. On se comprenait très bien tous les trois en tout cas… Je vais tout de même vous raconter une petite anecdote de scène. Un soir, je ne sais plus très bien où nous jouions, un monsieur tapotait sur son iPad au premier rang. Il essayait de se cacher pour envoyer un message ou que sais-je. Et là, on a coupé la musique et Erick lui a demandé si le concert ne lui plaisait pas, etc… Nous, nous étions morts de rire. On a pris ça à la rigolade ! Mais le pauvre monsieur est parti et est venu s’excuser après… Ce sont plein de petites choses comme ça qui nous arrivaient avec Erick. Dans le train, aussi, ou dans le car. On se racontait beaucoup d’histoires. Et on finissait toujours par rigoler. On garde en tout cas plein de souvenirs comme ça.

Le premier album des Soul Men a plutôt très bien fonctionné. Que retenez-vous de son exploitation ?

Jay : C’était une grosse surprise pour nous, le succès de cet album. On voulait au départ juste nous faire plaisir. C’était l’histoire de trois potes qui voulaient rendre hommage à leurs idoles et aux artistes qui leur avaient donné envie de chanter. Donc, on n’a pas vraiment calculé ce succès. Mais vous vous imaginez bien que quand on nous a appris que nous étions disque de platine, ça nous a fait très chaud au cœur. On a vécu un rêve éveillé avec cet album. On a commencé à se rendre compte de plein plein de choses, et notamment qu’il y avait beaucoup d’amour à travers ce projet. Vigon et Erick se connaissaient depuis des années, moi je suis arrivé un peu plus tard… (sourire) T’en penses, quoi, toi, Vigon ?

Vigon : Je pense que cet album-là, le premier, comme vous l’a dit Jay, on a été les premiers étonnés de son succès. C’était une histoire d’amis avant tout. Et en plus de ça… c’est bien, un album, c’est clair. Mais on a pu faire une grande tournée. On a fait salle comble partout. Le public nous a réservé un accueil comme si nous étions de grandes stars. On était vraiment heureux. On a vécu ça comme un rêve… Moi, c’est vraiment la tournée qui m’a le plus marqué.

Vigon Bamy Jay © Vincent Lignier

Sur le premier album, vous aviez rendu hommage à quelques-unes de vos idoles. Aujourd’hui, vous avez choisi de rendre hommage à Elvis Presley. Pourquoi lui ? Même si j’ai ma petite idée…

Vigon : J’ai grandi avec Elvis. Et quand il a été question de rendre hommage à Elvis en reprenant quelques-unes de ses chansons, j’ai été très fier. Parce que, pour moi, Elvis, c’est toute une époque. C’était un grand chanteur, certes, mais je me souviens de l’avoir vu au cinéma aussi. C’est vraiment de la fierté que j’ai ressenti quand on est parti sur la piste d’Elvis pour le deuxième album. J’ai eu un peu peur aussi, parce que s’attaquer au répertoire d’Elvis, c’est s’attaquer à un monument. Mais on a pris un tel plaisir à enregistrer ces titres !... Vous ne vous imaginez pas ! Après, on a fait écouter nos titres à des sosies d’Elvis qui nous ont encouragés !

Jay : Il faut savoir que le nom d’Elvis est arrivé sur la table dès le début de l’aventure. Quand on s’est tous vus pour évoquer le deuxième album, le nom d’Elvis est tout de suite arrivé sur la table. On a évoqué aussi Marvin Gaye ou Ray Charles… Mais le King méritait, à nos yeux, son propre hommage individuel. Donc, on s’est lancés dans un album complet autour de son répertoire. C’était un pari un peu fou… Mais pour nous, c’était l’évidence-même.

Tout à l’heure, Vigon, vous m’avez dit que vous aviez grandi avec Elvis. Mais pour vous, Jay, j’imagine que ça a été un peu différent.

Jay : Je l’ai découvert grâce à mes parents. Eux l’écoutaient beaucoup. Donc, je connaissais les gros tubes d’Elvis. Et ensuite, je me souviens qu’avec mon premier groupe, les Poetic Lover, on avait fait une émission spéciale Elvis Presley et nous avions interprété par le plus grand des hasards « Can’t Help Falling in Love ». C’était une version a cappella que nous avions chantée. Donc, comme Vigon, finalement, et même si les époques ne sont pas les mêmes, j’ai grandi avec du Elvis Presley. J’en ai écouté tout ma jeunesse comme ma mère l’écoutait beaucoup. Donc, je n’ai pas eu la même histoire que mes deux copains, c’est certain. Mais j’ai aussi grandi avec Elvis Presley. Ce qui est certain, c’est que ça nous faisait un peu peur de chanter ses chansons, parce qu’elles sont toutes extraordinaires et on dit souvent qu’il ne faut pas toucher aux monuments… Mais jusqu’ici, les retours que nous avons eus sont assez bons. J’espère que ça va continuer !

Qu’est-ce qu’Elvis avait de plus que les autres, selon vous ?

Jay : Elvis avait une énergie exceptionnelle. C’était un mec beau gosse qui chantait super bien. Il était également un comédien extraordinaire. Et en plus, il avait une identité vestimentaire très personnelle. Les morceaux qu’Elvis chante, la plupart sont des reprises. Ce sont des chansons de l’époque qu’il a reprises, qu’il a rendues célèbres et qu’il a mises à sa sauce. Au décès d’Elvis, James Brown a dit qu’il pouvait enfin être le numéro un. James Brown, ce n’était pas un mec facile… il avait du caractère. S’il a pu dire ce truc-là, c’est que vraiment Elvis était un phénomène extraordinaire…

Et vous, Vigon, l’avez-vous croisé ?

Vigon : Je n’ai pas eu cette chance. Il n’y a qu’une personne qui l’a eue, c’est Nancy Holloway. Il est venu un week-end à Paris et il a été, je crois, au Moulin Rouge où Nancy chantait. Elle a fait une photo avec André Pousse. Rares sont ceux qui ont croisé le chemin du King. J’aurais tellement aimé avoir cette chance, mais je ne l’ai pas eue…

Erick Bamy © Jean Marc Lubrano

On a tous une histoire avec une chanson d’Elvis… Et vous ?

Vigon : J’ai plein de souvenirs avec des chansons d’Elvis… J’ai notamment connu ma femme avec une chanson d’Elvis. (sourire) J’ai tout connu avec Elvis. J’ai travaillé dans les bases américaines au Maroc et on recevait tout d’Elvis là-bas. J’ai plein d’histoires avec Elvis. Et finalement, la plus belle histoire que j’ai avec une chanson d’Elvis, c’est celle que je vis aujourd’hui. Je suis plus riche aujourd’hui d’avoir pu ajouter quelques-unes de ses chansons à mon répertoire. Très souvent, les gens me demandent des chansons d’Elvis, mais même si je les connaissais très bien, je ne les chante pas. Aujourd’hui, je les connais très bien et je peux les chanter. Je vais pouvoir faire des heureux ! Je fais beaucoup de soirées de fanclub d’Elvis, je connais plein de sosies, je connais le responsable de son fanclub…

Jay : Et moi, mise à part cette histoire que je viens de vous raconter avec les Poetic Lover, ma plus belle histoire avec les chansons d’Elvis Presley, c’est comme pour Vigon, elle commence maintenant. Avec la perte d’Erick, c’est d’autant plus une histoire importante à mener au bout. Le disque s’appelle « Love me tender », ce n’est pas un hasard. Donc, notre plus belle histoire avec une chanson d’Elvis, nous sommes en train de la vivre.

Vous avez donné votre premier concert sans Erick début janvier à Saint-Germain-en-Laye. Comment ça s’est passé ?

Jay : Beaucoup d’émotion.

Vigon : Oui, beaucoup d’émotion parce qu’on a mis en fond de scène une grande photo d’Erick. On a diffusé une vidéo avant le spectacle pour que les gens le voient. Au début du show, on lui a dédié une chanson en acoustique. Son fils était là, sa femme, sa sœur Madly… Tous les gens qui l’aimaient étaient là ce soir-là. Et ce n’est pas fini. On a plein d’hommages à lui rendre encore avec nos amis.

Vigon © Vincent Lignier

Vous vous produirez le 23 mars prochain sur la scène du New Morning, puis une tournée suivra. J’imagine que ça va être difficile de reprendre la route sans Erick.

Jay : Effectivement, une tournée est prévue. On nous a proposé pas mal de choses. Justement, on est en ce moment en train de parler de choses plus techniques. Effectivement, la disparition d’Erick remet pas mal de choses en cause. Il va falloir revoir pas mal de choses.

Vigon : Ce qu’on chantait à trois, il va falloir les chanter à deux.

Jay : Et nous souhaitons qu’Erick soit avec nous, qu’il soit présent lors des concerts, d’une certaine manière. On essaye donc de trouver quelques idées pour qu’Erick soit présent, et notamment à travers des images.

Effectivement, tout le projet repose sur vos trois voix, techniquement, il y aura donc pas mal d’ajustements à faire. Et je suppose que vous n’imaginez pas partir sur la route avec quelqu’un d’autre.

Jay : Erick est irremplaçable. C’était notre projet à nous trois. Maintenant, par la force des choses nous ne sommes plus que deux… Quand des gens me demandent si on va remplacer Erick, et c’est légitime, je retourne la question en leur demandant qui pourrait le remplacer. Cherchez, vous ne trouverez pas. Nous avions beaucoup d’amour les uns pour les autres. Nous étions comme une famille. On ne pourra jamais le remplacer. Là, je vais parler vraiment en mon nom, Jay. Remplacer Erick serait insultant. Et puis Erick avait un charisme extraordinaire, c’est une figure emblématique de notre trio. Erick avait une voix extraordinaire. Le remplacer par quelqu’un qui aurait cette voix ? Je n’en connais pas. C’était un monstre Erick, et à côté il était fragile et avait une sensibilité incroyable. Une énergie incroyable aussi. Et puis, l’artistique, ce n’est pas seulement le live, il faut pouvoir s’entendre. Nous n’étions pas trois mecs pris au hasard qui chantions bien ensemble. Cette aventure, c’est l’histoire de trois amis et trois frangins. C’est ça qui est compliqué aujourd’hui. Nous n’étions pas un groupe monté de toutes pièces. Nous étions avant tout trois potes qui avions un amour commun pour la musique. On ne pourra jamais remplacer Erick. Jamais.

Jay © Vincent Lignier

Cet album hommage à Elvis, c’est également un vibrant hommage à Erick. On ressent beaucoup d’amour et d’émotion en l’écoutant.

Vigon : Nous sommes touchés par ce que vous nous dites. J’espère que tout le monde va ressentir la même chose. On avait un peu peur au début.

Jay : On a mis beaucoup d’amour sur cet album. Et puis, il y encore une chose que j’ai envie d’ajouter et qui est essentielle pour moi. Beaucoup de gens m’arrêtent dans la rue pour parler d’Erick en tant que choriste de Johnny Hallyday. Oui, il l’a été. Mais j’aimerais qu’on se rende compte  que c’était avant tout un chanteur extraordinaire. Si les gens pouvaient découvrir ce grand monsieur à travers cet album, j’en serais le plus heureux. Les gens pourront découvrir l’émotion qu’il véhiculait à travers sa voix. Ça va toucher beaucoup de gens de le découvrir autrement…

Propos recueillis par Luc Dehon le 20 février 2015.
Photos : Jean-Marc Lubrano, Vincent Lignier

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