Interview de Michal

Propos recueillis par IdolesMag.com le 17/02/2015.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.com.








Michal © Ben Marguin

Michal a publié le 26 janvier dernier son quatrième album, « Chopin etc », un album aux émotions plurielles fortement inspiré par l’œuvre de Frédéric Chopin. Un projet ambitieux qui a commencé à vivre il y a presque deux ans, sur scène. Nous avions été à la rencontre de Michal à la création du projet, nous l’avons recontacté aujourd’hui, alors qu’il est actuellement en Pologne, pour évoquer sa sortie en disque. C’est avec beaucoup de gentillesse et sans langue de bois que Michal s’est une nouvelle fois prêté au jeu des questions/réponses.

Michal, Chopin etcNous nous étions rencontrés il y a à peu près un an et demi, le projet « Chopin etc » commençait tout juste à vivre sur scène (-> lire notre interview de Michal réalisée le 12 septembre 2013). Raconte-moi dans les grandes lignes ce qui s’est passé pendant cette année et demi ?

Les chansons ont grandi. Et c’est pour cette raison que j’ai décidé d’en faire un disque et de les graver à jamais. Un album, c’est quand même un engagement… J’ai senti qu’elles étaient prêtes, qu’elles avaient assez évolué pour pouvoir les offrir aux gens avec ce disque. Il y a donc eu beaucoup de scène sur ce laps de temps. Le projet a grandi tout le temps.

Tu m’avais dit à l’époque que tu envisageais une captation live pour ce projet, CD ou DVD, tu ne savais pas encore exactement. Là, tu sors pourtant  un album studio.

Je pense que je ne faisais pas assez confiance aux chansons à cette époque, tout simplement. Quand on sort un projet live, c’est toujours une bonne excuse pour une fragilité. C’est quelque chose qui n’est pas définitif. On le dit d’ailleurs toujours, « ça reste une version live »… Alors qu’au fur et à mesure que le projet grandissait, je me suis rendu compte que les chansons étaient là, qu’elles tenaient la route et qu’elles étaient prêtes. Du coup, une version album, définitive, ne me faisait plus peur.

Quand a-t-il été enregistré cet album sur toute cette période ?

J’ai enregistré après ma résidence au Théâtre des Déchargeurs. J’ai donc terminé cette résidence au mois d’avril et je suis rentré en studio derrière.

L’as-tu enregistré dans les conditions du live ou presque ? À l’écoute, il en ressort quelque chose d’assez instantané.

Ça me fait très plaisir que tu l’aies remarqué. Les chansons étaient déjà tellement rodées, je les avais déjà tellement jouées et chantées, que nous les avons enregistrées dans des conditions qui ne sont pas très éloignées du live, et surtout pour les parties de piano. J’ai joué les chansons de la première à la dernière note, alors que souvent quand on enregistre un album, on enregistre juste des extraits, puis on les refait, etc… Mais là, comme je les connaissais très très bien, c’est vrai qu’elles ont été enregistrées presque dans les conditions du live.

Michal © Ben Marguin

C’est le premier album que tu réalises. J’ai envie de dire qu’il était temps ! Qu’est-ce qui t’a poussé à franchir le pas ?

Ça s’est passé très naturellement. J’ai tellement travaillé sur ce projet… c’est presque la première fois où chaque note, chaque seconde a été inventée, contrôlée et travaillée par moi. Et ça s’est fait comme ça depuis le début, donc, par après, je n’aurais pas pu envisager de demander à quelqu’un de réaliser ce disque alors que je l’avais déjà réalisé dans ma tête ! Ce n’était pas la peine. Je connaissais tout, je savais exactement ce que je voulais et où je voulais aller. Je n’avais, très humblement, pas besoin d’aide à ce niveau-là. Il faut aussi dire que c’est un album très acoustique et très dépouillé, donc, forcément il est plus facile à réaliser qu’un album électro où il y a des guitares, des batteries et tout un tas d’instruments. Donc, c’est également le premier album que j’ai réalisé aussi parce que c’était le plus simple à réaliser.

Ça te démangeait depuis un moment ?

Oui. Depuis Self Concept. Ce projet-là, je l’ai arrangé, je l’ai produit, mais je ne l’ai pas réalisé. Quand j’avais besoin d’aide, et j’en ai eu besoin parce que ça a été un album laborieux à réaliser avec tous ces sons des années 80, j’ai fait appel à Pavle Kovacevic. Donc, oui, c’est quelque chose qui me suit depuis Self Concept, où j’étais déjà dans la production musicale.

Tu l’as dit dans plusieurs interviews et tu le dis également dans ta bio, tu t’es réconcilié avec ton piano. Que s’est-il passé ? Pourquoi l’as-tu abandonné pour aller vers des machines ?

Je ne l’ai jamais vraiment lâché dans la réalité parce que je compose mes chansons au piano. Donc, même les titres électro, je les ai composés en utilisant mon piano. Mais j’étais un peu lassé du son pur et dur du piano. Et c’est assez paradoxal ce que je te dis, je le sais, parce que sur ce nouvel album, on entend du piano partout. Et j’en suis amoureux. C’est en ça que c’est une sorte de réconciliation. Alors, que s’est-il passé en réalité ? Je n’en sais trop rien. Je pense que j’avais envie d’autres choses. Les gens m’appréciaient beaucoup en piano/voix, mais moi, j’avais envie de danser et de bouger. Donc, je l’ai mis de côté… mais pas pour longtemps ! (sourire)

Michal © Ben Marguin

On avait parlé pas mal des reprises que tu fais sur ce projet lors de notre précédente interview. On avait notamment évoqué Gainsbourg. Nous n’allons donc pas forcément revenir dessus trop longtemps, mais comment as-tu opéré tes choix (« Lemon Incest », « Jane B » et « Le temps qui court ») ? Parce que des artistes qui se sont inspirés de Chopin, il y en a des tas, je pense notamment à Sylvie Vartan (« Le silence »), Radiohead (« Exit music ») ou Pink Martini (« Mar Desconcido »).

Tout simplement par amour pour Serge Gainsbourg, déjà. Sur cet album, j’avais vraiment à cœur de lui rendre hommage. Et pour ce qui est de « Could it be magic », eh bien quand j’étais petit, j’étais amoureux de Take That, donc… comme ils avaient repris cette chanson, la reprendre m’a replongé un instant dans mon enfance ! (sourire) Et donc, la version d’Alain Chamfort, « Le temps qui court », a été une surprise pour moi. J’ignorais qu’il y avait eu une version française. Donc voilà, tous ces éléments ont fait que j’avais envie de donner ma version à moi.

Tu retrouves Élodie Frégé sur ce projet. Ça faisait un bon bout de temps que vous n’aviez plus enregistré ensemble. Comment vous êtes-vous retrouvés artistiquement sur ce projet ?

Même si dans la vie, nous ne nous sommes jamais lâchés, et je dirais même au contraire, parce que notre amitié est de plus en plus profonde, artistiquement, nous nous sommes éloignés l’un de l’autre. Chacun est parti dans sa direction. Élodie était dans la chanson française pure et dure, une chanson un peu intello et bobo. Moi, je suis parti dans l’électro, donc, il était impossible que nous fassions quelque chose ensemble à cette époque-là. Mais quand j’ai retrouvé le piano et l’acoustique, je me suis rapproché un peu de son univers. Du coup, la collaboration est redevenue possible.

Michal © Ben Marguin

Élodie fait aujourd’hui partie du jury de la « Nouvelle Star ». Accepterais-tu, si on te le proposait, de rentrer dans le jury d’un talent show ?

Oui, bien sûr. Je trouve ça très intéressant et enrichissant. Et ce n’est pas du tout par sentiment de supériorité vis-à-vis des candidats, parce que je ne me sens supérieur à personne : nous exerçons tous le même métier et nous rencontrons tous les mêmes problèmes. Mais, je pense qu’en douze ans de carrière, j’ai vécu tout de même pas mal de choses. Et ça pourrait être intéressant de partager avec d’autres ce que j’ai pu apprendre.

Un petit mot sur le clip de « Mon âme », avec ces trois femmes, ou plutôt, on peut l’imaginer, cette même femme à trois âges différents.

On a travaillé à trois sur ce clip, mon producteur, le réalisateur Riad Bedjilali et moi-même. On a tous les trois ramené des éléments. Moi, je voulais absolument qu’Armande Altaï fasse partie de ce clip. Armande m’avait déjà accompagné sur ce projet, elle était montée sur scène avec moi pour lire une lettre de George Sand. Donc, je voulais absolument qu’Armande soit là. Elle était la base de clip. Ensuite, à trois, nous avons habillé tout le reste autour d’elle.

Nova-Louna Castano fait partie du casting de ce clip. Un petit mot sur sa maman, et plus précisément sa boîte de production Lovarium. Qu’est-ce qui t’a donné envie de travailler avec cette équipe ?

J’ai toujours été admiratif de la carrière d’Ysa Ferrer. C’est une artiste qui a toujours fait ce qu’elle voulait et qui a toujours mené sa barque comme elle l’entendait. Elle a un bon public d’ailleurs, un public extrêmement fidèle, ça ne trompe pas. J’ai toujours aimé sa façon de travailler, très indépendante. Et j’ai eu envie de travailler de la même façon. C’est pour cette raison que je me suis rapproché de Lovarium Production. Et le temps a fait que nous avons eu envie de travailler ensemble. Nous sommes aussi devenu amis, donc, c’est parfait ! (sourire)

Tu évolues donc en totale indépendance depuis quelques années. Avant, tu étais signé en major. Pourrais-tu resigner un jour en major ou as-tu pris trop le goût de la liberté ?

Je pense que oui. Parce qu’il y a quand même pas mal d’avantages de travailler avec une major, et notamment des avantages financiers. On a plus de moyens, non pas pour partir en vacances, mais pour faire un disque, pour en assurer la promo, etc… C’est toujours très agréable de savoir qu’il y a un budget pour chaque poste. Quand on est indépendant, ou avec ma boîte de prod, on est parfois un peu limités par rapport à ça. Les majors ont beaucoup plus d’argent, c’est avantageux. Après, je ne suis pas sûr d’être aussi flexible qu’à l’époque. Après avoir goûté à cette liberté et cette indépendance, je sais ce que je veux. Et donc, cette liberté, je tiens à la garder aujourd’hui. Mais tout dépend des gens avec lesquels on travaille. Si un jour je resignais avec une major, ce serait à condition qu’on me laisse cette liberté artistique dont j’ai besoin aussi. Et je pense que c’est tout à fait possible et tout à fait faisable. Je ne suis pas de ceux qui critiquent les majors à tout va. On ne peut pas dire que tous les artistes signés en major ont perdu leur liberté artistique. Ce n’est absolument pas le cas !

On parlait tout à l’heure du clip de « Mon âme », peux-tu me dire un mot sur celui de « Mama » que tu tournais la semaine dernière ?

Volontiers ! Là il est en montage. Pas plus tard que tout à l’heure, je suis passé à la production pour voir comment ça avançait. Nous l’avons tourné la semaine dernière à Varsovie et je pense qu’il va être magnifique.

Michal © Julien Benhamou

Peux-tu m’en dire un peu plus ?

Ce sera un clip très simple. Mais ce qui va être extraordinaire, c’est qu’il a été filmé à l’ancienne avec une très vielle caméra, ce qui va donner un effet rétro qui est très cohérent avec le projet « Chopin etc » Je voulais que ce clip soit très simple  parce que cette chanson est dédiée à ma maman. Donc, je voulais quelque chose d’assez dépouillé, moi et mon piano.  Mais je voulais aussi cette façon très particulière de filmer. J’ai vraiment hâte de voir le résultat.

Il y a deux chansons qui m’ont touché tout particulièrement sur ce disque, c’est « Je me torture » et « Délivrez-moi », qui pour le coup, elle, est vraiment mystique. Dans quelles circonstances sont-elles nées ?

« Je me torture » est basée sur la valse n°17 de Chopin et c’est une valse que je jouais quand j’étais petit. Donc, ça a une importance assez particulière pour moi. Il y a une autre anecdote à propos de cette chanson, c’est Daniel Castano qui en a écrit le texte. Et « Délivrez-moi », c’est un peu la chanson la plus « farmerienne » de ce disque… (sourire) Il y a un esprit un peu planant sur ce titre, quelque chose d’un peu torturé et tourmenté. Et je vais te confier que c’est également l’une de mes préférées… (sourire)

Avec le temps, et c’est flagrant sur ce disque, tu utilises beaucoup plus ta voix de tête…

C’est vrai. Mon histoire avec ma voix de tête est finalement assez compliquée. Disons que ça n’a pas toujours été une grande histoire d’amour entre nous deux ! (sourire) Quand j’ai commencé à chanter, je refusais de chanter avec ma voix de tête pour la bonne et simple raison que j’étais persuadé de ne pas avoir de voix de tête. Armande Altaï s’est d’ailleurs beaucoup bagarrée avec moi pour la sortir, cette voix de tête ! J’ai donc mis très très longtemps avant de l’utiliser parce que je n’avais pas les connaissances pour. Il fallait que je m’entraîne et que je travaille ma voix pour pouvoir la sortir. J’ai commencé à la sortir sur Self Concept. Et je me suis très vite rendu compte que ça m’ouvrait un champ de possibles tout nouveau. Je me suis rendu compte que je n’étais plus limité pour créer mes chansons. En prenant cette voix de tête, je me suis permis d’aller de plus en plus haut. Et ça m’a tellement plu que j’ai commencé à l’utiliser de plus en plus régulièrement.

Michal © Julien Benhamou

Tu l’assumes, aujourd’hui. Tu la maîtrises.

À un certain niveau. (sourire) Je sais que je pourrais l’utiliser encore plus et aller plus loin, mais ça viendra avec le temps. Parce qu’en live, ce n’est pas toujours évident. Mais par rapport à avant, oui, elle est là et je prends du plaisir à chanter avec.

Un petit mot sur le live. Tu seras donc sur la scène du Café de la Danse le 14 mars prochain, que va-t-il se passer sur scène ?

Ce sera un spectacle « Chopin etc » traditionnel. Ça fait longtemps que je n’ai plus joué en France, et notamment à Paris. La dernière parisienne, c’était au mois d’avril aux Déchargeurs, donc, ça remonte. Ce qui va être magique, c’est la salle en elle-même. Je n’ai jamais encore joué dans une salle aussi grande. Donc, je pense que la lumière sera encore plus belle et que ça prendra une dimension encore plus importante. On va tous s’envoler un petit peu plus loin.

La première partie sera assurée par Elfy Ka. Qu’est-ce qui t’a touché dans son univers ?

Je suis vraiment content, c’est une artiste que j’apprécie vraiment beaucoup. Je trouve qu’elle a quelque chose en commun avec Élodie, cette timidité, cette fragilité, cette sensualité dans la voix et dans ses chansons…

Le 7 mars, tu vas jouer pour la première fois sur la scène du théâtre de Gorzów Wielkopolski, ta ville natale. J’imagine que ça va être un moment chargé en émotions…

Oh oui ! J’ai hâte et j’ai très peur en même temps. C’est la première fois que je vais donner un concert entier devant ma grand-mère, mon père, mes frères… et devant le public de ma ville natale ! Il y aura beaucoup de monde, les élèves des écoles que j’ai fréquentées étant petit viendront. Ça va être un évènement dans la ville ! C’est mon premier concert là-bas et c’est mon premier concert en Pologne tout court, donc, oui, ça va être chargé en émotions.

Michal © Julien Benhamou

Le disque est sorti en Pologne en fin d’année, avant la France, donc. Quel accueil a-t-il reçu ?

Un très bon accueil et c’est pour cette raison que je passe beaucoup de temps ici en ce moment. Je fais beaucoup de promo ici. Les gens ont l’air d’aimer ce disque. On en parle beaucoup en tout cas.

Tu es à fond dans Chopin en ce moment, mais as-tu d’autres projets sur le feu ?

Pas encore réellement. Là, il va falloir que je me mette sérieusement à penser à mon prochain album. Quand je sors un album, j’enchaîne avec la création du suivant. Il va falloir que je me pose tranquillement chez moi à Paris pour savoir déjà ce que je veux faire. J’ai fait tellement de choses différentes tout au long de mon parcours que je me demande où je vais aller cette fois-ci ! (éclats de rire) Donc, ça ce sont les projets à long terme. À court terme, c’est la sortie de « Chopin etc… », les concerts en Pologne et la sortie du prochain single.

Le prochain album sortira-t-il sous le nom de Michal ou de Self Concept ?

Je ne sais pas. Tout dépendra de mon inspiration et de ce qui sortira de mes dix doigts… (sourire)

Propos recueillis par Luc Dehon le 17 février 2015.
Photos : Ben Marguin, Julien Benhamou, Riad Bedjilali, DR

Liens utiles :
Site officiel :
http://www.chopin-etc.com
Facebook :
https://www.facebook.com/michalofficiel









+ d'interviews
Vidéos




Retrouvez-nous sur Facebook
Retrouvez-nous sur Twitter
Concours
 
Retour en haut