Interview de Lorenzo Caminotti

Propos recueillis par IdolesMag.com le 11/02/2015.
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Lorenzo Caminotti - DR

Lorenzo Caminotti a publié le 9 février dernier son deuxième album, « Vous, Mesdames ». Ce deuxième album, nettement plus personnel, marque une réelle évolution dans le répertoire de l’artiste. Une évolution vocale et musicale, mais également un investissement complet. Nous avons donc été une nouvelle fois à sa rencontre afin de discuter avec lui de ce nouveau projet sur lequel il a notamment collaboré avec Claude Barzotti, Didier Barbelivien et Frank Fievez…

Lorenzo Caminotti, Vous MesdamesNous nous étions rencontrés il y a un peu plus de deux ans maintenant dans le cadre de la sortie de ton premier album, « Laissez-moi vous parler d’amour ». Que retiens-tu de l’exploitation de ce premier disque ?

Ce premier album m’a apporté plein plein de choses très bonnes. J’ai pu rencontrer mon public. C’est un honneur pour moi d’avoir pu partager mes premières chansons avec lui. Elles ont apparemment touché et ça m’a vraiment fait chaud au cœur d’avoir pu partager mes propres mots et mes propres sentiments avec tous ces gens.

Que s’est-il passé dans les grandes lignes pendant ces deux ans ? T’es-tu rapidement remis à travailler sur ce deuxième album ?

Ah oui ! On a retravaillé directement. Le deuxième album, je le voulais un peu différent du premier, dans le sens où je le voulais plus personnel. Déjà, j’ai appris un nouvel instrument, la guitare. Je la travaillais déjà un peu, mais là, je me suis vraiment perfectionné. Et puis, on va dire que cet album a été écrit à quatre mains avec mon complice de toujours, Didier Baliany. Et de grandes signatures sont venues nous rejoindre… Disons qu’avec ce nouvel album, je voulais que les auditeurs soient surpris à chaque titre avec un changement d’ambiance et de sonorité. On a voulu trouver un son qui me soit vraiment propre. Et avec Dominique Fievez, nous avons souhaité trouver un son qui m’était personnel. C’est lui qui a d’ailleurs réalisé l’album.

À la première écoute, je l’ai trouvé beaucoup plus dansant que le premier. Il y a du slow, du tango, de la valse, des rythmes latins…

C’est vrai. Tu sais… j’avais envie d’être heureux et que le public le soit également ! (sourire) J’ai envie que les gens soient heureux en écoutant ces chansons. J’ai voulu des titres dansants et donc forcément joyeux. La vie est parfois un peu morose… donc, si je peux leur apporter un peu de joie et de gaité, c’est toujours ça de gagné. Comme je te le disais, tout à l’heure, cet album est beaucoup plus personnel que le premier, et donc je pense que les gens vont pouvoir se retrouver dans certains textes. Je pense notamment au prochain single, « Tout effacer ». C’est une chanson dans laquelle j’explique qu’on a tous envie d’effacer un jour quelque chose de notre vie, quelque chose qui nous a fait mal, ou par rapport à une tierce personne qu’on a fait souffrir, dans une histoire d’amour par exemple… Il y a aussi un tango dans ce disque, comme tu le soulignais. Le tango, c’est comme un combat, comme dans une vie de couple, on a envie de surprendre l’autre pour éviter la routine. Il faut mettre un peu de piment dans la vie. J’ai envie de dire que cet album, c’est un peu comme le titre du film avec Will Smith, « À la recherche du bonheur »…

Lorenzo Caminotti - DR

Sur le premier album, tu avais co-signé deux titres, ici, tu co-signes plus de la moitié des titres.  J’imagine que cette démarche s’inscrit dans l’idée de proposer un album plus personnel et de t’investir plus en tant qu’artiste.

Tout à fait. C’est pour ça que je me suis mis à la guitare, notamment. J’ai vraiment voulu m’investir dans cet album en tant qu’artiste. Je voulais évidemment toujours travailler en équipe avec mon ami Baliany. On ne se quitte plus depuis des années. C’est vraiment un ami de longue date. On s’est toujours dit au fil des années qu’on avancerait ensemble et qu’on travaillerait ensemble. Là, chacun y a mis un peu de son expérience personnelle. J’ai voulu vraiment m’investir beaucoup plus dans l’écriture de cet album. Et j’ai eu la chance que les chansons que nous avons composées avec Didier soient retenues pour l’album. C’est vraiment un super cadeau de la vie.

Comment bossez-vous avec Didier Baliany ?

Ça fait bientôt quinze ans qu’on se connait. Et c’est assez marrant parce que nous habitons à une certaine distance l’un de l’autre, et donc, nous avons fait une grosse partie des chansons par téléphone. Chacun au bout du téléphone, on avançait sur des bouts de mélodies. On rebossait chacun de son côté, puis on cherchait des textes. Parfois, il y avait des blancs de dix minutes dans nos conversations… et au bout d’un moment, l’un ou l’autre avait une idée. Voilà comment s’est fait l’album ! Enfin… la majorité, parce qu’on ne peut pas dire qu’il n’est jamais venu chez moi ni moi chez lui, on se voit de temps en temps quand même ! (rires) Ça va paraître un peu bizarre pour certains mais c’est de cette manière que nous avons travaillé… à distance et par combinés interposés ! (rires) Et je vais même aller plus loin : avec le recul, je pense que ce n’était pas plus mal de ne pas se voir, ne pas être physiquement l’un à côté de l’autre. Ça décuple l’écoute d’une certaine manière de n’avoir que le son de la voix. Quand l’un lançait une idée, il n’avait pas l’expression du visage de l’autre devant lui, il devait comprendre ce que l’autre pensait juste à travers la voix… Et finalement, ça a eu du bon. C’était assez intéressant de lancer des idées un peu dans l’inconnu comme ça… On a avancé brique par brique, comme quand on construit un mur.

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Tu m’en as touché un mot tout à l’heure, on trouve des signatures assez prestigieuses sur ce disque, et notamment celles de Claude Barzotti et Didier Barbelivien. Comment se sont-ils retrouvés sur le projet ?

Tout simplement. Didier Barbelivien, je l’ai rencontré chez Sony et Claude Barzotti, au studio de Dominique Fievez qui a réalisé l’album. Dominique a réalisé pas mal d’albums pour Claude. Donc, ça s’est fait tout simplement.  De son côté, Dominique Gorse nous a proposé des textes. Didier nous a proposé cette merveilleuse musique de « Ce Dimanche avec toi » et Claude la musique de deux titres, « Tout effacer » et « Cette fille qui te ressemble ». Franchement, ce sont des chansons magnifiques et Dominique Gorse a parfaitement su trouver les mots pour retranscrire des histoires que tout le monde pourrait vivre. Je vais t’avouer que quand j’ai reçu les mélodies de Claude et de Didier, je suis tombé sous le charme tout de suite.

Ce n’est pas rien tout de même d’avoir des chansons de Barzotti et Barbelivien sur son album !

Ce n’est pas rien, comme tu dis ! (sourire) Et je vais te raconter une petite anecdote, je sais que tu aimes ça… La première chanson que j’ai chantée en orchestre, je m’en souviendrai toute ma vie, c’était dans le dancing de mes parents, c’était un titre de Didier Barbelivien et Felix Gray, « À toutes les filles ». C’est la toute première chanson que j’ai chantée en orchestre… et jamais de la vie à cette époque je n’aurais pu imaginer qu’un jour Didier Barbelivien me composerait une chanson… Jamais ! Pour moi, c’est un tel honneur d’avoir des titres de Didier Barbelivien et Claude Barzotti. Jamais je n’aurais pu m’imaginer ça. Jamais. Comme d’ailleurs précédemment ma signature avec Sony Music. Jamais je ne me serais attendu à ça. Mais c’est arrivé… et c’est arrivé avec Didier et Claude également ! Ce sont de véritables cadeaux de la vie. On ne s’y attend pas et ça nous tombe dessus on ne sait trop comment…

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Comment ça s’est passé avec Claude et Didier ?

Je les ai laissé faire comme ils l’entendaient. Je ne leur ai pas donné de direction ou quoi que ce soit. Ils connaissaient l’univers du premier album. Là, on voulait partir sur une autre direction, d’autres sonorités, d’autres ambiances musicales… On voulait trouver mon son propre et une identité musicale. Ce que nous voulions, c’était, sans prétention aucune, trouver le son de Lorenzo Caminotti. Donc, on a laissé carte blanche à Didier et Claude. Ils ont fait ce qu’ils ont voulu. Monsieur Claude m’a offert deux très beaux slows et Monsieur Didier, une valse magnifique. Que dire d’autre, si ce n’est « merci la vie » ?...

C’est Dominique Gorse qui signe notamment les textes des chansons de Claude Barzotti et Didier Barbelivien. Lui as-tu soufflé des idées ? Donné quelques pistes ?

Je l’ai laissé écrire ce qu’il avait envie. Comme il connaissait mon univers, il savait que j’avais envie de parler d’amour. Ce que je lui ai demandé, c’était d’écrire des textes qui pouvaient toucher vraiment tout le monde. C’est ce que j’avais en tête. Quand tu écoutes un texte comme « Tout effacer », tout le monde peut se reconnaitre dedans. Tout le monde a fait souffrir quelqu’un d’autre un jour ou l’autre. Et quelques fois, on aurait envie de « Tout effacer » et tout recommencer à zéro. Je crois que le sentiment qu’il a mis dans son texte est vraiment très juste.

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Frank Fievez est venu jouer de l’accordéon sur l’album. Le grand public ne connait peut-être pas bien son nom, mais il a notamment été le chef d’orchestre de Claude Barzotti, d’Adamo et de Morgane à l’Eurovision en 1992 pour la Belgique. Il a également accompagné Nana Mouskouri et Shirley Bassey… C’est un très grand Monsieur !

Ah Franck !... ça m’a fait super plaisir qu’il soit sur ce disque… Il est venu un jour au studio pour travailler avec Dominique. Je ne savais pas du tout qu’il allait venir. Il est arrivé sans rien dire à personne. Il est venu dire bonjour à tout le monde comme ça, l’air de rien. J’ai été super surpris et super honoré de lui serrer la main ! (sourire) Et puis, tout simplement, il a pris son accordéon et il a joué. C’était un réel bonheur de rencontrer ce grand Monsieur qui a participé à l’Eurovision et qui a accompagné tant de grands artistes. L’avoir en collaboration sur mon album, tout comme Didier Barbelivien et Claude Barzotti, ce fut un grand honneur pour moi ! C’est un grand plaisir d’être entouré de gens aussi importants, et qui surtout mettent tout leur cœur à faire de la musique.

Finalement, quand on voit le beau monde que tu as réuni, Barbelivien, Barzotti, Fievez… tu resignes une nouvelle fois chez Sony Music, j’ai envie de dire que pour un jeune artiste qui publie seulement son deuxième album, c’est plutôt pas mal !

(rires) C’est même plus que pas mal ! Cet album, ça représente plus de deux ans de travail. On n’a jamais lâché l’affaire. Tout le monde y croyait. Et surtout, tout le monde nous a laissé avancer comme on l’entendait. Personne ne nous a donné de directives précises. On a proposé une quinzaine de titres, huit ou neuf ont été retenus. Et puis, il y a eu ces rencontres avec Didier Barbelivien et Claude Barzotti qui ont donné quelques titres supplémentaires… On a pu mettre les titres qui nous plaisaient vraiment. On voulait des titres qui dégagent plein de sentiments. C’était notre envie de départ.

On a pas mal parlé de « Tout effacer » tout à l’heure, un petit mot maintenant sur le premier single, « Belle Italienne ».

« Belle Italienne », c’est la jonction avec le précédent album et le nouveau. La sonorité était un peu différente. Quand on a écouté le titre finalisé, on s’est dit qu’on y retrouvait quelque chose du premier, mais que c’était du nouveau son également. Il faisait parfaitement la jonction entre les deux.

Le clip de « Belle Italienne » a été tourné… en Espagne ! C’est un comble, non ?

(éclats de rires) Oui, oui… On aurait très bien pu le tourner en Italie, c’est un fait. Mais le fait est que nous l’avons tourné en Espagne parce qu’on y a trouvé des décors naturels magnifiques. Et puis, l’Espagne est un pays latin et méditerranéen, comme l’Italie ! C’est l’Espagne qui nous a appelés. Et on ne s’est pas posé plus de questions que ça… Alors, c’est vrai que c’est un comble, mais les images sont jolies et c’est le principal ! Il y avait un très beau soleil, une luminosité parfaite, et des lieux splendides. Disons que c’est un choix assumé !

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De toutes les chansons qui figurent sur cet album, y en a-t-il une pour laquelle tu as un peu plus de tendresse qu’une autre ? Quand je parle de tendresse, je ne pense pas forcément à ce que la chanson raconte, mais plutôt à une petite anecdote qui se serait passée autour d’elle, pendant sa création, son enregistrement ou sur scène.

J’ai envie de te parler de « C’est l’amour ». Cette chanson, on avait commencé à la composer avec Didier il y a huit ans. C’était au moment où ma file commençait à marcher. C’est une chanson qui est venue comme ça tout naturellement, nous étions dans le canapé et on a sorti ces accords. On savait qu’un jour on ferait quelque chose avec. On ne savait pas quand, mais on savait qu’on devait la garder. Et d’ailleurs, on entend sur la maquette les bruits de pas de mon petit bébé qui court. Ce titre nous a toujours apporté une petite lumière quand on a travaillé dessus. Disons que c’est le titre, sentimentalement parlant, qui m’a vraiment marqué sur ce disque. Le titre a huit ans mais c’est comme s’il avait été composé hier. C’était un moment très émouvant. C’est vrai que c’est quelque chose de très personnel, mais ça me fait plaisir de le raconter parce que ça fait partie de l’histoire de la chanson… Avec Didier, quand on parle de cette chanson, on se remémore tout de suite cet instant et tous les sentiments qui lui sont associés.

Il est beaucoup question d’amour dans l’album. Quelle est pour toi la plus belle chanson d’amour ? Celle que tu aurais aimé écrire.

« Il suffirait de presque rien » de Serge Reggiani. Celle-là, j’aurais vraiment aimé l’écrire…

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Pourquoi ?

Elle est sublime. Quand on l’écoute, elle est pleine de sentiments. On parle de la différence d’âge, mais l’amour ne connait pas de limite. Peu importe l’âge, les problèmes qu’on peut endurer, l’amour est éternel. C’est lui qui fait tourner le monde. Il faut oser montrer ses sentiments. Certaines personnes sont honteuses de pleurer. « Si tu es un homme, tu ne pleures pas ! » Quelle bête phrase ! Il faut se laisser aller. Il ne faut pas avoir peur de montrer ses sentiments. C’est ça l’amour. Et pour en revenir à ta question, cette chanson de Reggiani résume tout. Tout est dedans. Là, je t’en parle et j’en suis tout ému…

Dans le livret tu écris qu’il n’y a pas de hasard, qu’il n’y a que des rencontres. Quelle est la plus belle rencontre que tu aies faite dans ta vie ?

J’en ai fait beaucoup… Disons que musicalement, cette aventure n’aurait pas existé sans Patrick Stefan. Sans lui, je n’aurais jamais rencontré mes producteurs, qui sont devenus mes amis, Jean-Pierre Portier et Francis Puydebois. Ces rencontres ont été tellement importantes pour moi ! Je ne m’y attendais pas. Mes plus belles rencontres, ce sont les personnes avec qui je travaille aujourd’hui et qui me donnent la possibilité de m’exprimer. C’est énorme leur engament humain. Ils se donnent à 300% pour moi. Quelque part, je leur dois tout. Donc, ce ne sont plus vraiment des rencontres, mais plutôt des cadeaux de la vie. Ce sont des gens qui sont humains avant tout. Et ça, c’est très important pour moi…

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L’album vient tout juste de sortir. Que va-t-il se passer dans les prochaines semaines, les prochains mois ?

Là, on redémarre à zéro avec ce nouvel album, puisqu’il a fallu presque deux ans d’écriture. Mais des concerts se profilent. Tout redémarre. Il y a de la promo, des télés… tout se met en place doucement mais sûrement.

Comme tu en parles, on sent que ce deuxième album, tu l’as porté de A à Z. Qu’est-ce qui s’est passé dans ta tête quand tu as reçu le CD chez toi, quand tu l’as tenu dans les mains ?

Quand je l’ai reçu… je me suis dit « Waow ! Là, on y est ! C’est une nouvelle aventure qui redémarre… » Quelque part, c’était une renaissance. Et quand je le réécoute aujourd’hui, je trouve qu’il y a eu une grande évolution musicale et vocale par rapport au premier. J’ai beaucoup travaillé ma voix entre les deux. Quand j’écoute le premier, puis le deuxième, je me dis « Ah ! Quand même… » Je sens qu’on a franchi une nouvelle étape. Quand je l’ai tenu dans mes mains, j’ai tout de même eu un peu de mal à me rendre compte que c’était déjà le deuxième album et que Sony me suivait toujours. C’était une magnifique surprise. Je me suis demandé si je n’étais pas dans un rêve quelque part. C’était merveilleux. Avec Didier, on se regardait en se disant qu’on avait tout donné pour cet album, et en espérant que le public se retrouverait dans nos histoires et que l’émotion qui se dégage des chansons les toucherait. C’est ça le plus important quelque part. C’est l’émotion et les sentiments qui nous font vivre et qui nous donnent envie de continuer…

Propos recueillis par Luc Dehon le 11 février 2015.
Photos : David Denath, DR

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